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Publié par Dreuz Info le 7 juillet 2009


Il ne se passe pas un jour sans que mes pensées accompagnent Guilad,
Il ne se passe pas un jour sans que je ressente en moi, l´angoisse de sa mère,
Pas un jour o
ù je ne parle de lui et de ce que j´imagine de la terrible solitude qui est la sienne,
Pas un jour o
ù je me demande comment il peut humainement traverser le désert qui est le sien,
Pas un jour o
ù la tristesse et l´inquiétude ne s´emparent de moi.

Imaginer trois années de détention par les géoliers du Hamas,
Trois années sans avoir le droit à une seule visite,
Juste les murs de son bunker sans doute bourré d´explosifs,
Qui sait ? Des fois que les Israéliens tenteraient un coup de force pour le liberer.

Imaginer ce qui peut traverser l´esprit de Guilad,
Les heuresinfinies et inutiles,
La peur au ventre et le mal autour de soi,
L´envie d´en finir peut-
être,
Le manque de tous ceux qu´il aime et dont il ne sait plus rien,
Le souvenir de ces autres soldats israéliens enlevés
Par des sanguinaires assoiffés de terreur
Et dont le souvenir, par la force des choses, meurt peu à peu en nous.

Ce matin, j´ai recu ce témoignage de Noam, le père de Guilad.
Il lutte contre l´oubli, contre le renoncement,
Il lutte chaque instant de sa vie
Pour que Guilad revienne à la maison
Et qu´il puisse enfin serrer son fils dans ses bras.

Ecoutez ce cri du coeur,
Ecoutez ce père,
Devenez quelques instants le père et la mère de Guilad,
Guilad est mon fils,
Il est le fils du peuple d´Isra
ël,
Avec lui, c´est une partie de moi qui est prisonnière
Quelque part dans un bunker au fond de la terre.

Je ne suis pas une femme dont la profession est d´oeuvrer en politique,
Je n´appartiens à aucun parti politique,
Mes écrits n´ont pour objet que de témoigner d´un monde en perdition
Un monde qui me terrifie pour nos enfants;
C´est pour eux qu´i faut saisir et reperer l´axe du Mal,
Pour eux qu´il faut dénoncer, témoigner, reveiller ;

Guilad, toi qui a l´âge de mon fils,
Je ne renoncerai pas à parler de toi,
Et à te consacrer mes pensées et forces,
Je ne renoncerai pas à écrire pour maintenir vivante la flamme de ta prochaine libération.

Rachel Franco
Isra
ël
 

Témoignage oral de Noam Shalit, père du soldat israélien kidnappé, Guilad Shalit


Je m’appelle Noam Shalit. Je suis le père de Guilad Shalit, le soldat israélien kidnappé.

 


Honorables Membres de la Mission,

Je vous remercie de me donner l’opportunité de m’adresser à vous aujourd’hui. Je vous remercie également de m’autoriser à témoigner publiquement. Je sais que cette Mission est déterminée à donner aux victimes du récent conflit de Gaza une occasion de faire entendre leur voix. Aussi, avec votre aimable permission, j’aimerais profiter de ce forum distingué – les Nations Unies – pour m’adresser à vous, tout d’abord, puis, pour m’adresser au peuple de Gaza et, en particulier, à ceux qui détiennent mon fils, Guilad.


Honorables Membres de la Mission,

Il y a quelques semaines, vous étiez à Gaza. Vous avez rencontré les membres de la hiérarchie du Hamas. Selon l’agence de presse Ma’an, M. Ismail Haniyyeh a souhaité la bienvenue à votre Mission et déploré ce qu’il a estimé être les graves violations israéliennes du droit international. La même agence de presse a rapporté que la Mission avait remercié M. Haniyyeh pour sa coopération visant à faciliter son travail.

Messieurs et Mesdames, si cette coopération est vraiment sincère, la hiérarchie même du Hamas, devrait accepter vos conclusions éventuelles, quelles qu’elles puissent être.

