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Publié par Dreuz Info le 22 novembre 2009
Le 15 octobre 2009, Karen Abu Zayd, commissaire-générale du controversé UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient), a donné une conférence de presse au CAPE (Centre d’accueil de la presse étrangère), à Paris. Après avoir imputé au « blocus et à l’occupation » la vie difficile des Gazaouis, elle a dressé un parallèle révisionniste entre l’Opération Plomb durci et la Shoah. Elle a souvent et délibérément exprimé le narratif palestinien comme la réalité.

A shorter version of that article is published in English : The UNRWA Commissioner-General Karen Abu Zayd’s biased discourse.

Le 15 octobre 2009, je me pressais pour assister à la conférence de presse de Karen Abu Zayd, à Paris.

Zut, j’arrivais en retard.

Les rangs étaient clairsemés.

« Blocus, occupation » et révisionnisme

Le ton grave, Karen Abu Zayd alertait sur le déficit de sept millions de dollars du « budget couvrant les dépenses générales » de l’UNRWA, qui a 29 000 employés et est responsable de « 4,6 millions de réfugiés au Liban, en Syrie, en Jordanie, dans les territoires occupés ».

Karen Abu Zayd espérait obtenir un engagement du gouvernement français pour ses actions. Elle recherchait aussi des partenaires, publics et privés.

Pendant environ 25 minutes, elle a souvent imputé à l’Etat d’Israël, « au blocus, à l’occupation », les problèmes des Gazaouis. 


Les dommages aux bâtiments de l’UNRWA ? « Israël est prêt à payer des compensations, en particulier pour la destruction de notre entrepôt, mais il faut que notre rapport soit vérifié par les assureurs responsables de l’évaluation des dommages ». Les destructions sont « limitées à 37 écoles et 11 cliniques, et ne sont pas des destructions importantes, donc nous avons été capables de les réparer ». Si l’UNRWA est indemnisée, « ce sera un précédent qui nous aidera pour aborder les questions liées aux conséquences de l’Intifada ».

Noha Rashmawi, collaboratrice à la délégation de l’Autorité palestinienne (AP) à Paris, s’enquérait : l’UNRWA va-t-elle poursuivre judiciairement Israël ? « Non », répondait Karen Abu Zayd expliquant que telle n’est pas la mission de l’UNRWA. Et de renvoyer aux ONG « en Israël et en Palestine ».

Karen Abu Zayd insistait sur l’impact de la guerre sur le fonctionnement de l’UNRWA. « Nous sommes un peu privilégiés dans la mesure où Israël souhaite que nous restions sur place et nous permet de continuer à fonctionner… Nous avons pu obtenir tout le matériel nécessaire pour organiser nos « jeux d’été » ». Ravie, elle racontait que les enfants de Gaza « sont entrés dans le livre Guiness des records car ils ont réussi à avoir, à un moment donné, en l’air, 3 167 cerfs-volants avec des messages de paix ».

Je posais la dernière question. Quid des manuels scolaires utilisés dans les écoles gérées par l’UNRWA et du futur enseignement de la Shoah ?

Karen Abu Zayd indiquait que, respectant « un accord signé avec l’UNESCO voici 60 ans, l’UNRWA utilise les manuels scolaires déterminés par les autorités locales : Liban, Syrie, Jordanie, Cisjordanie et Gaza. L’UNRWA prodigue aussi un enseignement complémentaire, négocié avec les ministères de l’Education de chacun des pays concernés, de la tolérance, aux droits de l’homme et à la résolution des conflits. C’est particulièrement important à Gaza, qui vit ce conflit sous occupation, et que les enfants palestiniens connaissent leurs droits ». Quant à l’enseignement de la Shoah, « les gens sont préoccupés de savoir que leurs enfants vont apprendre la Shoah alors qu’ils ont vécu cette guerre horrible en janvier et que tous leurs droits de la Déclaration universelle des droits de l’homme sont violés. Ils se posent des questions. Nous allons préparer le programme en discutant avec les professeurs d’universités qui nous conseillent, les parents, les groupes chargés des droits de l’homme ».

Plus le temps de relancer la question : la conférence était terminée.

Je m’avançais vers Karen Abu Zayd pour l’interroger sur ce parallèle choquant entre la Shoah et la situation des Gazaouis. Un autre journaliste avait priorité. Je m’éloignais donc.

Soudain, j’étais interpellée par Noha Rashmawi, mécontente. Elle justifiait ce parallèle avec la Shoah, alléguait un génocide contre les Palestiniens. Je l’interrogeais : « Combien de morts ? » Un génocide suppose aussi une intention. Réponse : « Une seule mort est de trop ». « Cela n’est pas la définition juridique du génocide », lui dis-je. « C’est ma définition ! », me rétorquait-elle. A ses côtés, une journaliste du groupe public France Télévisions demeurait curieusement silencieuse.

