FLASH
Le géant de l’acier United States Steel annonce : « maintenant que Trump élu, nous allons investir et réembaucher jusqu’à 10 000 personnes »  |  Viola Desmond, activiste noire engagée dans la défense des droits des noirs, va apparaître sur le dollar canadien, première femme sur un billet de banque  |  Les premiers avions de combat F35i sont en route vers Israël, premier Etat au monde à être livré  |  L’espérance de vie a baissé de 78.9 à 78.8 ans aux Etats-Unis en 2015 (mais progresse régulièrement depuis 1990)  |  Australie : les tapis de prière d’un hôpital de Sydney vont être nettoyés après que du bacon ait été posé dessus  |  L’ex-ministre Michèle Alliot-Marie (0 chances d’être élue) annonce sa candidature à la présidentielle  |  Fraude fiscale : Jérôme Cahuzac condamné à trois ans de prison ferme  |  Grèce : la Cour bloque l’extradition de 2 soldats turcs suspectés de complicité du coup d’Etat  |  Les forces israéliennes ont arrêté une cellule du Hamas qui s’apprêtait, depuis la Judée, à commettre attaques et kidnappings  |  Sondage Gallup: 47% des Américains sont pour le droit à l’avortement, 46% sont pro-vie  |  Où l’on apprend que Trump a eu plus de 30 heures de conversations téléphoniques avec Obama depuis son élection  |  Sondage : le taux de popularité de Donald Trump est monté à 50%, celui des médias est tombé à 6%  |  Après l’attentat islamique de l’université, le Sénat de l’Ohio autorise le port d’arme pour les étudiants  |  Trump annonce qu’il va chercher à faire baisser le prix des médicaments – la bourse réagit en baisse  |  Trump veut demander avis à Obama en raison de son expérience, pour de futures nominations  | 
Rafraichir régulierement la page
Publié par Dreuz Info le 13 septembre 2009

Florissantes après les indépendances, les relations entre l’État hébreu et le continent s’intensifient et obéissent désormais aujourd’hui à des considérations avant tout économiques. En témoigne la dernière  la tournée du chef de la diplomatie israélienne, Avigdor Liebermann, dont l’objectif est aussi de contrer le rapprochement entre l’Iran et l’Afrique.

 

 

Cela ne s’était pas produit depuis plus de vingt ans : le ministre des Affaires étrangères israélien Avigdor Liebermann – dirigeant du parti Israel Beytenou était en tournée en Afrique du 2 au 10 septembre. Il a visité successivement l’Éthiopie, le Kenya, le Ghana, le Nigeria et l’Ouganda. Le grand retour d’Israël en Afrique vise à renforcer les relations économiques entre l’État hébreu et le continent dans les domaines de l’énergie, de l’agriculture, de l’irrigation, des infrastructures ou de la sécurité, bien entendu, mais aussi croiser le fer diplomatique avec l’Iran.

 

 

En clair, il s’agit de répondre aux visites de Mahmoud Ahmadinejad – qui s’est rendu au Kenya, à Djibouti et aux Comores en février dernier – et de tenter de (re)conquérir le soutien de l’Afrique, notamment aux Nations-Unies, afin de peser davantage contre le programme nucléaire iranien.

 

Cette visite a permis aussi  de renforcer la sécurité de l’État hébreu  en formant un « cordon sanitaire » autour des pays arabes perçus comme hostiles comme le Soudan, la Libye et l’Algérie.

 

Pour le président en exercice de l’Union africaine, Mouammar Kadhafi, « les ambassades d’Israël en Afrique sont des gangs qui cherchent des alliances avec des minorités pour perturber notre continent ». Israël était obligé donc de mener  son propre combat diplomatique en Afrique pour s’assurer du soutien de ses amis sur le continent.

 

 

En 2007,  la ministre des Affaires étrangères israélienne Tzipi Livni racontait  les cinquante ans de relations avec le continent: « Le début des relations entre Israël et l’Afrique date du milieu du XXe siècle. De 1957 pour être exact, avec l’ouverture d’une représentation diplomatique au Ghana. En réalité, on pourrait dire qu’elles sont nées il y a trois mille ans, quand la reine de Saba a rendu visite au roi Salomon. Il est vrai qu’elles ont connu des hauts et des bas – elles étaient florissantes dans les années 1950 et 1960, inexistantes dans les années 1970 et renaissantes dans les années 1980 et 1990. Aujourd’hui, les relations entre Israël et la grande majorité des pays africains peuvent être qualifiées d’excellentes. »

 

 

 

