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Publié par Dreuz Info le 7 juillet 2009

Vous avez dit Apartheid israélien ?

Je vous adresse de nouveau un autre exemple d´usage abusif des mots dont le but est de « jouer » sur les émotions faciles et emporter ainsi l´avis superficiel d´une opinion publique qui n´a ni le temps, ni le désir , ni de raison d´aller chercher plus loin.

Rachel

L’ »apartheid israélien » au quotidien, face à la question syndicale


Si vous écoutez l’ex LCR/NPA, le POI, le PCF, et bien sur tous les groupes et groupuscules gravitant autour de l’islamisme*(1), si vous écoutez beaucoup de ceux issus de la vieille droite extrême catholique, Israël est le pire des pays sur la planète. Il y régnerait un féroce apartheid, au moins aussi oppressif que le système sud africain sorti de la seconde guerre mondiale.


Un peu d’histoire : même si ceux que l’on appelle peuple Palestinien se sont essentiellement installés dans le pays au 18ème siècle puis, pour les centaines de milliers d’arabes palestiniens et israéliens originaires de grande Syrie, dans la première partie du vingtième siècle, ils sont -pour ces courants politiques- les seuls occupants légitimes du pays, flanqués de quelques malheureux descendants d’Africains victimes de la traite négrière orientale*(2).


Même si les relations de voyage du 17ème siècle ne trouvaient, parmi les 5000 habitants de Jérusalem*(3), qu’une poignée de bédouins habitants nomades et une grosse majorité de Juifs, ces derniers sont aujourd’hui qualifiés de « colons » lorsqu’ils habitent Jérusalem dite Est. Ils sont des occupants illégitimes, dans la ville dont ils ont été expulsés, tous, par la Légion arabe de Glubb Pacha, en 1948. La même chose pour le Gaza de la même époque, peuplé alors par 500 habitants, en majorité des Juifs. La même chose encore pour les deux principales villes de Galilée, Safed et Tibériade, villes antiques presque exclusivement habitées de Juifs jusqu’aux trente premières années du 19ème siècle. La même chose encore, à Hébron, dont les Juifs seront chassés par les autorités britanniques, après les sanglants et sanguinaires pogromes organisés en août 1929 par le mufti Husseini contre des Juifs habitant la ville depuis toujours. La même chose à Naplouse, l’antique Sichem capitale de l’ancien Israël.

Bien sur qu’il y avait d’autres habitants que les Juifs et les Samaritains dans le pays où avait « coulé le lait et le miel » avant de se retrouver transformé en gisement de pierrailles et de sables stériles. La formule « une terre sans peuple pour un peuple sans terre » n’a été qu’une formule à l’emporte pièce. Elle n’a jamais fondée le paradigme de la volonté nationale juive.


Au milieu du 17ème siècle, quand le mouvement messianique pour le retour -initié par Nathan de Gaza et Sabbataï Tsevi- ébranlera en profondeur la quasi-totalité des communautés juives de la diaspora, depuis les Juifs du Yémen jusqu’à ceux des steppes d’Ukraine, en passant par Hambourg et Amsterdam, le Maroc et la Perse, la question n’était pas et ne sera jamais que cette terre serait « sans habitant ». Sur cette terre, grande comme la Bretagne, il y avait des clans de Bédouins autochtones, dont la tradition et la continuité territoriale séculaire les amènera à considérer légitime le retour juif massif et à prendre leur part de la défense du pays, notamment en y faisant le service militaire. Il y avait les Druzes montagnards. Eux aussi sont des citoyens loyaux de l’état national de la nation juive restaurant sa souveraineté politique en 1948, même s’ils lui reprochent, ces derniers temps, et souvent à juste titre, de ne pas faire assez pour eux, pour améliorer leur bien être.


Il y avait au 17ème siècle, l’administration ottomane et ses hommes, des sujets venus des Balkans et du Caucase. Plus tard, dans la seconde moitié du 19ème siècle, la « smala » d’Abdel Kader laissera des traces humaines dans le pays.

La nation juive s’est reconstituée comme collectivité politique souveraine cessant d’être éparpillée et soumise aux aléas des expulsions et des pogromes, des enfermements dans les ghettos, les mellah et les rues juives. Les éléments hétérogènes non juifs, musulmans et chrétiens, ont à leur tour cristallisé en nation palestinienne ; nation qui n’avait jamais existé jusqu’alors comme groupement humain spécifique aspirant à prendre son destin en main.