Je ne doute pas le moins du monde qu’après avoir lu mon mémoire écrit, vous conclurez que l’enlèvement violent de mon fils et son maintien permanent en détention, utilisé comme moyen de chantage, est également une violation du droit international. Quand vous aurez entendu les enregistrements audio de la voix de mon fils, diffusés lors du premier anniversaire de sa capture, vous serez choqués par le cynisme insensible de ses ravisseurs et par le chagrin que ses mots ont causé à ma famille et à moi-même. Ce sont des propos qu’il a dû lire sous la contrainte. Vous constaterez aussi, sans aucun doute, que le refus de lui permettre d’avoir recours à la Croix-Rouge, s’il ne constitue pas un crime de guerre, est au moins un acte d’une grande inhumanité et une circonstance aggravante.

Membres de la Mission, la Convention même de Genève, de 1949, à laquelle cette Mission se référera pour juger de la légalité de l’attaque israélienne contre Gaza, interdit d’exiger une rançon pour un individu, qu’il s’agisse d’un soldat ou de qui que ce soit d’autre. Le Statut de Rome lui-même, [qui définit les règles de fonctionnement] de la Cour Pénale Internationale que l’Autorité Palestinienne tente de convaincre de condamner la hiérarchie israélienne, condamne les dirigeants du Hamas pour rien moins que le crime de prise d’otages – soldats ou autres. Le Tribunal de La Haye devant lequel l’Autorité Palestinienne poursuit M. Olmert peut également enquêter sur M. Masha’al, qui a la nationalité jordanienne et relève donc, sans conteste, de la compétence de cette juridiction.

Mais quel est le but de cette honorable Mission ? Est-ce réellement de poser les bases de futures poursuites pénales ? Ou est-ce, peut-être, de parvenir à une réconciliation ? Sachez que le cœur et l’esprit du peuple israélien sont avec mon fils chaque jour. Sa libération, qu’il est en votre pouvoir de favoriser, contribuera à une telle réconciliation.


Et maintenant, avec votre permission, je voudrais m’adresser aux victimes palestiniennes de l’Opération « Plomb Fondu ».

Peuple de Gaza, je ne me présente pas devant cette Mission en tant que représentant de l’Etat d’Israël. Je ne viens ni condamner, ni justifier les récentes opérations israéliennes de Gaza. Je ne suis pas politicien ni ne m’occupe de politique. Je suis un civil, père de trois enfants.

J’ai vu mon fils pour la dernière fois le mercredi 21 juin 2006, quand il est retourné au service militaire que son pays lui impose d’accomplir conformément à la loi. Quelques jours plus tard, sa patrouille a été annihilée par des Palestiniens en armes, deux de ses camarades soldats ont été tués sous ses yeux et il a été enlevé. Il avait dix-neuf ans à l’époque. C’est un garçon timide, au sourire anxieux et doué pour l’étude. Comme beaucoup de jeunes de son âge, tout ce qui lui tenait à cœur, c’étaient les études et le sport. D’après tous ceux qui le connaissent, il est délicat et sensible à la douleur des autres – un trait de caractère dont il a fait preuve dès son jeune âge. A 11 ans, son maître lui a demandé d’écrire un conte. Ses dessins et son récit sont maintenant publiés. Je remets à la Mission un exemplaire de ce livre. Vous pouvez le lire si vous le voulez. C’est l’histoire d’un requin et d’un poisson qui, contre toute attente, deviennent amis. Est-il nécessaire d’en dire plus ? Qu’il suffise d’affirmer que la volonté de paix et de sécurité peut l’emporter sur la peur et la méfiance.

Peuple de Gaza, ne fermez pas les yeux sur les circonstances du service militaire de mon fils, ni sur celles de sa capture. Il n’attaquait pas votre territoire. Il n’était même pas sur votre territoire. Il opérait à l’intérieur du territoire souverain de l’Etat d’Israël, pour protéger l’intégrité de qui était censé être une frontière de paix après un retrait israélien complet.

Vos dirigeants disent que Guilad est un prisonnier de guerre. Je dis que c’est un séquestré. La différence est dans l’interprétation de la loi. Et à supposer même que vos dirigeants détiennent mon fils en tant que prisonnier de guerre, pourquoi ne lui accordent-ils pas les privilèges afférents à ce statut ? Guilad n’a aucun contact avec le monde extérieur. Vos dirigeants lui refusent l’accès au Comité International de la Croix-Rouge, l’organisme même qui rend régulièrement visite aux gens de votre peuple, détenus dans les prisons israéliennes. Cette Croix-Rouge qui proteste contre les violations de leurs droits par le Gouvernement israélien.

