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Publié par Dreuz Info le 31 août 2009

Les chefs  d’Etas de Russie, du Vénézuéla ainsi que de dizaines d’autres nations se réuniront à Tripoli, ce mardi 1er septembre 2009 , pour célébrer le 40ème anniversaire du plus grand jour férié en Libye, celui de la  dictature locale,  connue sous le nom de la   Révolution Al Fatah. Les manifestations prévues à cette occasion comprendront un spectacle aérien et une parade militaire à laquelle participeront des unités des armées algérienne, tunisienne, mauritanienne, et d’autres pays africains encore. Ces célébrations suivront le sommet de l’Union Africaine (UA) qui se tiendra lundi, sur le sujet des conflits en Afrique.

 


La Libye a invité le Premier Ministre Silvio Berlusconi et 300 italiens qui s’étaient exilés du territoire libyen il y a 40 ans à l’occasion de la première Journée de l’Amitié entre les deux pays qui a eu  lieu ce dimanche 30 août. Parmi ces italiens, certains ont déjà rencontré le leader libyen Mouammar Kadhafi durant la toute première visite que le dirigeant avait effectuée à Rome, en juin dernier. Ils ont marqué  ce dimanche l’anniversaire de l’Accord d’Amitié, de Partenariat et de Coopération signé entre les deux pays, Berlusconi et Kadhafi ont même partagé  hier soir un dîner de l’Iftar (rupture du jeune du ramadan) .

 

 

 

Les leaders du monde vont célébrés les 40 ans  au  Pouvoir  de Kadhafi. Colonel et de facto le dirigeant de la Libye depuis 1970, à la suite du coup d’État du 1er septembre 1969, Kadhafi est le premier dictateur qui a  imposer pour la première fois une augmentation du prix du baril de pétrole, ouvrant la voie aux autres pays producteurs de pétrole.

 

 

Au cours des années 1980, son régime est mis au ban de la communauté internationale à cause de son soutien à de nombreuses rébellions dans le monde et de ses implications dans plusieurs actes terroristes : attentat dans une discothèque berlinoise fréquentée par des militaires américains en 1986, attentat de Lockerbie en Écosse contre un avion de ligne civil américain qui explose en plein vol en 1988 (270 morts), ou encore attentat contre un avion français, le vol 772 UTA reliant Brazzaville à Paris en 1989 (170 morts).

 

 

Par la suite, en 2003, la Libye reconnaît officiellement « la responsabilité de ses officiers » dans l’attentat de Lockerbie — ainsi que dans celui du Vol 772 UTA — et paie une indemnité de 2,16 milliards de dollars aux familles des 270 victimes de Lockerbie, ce qui a pour conséquence la levée définitive des sanctions de l’ONU et (partiellement) des États-Unis à son encontre.

 

 

 

Le fantasque « Guide de la révolution » a un grand projet pour l’Afrique : il souhaite mettre en place un « gouvernement de l’Union » devant mener à des « Etats-Unis d’Afrique ». Un projet qui ne déchaîne pas l’enthousiasme de ses pairs africains, pas plus qu’il n’avait, jadis, séduit les dirigeants arables à qui Kadhafi avait proposé, de la fin des années 60 au début des années 90, des unions entre pays basées sur l’idée du « panarabisme ».

 

 

Les dirigeants du Soudan, de l’Egypte, de la Syrie, de la Tunisie et du Maroc n’avaient pas cédé aux avances d’union avec la Libye : ils ne voulaient renoncer à une partie de leur souveraineté au profit d’une entité supranationale. De plus, l’idéologie de Kadhafi n’a jamais fait l’unanimité. Du « panarabisme » au « panafricanisme », la  diplomatie  libyenne est appuyée sur une puissance d’argent colossale.

 

 

Le Colonel Kadhafi reste neanmois un dictateur impitoyable dans son propre  pays. Le Libyen dirige son pays d’une main de fer, sans liberté de presse. Dans le pays de Kadhafi, les citoyens n’ont aucun droit.