A entendre les adversaires d’Israël, les Juifs, en se défendant, feraient aux Palestiniens ce qu’on leur a fait dans l’Europe dominée par le nazisme. Ils feraient aux Palestiniens ce qu’ils ont subi pendant des siècles dans les pays d’islam, où ils étaient ces « protégés » ayant, vis-à-vis des musulmans, autant de droits que les Afro-américains des USA en avaient vis à vis des blancs, avant le triomphe des lois civiques des années soixante. « Protégés », les Juifs en terre d’islam…curieuse protection qui ressemblait à celle imposée par l’ordre des familles maffieuses. Un enfant de la « meilleure communauté », celle des « vrais croyants », pouvaient frapper, injurier, humilier un adulte juif, même un vieillard. Aucune réplique n’était tolérable de la part du Juif. On appelait cela le pacte d’Omar ou la dhimmitude. Est-ce que cela est possible en Israël à l’encontre des citoyens non juifs ? Est-ce qu’un enfant juif peut injurier ou frapper un adulte arabe israélien ou palestinien travaillant dans le pays sans que sa victime ait le droit de répliquer ?


Alors, Israël, une démocratie, imparfaite comme tout régime politique et social sur cette terre jusqu’à ce jour, ou un régime d’apartheid, un système de ségrégation ?

La question syndicale est un bon thermomètre pour mesurer la démocratie

Si nous la prenions pour mesurer le contenu démocratique de la république islamique d’Iran, que constaterions-nous ? Pour ne prendre que l’exemple des travailleurs des transports, qui sont parvenus à reconstituer des syndicats, la dictature de l’oligarchie des porteurs de turban les a régi, c’est à dire combattus, par le seuls moyens qu’elle connaît. Elle a jeté en prison, et enfermé depuis cinq ans, le président de leur syndicat. Ce syndicaliste iranien croupit, privé de liberté et gravement malade. Depuis quelques mois, le vice-président du syndicat l’a rejoint derrière les barreaux des geôles des pasdaran devenus le GPU de la dictature islamiste.


Et Israël ?


Tout le monde a entendu parler de la Histadrut. Elle est l’organisation syndicale de tous les travailleurs organisés d’Israël. Elle a fréquemment organisé des grèves, y compris des actions de grève massives, parfois des grèves généralisées, pour les revendications. Jamais ces grèves n’ont été réprimées. Aucun syndicaliste, même arabe, ne pourrit en prison parce qu’il est syndicaliste.


Question : Mais les « arabes » israéliens, mais les Palestiniens qui travaillent en Israël, y ont-ils leur place, dans cette organisation syndicale, et si oui laquelle : Simples cotisants sans véritables droits ou militants et responsables à part entière ?

Je voudrais, pour répondre à cette question, donner la parole à Avital Shapiro-Shabirow, directeur du secteur international de la fédération générale des travailleurs d’Israël* (4). Ecoutons-la :


(…) parmi les travailleurs palestiniens légaux en Israël, 50% sont syndiqués. Ils sont membres de la Histadrut. Nous avons voulu améliorer nos rapports avec la Palestinian General Federation of Trade Union, la fédération générale des travailleurs palestiniens- PGFTU (l’organisation des travailleurs salariés du futur état de Palestine). Pour cela, nous avons signé un accord général le 24 juillet 2008, puis un second le 25 mai 2009, plus particulier, avec le syndicat de la construction de la PGFTU.


(…) le premier accord signé par nos deux organisation prévoit de reverser à la PGFTU 60% des cotisations des syndiqués palestiniens membres de la Histadrut. Tous les trois mois, nous effectuons directement ces reversements de cotisations. Ce n’est pas qu’une simple question d’argent. Nous cherchons à établir des relations de confiance avec la PGFTU, entre le sommet des deux fédérations et entre les syndicats de base.

