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Publié par Dreuz Info le 2 août 2009

Le procès d’une centaine de manifestants, arrêtés lors des défilés de juin, s’est ouvert samedi. Certains, parmi lesquels figurent des personnalités du camp réformateur, ont demandé pardon au régime. L’ancien président Khatami dénonce un simulacre de justice.

A quelques jours de la prestation de serment Mahmoud Ahmadinejad, vainqueur très contesté de la présidentielle iranienne du 12 juin, le régime iranien hausse le ton. Le premier procès de manifestants anti-Ahmadinejad s’est ouvert samedi devant un tribunal révolutionnaire de Téhéran.

 

Dans le box des accusés se trouve une centaine de sympathisants de l’opposition, arrêtés lors des marches de protestation du mois de juin. Parmi ces militants figurent des personnalités du camp réformateur telles que l’ancien vice-président Mohammat Ali Abtahi, l’ancien porte-parole du gouvernement Abdollah Ramezanzadeh ou le chef du principal parti réformateur, le Front iranien de la participation islamique, Mohsen Mirdamadi.

 

Selon l’acte d’accusation. trois des plus importants partis d’opposition, financés par des ONG, ont comploté en vue de mener à bien une «révolution de velours» afin de renverser la république islamique. Les prévenus sont aussi accusés d’avoir «perturbé l’ordre et la sécurité» et «d’avoir des liens avec les hypocrites», l’appellation officielle des Moudjahidine du Peuple, le principal mouvement d’opposition en exil.

 

Ils sont également soupçonnés «de port d’armes à feu et de grenades, d’attaques contre les forces de l’ordre et les miliciens islamistes et d’envoi d’images des défilés pour les médias ennemis». A priori, les prisonniers encourent cinq ans de captivité, mais s’ils étaient reconnus coupables d’être «mohareb» (ennemi de Dieu), ils risqueraient la peine de mort.

 
Volte-face de certains des accusés

 

Faisant acte de repentance, l’un des leaders du camp réformateur, qui comparaissait à la barre l’ancien le vice-président de Khatami, Mohammat Ali Abtahi, s’est dit en accord avec le parquet. « Je pense que la capacité pour que la révolution de velours se produise existe dans le pays, mais je ne sais pas s’il y avait une intention réelle de le faire», a-t-il plaidé.

 

Rompant avec le discours de l’opposition, emmenée par le rival malheureux d’Ahmadinejad, Mir Hossein Moussavi, Mohammat Ali Abtahi a affirmé, selon les médias, qu’il n’y avait pas eu de fraudes à la présidentielle du 12 juin.

 

«C’était un mensonge pour provoquer des émeutes pour que l’Iran devienne comme l’Afghanistan et l’Irak et souffre » a ajouté le réformateur, qui est apparu très amaigri. «Si cela arrivait, il ne resterait ni le nom, ni aucune trace de la révolution», a-t-il poursuivi. «Moussavi ne connaissait probablement pas le pays, mais Khatami était au courant. Il connaissait la puissance du Guide suprême Ali Khamenei, mais il a rejoint Moussavi et ça c’était une trahison», a conclu ce membre du clergé.

 

Mis en cause, l’ancien président réformateur Mohammad Khatami a dénoncé dimanche un simulacre de justice. «Ce genre de mise en scène est contraire à la Constitution et aux intérêts du régime et porte atteinte à la confiance de l’opinion publique». «Les aveux obtenus dans ces conditions n’ont aucune crédibilité», regrette-il.

 

Un autre accusé Mohammad Atrianfar, membre important du camp réformateur, a également exprimé sa loyauté envers le régime. «Tout groupe radical, ou mouvement qui agit au nom de la réforme dont le comportement vise à affaiblir le régime doit mettre fin à ce type d’agissements et s’excuser», a-t-il indiqué

 

Un mois et demi après le premier tour du 12 juin, la contestation se poursuit, l’opposition refuse toujours de reconnaître la victoire du président Ahmadinejad. Jeudi, les forces de l’ordre ont employé la force pour disperser des milliers de partisans de l’opposition rassemblés dans le centre de Téhéran et dans un cimetière de la capitale pour rendre hommage aux manifestants tués. Sur les 2000 manifestants arrêtés depuis le début de la contestation, 250 sont toujours derrière les barreaux. Les témoignages sur les mauvais traitements subis en prison par les opposants se sont multipliés et ont déclenché des critiques, même au sein même du clan conservateur du pouvoir iranien.

 

La crise n’a pas non plus épargné Mahmoud Ahmadinejad dont les relations avec le guide suprême l’ayatolah Khamenei semblent s’être tendues particulièrement sur la question des nominations de ministres. Mahmoud Ahmadinejad a ainsi dû renoncer à nommer Esfandiar Rahim Mashai, un de ses proches, au poste de vice-président.

 

http://www.lefigaro.fr/international/2009/08/01/01003-20090801ARTFIG00419-les-anti-ahmadinejad-devant-la-justice-.php

lefigaro.fr avec AFP
02/08/2009

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