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Publié par Dreuz Info le 7 septembre 2009

Le samedi 22 août 2009, drzz.info a été le premier média de langue française à évoquer la piste israélienne derrière le détournement du cargo « Arctic Sea », au large des côtes scandinaves. Nous sommes toujours le premier média sur le moteur de recherche Google, devant les grands « journaux de référence » qui sont passés totalement à côté de l’affaire.

Deux semaine après la diffusion de notre premier article, et quelques jours après que le Time Magazine se fasse l’écho de la piste du Mossad, la presse européenne se réveille… Notons les progrès : lorsque nous avions évoqué l’implication du Mossad dans la libération d’Ingrid Bétancourt, il leur avait fallu un mois pour parvenir aux mêmes conclusions. Quant on sait la gravité d’une affaire de renseignement du type que celle qu’a connu « l’Arctic Sea », ce retard est vraiment inquiétant

© drzz.info
Nos analyses : Renseignement

Selon les dernières informations de la télévision belge, fondées elles-mêmes sur la presse autrichienne (Salzburger Nachrichten), et parues entre hier et aujourd’hui, l' »Arctic Sea » aurait été utilisé par la « mafia russe » pour livrer des composants militaires à l’Iran.

La télévision belge RTBF cite à nouveau l’amiral estonien Tarmo Kouts, rapporteur sur la lutte contre la piraterie pour l’Union européenne : selon lui, le Mossad est derrière le détournement de l' »Arctic Sea » « parce que l’Arctic Sea  ne transportait pas que du bois mais aussi des missiles [S-300], destinés à l’Iran ou à la Syrie, deux pays ennemis d’Israël« . Autre écho, israélien celui-ci : l’ancien vice-ministre israélien et ex-député, spécialisé dans les services secrets, Ephraïm Sneh, affirme que « l’affaire de l’Arctic Sea a intéressé beaucoup de monde en Israël et cela jusqu’au plus haut niveau« .  Notez que l’hypothèse proposée correspond à nos premières analyses :
 

[RTBF] Selon un premier scénario, ce sont la Russie et l’Otan, informées de cette manipulation par le Mossad, qui auraient stoppé l’Arctic Sea. Huit « pirates », qui étaient en fait des membres des forces spéciales russes, auraient pris le contrôle du navire, avant de l’emmener loin en haute mer, à l’abri des caméras. La Russie pouvait ainsi récupérer son précieux bien, en sauvant les apparences.

Mais une autre version des faits circule : ce seraient les Israéliens qui auraient détecté le manège et auraient directement agi. Ce sont eux qui auraient pris d’assaut le navire dans les eaux suédoises, assumant le commandement des opérations jusqu’à la remise de l’Arctic Sea aux Russes. L’Etat hébreu conteste cependant ce scénario.

La RTBF note avec justesse l’évidence : l’intoxication russe quant aux « huit pirates arrêtés ». Toutefois, les journalistes belges manquent de voir le coeur de l’affaire : il ne s’agit pas d’une collaboration entre Jérusalem et Moscou contre la mafia russe. Il s’agit vraisemblablement d’une opération d’Israël contre la Russie, ce qui explique l’embarras évident du Kremlin et la mobilisation historique de sa flotte. Notre source du KGB nous avait longuement parlé des connexions entre renseignement russe et mafia. Qui peut imaginer le Kremlin déployant sa flotte pour contrecarrer une opération mafieuse nuisible à Israël, alors que le FSB et le SVR s’attaquent frontalement à l’Etat hébreu au Liban ? Cela n’a aucun sens. Ce qui en a, au contraire, c’est le double jeu de la Russie, qui fournit illégalement du matériel de guerre à l’Iran.

En Israël, le Mossad est visiblement gêné par cette publicité autour de son implication. Le Yediot Aharonot, premier quotidien israélien, a lancé une campagne de dénigrement contre les médias russes (ce qui est classique au LAP, comme nous le notions le lundi 24 août dernier), accusant la Russie… d’avoir détourné « l’Arctic Sea » ! En réalité, le Yediot est le porte-parole traditionnel des services secrets israéliens. Plusieurs de ses journalistes sont notoirement proches du service (à l’image de Ronen Bergman), et les grandes affaires sur lesquelles le Mossad veut donner son avis se retrouvent, par tradition, dans le Yediot. C’est par ce journal, notamment, que le Mossad avait révélé la manière dont il avait éliminé le chef du Hezbollah Imad Mughniyeh en février 2008. Pas de surprise, donc, que le LAP – le service de guerre psycholgique du Mossad – mène la riposte sur la place publique.