(…) Nous avons mis en œuvre ces décisions dans les secteurs de la construction où intervient le principal syndicat de la PGFTU. (…). Avec le syndicat PGFTU des transports, nous avons mis en œuvre deux projets (…). Ces relations et ces accords se font sous les auspices de la fédération internationale des transports de la CSI. Le mouvement syndical international est directement concerné par nos accords. C’est aussi le cas de l’Organisation Internationale du Travail (OIT). Son dernier rapport annuel est d’ailleurs très positif au sujet de l’action de la Histadrut vis-à-vis des syndicalistes palestiniens. Concernant les travailleurs palestiniens des transports, les accords Histadrut- PGFTU se préoccupent, par exemple, de la prévention des accidents et aussi du secours mutuel entre chauffeurs palestiniens et israéliens. Dans toutes ces activités communes, l’arabe et l’hébreu sont utilisés à égalité, pour éviter les difficultés de compréhension, mais aussi pour marquer notre volonté mutuelle d’un vrai travail commun. (…). Nous allons continuer à rechercher la coopération entre les syndicats de base de nos deux fédérations.


(…) quels sont nos rapports avec l’actuel gouvernement israélien ? L’ancien président de la centrale syndicale, Eni OFER, membre du Labour Party (le parti travailliste d’Israël), est entré dans le gouvernement. Sa participation se traduit par une contrepartie concrétisée par un accord entre la Histadrut, les employeurs et le gouvernement. L’accord prévoit une série de mesures intégrées dans le budget de l’état, pour les années 2009-2010. La défense de l’emploi, et plus spécialement des dispositions de défense des outils de production, constitue l’axe de l’accord. (…)


Tu évoquais les actions de boycott menées dans différents pays. Elles coûtent à l’économie de notre pays. Pourquoi le nier. Mais vois-tu, les responsables de la PGFTU y sont également défavorables. La PGFTU dit très justement : les premiers salariés victimes du boycott, ce sont des travailleurs palestiniens !


Travailleurs Israéliens et Palestiniens, nous avons un intérêt commun, un intérêt que ceux qui boycottent remettent en cause. Le boycott favorise les tensions entre les travailleurs. La PGFTU dit même ceci : le boycott prend en otage les travailleurs palestiniens ! Il s’agit d’un problème de gouvernement, et ce n’est pas en punissant les travailleurs que l’on aura de résultats positifs. Les salariés Palestiniens sont eux qui sont les plus nombreux à être employés dans les activités les plus frappées par les actions de boycott.


En Australie, avec le « Trade Union Linking Israël and Palestine »- TULIP,*(5), des secteurs importants du mouvement ouvrier ont réagi. Ils refusent un boycott dont les motifs pourraient être invoquées, à la puissance dix ou cent, pour des pays qui n’hésitent pas à poser au procureur, pointant du doigt le notre. Dans ces conditions, nous croyons qu’il est vraiment très important que les syndicats français soutiennent TULIP.


(…) Tu évoquais les discriminations et l’apartheid qui existeraient dans notre pays. On pourrait parler des salariés asiatiques, africains ou autres qui sont membres de notre organisation, pour montrer que le racisme est aux antipodes de notre société, même si elle a encore beaucoup de problèmes à résoudre et des injustices à supprimer. Pour répondre aux accusations d’apartheid que tu évoquais et montrer qu’elles sont sans fondement, sauf celui de la mauvaise foi, je retiendrai une seule chose. Elle te montrera bien ce qu’il en est du soi-disant apartheid en Israël.


On discute beaucoup chez vous pour savoir s’il faut de la « discrimination positive », comme vous dîtes, pour réaliser une égalité plus complète entre les français de différentes origines. Chez nous, les arabes israéliens représentent moins de 18% des salariés et des syndiqués. Pourtant, nous avons voulu faire de « l’affirmative Action » à leur bénéfice, en renforçant leur présence dans les instances de direction de la Histadrut. On a fait en sorte que sur les 30 régions qui constituent la Histadrut, six soient entièrement dirigées par des syndicalistes arabes israéliens. Nous avons voulu, de cette manière, favoriser le syndicalisme dans tous les secteurs de la population.

Nous avons voulu, par ce moyen, favoriser la prise en main des centres de décision de l’organisation par toutes les composantes nationales de notre société et, en favorisant plus particulièrement nos camarades syndicalistes arabes israéliens.


Je te donnerai un dernier exemple de cette démarche. La Histadrut a mis en place le Jewish- Arab- Institut. Cet organisme, syndical par son origine, est chargé de veiller au respect de l’égalité des droits entre tous les salariés. Il doit pointer les discriminations qui peuvent exister en Israël. L’institut a pour rôle principal de favoriser les relations entre les travailleurs Arabes israéliens et les travailleurs Juifs. Pour poursuivre cet objectif, le responsable nommé par la fédération générale des travailleurs d’Israël, Farouk AMROUR, est un arabe israélien.


