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Publié par Dreuz Info le 27 octobre 2009

   
  
  

   
  
  
Michel Garroté
  
  
Mardi 27 octobre 2009 – 9 Heshvan 5770
  
  
Depuis bien longtemps, je voue admiration aux hommes de la trempe de Simon Wiesenthal (auteur de « Justice n’est pas vengeance », Robert Laffont, 1989) et Natan Sharansky (auteur de « Défense de la démocratie : comment vaincre l’injustice et la terreur par la force de la liberté », Bourin Éditeur, 2006). J’admire ce genre d’hommes pour une raison très simple. Ils ont survécu tantôt aux camps d’extermination hitlériens (Simon Wiesenthal), tantôt au goulag soviétique (Nathan Sharansky). Ils étaient et ils demeurent des Veilleurs pour l’Humanité. Natan Sharansky avait lancé un appel vibrant en 2007, suite aux propos et aux comportements, à la fois négationnistes et génocidaires, de l’ineffable président iranien Ahmadinejad (Natan Sharansky avait lancé cet appel dans un article intitulé « Mobilisez-vous maintenant, sauvez le monde », paru dans le Jerusalem Post, édition anglophone du 11 février 2007).
  
  
Mais il y a également autre chose. Il y a l’identité. Curieusement, en terme d’identité, certains de mes coreligionnaires catholiques reprochent aux Juifs précisément ce que nous autres Catholiques pratiquons sans problèmes de conscience. Je veux ici parler notre identité chrétienne et donc de notre assimilation partielle – et non pas totale – à la société dont nous faisons partie. En effet, nous autres Catholiques affirmons – avec foi et raison – que nous sommes « dans » le monde, sans être « du monde », ou sans être « de ce monde ». Ce qui signifie que nous avons deux mères : notre mère Patrie, dont nous avons la nationalité, et notre mère l’Église, dont nous avons la culture et la religion.
  
  
Or, lorsque le Peuple juif, pour des raisons différentes des nôtres qui lui sont propres, et afin de préserver son identité juive (exactement comme nous préservons notre identité chrétienne), lorsque le Peuple juif pratique, exactement comme nous autres Catholiques, l’assimilation partielle – et non pas totale – restant à la fois citoyens du pays dont ils ont la nationalité, citoyens de culture juive et citoyens reliés à Israël, alors, certains de mes coreligionnaires catholiques, au lieu de reconnaître là un point commun entre Catholiques et Juifs, préfèrent reprocher aux Juifs de ne pas s’assimiler. Ce qui reviendrait à alléguer que – ce qui nous est permis en tant que Catholiques disciples de Jésus-Christ – est interdit aux Juifs. On pourrait toujours me rétorquer – question de démolir mon argumentation – que l’attachement à l’Église catholique, ce n’est « tout de même pas la même chose » que l’attachement à Israël ; que dans le premier cas il y a Jésus-Christ ; et que dans le deuxième cas il n’y a pas Jésus-Christ.-Ce à quoi je réponds d’emblée, qu’Israël est antérieur à l’Église ; que lorsque le Verbe s’est fait chair, le Verbe s’est fait Juif, et non pas Grec, Romain ou Égyptien ; qu’à la messe, nous lisons les Prophètes d’Israël, et non pas uniquement les Évangélistes et les Apôtres ; que dans tous nos monastères, nous prions chaque jour, plusieurs fois par jour, les Psaumes du Roi Juif David, et non pas les poèmes écrits par nos Saintes et par nos Saints ; que notre identité catholique, chrétienne, est une identité d’origine juive.
  