J’invitais Karen Abu Zayd à s’expliquer sur son parallèle avec la Shoah. Elle répondait, sèchement : « Si vous viviez à Gaza et si vous aviez connu les 22 jours de la guerre, c’est ce que vous auriez à l’esprit ». Et elle s’éloignait.

Un narratif palestinien occultant le Hamas
Karen Abu Zayd, qui prendra prochainement sa retraite, a souvent exprimé le narratif palestinien anti-israélien en occultant le rôle du Hamas.

Ainsi, elle a imputé à Israël de nombreux problèmes des Gazaouis sans dire un mot sur le désengagement israélien de la bande de Gaza  en 2005 ou sur le Hamas, qui dirige la bande de Gaza, avait notamment saisi trois de ses ambulances à l’été 2009, ni sur la florissante économie des tunnels notamment pour la contrebande d’armes, ni sur la belle vie estivale sur les plages de Gaza.

Il était curieux que l’UNRWA minorât l’aide israélienne à Gaza, n’évoquât pas au moins le rôle du Hamas dans les destructions de ses bâtiments et l’obligation du mouvement terroriste islamiste à participer à cette indemnisation. En effet, le Hamas a utilisé les civils israéliens comme cibles, ce qui explique la réponse militaire israélienne, les civils gazaouis comme boucliers humains – ce qui constitue des crimes de guerre – et les bâtiments de l’UNRWA comme lieux de tirs vers les Israéliens ou de stockage d’armes, ce qui en fait des « cibles militaires légitimes ».

Le cerf-volant ? Symbole de liberté, emblème de la circulation dans un espace sans entrave au contraire de « Gaza, prison à ciel ouvert », c’est un thème privilégié de la propagande anti-israélienne, de films en expositions.

Last but not least, ce parallèle infamant entre la situation des Gazaouis et la Shoah. Karen Abu Zayd l’avait déjà allégué le 7 octobre 2009 à l’AFP-Jérusalem, sans semble-t-il être contesté. Infondé, nazifiant les Israéliens, ce parallèle était omniprésent dans les défilés de la « rue arabe » pro-Hamas lors de l’opération Plomb durci pour exiger boycott et condamnation de l’Etat juif par l’ONU et par la Cour pénale à La Haye (Pays-Bas). Il avait été utilisé notamment dans une conférence organisée par le Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien (CEIRPP) au siège de l’UNESCO (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture), à Paris, en avril 2008.

Il est choquant et grave que la commissaire-générale de la controversée UNRWA avalise cette comparaison infamante révisionniste, dissimulant les  raisons pertinentes de l’opération Plomb durci contre le Hamas ainsi que le comportement éthique de Tsahal, et occultant l’aide économique et humanitaire d’Israël aux Gazaouis. De quoi s’interroger sur la manière dont sera enseignée la Shoah dans les écoles gérées par l’UNRWA.

Ce parallèle récurrent de la propagande palestinienne poursuivait une autre finalité : désolidariser les juifs de diaspora d’Israël. S’ils ne le font pas, alors pour l’opinion publique, ils ne valent pas mieux que les Israéliens, et les agressions antisémites sont justifiées. Et « que ces juifs ne viennent pas s’en plaindre et réclamer protection et justice ! », s’exclamera cette opinion publique. Ce parallèle tend également à marginaliser au sein de leur pays les juifs de diaspora solidaires d’un Etat juif diabolisé et à les éloigner de leurs concitoyens sensibles à une propagande anti-israélienne éhontée.

Enfin, ce discours, qui occulte l’aide d’Israël aux Palestiniens et ternit l’image d’Israël, était destiné à apitoyer l’opinion publique via les médias, à justifier des demandes récurrentes d’aide financière et à dissimuler l’importante manne financière dont la communauté internationale a gratifié les réfugiés palestiniens depuis environ 60 ans. Et à éviter de s’interroger sur la pertinence de l’existence de l’UNRWA, alors que le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR ou HCR) existe. L’UNRWA est en effet critiquée pour son inefficacité à résoudre le « problème des réfugiés palestiniens » au statut héréditaire et pour les liens entre des bâtiments et employés de l’UNRWA et des organisations terroristes.
Karen Abu Zayd a agi délibérément. Ainsi, le 2 novembre, présentant son dernier rapport à la Commission des questions politiques spéciales et de la décolonisation (Quatrième Commission) des Nations unies – le mandat de Karen Abu Zayd arrive à échéance en décembre 2009 -, elle a reconnu qu’elle n’employait pas le terme « blocus » dans « son sens juridique ».
L’expression par une instance onusienne, dont on attend la neutralité, du narratif palestinien, jusque dans le révisionnisme, demeure inquiétante.



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