 

 

La peur ? Les Libyens  la connaissent. Dans la République des masses de Kadhafi, elle est même l’instrument le plus efficace grâce auquel la Grande Jamahiriya impose l’allégeance à ses citoyens. Pour traquer ou dissuader ceux parmi eux tentés par l’insoumission ou la dissidence, le régime dispose de toute une panoplie de moyens allant des très sophistiqués systèmes d’écoutes téléphoniques et logiciels de surveillance du réseau Internet, à une infinité de services de sécurité dont les très redoutés Comités populaires. Initialement les plus petites structures de la « démocratie directe » libyenne, ils ont été transformés au fil du temps en une effroyable machine de contrôle et de répression politiques.

 

 

Théoriquement, la Libye est une « démocratie directe » où le pouvoir est exercé par le peuple. Dans chaque localité, les choix sont débattus et décidés par un congrès populaire de base. À l’échelle nationale, les décisions relèvent du Congrès général du peuple. L’exécutif est assumé par les comités populaires généraux qui remplissent les fonctions attribuées, sous d’autres cieux, aux ministères.

 

 

La réalité est cependant tout autre. La « démocratie directe » est une grosse supercherie dans la mesure où aucune parcelle du pouvoir n’échappe au maître de Tripoli qui quadrille le pays par de terribles Comités révolutionnaires (CR). Organisation tentaculaire – dont une partie des membres opèrent sous le sceau de la clandestinité -, les CR tiennent à la fois du parti politique et des services parallèles. La loi 71 promulguée en 1972 interdit formellement la création ou l’adhésion à d’autres structures politiques. C’est au nom de cette législation baptisée « loi sur la protection de la Révolution » que des centaines de Libyens hostiles au régime ont été, depuis lors, condamnés soit à la peine capitale soit à de lourdes peines d’emprisonnement.

 

 

Selon l’organisation Human Rights Watch,  des milliers  de personnes se trouvent en prison pour s’être livrées à une activité politique pacifique, et certaines ont « disparu ». La Loi 71 interdit toute activité politique indépendante et les contrevenants sont passibles de la peine de mort ».  Au fil des ans, les autorités libyennes ont emprisonnés des milliers de personnes pour violation de cette loi, et certaines ont été condamnées à mort.

 

 

Depuis que Kadhafi a réussi à se faire réintégrer dans la communauté internationale, en lâchant du lest sur le nucléaire et sur l’indemnisation des victimes d’attentat, on a plutôt l’impression que l’Occident fait profil bas  sur la situation des prisonniers politiques en Libye, la torture. Il y aussi  beaucoup de gens qui  ont disparu dans le passé, et une fois 1200 prisonniers ont été tués parce qu’il s’étaient mutinés, mais il n’y a pas eu d’enquête internationale.

 

 

Dans la Libye de 2009, comme dans l’Afghanistan des talibans, des châtiments corporels tels que l’amputation des membres restent en vigueur. En 2005, la peine de mort a été appliquée huit fois : deux Nigérians, quatre Égyptiens et deux Turcs en ont fait les frais. Le régime de Kadhafi pratique encore aussi les punitions collectives. À Bani Walid, au sud de Tripoli, plusieurs maisons appartenant à des membres de la tribu Al-Jadik ont été rasées en 2002. L’accès aux services publics et à l’emploi a été interdit au même groupe. Plusieurs Jadik ont été victimes de détentions arbitraires et parfois d’exécutions extrajudiciaires. Leur crime ? Ils ont  des revendications sociales ;  ils sont  oubliés par le pouvoir de Tripoli.

 

 

La Jamahiriya, pourtant signataire depuis 1976 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, dénie également à ses « citoyens » le droit à la liberté d’expression. Tous les médias du pays, des quatre quotidiens – Al Jamahiriya, Al Chams (« Le Soleil »), Al-Fajr al-Jadid (« La Nouvelle Aube ») et Al-Zahf al-Akhdar (« La Marche verte », organe des comités) – aux chaînes de télévision en passant par la radio, sont strictement contrôlés par l’État.