  
A cet égard, voici que par le biais d’un document exceptionnel, document intitulé « Faire face au défi de l’identité », le grand et irremplaçable Natan Sharansky, dans The Jerusalem Post, version anglophone (Adaptation française de sentinelle 5770, introduite, ci-dessus, par moi-même), Natan Sharansky écrit (début du document de Natan Sharansky) :
« Il y a plusieurs années, quand j’étais ministre de l’industrie et du commerce, j’ai souvent conduit des délégations d’hommes d’affaires dans des voyages à l’étranger, recherchant des partenariats économiques autour du monde. Typiquement, nous atterrissions dans un pays étranger – par exemple le Brésil – passions un jour ou deux en réunions politiques ou d’affaires, et ensuite, je mettais un point d’honneur à passer une après-midi pour visiter les communautés juives locales. Je rendais visite aux écoliers et aux parents, ou visitais les synagogues, ou bien rencontrais les dirigeants de la vie juive locale. Je goûtais avec un plaisir évident l’opportunité d’avoir une sensation réelle de la texture de la vie juive locale. Les hommes d’affaires étaient généralement enchantés de m’accompagner où que j’aille – depuis les réunions avec d’importants ministres du commerce, en allant en aval voir même l’usine la plus obscure ou un syndicat. Mais j’étais étonné que quand on en venait à mes visites aux communautés juives, très peu montraient un véritable intérêt à venir avec moi. La majorité usait de leur temps libre pour faire leurs courses, une visite touristique et un saut au restaurant. Cela me déconcertait. Ces Israéliens s’identifiaient eux-mêmes fièrement comme Juifs. Pourquoi manquaient-ils tant d’intérêt à la vie juive ailleurs dans le monde ? Finalement, j’interrogeais certains d’entre eux à ce sujet. Ce qui apparut clairement, c’est que, comme beaucoup d’autres Israéliens, ils tendaient à considérer la vie juive en Diaspora comme quelque chose d’une vision fugitive dans le rétroviseur. C’était un vestige d’un passé antique – un passé au cours duquel les Juifs étaient humiliés et opprimés, et un passé dont nous Juifs, à travers le moderne Israël, commencions à nous lasser. Ils n’avaient pas besoin de se soucier de visiter des écoles juives où des enfants se coltinaient avec l’hébreu, car c’était le monde d’hier.
  
  
La vieille synagogue portugaise est pittoresque, mais en fait sans intérêt. Pourquoi devrais-je consacrer mon temps à visiter ces vieux musées ? Le football de plage à Copacabana est tellement plus intéressant. L’attitude condescendante de mes amis israéliens à l’égard de la Diaspora s’est reflétée, je crois, dans la façon dont la Diaspora a été liée historiquement à Israël. Les Juifs de la Diaspora occidentale avaient l’habitude de se considérer comme les puissants, aidant Israël aux heures de besoin désespérées. Qu’il s’agît des appels de l’UJA* pour aider à l’installation d’immigrants sans ressources des pays arabes, ou encore de choses aussi simples que d’acheter des obligations du trésor d’Israël pour la Bar Mitzvah de votre cousin, les Juifs de Diaspora tendaient à se considérer comme le grand frère de la communauté juive d’Israël, quelqu’un sur qui Israël pouvait compter dans les moments difficiles. D’une étrange manière, les communautés juives d’Israël et celles de Diaspora considéraient chacune l’autre comme s’ils étaient de malheureux petits frères en danger de sombrer dans l’oubli à tout moment. Et, on doit à la vérité de dire qu’aucune de ces attitudes n’était complètement erronée – et chacune servait son objectif. D’un côté, l’esprit de lion de David Ben Gourion, son inébranlable conviction que le nouvel Israël serait puissant, auto-suffisant, et pourrait laisser derrière lui l’affreux souvenir de l’exil – avait sa place. Cette vision donnait aux halutzim** la force, et leur conférait la détermination pour surmonter des défis pratiquement impossibles. De même, la notion romantique en Diaspora qu’ils sauvaient Israël d’une menace imminente, aidait à rallier des millions de Juifs aux côtés d’Israël quand son avenir était vraiment précaire. Chacune de ces attitudes était enracinée dans la réalité, et servait un objectif important. Cependant, ce modèle – L’image du “malheureux plus jeune frère” que chaque communauté incorporait à l’égard de l’autre – a suivi son cours ; elle est devenue dépassée. Israël est devenu un laboratoire de hautes technologies, et peut plus ou moins se suffire à lui-même.
  
