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Publié par Dreuz Info le 5 novembre 2009

Cinq jours après son assistanat, rien n’avance dans les investigations sur l’affaire Shabtaï Kalmanovitch. L’ancien espion du KGB en Israël, reconverti en homme d’affaires, et actuel président du club féminin de basket « Spartak » de Moscou, a été tué ce lundi 02 novembre 2009  dans la capitale russe par un inconnu qui a tiré à l’arme automatique une vingtaine de balles sur la Mercedes à bord de laquelle il circulait.

 

Kalmanovitch est  un homme au passé mouvementé .Il avait émigré en 1971 à l’âge de 24 ans, de Russie vers Israël avec sa famille, et été recruté par le KGB auquel il a transmis des renseignements pendant 17 ans. Il est devenu citoyen israélien, il rejoint le parti travailliste où il obtient un poste au bureau de presse du gouvernement, et commence à travailler pour le KGB.

 

Cet ancien agent double russe  s’était infiltré dans le gouvernement de Golda Meir pour le compte du KGB. Selon la CIA, il fournissait à Moscou des informations secrètes américaines obtenues par les renseignements israéliens. Démasqué, il s’enfuit au Sierra Leone dans les années 1980, puis est extradé en Israël, où il a purgé cinq ans de prison avant d’être remis à la Russie en 1993.

 

L’espion russe fut notamment l’assistant parlementaire à la Knesset de l’ex député d’origine française, Samy Flatto-Sharon. Après avoir été emprisonné pendant 5 ans en Israël, il était retourné en Russie. Il est devenu une  en quelques années  une figue emblématique du basket russe. Il se crée une grosse fortune, notamment en organisant des concerts de stars mondiales comme Michael Jackson ou Liza Minelli à Moscou, et prend la tête de l’équipe de basket féminin Spartak Moscou, une des meilleures du continent.

 

Il était aussi un entrepreneur et une figure de la vie mondaine moscovite. Il avait  bâti toute sa fortune dans le bâtiment.

 

Sa disparition apparaît comme   un  règlement de compte par de Maffia Russe. Le plus  insolite dans cette affaire qu’il a été tué dans les rues de Moscou, non-loin du bureau de Vladimir Poutine. Shabtaï Kalmanovitch a été assassiné, à l’arme semi-automatique alors qu’il circulait en voiture dans un des lieus supposés les plus sécurisés de la capitale moscovite.

 

« Nous considérons la possibilité que ce meurtre soit un assassinat commandité », selon le chef du comité d’enquête. Selon la police russe, il pourrait y avoir un lien entre le meurtre et le poste de président du Spartak Moscou occupé par Kalmanovitch, ce qui indiquerait qu’il s’agit d’un acte lié à la mafia. Les meurtres de la mafia russe, qui avaient explosé dans les années 1990, ont diminué depuis plusieurs années.

 

Kalmanovitch, qui s’était reconverti dans une carrière d’homme d’affaire et qui était soupçonné d’avoir des liens avec la mafia russe, aurait été très proche de Viatcheslav Ivankov, alias «le Petit Japonais», une figure mythique de la mafia russe qui est mort début octobre après avoir été grièvement blessé dans un attentat», note 20Minutes.

 

En effet,  le 12 octobre dernier Viatcheslav Ivankov, dit le « Petit Japonais »,  grande figure de la mafia russe est décédé dans un hôpital moscovite. Il a succombé à des blessures au ventre, suite à un attentat survenu le 28 juillet dernier. Il avait, lui aussi, été visé par des tirs lorsqu’il sortait d’un café à Moscou  .Ivankov  était  un Partisan fidèle du gang d’Aslan Oussoïan (appelé aussi le Grand-père Khassan) qui veillait au respect des traditions criminelles de la Mafia Russe. Le mafieux a passé la moitié de sa vie derrière les barreaux pour des activités marquées par une extrême violence, notamment des vols à main armée et des extorsions de fonds (1).

 

Selon le journaliste russe Sergueï Kanaïev, spécialisé dans les affaires criminelles au quotidien Novaïa Gazeta, « il aurait été intéressant de savoir qui a commandité le meurtre » du mafieux. « Cet homme avait beaucoup de choses à dire et promis d’écrire ses mémoires ».