Il y a une raison à cette soudaine contre-attaque médiatique israélienne : l' »Arctic Sea » n’était pas un cargo traditionnel, et l’opération du Mossad n’avait rien de la lutte contre le crime organisé. Il s’agit d’une guerre secrète entre le Goliath russe et le David israélien.

Pour preuve ? L’Institut des études de sécurité nationale de l’Université de Tel Aviv a publié dans sa revue hebdomadaire du 26 août 2009, bien avant que la thèse d’une cargaison de S-300 au sein du navire « Arctic Sea » ne soit connue, un article sur l’origine de l’accord secret entre la Russie et l’Iran concernant les missiles sol-air S-300 PMU-1.

L’article est éclairant à plus d’un titre. Non seulement parce qu’il est issu d’un institut universitaire lu au sein du gouvernement israélien, mais également parce qu’il donne le mobile de l’opération du Mossad contre « l’Arctic Sea », le 24 juillet dernier.

Tout d’abord, cet article dément l’anaylse proposée par nos médias (une opération conjointe israélo-russe contre le crime organisé) et renforce la nôtre (une opération israélienne contre la Russie). Il dévoile aussi une réalité méconnue, à savoir les différences d’opinion entre le gouvernement et certains cercles militaires en Russie sur la vente des S-300 à la République islamique.

Grâce à cette analyse, il est possible d’affiner notre analyse des intentions israéliennes : avec le détournement de « l’Arctic Sea », Jérusalem a cherché à renforcer le camp du président Medvedev contre ses critiques, et mettre un terme à la vente de missiles S-300 à l’Iran.

Surtout, le détournement de « l’Arctic Sea » montre que le gouverment israélien songe toujours à attaquer militairement les installations nucléaires iraniennes.

THE INSTITUTE OF NATIONAL SECURITY STUDIES
TEL AVIV UNIVERSITY
Insight no 126, AUG. 26, 2009, lien

L’establishment russe a un intérêt certain à organiser la vente de S-300, surtout par le prestige que cela lui attirerait. A l’opposé, des éléments politiques, au niveau de l’échelon présidentiel, du Ministère des Affaires Etrangères, et aussi, apparemment, du Conseil de Sécurité Nationale, sont plus modérés et prennent en compte les réalités internationales. Ces différences d’opinion, qui existaient par le passé, semblent toujours demeurer aujourd’hui.

Fournir des systèmes de défense S-300 à l’Iran est un sujet de conversation depuis longtemps, mais il a toujours échoué devant le scepticisme des Russes. Ces derniers savent que cette vente affectera la stabilité de la région. Ils savent aussi que cela jouera sur leurs relations avec Israël et les Etats-Unis, y compris au sujet des missiles américains en Europe de l’Est. (…)

Il n’y a pas eu d’accord définitif après la visite entre les présidents Peres et Medvedev. Le résultat d’un éventuel accord dépendra de la situation au Moyen Orient, et sur ce front, aussi bien les Etats-Unis que la Russie s’apprêtent à prendre de nouvelles initiatives politiques. Quoiqu’il en soit, si la vente de S-300 reste un sujet délicat, il est raisonnable de penser que toute concession russe s’accompagnera d’un prix politique.
 
Pour Israël, la question reste ouverte sur l’ampleur de la menace que représentent les S-300. Le système est essentiellement défensif, construit pour intercepter les jets, y compris les modèles avancés de défenses anti-missiles. Cela dit, il est clair qu’un système capable d’intercepter des avions à plus de 200km est également capable de menacer le trafic aérien au-delà de ses frontières. Israël n’autorisera l’Iran à posséder des S-300 que si
 [Jérusalem] a écarté tout idée d’une intervention militaire contre les sites nucléaires iraniens.

© drzz.info
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