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Publié par Dreuz Info le 8 juillet 2009

Bonsoir,

J´aime les histoires qui commencent par  » Il était une fois… »

C´est ainsi que commence celle-ci mais elle a l´avantage de ne rien devoir à la fiction et tout à l´Espoir.

Evidemment, cette histoire là n´interessera pas ceux qui ont besoin d´une image diabolique d´Israel, pour pouvoir deverser leurs haines maladives.

Mais à vous qui esperez qu´un jour cette région du monde soit un lieu de Paix, je vous offre cette histoire.

Rachel Franco
Israel

Par Catherine Dupeyron

Um el Fahm, localité arabe d’Israël de 47 000 habitants, est un fief du parti islamiste du nord dirigé par le sheikh Raed Salah qui a été condamné à deux ans de prison par la justice israélienne pour avoir collecté de l’argent pour le Hamas. La plus grande ville musulmane d’Israël est surtout connue pour ses rassemblements islamistes ou pour sa révolte contre les forces de l’ordre israéliennes au tout début de la seconde Intifada. Pourtant la ville est fréquentée par nombres de juifs des environs qui viennent y faire leurs emplettes. Pourtant ses habitants travaillent presque tous à Tel Aviv. Pourtant des organismes juifs très actifs dans le secteur arabe ont décidé de ne pas laisser Um el Fahm s’enfoncer dans un Islam fondamentaliste en oeuvrant pour l’égalité de tous les citoyens israéliens, juifs et arabes. Le mois de juin a été l’occasion d’inaugurer deux de ces initiatives.


De notre envoyée spéciale à Um el Fahm

Il était une fois un rabbin orthodoxe collectant des fonds auprès de donateurs chrétiens afin d’aider des adolescents musulmans désoeuvrés. Ce récit, aux airs de conte de fées, est une histoire vraie qui se déroule en 2009 à Um el Fahm, une ville arabe israélienne. Ainsi, parfois la réalité l’emporte sur la fiction. Le rabbin, Yehiel Eckstein, est directeur de l’IFCJ (International Fellowship of Christians and Jews) une ONG, notamment destinée au rapprochement des juifs et des chrétiens, qu’il a fondée en 1983. L’IFCJ contribue en 2009 à hauteur de 55 % au budget de 350.000 shekels (65 000 €) de la Maison de l’Amitié, installée à Um et Fahm qui encadre une quarantaine de jeunes musulmans en difficultés de 14 à 18 ans. L’activité de ce centre est typique de ces structures chargées d’adolescents en détresse.


« On accueille des jeunes qui sont en danger que ce soit à cause de l’alcool, la drogue ou la violence familiale. Le centre est une alternative à la rue, à l’anarchie totale dans laquelle ils évoluaient », explique Samir, travailleur social de formation, initiateur du projet et directeur de la Maison de l’Amitié. Ouverte en septembre 2008, la Maison de l’Amitié a été solennellement inaugurée le 11 juin 2009 en présence du maire de la ville, Sheikh Khaled Hamdan, membre du Parti islamiste du nord. Ce dernier a formellement remercié le rabbin Eckstein « un religieux juif qui collecte des fonds de nos amis chrétiens dans le monde entier pour les résidents musulmans d‘Um el Fahm. »


Une politique d’aide à la population arabe


Loin d’être une exception, cette Maison de l’Amitié est une des nombreuses initiatives soutenues par l’IFCJ et destinées aux citoyens Arabes israéliens qui représentent 20 % de la population totale. Au total, l’association contribue dans le secteur arabe au financement de 200 projets répartis dans 65 villes israéliennes (Shfaram, Rahat, Sakhnin, …) soit un budget total de 25 millions de shekels (4,5 millions d’€) sur les cinq dernières années. « Notre politique est d’aider tous ceux qui vivent en Israël. Nous ne faisons pas de distinction entre religieux et laïcs, jeunes et vieux, juifs et arabes, musulmans, chrétiens et juifs », explique le rabbin Eckstein à Jérusalem & Religions. Le rabbin sait que Um el Fahm est perçue comme une ville d’extrémistes musulmans mais il fait le pari qu’il peut changer les choses. « Nous espérons que cela apaise les tensions existant entre les différentes communautés. Nous voulons montrer que tous les citoyens sont égaux. Nous pouvons construire la société ensemble. Nous croyons qu’en tendant la main ils tendront la main à leur tour et qu’ils se sentiront partie intégrante de ce pays. » Engagée financièrement, l’IFCJ reste très en retrait quant au suivi quotidien des projets. « On laisse les responsables locaux définir leurs priorités et nous n’imposons rien. Nous nous assurons seulement qu’il n’y ait pas d’objectifs politiques. »