  
De la même façon, la Diaspora a prouvé qu’elle demeurera encore pour un bon moment ; les rumeurs sur sa disparition sont très exagérées. Ainsi, chaque communauté doit reconnaître que son modèle, la paire de lunettes à travers laquelle elle a traditionnellement jeter son regard sur l’autre, nécessite un renouvellement de prescription. Cherchant à ajuster notre vision de l’avenir, nous devons nous demander : si la construction de l’État et la facilitation de l’Aliya de plus de trois millions de nos frères de pays d’oppression étaient les défis définissant les 60 dernières années, quels sont les défis qui définiront les 60 prochaines ? Et alors que nous avançons vers ces 60 prochaines années, la Diaspora et Israël peuvent-ils forger une nouvelle relation – une relation fondée sur quelque chose de plus durable que la charité mutuelle ou le parrainage bienveillant envers l’autre ? Et finalement : Sur quelle fondement Israël et la Diaspora peuvent-ils développer une manière partagée de regarder le futur, plutôt que de se cramponner à la vision binaire qui a défini leurs passés respectifs ? Commençons par traiter la première de ces questions : Quelles sont les menaces, les opportunités émergentes, et les besoins qui retiendront notre attention et nos ressources dans les décennies à venir ? La réponse la plus évidente est la menace existentielle provenant du terrorisme arabe et de l’Iran. Mais bien que cela soit vrai, je crois fermement qu’il existe aussi une autre menace existentielle, qui ne vient pas de l’extérieur, mais de l’intérieur. En un mot, le défi primordial du futur sera posé par une expression bien innocente : l’Identité. La grande menace à laquelle nous sommes confrontés est l’assimilation de masse, par défaut, dans une culture mondiale, homogénéisée. Dans un monde ou des employés à New Delhi répondent par téléphone pour l’agence de location de voitures MacDonald et de messages Twitter – dans ce monde, Israël se trouvera sous une pression de plus en plus grande pour justifier son existence en tant qu’État juif, et le Peuple juif se trouvera sous une pression encore plus grande pour se maintenir comme entité distincte.
  
  
Dans un tel environnement, notre avenir s’élèvera ou s’effondrera à partir de notre capacité à communiquer à nous-mêmes, à nos enfants, et au monde, pourquoi le Peuple juif doit continuer d’exister comme unité en lui-même. Si nous ne parvenons pas à relever ce défi, nous nous désintègrerons en silence de l’intérieur, aussi sûrement que si nous avions été attaqués de l’extérieur. Comment faisons-nous face au défi de l’identité ? Je suis convaincu qu’une façon de le faire est d’abandonner le vieux modèle – dans le sens où nous sommes des communautés isolées – et de commencer de rencontrer, chez l’autre, notre statut national le plus large. D’une certaine manière, au cours des 60 dernières années, il semble que les plus évidentes vérités ont échappé à la conscience aussi bien des Israéliens que des communautés juives des Diasporas : chacun de nous a besoin de l’autre. Nous avons besoin de l’autre matériellement, mais bien plus que cela, nous avons besoin de l’autre pour comprendre qui nous sommes réellement, en tant que Peuple. La raison de se soucier de regarder de l’autre côté de l’océan n’était pas seulement de savoir de quelle sorte d’aide avait besoin l’autre communauté pour survivre, ou d’être reconnaissant que vous ne disparaissiez pas comme eux. Il en était ainsi parce que vous pouviez prendre contact avec l’autre, dans la réalité – et ce faisant, pratiquer ce qui signifie faire partie de ’Klal Yisrael’, le Peuple juif, au sens large. De fait, un nombre croissant de Juifs de Diaspora, des milliers et des milliers d’entre eux, commencent à le comprendre : faire l’expérience d’Israël, c’est rencontrer la nation juive d’une manière fascinante, viscérale, tangible. « Birthright », « Masa » et d’autres voyages expérimentaux en Israël produisent des impressions puissantes sur des étudiants – et il y a une raison à cela. C’est parce que un voyage en Israël est plus qu’une visite dans un pays étranger ; c’est une visite à la maison. En entendant l’hébreu parlé dans les rues, en voyant les images de pommes et de miel sur des publicités vers Rosh Hashana, les caractéristiques de la vie juive envahissent la vie de tous les jours en Israël, y compris de la vie profane.
  
