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Publié par Dreuz Info le 12 juin 2009

Manifestations monstres, bataille épique sur Facebook, débats télévisés enlevants. La campagne pour la présidence soulève les passions en Iran et dans la grande diaspora perse. Parmi les enjeux, l’économie, les libertés individuelles, mais surtout l’image que projette la République islamique à l’étranger. En lice: un ultraconservateur populiste, un religieux pro-femmes, un suspect de terrorisme et un ancien premier ministre réformiste. Demain, les 46 millions d’électeurs iraniens feront leur choix.


De fils de forgeron à protégé des ayatollahsMahmoud Ahmadinejad

«Ahmadinéquoi?» Quand il a été élu à la présidence iranienne en 2005, Mahmoud Ahmadinejad, alors âgé de 48 ans, était un illustre inconnu sur la scène internationale et dans beaucoup de milieux iraniens.

Sa victoire contre l’ancien président, le richissime Hachémi Rafsandjani, a rappelé aux experts de l’Iran, qui ne prédisaient en rien le plébiscite de l’ancien maire de Téhéran, que les campagnes iraniennes et les pauvres des villes n’avaient pas dit leur dernier mot.

Fils de forgeron, Mahmoud Ahmadinejad est né Mahmoud Saborjhian dans un village du nord de l’Iran. Sa famille aurait adopté le nom Ahmadinejad, qui fait référence à la lignée du prophète Mahomet, lors d’un déménagement à Téhéran. Le milieu modeste dont il est issu n’a pas empêché Mahmoud Ahmadinejad de faire de longues études pour obtenir un doctorat en ingénierie civile après avoir pris part à la guerre entre l’Iran et l’Irak dans les années 80.

Malgré sa fulgurante ascension sociale, le président iranien se dit encore aujourd’hui près des préoccupations du peuple. C’est d’ailleurs sa promesse de mettre «l’argent du pétrole iranien sur les tables des familles» qui l’a porté à la présidence en 2005. Pendant la campagne qui s’est terminée hier, il a promis de redistribuer encore plus de richesses s’il est reporté au pouvoir. Pour prouver ses bonnes intentions, il a distribué des chèques de voyage d’une valeur de 50$ et des pommes de terre aux paysans qui constituent une partie importante de son électorat. Les deux tactiques populistes ont soulevé l’ire de ses adversaires.

Lors de sa première élection en 2005, un autre élément de sa biographie a surpris: jamais avant lui, un laïc n’a réussi à remporter la présidence. S’il ne porte pas le turban des mollahs, Mahmoud Ahmadinejad ne dissimule pas ses profondes croyances religieuses. Sur son blogue, traduit en plusieurs langues, il cite copieusement les penseurs chiites les plus conservateurs. Il est le disciple de l’ayatollah Mohammad Yazdi, qui prône le strict respect des préceptes de l’islam chiite même à l’étranger et recommande aux diplomates iraniens de ne pas adresser la parole aux femmes ne portant pas le hijab. Alors qu’il était maire de Téhéran de 2003 à 2005, Ahmadinejad avait proposé d’assigner certains trottoirs aux femmes et d’autres aux hommes.

À l’étranger, il est surtout connu pour ses attaques virulentes contre Israël et ses bravades sur le dossier nucléaire. Peu populaires auprès du public occidental, ses opinions en matière de politique étrangère lui ont donné un statut de héros dans les milieux les plus conservateurs de l’Iran et de certains pays arabes. Il est d’ailleurs dans les bonnes grâces de l’ayatollah Khamenei et de l’armée iranienne.

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Mir Hossein Moussavi

Photo: AP


Rock star «révolutionnaire»

Mir Hossein Moussavi

Avec ses cheveux blancs, ses lunettes et sa barbichette, Mir Hossein Moussavi, 67 ans, n’a pas vraiment les airs d’une «rock star». Pourtant, depuis un mois, une partie de la jeunesse iranienne a fait de l’ancien premier ministre iranien son icône. Portant les couleurs de sa campagne, le vert – à la fois symbole d’espoir et de l’islam – ses jeunes supporters scandent son nom dans les rues. Sur les posters qu’ils brandissent, on peut lire une inscription en anglais: «Un nouveau bonjour au monde». Sur d’autres, on peut voir le candidat réformiste tenir son épouse, l’intellectuelle Zahra Rahnavard, par la main, un geste osé dans l’espace public iranien où les contacts entre sexes opposés sont surveillés de près.

On peut dire avec certitude que Mir Hossein Moussavi est un candidat «révolutionnaire». Proche de l’ayatollah Khomeyni lors de la révolution islamique de 1979, cet architecte de formation, originaire de la province azerbaïdjanaise de l’Iran, a occupé de nombreux postes au sein du régime islamiste, dont il ne remet pas l’existence en question.