 

La disparition d’Ivankov le mois dernier  visait à lui retirer des sphères d’influence et il est, par conséquent, probable que sa mort a provoqué une redistribution des sphères d’influence dans le monde criminel russe. L’élimination, ce lundi, de l’homme d’affaire Shabtai Kalmanovitch entre en effet dans le jeu de force au sein de la mafia russe.

 

Ces  liquidations sont aussi une parfaire démonstration de la criminalité économique du monde des affaires en Russie. Loin d’être un Etat dans l’Etat, le crime organisé remplit en Russie les niches que le contrôle étatique a laissé vacantes : fiscalité, justice ou arbitrage des contentieux par exemple.

 

D’ailleurs les hommes d’affaires  russes, exerçant leur activité dans des secteurs attractifs, sont de plus en plus exposées aux actes des « criminels économiques ». Avec le vent libéral,  le feu criminel reçoit un formidable appel d’air dans ce pays. Les « criminels économiques » ayant accumulé un important capital de relations au sein des élites dirigeantes et du milieu des affaires ont élaboré des schémas complexes de production clandestine, de commerce et d’écoulement des marchandises. Ce jeu des interactions a conduit à un « crime organisé » qui caractérise aujourd’hui le monde des affaires russes.

 

Les seuls qui disposent de capitaux pour investir sont justement ceux qui sont riches de la corruption passée et forts de complicités dans l’appareil administratif. Ils ont de plus en plus recouru à l’établissement de contacts avec les institutions politiques et administratives, alors que l’impunité a été plus ou moins garantie.

 

En Russie il est presque impossible d’être un honnête homme d’affaire car le système en place ne le permet pas. C’est pourquoi la fraude, la corruption et l’évasion de capitaux sont aussi nécessaires à la santé d’une entreprise. Les groupes mafieux font partie intégrante du paysage politico-économique en Russie. Le pays ne serait rien sans eux.

 

 

Depuis l’éclatement de l’URSS la criminalité qu’elle soit physique ou financière a explosé en Russie faisant fuir les investisseurs étrangers qui ne peuvent travailler dans un tel climat de violence. Elles ne sont pas à l’abri d’extorsions de fond ni de chantages et d’attentats. L’activité fiscale de l’état russe est limitée à la réception de pots de vin, l’impôt ne rentre pas et pour cause les entreprises emploient tous les stratagèmes possibles et imaginables pour afficher des pertes et ainsi échapper aux prélèvements.

 

 

Les richesses nationales et les biens stratégiques (pétrole, gaz, métaux rares et précieux etc.) sont aussi pillés. Enfin, l’ouverture des frontières si longtemps fermées a facilité de mettre à l’abri les gains illicites dans des pays sûrs.

 

L’usage de la violence, du chantage, de la tromperie ou de la corruption, et l’emploi d’un certain argot sont aujourd’hui  l’apanage exclusif du milieu des affaires et de la politique  en Russie .Le Russie  est, aujourd’hui, une base de première importance dans le monde pour des activités criminelles liées aux affaires. Dans ce pays  personne ne vous posera des questions embarrassantes sur l’origine de votre argent. Vous pouvez, sans crainte, vider devant le directeur de votre banque le contenu d’une valise pleine de dollars, d’euros,  livres sterling ou francs suisses. Ce laxisme  a fait prospéré la  criminalité économique du monde des affaires.

 

 

Les agissements des groupes mafieux ruses sont aussi des plus violents qui soient. Avec eux c’est ça passe ou ça casse, ils ne font pas dans le détail et ignorent les compromis ou les arrangements. Ils sont devenus respectés et se sont taillé une solide réputation. Les ramifications de la mafia russe sont nombreuses et étendues jusqu’au plus haut sommet de l’état comme le reflète parfaitement les accusations de corruption sur la famille Eltsine et particulièrement sur sa fille.

 

Les activités des criminels russes sont très diversifiées : cela va de la traditionnelle prostitution dont on parle maintenant  sous la casquette « c’est le problème  » des filles de l’Est  » (2)  au trafic de drogue tout aussi classique en passant par le trafic d’arme de l’ex-armé rouge mais aussi le trafic très lucratif du diamants sans oublier le pillage des ressources naturelles que représentent le pétrole et le gaz naturel. D’autres trafics se sont aussi développés parallèlement comme la fraude fiscale, le trafic de voitures volées ou les escroqueries à l’assurance qui consistent comme à la manière à faire sauter des bâtiments pour ensuite se faire rembourser une somme bien plus importante que les dégâts causés.