  
Pour un(e) étudiant(e) habitué(e) à faire l’expérience de sa vie juive d’abord comme dans une « prison », en restant plusieurs années au cours d’hébreu de l’après-midi, il s’agit d’une rencontre avec son Peuple immédiatement différente, rafraîchissante et réelle. A l’inverse, les Israéliens commencent à comprendre que la vie juive ne commence ni ne se termine en Israël, que les rencontres avec la vie juive de Diaspora peuvent aussi être bonnes pour l’âme d’Israël. J’ai récemment rencontré une femme d’affaires israélienne de premier plan, qui n’avait aucun intérêt auparavant dans la vie de la communauté juive en Diaspora, mais elle est devenue une dirigeante des programmes de partenariats de « l’Agence Juive ». Elle m’a raconté que sa rencontre avec une communauté de Diaspora l’avait revigorée. Il s’avère qu’il ne s’agissait pas seulement d’économie. Elle a découvert un aspect vibrant de la vie juive différent des stéréotypes dans lesquels elle avait grandi à la maison, et elle trouva cela lumineux – et spirituellement rafraîchissant. Le fond de l’affaire gît ici : Les communautés juives de Diaspora offrent à la communauté juive d’Israël quelque chose de valeur. Quand des Israéliens rencontrent des Juifs de Diaspora élevés dans une société de ‘Gentils’ et ont choisi, pro-activement, de rester juifs de toute manière, c’est source d’inspiration. De plus, nous autres Juifs disposons d’un riche passé. Pour avoir un vrai sens de l’identité juive, les Israéliens ont besoin de comprendre l’importance des derniers 2000 ans de vie juive en Diaspora, d’apprendre à son sujet – et d’incorporer le meilleur de ce qu’il offre dans leur propre vie. Dans le monde post-identitaire, les communautés juives de Diaspora et d’Israël ont besoin l’une de l’autre. Aucun d’entre nous ne constitue Klal Yisrael : nous, ensemble, nous sommes Klal Yisrael. Quand nous entrons en contact avec l’autre, nous rencontrons quelque chose de majestueux, de merveilleux, de plus grand que la vie : nous rencontrons notre propre Peuple. Au cours des 80 années passées, l’Agence Juive a été un pont entre la Diaspora et la communauté juive d’Israël. En travaillant ensemble, nous avons accompli des choses historiques.
  
  
Nous avons construit un État sur la terre de nos Patriarches et nous avons fait venir des millions de nos frères sur ses rives. Maintenant, franchissons la prochaine grande étape que la destinée exige de nous. Embrassons ensemble notre terre partagée d’« Eretz Yisrael », et notre Peuple uni d’« Am Yisrael » pour pouvoir enseigner à nos enfants la signification de leur judéité et les amener à prendre soin passionnément d’Israël. Ce faisant, nous maintiendrons la vitalité de notre Nation pour les siècles à venir ». (Fin du document de Natan Sharansky).
  
Natan Sharansky est président exécutif de l’Agence juive pour Israël.
  
Notes du traducteur :
  
UJA : Union of Orthodox Jews in America.
  
Haloutzim : pionniers, volontaires des kibboutzims.
  
http://www.jpost.com/servlet/Satell
  
  

   
   
  
  

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