Les Iraniens de plus de 30 ans se souviennent de son passage au poste de premier ministre de 1980 à 1989, date à laquelle ce poste a été aboli. Au cours de la guerre Iran-Irak, il a été le premier à mettre sur pied un filet social pour les plus démunis.

Depuis, il a surtout occupé des postes dans les coulisses du pouvoir. De 1989 à 2005, il a été parmi les proches conseillers du président réformiste Mohammad Khatami. En mars, ce dernier s’est d’ailleurs retiré de la course présidentielle afin de faire plus de place à son collaborateur de longue date. Comme M. Khatami, Mir Hossein Moussavi prône l’élargissement des libertés individuelles en Iran. Il promet aussi de travailler très fort pour faire abroger les lois discriminatoires à l’égard des femmes.

Mais c’est son désir d’engager le dialogue avec les États-Unis et le reste du monde qui semble lui gagner le plus de soutien. Plusieurs Iraniens voient dans l’homme qui a, jusqu’à tout récemment, présidé l’Académie des arts de l’Iran, un homme de culture, parlant l’anglais et l’arabe en plus du farsi. Ils savent depuis tout récemment qu’il utilise habilement Facebook et Twitter pour véhiculer ses idées, un atout de taille dans un pays où la liberté d’expression passe d’abord et avant tout par le web.

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Mohsen Rezai

Photo: AFP


Le gardien recherché

Mohsen Rezaï

Un mandat d’arrêt d’Interpol pèse contre lui. Il est persona non grata aux États-Unis et dans toute l’Union européenne. Une chose est sûre: si Mohsen Rezaï est élu président demain, la situation diplomatique de l’Iran se compliquera davantage. Le politicien conservateur de 55 ans, à la tête du plus haut tribunal d’arbitrage de l’Iran, a derrière lui un long passé paramilitaire. Impliqué dans la rébellion contre le shah d’Iran dès son adolescence, il a pris le commandement de la plus puissante milice du pays, les Gardiens de la révolution (Pasdaran) alors qu’il n’avait que 27 ans. Il en a gardé les rênes alors que la guerre Iran-Irak battait son plein. La communauté internationale le soupçonne d’avoir fomenté un attentat contre un centre culturel juif qui a fait 85 morts à Buenos Aires en 1984. Faisant fi de cette accusation, Mohsen Rezaï, qui espère voler des supporters conservateurs au président sortant, dit qu’il a en main un plan d’action pour rétablir les relations diplomatiques avec l’Occident. Pour sortir l’Iran du marasme, ce détenteur d’un doctorat en économie veut faire plus de place à l’entreprise privée.

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Mehdi Karroubi

Photo: AP


Le réformiste en turban

Mehdi Karroubi

Originaire du Lorestan, une des zones tribales de l’Iran, Mehdi Karroubi, 72 ans, est une figure de proue du mouvement réformiste iranien depuis plus de 20 ans. Religieux, il a fait ses études à Qom, le Vatican de l’islam chiite, avant de commencer sa vie publique. En 1989, il est devenu président du Parlement iranien, le Majlis, poste dont il a démissionné en 1992 parce qu’un autre député de son camp a été jeté en prison. Il a à nouveau occupé le poste de 2000 à 2004. En 2005, il a tenté sa chance à la présidence, mais est arrivé bon troisième. À l’époque, il a accusé les Gardiens de la révolution d’avoir trafiqué les résultats. Il craint que le scrutin de vendredi ne soit manipulé par l’aile conservatrice du régime. S’il est élu, il promet d’améliorer le sort des femmes et des défenseurs des droits de la personne en Iran. Il mène une campagne sous le thème du changement. Clin d’oeil au président Obama?


Tous des hommes barbus

devient pas candidat à l’élection présidentielle qui veut en Iran. Au printemps, les Iraniens intéressés par l’emploi ont dû soumettre leur candidature au Conseil des gardiens.

Ce comité de 12 religieux a le pouvoir d’établir si les aspirants sont assez fidèles aux principes de la République islamique et assez pieux pour occuper le plus haut poste élu du pays. Cette année, des 450 appelés, dont 42 femmes, il n’y a eu que 4 élus: tous des hommes barbus. Demain, tous les Iraniens de 18 ans et plus seront appelés à choisir l’un des quatre candidats autorisés. Les résultats de ce premier tour seront annoncés samedi. Si aucun des candidats n’a obtenu la majorité absolue, un second tour de scrutin se tiendra dans les deux prochaines semaines. Avant de pouvoir prendre les rênes de la présidence en août, l’élu devra recevoir l’assentiment du guide suprême de la révolution, l’ayatollah Ali Khamenei, véritable détenteur du pouvoir en Iran.

 

Laura-Julie Perreault

 

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