 

Les nouveaux riches que l’on voit acheter à coup de millions de fabuleuses résidences  sur les jolies cotes méditerranéennes sont pour la plupart en relation de loin ou parfois de très près avec les réseaux criminels russes. Les groupes mafieux ont amassé aussi  leur fortune avec des sociétés fictives basées dans des paradis fiscaux. Ils ont maintenant acquis un certain monopole comme c’est le cas pour le marché de l’essence qui est entièrement contrôlé en Russie  par un clan de la mafia. Ils engrangent ainsi des profits monstres dont une partie est reversée aux fonctionnaires  de l’Etat payés pour fermer les yeux.

 

La mafia russe a ainsi ouvert des centaines de projets immobiliers dans le monde ; elle gère des dizaines de loteries, de clubs de jeu, de bureaux de change et de casinos clandestins. En Turquie, par exemple, elle possède, une demi-douzaine de casinos flottants. Elle organise également des vols spéciaux à destination de la Grèce ou de la Turquie pour des joueurs. Au sommet de l’échelle, les grands «patrons», une cinquantaine selon la police, blanchissent sur place leurs milliards, dont ils réexpédient l’essentiel en Europe et aux Etats-Unis. Le reste est investi dans des projets industriels pharaoniques, dans les entreprises du bâtiment en Turquie par exemple.

 

Peu curieux de connaître l’origine de cet afflux de capitaux. Ici, pas de questions sur l’origine de votre argent. Pour ce faire, ils disposaient des milliards de dollars blanchis.

 

D’ailleurs Israël  était aussi victime de  mafia russe. En 1992, peu de temps après son arrivée au pouvoir,  Yitzhak Rabin avait confié ses vives inquiétudes à propos d’obscures opérations financières et bancaires portant sur des centaines de millions de dollars et menées par de troubles personnages d’origine russe, ukrainienne ou géorgienne.

 

Israël  est l’un des rare pays qui ont  créé au sein de la police une unité spéciale chargée d’enquêter sur les méfaits de cette «mafia» russe. L’un de ses premiers grands succès a consisté, en 1995, en l’arrestation de l’un des «envoyés spéciaux» de la mafia russe, Gregory Lerner, alias Tzvi Benari, condamné à huit ans de prison pour détournement de fonds, usage de faux documents et tentatives de corruption d’hommes politiques. C’est ainsi qu’il avait demandé à la Banque nationale d’Israël (BNI) une ligne de crédit de 1 milliard de dollars en fournissant de faux titres de copropriété de mines d’or en Sibérie. Après enquête minutieuse, les israéliens  s’aperçoivent  très vite de la supercherie (3).

 

De la même manière, Lerner  a approché Shimon Pères pour lui proposer d’acheter une chaîne de télévision câblée et d’en faire un instrument de propagande pour le Parti travailliste. Naturellement, Pères  a décliné l’offre et  il a témoigné, deux ans plus tard, de cette tentative de corruption.  Pour comble, les chefs de la mafia, furieux de la condamnation de Lerner, auraient lancé, en 1996, une campagne qui eut pour résultat l’échec électoral des travaillistes. Il faut rappeler ici que  Shabtaï Kalmanovitch, qui vient d’être assassiné  a rejoint le parti travailliste où il a obtenu  un poste au bureau de presse du gouvernement alors qu’il était réellement un espion du KGB en Israël.

 

La police  en Israël a même répertorié une bonne vingtaine de mafias russes, ukrainiennes, géorgiennes et autres, qui avaient jeté leur dévolu sur Israël. Moshe Shahal, ancien ministre de la Sécurité intérieure et de la police dans les gouvernements successifs de Yitzhak Rabin et de Shimon Pères, est parmi les personnes qui ont travaillé le plus contre cette mafia.

 

La disparition de Shabtaï Kalmanovitch est incontestablement liée à cette mafia qui opère d’obscures opérations financières et bancaires portant sur des centaines de millions de dollars dans plus plusieurs pays et qui est  mené par de troubles personnages d’origine russe, ukrainienne ou géorgienne qui sévissent dans le monde entier.

 

 

Ftouh Souhail

 

 

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