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Publié par Dreuz Info le 19 novembre 2009

   
   
  

   
  
  
Michel Garroté
   
  
Jeudi 19 novembre 2009 – 2 Kislev 5770
  
  
Comme c’est amusant. La commission, dite Juppé-Rocard, sur le grand emprunt national, propose, un investissement public, en clair un endettement supplémentaire, tourné, paraît-il, vers l’innovation. Investissement, et donc endettement, de 35 milliards d’euros. Un montant qui, en réalité, atteindra 60 milliards d’euros, via d’autres financements, autrement dit, via d’autres endettements. Voilà, en gros, ce que nous annonce le rapport, de la commission dite Juppé-Rocard, rapport remis aujourd’hui jeudi 19 novembre 2009 à Nicolas Sarkozy.
  
  
A propos de gros sous, j’aimerais tout d’abord rappeler que l’Assemblée Nationale a déjà voté l’ensemble du projet de loi de finances pour 2010. Celui-ci prévoit un déficit de l’État de 116 milliards d’euros. Or, le déficit du budget de l’État français a connu une nouvelle dégradation au mois d’août. Ce déficit a presque doublé sur douze mois, atteignant plus de 127 milliards d’euros fin août 2009 contre 67 milliards un an plus tôt. Par ailleurs, les intérêts liés à la dette publique de la France augmenteront de 4 milliards d’euros par an dans les années qui viennent.
  
  
La dette publique de la France a atteint, quant à elle, le montant astronomique de 1428 milliards d’euros fin juin dernier, soit 61,1 milliards de plus en seulement trois mois. Avec le grand emprunt annoncé aujourd’hui jeudi, et avec les effets collatéraux de ce même emprunt, la dette passera de 1428 à plus de 1500 milliards d’euros. La dette atteindra plus de 84% du PIB en 2010 (après avoir atteint 77% en 2009). Puis elle continuera de s’aggraver pour s’établir à plus de 91% en 2013.
  
  
Avec plus de 1500 milliards d’euros de dettes réparties sur 60 millions d’habitants, on ne voit pas comment la France de Sarkozy pourrait redémarrer. A moins de réduire massivement le budget de l’État et le nombre de fonctionnaires de l’État. Ce je Nicolas Sarkozy a promis de faire et ne fait toujours pas.
  
  
J’ai lu, il y a un certain temps, à propos de ce qui est généralement appelé, de manière on ne peut plus floue, « marchés financiers », que, créés par certains gouvernements, les « fonds souverains » sont des fonds d’investissement spéciaux pour gérer les avoirs extérieurs des États. Leurs actifs sont estimés aujourd’hui à 5000 milliards de dollars et sont très développés en Asie et dans les pays producteurs de pétrole notamment.
  
  
En clair, cela signifie que les « marchés financiers » cités à tord et à travers, ce sont, en ce moment, essentiellement les « fonds souverains », en clair, les Banques centrales et les Banques d’État de Nations arabes et asiatiques. Formulé de façon encore plus concrète, cela signifie que les « marchés financiers », ce sont, en grande partie, des dollars, certes américains, mais d’origine principalement pétro-musulmane et chinoise. Ces dollars américains d’origine principalement pétro-musulmane et chinoise, pudiquement appelés « fonds souverains », sont évalués à 5000 milliards de dollars.
  
  
La question est : à part les dictatures et les monarchies pétro-musulmanes ainsi que la Chine totalitaire, personne d’autre n’a-t-il des fonds souverains pour secourir la France qui se prépare à accroître son endettement de 60 milliards d’euros supplémentaires, au travers de son grand emprunt, annoncé ce jeudi ? Car vu sous cet angle, inutile de dire que nos dirigeants politiques pourront, si nécessaire, continuer allègrement d’annoncer des endettements de 10 ou 100 milliards de dollars par-ci par-là. Au regard des 5000 milliards de dollars islamo-chinois susmentionnés, quelques dizaines ou centaines de milliards de dollars, c’est peanuts.
  
  
On comprend mieux, dès lors, la décontraction avec laquelle le président français, son gouvernement, ses commissions et ses chargés de missions annoncent régulièrement avoir trouvé du pognon pour colmater les brèches. Cela étant dit, vu la provenance des fonds qui colmatent, on paiera, un jour, le prix politique d’une dépendance financière, encore plus accrue, vis-à-vis des États pétro-musulmans et vis-à-vis de la Chine totalitaire (l’UMP et le Parti communiste chinois ont tout récemment signé une série d’accords historiques…).
  
  
Tout cela, on tâchera de s’en souvenir aux présidentielles de 2012. D’autant que d’ici-là, les « fonds souverains » arabo-chinois avec leurs 5000 milliards de dollars présenteront peut-être leur candidat (Sarkozy ?) à l’Élysée. Faudrait pas qu’à la télé on nous entube une deuxième fois avec le même leurre cathodique. Et si, vraiment, en 2012, il n’y a toujours pas de candidat de droite – y en a-t-il jamais eu d’ailleurs ? – on pourra toujours voter, au 1er tour, pour la Nouvelle Droite Républicaine. Et au 2ème tour, pour DSK. A tout prendre, on préfèrera, peut-être, pour redresser l’économie française, un social-démocrate issu du FMI, à un énième clone de Giscard, 35 ans après la naissance du social-étatisme, en l’An de disgrâce 1974. Oui, je sais, tout cela ne semble pas très logique. Mais qui a dit qu’on parlait de logique ici ?
   
  

   
   
  
  

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