Peuple de Gaza, vos dirigeants luttent pour le retour de captivité de vos fils et filles. C’est un désir compréhensible. Vous pouvez être d’accord avec cette démarche. Beaucoup d’entre vous, cependant, devrez réaliser que le sort d’une population carcérale tout entière ne peut dépendre de la prise en otage d’un jeune homme.

Vos dirigeants ont commis un crime à l’égard de mon fils. Ils le tiennent en otage et, du même coup, ils vous tiennent tous en otage. Depuis trois ans maintenant, vous avez été pris en otages par les exigences inflexibles de vos dirigeants et leur refus d’un compromis. Ils émettent des exigences, dont je crains que le gouvernement israélien ne puisse jamais les accepter. Le sort de mon fils est le moyen par lequel vos dirigeants détournent votre attention de la destruction qu’ils ont amenée sur vous. Est-ce humain ? Sont-ce des actes dignes d’un régime honorable ?

Peuple de Gaza, vous ne devez pas ignorer les causes originelles de notre souffrance mutuelle. Vous savez que l’injustice infligée à mon fils a été l’élément déclencheur de la guerre. Vous savez aussi que la libération de mon fils est la clé de la paix et de la cessation du blocus commercial imposé par Israël. Un petit geste et un petit effort de chacune des parties peut soulager la misère de beaucoup.

Le Président français, [Nicolas] Sarkozy, a dit récemment au Premier ministre [Benyamin] Netanyahu que vos dirigeants ne libéreraient pas Guilad tant qu’Israël ne libérerait pas des prisonniers. Je ne suis pas en charge des négociations sur la libération des prisonniers. On ne me consulte pas sur leur nombre et je n’ai pas mon mot à dire dans le déroulement de la négociation. Comme beaucoup d’entre vous, la seule chose qui m’importe est que celui que j’aime revienne à la maison. Est-ce que ceux d’entre vous qui attendent le retour de leurs proches se soucient de politique ? Vous préoccupez-vous de la posture de vos dirigeants ? Ou voudriez-vous, comme moi, que cette guerre et ce qui l’a causée ne se soient jamais produits ?

Mais si un échange de prisonniers doit être la voie que nous sommes forcés d’adopter, faisons en sorte que les négociations l’emportent sur les exigences excessives. Ne permettons pas que l’impasse dans les négociations l’emporte sur la volonté du peuple. Ne laissons pas l’entêtement triompher de la compassion.

Peuple de Gaza, comme beaucoup d’entre vous, ma famille et moi souffrons des conséquences des décisions et des échecs d’autres que nous. Comme beaucoup d’entre vous, ma famille et moi avons été pris dans un enchaînement de violences. Comme beaucoup d’entre vous, je paie un lourd tribut quotidien. Je sais que vous manquez de nourriture. Certains de vos êtres chers, femmes et enfants, jeunes et innocents, ont été tués. Je comprends votre détresse et sympathise avec votre chagrin. J’ai visité vos blessés de Beit Hanoun et j’ai été le témoin direct de l’inutile souffrance et de l’indicible cruauté de la guerre. Mais malgré cela, je ne compare pas la souffrance. En tant que parent s’adressant à de nombreux parents, je vous demande de comprendre l’angoisse de ma famille. A mesure que les jours passent, nous commençons à désespérer. Nous désespérons de voir arriver le jour où nous reverrons notre fils. Je ne sais ni où il est détenu, ni s’il est correctement nourri. J’ignore s’il est blessé, ou même s’il est vivant.


Et finalement, [je m’adresse] aux gens qui détiennent mon fils : je vous exhorte à libérer mon fils. Vous avez la possibilité de faire preuve de générosité. Faites-le pour la respectabilité que vous voulez vous voir accorder par la communauté internationale. Faites-le parce que vous vous considérez comme des hommes d’Etat, agissant dans un but humanitaire. Faites-le pour le respect que vous affirmez montrer à cette Mission. Faites-le non pas pour un gain, mais, je vous en prie, parce que c’est la chose juste et bonne à faire. Mais, par dessus tout, faites-le pour la paix et le bien de votre peuple.

Noam Shalit

Mis en ligne le 6 juillet 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org

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