 

 

En 2005, à Benghazi, un cyberdissident, le jeune Daif Ghazal, 32ans, a été enlevé puis assassiné, rejoignant ainsi une liste déjà longue de personnes disparues. Les plus célèbres, à ce jour, restent l’imam chiite libanais Moussa Sadr, enlevé à Tripoli en 1978, et l’ancien chef de la diplomatie de Kadhafi, Mansour Kikhia, kidnappé au Caire en 1993. « Plus que les procès, c’est la méthode la plus prisée par le régime. Le sort de la personne jugée dangereuse est ainsi réglé une fois pour toutes et on en parle plus », analyse sous couvert d’anonymat, un journaliste arabe spécialiste de la Libye.

 

Même lors des délibérations publiques des congrès populaires, chacun est tenu d’éviter la moindre critique à l’égard du « guide » ou des « principes révolutionnaires ».  

 

Comment peut-on alors soutenir que cette Libye-là a sa place dans le concert des nations civilisées ?

 

 

Encore les Libyens ne sont-ils pas les seules victimes de l’appareil répressif de Kadhafi. Au fil des pages des rapports des organisations de défense des droits de l’homme, on découvre de nombreux Subsahariens broyés par la machine.

 

 

Après 40 années de pouvoir sans partage, n’est t-il pas  effectivement grand temps de se préoccuper de la situation des droits de l’Homme dans ce pays ?  

 

 

L’intérêt des états pour le pétrole libyen a fait que la majorité des pays européens préfèrent faire les doux yeux à Kadhafi  et renouer avec sa dictature. Les chefs d’Etat de Russie, du Vénézuéla ainsi que de dizaines d’autres nations se réuniront à Tripoli, ce mardi 1er septembre 2009, pour célébrer le 40ème anniversaire de cette dictature.

 

 

Plusieurs détachements d’armées africaines et d’Europe participeront à un défilé militaire prévu ce mardi à 16h00 sur la Place verte, alors que 80 appareils militaires réaliseront des parades aériennes dans le ciel de Tripoli.

 

 

La France y participera avec deux chasseurs Rafale et sera également représentée au Festival international des musiques militaires, du 28 août au 4 septembre à Tripoli. Le festival verra également la participation d’une fanfare britannique, « The Burry Port Town Band », malgré le tollé provoqué à Londres par l’accueil triomphal de M. Megrahi.

 

 

Près de 800 danseurs participeront à ce spectacle dont la dernière partie sera consacrée à l’Afrique, pour marquer le dixième anniversaire de l’Union africaine (UA), en présence d’une quarantaine de dirigeants africains, dont le Soudanais Omar al-Béchir visé par un mandat d’arrêt international

 

 

 

Kadhafi  peut donc fêter avec faste ses 40 ans au pouvoir  tant que son  pétrole coule à flot. Auréolé par ses succès diplomatiques sur l’Occident (1) et son influence en Afrique , Kadhafi joue le maitre incontestable du monde . Les dirigeants de la planéte  pourront  donc apprécier les artères principales de Tripoli  qui ont été ornées à l’occasion par des millions d’ampoules multicolores et les murs placardés de  milliers de photos géantes  et de slogans à la gloire de Kadhafi. « A toi la gloire, faiseur de gloire! »

 

 

Ftouh Souhail

 


(1) Ces festivités interviennent après un double succès diplomatique retentissant du colonel Kadhafi, qui a obtenu le 20 août la libération du Libyen condamné à vie pour l’attentat de Lockerbie (270 morts en 1988) et des excuses suisses dans l’affaire de son fils Hannibal, arrêté en 2008 à Genève.


La libération de M. Megrahi a coïncidé avec une visite-surprise à Tripoli du président de la Confédération Hans-Rudolf Merz, venu s’excuser pour les conditions de l’arrestation de Hannibal Kadhafi et de son épouse dans la cité de Calvin.

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