À l’heure des indépendances africaines, la ministre des Affaires étrangères israélienne Golda Meir s’était résolument tournée vers l’Afrique. Pour elle, les Africains et le peuple juif partageaient bien des points communs. Ils avaient dû se débarrasser de la tutelle coloniale. Ils avaient dû mettre en valeur des terres souvent ingrates. Et avaient été des victimes de l’Histoire, morts dans les camps de concentration ou réduits en esclavage… 

 

Au milieu des années 1960, Israël – farouchement hostile au régime d’apartheid sud-africain – entretenait déjà des relations diplomatiques avec plus de trente pays africains. L’Etat hébreu y a envoyé ses experts, formé des unités d’élite, vendu des matériels. En 1966, une dizaine de pays africains ont reçu une aide militaire directe d’Israël. Un certain général congolais, Joseph-Désiré Mobutu, a même bénéficié, en 1963, d’un entraînement de parachutisme .Deux ans avant de prendre le pouvoir.

 

 

Cette politique d’ouverture s’est altérée à partir de la guerre des Six Jours, en 1967.Mais la véritable rupture a eu lieu au moment de la guerre du Kippour, en 1973.Le franchissement du canal de Suez par les forces de défenses israéliennes a heurté les pays africains, et le choc pétrolier a accru leur dépendance pétrolière vis-à-vis des pays arabes. Résultat : à l’exception du Malawi, du Lesotho et du Swaziland, tous ont coupé avec Israël.

 

 

L’isolement de l’État hébreu a atteint son paroxysme le 10 novembre 1975, avec la résolution 3379 des Nations Unies assimilant sionisme et racisme ! Les seuls pays africains à s’y opposer étaient le Malawi, le Lesotho, la République centrafricaine, le Liberia et la Côte d’Ivoire. Au-delà des positions politiques de principe, la realpolitik a néanmoins continué de s’imposer. «Durant cette période, les liens économiques ont en réalité augmenté, les échanges commerciaux ont été multipliés par trois et les entreprises israéliennes ont accru leurs initiatives, en particulier au Nigeria, au Kenya et au Zaïre », explique Naomi Chazan professeur émérite de sciences politiques et d’études africaines à l’université hébraïque de Jérusalem.

 

 

L’absence de relations officielles n’a pas empêché non plus Israël de maintenir son assistance militaire. À la fin des années 1970, environ 35 % des ventes d’armes israéliennes se faisaient en Afrique. « Des agents du Mossad, des émissaires militaires et un petit groupe d’hommes d’affaires ont remplacé les diplomates en tant qu’interlocuteurs privilégiés des dirigeants africains et (principalement) des partis d’opposition », estime Naomi Chazan. Des spécialistes de la protection rapprochée de personnalités ont assuré des formations auprès des services de sécurité présidentiels ou ont été mis directement à leur disposition. Comme en Côte d’Ivoire, au Liberia, au Zaïre, au Togo, au Gabon…

 

 

En juillet 1976, Israël s’est signalé par un coup d’éclat à l’aéroport d’Entebbe. L’opération Tonnerre a permis à Tsahal de libérer plus de deux cents otages détenus par le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP). Avigdor Liebermann a participé d’ailleurs le 10 septembre denier, en Ouganda, à une cérémonie de commémoration en hommage aux victimes.

 

 

 

En 1978, les accords de Camp David ont marqué le début d’une légère embellie, mais il a fallu attendre 1982 pour que Mobutu Sese Seko, dans l’ex-Zaïre, annonce la restauration des relations diplomatiques, suivi par le Liberia (1983), la Côte d’Ivoire et le Cameroun (1986), le Togo (1987) et le colonel Mengistu, a même autorisé  le « rapatriement » des juifs d’Éthiopie, les Falashas.

 

 

Au début des années 1990 – après qu’Israël a condamné l’apartheid en 1987 et que les Nations unies ont annulé la résolution assimilant sionisme et racisme en 1991 –, d’autres pays africains comme le Kenya, la Guinée ou la République centrafricaine ont repris langue avec l’État hébreu.

 

 

 

Depuis quelques années, c’est le secteur privé israélien qui modèle les relations actuelles avec le continent entre importateurs de diamants, compagnies de sécurité plus ou moins liées au pouvoir et experts en tous genres. Ces toutes dernières années, il y a manifestement un retour d’Israël en Afrique. Agriculture, industrie, téléphonie, mais aussi sécurité et surveillance, la présence israélienne est en constante progression. Même pour les ventes d’armes, l’Afrique sera bientôt un marché porteur pour Israel même si aujourd’hui Afrique n’achète pas d’armement sophistiqué mais plutôt des services, beaucoup moins chers – les gardes du corps, par exemple.