Le Musée d’Israël au chevet d’Um el Fahm


D’autres fées, institutionnelles cette fois, ont décidé de se pencher sur le sort de la population arabe musulmane d’Um el Fahm. Egalement le 11 juin, le Musée d’Israël, l’institution culturelle la plus importante du pays, a organisé une journée de la sculpture à Um el Fahm, apothéose du programme « Dialogue à travers la fenêtre ouverte », lancé en 2007 et financé par la Fondation Fine de Pittsburg pour les enfants de Um el Fahm. « La rencontre est possible à travers des fenêtres ouvertes », souligne Hanan Abu Hussein, une artiste elle-même originaire de Um el Fahm, qui enseigne au Musée d’Israël depuis dix ans et très impliquée dans ce projet avec Yaël Robin. Les deux jeunes femmes, l’une musulmane, l’autre juive, ont créé ensemble cinq sculptures en forme de fenêtres ou de portes ouvertes pour cette opération hors du commun.

Le programme a touché l’ensemble des élèves de 11 à 18 ans de trois écoles de Um el Fahm, soit 3000 jeunes et s’est déroulé sur plusieurs mois. Au menu plusieurs étapes : une coopération du musée avec 300 professeurs, des visites au musée de tous les élèves pendant une demie journée, un travail autonome dans les écoles défini par les professeurs et non par le musée et pour conclure la journée du 11 juin à Um el Fahm sur le mont Iskander, point le plus haut de la ville où ont été installées les cinq sculptures en fer représentant des portes ou des fenêtres ouvertes. Ce jour-là, chacune des sculptures à l’état brut a subi un nouveau processus de création accompli par quelques deux cents jeunes de la ville. Sur chacune d’entre elles, ils ont reproduit en toute liberté deux œuvres picturales précédemment réalisées par deux artistes, l’un juif l’autre arabe. Autrement dit, chaque sculpture est devenue une oeuvre unique synthétisant celles de deux artistes, juif et arabe.


Des initiatives tournées vers l’avenir


Là aussi, comme pour l’IFCJ, l’opération menée à Um el Fahm n’a rien d’exceptionnel. « C’est un projet unique par son ampleur mais il fait partie intégrante de notre politique de dialogue », explique Delilah Hizmi, coordinatrice de ce programme pour le musée et conservateur associé pour le département Education du Musée. « Notre objectif est de rapprocher les gens à travers le langage de l’art » précise-t-elle. A cet égard, il existe notamment un autre programme intitulé « Combler le fossé », mis en place par le Musée il y a sept ans. Quant au choix d’Um el Fahm, il est en grande partie lié à la présence de la galerie de Saïd Abou Shakra, seul galeriste au sein de la population arabe d’Israël jusqu’en 2007 et donc un relais important pour établir des liens avec les écoles. Delilah Hizmi refuse de définir Um el Fahm comme une ville islamiste, ce serait selon elle « une stigmatisation qui empêcherait de faire quoi que ce soit ». De la même manière, elle préfère ne pas définir Jérusalem comme une ville religieuse. Ces deux initiatives, celles du Musée et de l’IFCJ, sont tournées vers les jeunes d’Um el Fahm. Un moyen d’agir sur l’avenir dans la mesure où les moins de 25 ans y représente la moitié de la population.

dimanche 5 juillet 2009

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