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Publié par Dreuz Info le 15 septembre 2009

Devant l’absence de progrès dans le dossier du nucléaire iranien, les autorités israéliennes ne voient plus qu’une seule option: une frappe aérienne susceptible de ramener les Iraniens à leur point de départ. Mais cette solution n’est pas sans risques.

Durant les rares instants où elle ne se focalise pas sur la baisse de popularité du président Barack Obama dans les sondages, la presse américaine a une autre obsession: l’incapacité de la communauté internationale à empêcher l’Iran de mener à terme son programme nucléaire et la probabilité croissante qu’Israël siffle la fin de la récréation, en s’attaquant aux infrastructures nucléaires iraniennes. Obama est entré en fonction voilà déjà huit mois et Téhéran n’a toujours pas répondu à ses offres de dialogue direct. L’Union européenne tient toujours à la voie diplomatique avant d’envisager un quatrième volet de sanctions que certains voudraient voir adopté au G20 de Pittsburgh [24 et 25 septembre]. Quant à l’administration américaine, les Israéliens ont la furieuse impression qu’elle tourne peu à peu le dos à l’exigence posée par George W. Bush d’un arrêt du programme d’enrichissement d’uranium comme condition préalable à toute reprise du dialogue.

Pour Israël, le risque est que les Etats-Unis proposent un compromis selon lequel les Iraniens seraient autorisés à poursuivre un programme d’enrichissement d’uranium à des fins strictement pacifiques sous supervision internationale. Les sanctions seraient alors levées et les deux parties négocieraient des arrangements sur des questions d’intérêt stratégique commun comme l’Irak et le futur retrait des troupes américaines. Obama pourrait en outre très bien présenter cet arrangement comme une réussite. Après tout, durant sa campagne électorale, il s’était engagé à empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire, pas à le forcer à arrêter l’enrichissement d’uranium. Selon le général Giora Eiland, ancien chef du Conseil de Sécurité nationale, “les États-Unis peuvent bien proposer un tel accord, mais la probabilité que le régime iranien l’accepte reste infime, en dépit de l’attrait d’une reconnaissance internationale. Surtout, il faudrait pour cela que les États-Unis rassemblent derrière eux une solide coalition internationale incluant la Russie et la Chine, ce qui est loin d’être le cas.”

Le point de non-retour sera sans doute atteint à la mi-2010. L’Iran sera-t-il alors attaqué ? Oui. Par Israël ? Sans doute, Obama ne se voyant pas acheminer des avions américains sur Natanz. C’est pourquoi Israël a longuement préparé son armée de l’air à des frappes dont l’objectif ne sera pas de liquider le programme nucléaire iranien, mais de le renvoyer quelques années en arrière. Israël aura néanmoins besoin de l’accord tacite de l’administration Obama, ne serait-ce que parce que l’aviation israélienne doit pénétrer l’espace aérien irakien et que les troupes américaines y seront encore stationnées. Or les divergences politiques entre Obama et Netanyahou et le manque absolu d’alchimie entre ces deux personnalités peuvent se révéler problématiques. L’Iran répondra sans doute à une attaque israélienne en ouvrant de nouveaux fronts via le Hezbollah, au Liban, et le Hamas, à Gaza. Trois ans se sont écoulés depuis la deuxième guerre du Liban [juillet 2006]. Forte des leçons tirées de ce fiasco, Tsahal se montre confiante dans sa capacité à affronter le Hezbollah. Cependant, il est évident qu’Israël sera soumis à des tirs intensifs de roquettes susceptibles de frapper la moitié du pays. Israël a un intérêt évident à voir Damas se contenter d’un rôle de spectateur durant les combats. Plus vite l’opération contre l’Iran s’avérera un succès israélien, plus vite les Syriens rempliront le rôle que l’on attend d’eux. Reste qu’une attaque contre l’Iran ouvrira une nouvelle décennie sanglante et on peut compter sur la mémoire et la patience infinies des Iraniens.

Dans ces conditions, attaquer l’Iran signifie confier à Tsahal une responsabilité écrasante dans le traitement de la menace nucléaire iranienne. A l’époque où le directeur du Mossad [Renseignements généraux] était Meir Dagan et qu’il tenait la bride aux Premiers ministres Ariel Sharon et Ehoud Olmert, on s’accordait pour considérer que les services secrets israéliens parviendraient à contenir le programme nucléaire iranien. De fait, les nombreux retards enregistrés dans ce programme dans les années 90 ne furent sans doute pas le fruit de la seule divine Providence. Mais aujourd’hui, il semble bien qu’aucune initiative israélienne autre que militaire ne puisse empêcher l’Iran d’atteindre son but.

http://www.courrierinternational.com/article/2009/09/14/tsahal-fourbit-ses-armes-contre-l-iran

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