 

 

L’Afrique du Sud est le premier partenaire commercial d’Israël sur le continent, avec des échanges en augmentation de plus de 500 % depuis la fin de l’apartheid. Si on retrouve bien évidemment le business des métaux précieux (or, diamant…), on estime à 800 le nombre de sociétés israéliennes présentes en Afrique du Sud (sécurité, énergie, hydraulique…).Le Nigeria (second partenaire) vend beaucoup de pétrole à l’État hébreu et reçoit de plus en plus d’ingénieurs israéliens.

 

 

À l’échelle du continent, les échanges sont aussi en forte progression. Ils sont passés de 430 millions de dollars en 1990 à plus de 2 milliards en 2008. Et la dernière  tournée africaine du chef de la diplomatie israélienne, Avigdor Liebermann, a traduit une volonté d’aller plus loin encore puisqu’une vingtaine d’hommes d’affaires ont fait  partie de la délégation. Industrie, agriculture, métaux précieux, téléphonie, mais aussi sécurité et surveillance… le dispositif des Israéliens s’appuie sur des secteurs d’activité dans lesquels leur savoir-faire est reconnu.

 

 

Dans l’agriculture, les coopérants des années 1960 venus soutenir des pays nouvellement indépendants ont laissé la place à des agronomes ou à des ingénieurs en hydraulique. Au Nigeria, la société Israeli Nigeria Cooperative Company (INCC) a lancé, en avril 2008, un programme d’investissements de 100 millions de dollars. En Côte d’Ivoire, des sociétés israéliennes sont annoncées dans la zone franche de Grand-Bassam, près d’Abidjan. Quant à la visite à Tel-Aviv, en mai 2009, du Premier ministre togolais, Gilbert Houngbo, elle a porté sur la coopération agricole. En première ligne souvent, le Centre de coopération internationale dépendant du ministère israélien des Affaires étrangères, le Mashav.

 

 

Les technologies de télécommunication, en plein boom sur le continent, sont également un marché porteur. Au Burkina, la société israélienne Alvarion, leader mondial du Wimax, a été retenue en mars 2009 par Ouagadougou pour installer un réseau Internet haut débit.

 

 

Mais cette haute technologie se déploie aussi dans le monde secret de la surveillance. Experts militaires, spécialistes des écoutes téléphoniques, informaticiens, spécialistes des liaisons satellites…, la présence israélienne  sur le continent est réelle.

 

 

 

En RD Congo et en Côte d’Ivoire des conseillers militaires israéliens gèrent depuis novembre 2005 un centre de surveillance électronique et ils pilotent des drones  de reconnaissance pour aider ces pays à garantir la sécurité. Et vraisemblablement au Congo-Brazzaville, où la société d’électronique de défense Elta Systems étudie des solutions de surveillance radar des eaux territoriales. Autre exemple, début 2008, la compagnie israélienne Magal a remporté un marché de 1,25 million de dollars pour l’installation d’un système de télédétection des intrusions « dans un grand port africain », sans plus de précisions.

 

 

Autre domaine dans lequel les Israéliens s’illustrent avec succès : le commerce de minerais et de pierres précieuses. En plus de l’Afrique du Sud, le leader mondial du diamant poli, Israel Diamond Institute, est aussi présent en Sierra Leone et au Liberia. En RD Congo, le groupe israélien Dan Gertler Investmentla Miba (Société minière de Bakwanga) pour la commercialisation des diamants du Kasaï, s’est diversifié dans le cuivre cobalt, au Katanga. (DGI), initialement en partenariat avec

 

 

Plus de quarante pays africains entretiennent aujourd’hui des liens diplomatiques avec l’État hébreu. La visite de monsieur Liebermann  a redonné du souffle aux relations politiques et économiques avec le continent. Comme à l’époque de Golda Meir, les africains espèrent renforcé leurs liens avec l’Etat hébreu tant sur le domaine diplomatique, économique et technique.

 

L’Etat d’Israël, membre des Nations unies depuis 1949, entretient des relations avec la plupart des Etats du monde. Gardant le souvenir de siècles de persécutions, l’expérience traumatisante de la Shoah et les décennies du conflit israélo-arabe, la politique étrangère d’Israël est orientée vers la recherche de la paix dans la région, tout en assurant la sécurité du pays et en développant la coopération avec toutes les nations. « Israël aspire ardemment à entretenir de bonnes relations avec tous les pays, leurs gouvernements et leurs peuples… » disait si bien David Ben-Gourion, en 1952.

 

Ftouh Souhail, Tunis

Merci de cliquer sur J'aime pour soutenir Dreuz