Alain RUBIN


*(1) C’est ainsi que le bouffon triste, ci-devant porte parole de la liste « antisioniste » aux dernières élections européennes, vient de révolutionner la science historique.

Examinant les résultats de la liste dont il était la tête sans cervelle, l’homme nous a servi cette révélation, incroyable et sidérante découverte : « c’est avec les clous du sionisme que Jésus a été crucifié ».


Ainsi, pour la tête de liste antisioniste, il y a 2000 ans, des gens seraient venus ou cherchaient à se rendre, on ne sait d’où, pour une Palestine qui s’appelait la Judée : c’étaient quoi, ces « sionistes » d’il y a 2000 ans ?… Des Gaulois, des Germains et des Slaves, des Chinois, des Africains et des Nord- Africains, et d’autres, venus eux aussi d’un peu partout, pour former un « peuple artificiel » (Ahmadinejad) ? Ce qui ressort de la découverte scientifique du comique triste, ce sionisme, qui aurait crucifié Jésus, était tout aussi mystérieux et malveillant que son successeur, le « colonialiste » sionisme contemporain… Merci Dieudonné, grâce à toi, nous apprenons enfin la terrifiante vérité : Déjà, il y a deux millénaires, des colonialistes, et des colonialistes spécialement perfides, les sionistes, cherchaient à s’emparer de ce pays. Pourquoi pas un autre ??


Ils ont de la suite dans les idées les « sionistes ». Déjà il y a 2000 ans, ils voulaient chasser les Palestiniens d’une Palestine qui n’existait pas encore et où ils n’habitaient pas encore… Déjà, le sionisme s’agitait et … il crucifiait, le Juif Jésus.


La tête de liste antisioniste et ses compagnons et comparses le disputent en absurdités avec un groupuscule fanatique, devenu lui aussi islamiste ; ce groupe, c’est le front « anti impérialiste » du sieur Kemi Séba. Selon lui, depuis la plus haute antiquité, Juifs ou Hébreux sont en guerre contre les Noirs. Pourquoi ? Mystère.


C’est sûrement pour défendre les noirs, qu’il aime à la façon dont le loup de la fable aimait la mère grand, que le régime négrier de Khartoum mène des guerres d’extermination à répétition contre des millions de négro africains : d’abord depuis 1974 contre les ethnies négro-africaines qui refusaient la charia (les clans animistes Noubas puis les chrétiens du Soudan du sud) ; ensuite le gouvernement de la charia au Soudan mènera la guerre contre les Four et les Agawa. Ces deux grandes ethnies négro africaines disposèrent longtemps de leur propre état (le sultanat du Darfour).

Puis vint la puissance et les appétits impériaux britanniques. Résultat : le sultanat des Fours fut incorporé de force dans l’entité soudanaise, par décision souveraine de l’administration impériale britannique, à la fin du 19ème siècle. Les soutiens du régime de Khartoum défendent aujourd’hui, dans la vie quotidienne, l’ordre colonial de l’empire britannique. Ils le défendent comme une donnée géopolitique définitive. On voit quel crédit il faut accorder à leur « haine » envers les survivances coloniales et impérialistes.


* (2) j’en ai rencontré il y a quelques semaines, dans les rues de la vieille ville de Jérusalem. Un vieil homme d’abord, sort d’oncle Tom, lobotomisé, privé de tout souvenir de ses ancêtres arrachés à l’Afrique pour être vendus aux esclavagistes de l’empire ottoman opérant dans la « Palestine » turque. Un peu plus loin, j’ai croisé une femme noire, autre « arabe » de la vieille ville, arpentant la via dolorosa, couverte de ces vêtements qui ne laissent voir que deux yeux dont l’origine était elle aussi l’Afrique lointaine, qu’elle ne verra jamais et dont sa mémoire éradiquée ne lui parlera jamais.


*(3) Relandi 1695

* (4) propos recueilli lors d’un entretien le 11 juin dernier

* (5) TULIP – www.tuliponline.org

 

lundi 6 juillet 2009, par Alain Rubin pour Ripostelaique

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