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Publié par Dreuz Info le 18 décembre 2009

Par Albert Soued, www.symbole.chez.com pout www.nuitdorient.com – 18/12/09

 

La population de l’Egypte a été multipliée par 5 en 60 ans. L’Egypte a aujourd’hui 80 millions d’habitants avec une surface utile dans le delta et autour du parcours étroit du Nil qui n’a pas beaucoup varié. Devant les critiques étrangères, notamment dans divers rapports d’organismes Onusiens, le Président Moubarak baisse les bras, disant qu’il était incapable de faire face à la surpopulation et que le développement démographique n’était pas entre ses mains.

Pourtant l’Egypte est une véritable dictature où les policiers en civil (Moukhabarat ou Renseignement — 2 millions d’agents), aidés des portiers d’immeubles et des volontaires payés à l’information quadrillent les quartiers populaires et contrôlent la vie civile. Qu’en est-il sur le terrain?

 

Sur le plan économique

 

En 1981, quand Moubarak prit le pouvoir, les revenus de l’Etat atteignaient 8,3 milliards de LE (livres égyptiennes). En 1986, les dépenses de l’Etat ont doublé et le déficit budgétaire atteint 8,7 milliards de LE. Depuis cette époque, l’économie égyptienne a stagné, le PNB/hab ne croissant pas d’un iota. Aucune réforme sérieuse n’a été entreprise pour résorber un chômage endémique dépassant les 20 %, alors que personne ne sait ce que fait 1/3 de la population… 60% de la population a moins de 25 ans, et ¼ des jeunes hommes et 60% des jeunes femmes ne trouvent pas de travail.

L’inflation est telle que la LE a perdu la moitié de sa valeur contre le $ ces dix dernières années. En avril 2008, on a assisté à des émeutes de la faim à propos du prix du pain qui a été libéré. 44% de la population subsiste avec moins de 2 $/j.

A cela s’ajoute une crise aigue du logement, car on ne construit que pour les 3 millions de « happy few » solvables, des résidences de luxe. Les pauvres en ville s’entassent sur les toits et dans les cimetières…

Le résultat de cette situation est une énorme corruption, un taux élevé d’usage de drogues et d’alcool, une violence domestique, de nombreux crimes sexuels, l’expansion de la prostitution (voir « Immeuble Yakoubian« , livre et film).

Les milliards $ envoyés par les Etats-Unis depuis maintenant bientôt 35 ans, pour procéder aux réformes nécessaires et redresser la situation économique, sont utilisés pour l’achat d’armes qui s’accumulent dans les arsenaux, sans que l’on sache qui menace l’Egypte, en dehors de ses propres Frères Musulmans.

 

Sur le plan de la politique intérieure

 

Depuis l’assassinat de Sadat en 1981, une loi d’état d’urgence est en vigueur, reconduite d’année en année par le Parlement. Elle permet de museler toute opposition, voire toute dissidence. Elle donne les pleins pouvoirs aux forces de l’ordre pour arrêter sans permis et pour détenir indéfiniment sans accusation.

G W Bush ayant abandonné ses velléités de démocratisation du Moyen Orient et Barack Obama ne se mêlant plus de la politique intérieure des gouvernements de la région (à l’exception de celle de l’état d’Israël, bien entendu), Moubarak a ainsi carte blanche pour renforcer encore plus ses pouvoirs.

Après avoir installé et pérennisé un parti quasi-unique, le Parti Démocratique National, et tolérant une série de petits partis qu’on décapite dès qu’une tête dépasse, le gouvernement Moubarak a restreint encore récemment la liberté de parole et de réunion et l’usage de l’Internet.

Les médias qui comptent sont entre les mains du pouvoir. Les élections sont surveillées sinon truquées. Ainsi 3000 candidats aux élections municipales de 2008 ont été empêchés de se présenter par le gouvernement, alors que le parti au pouvoir a accumulé 92% des sièges. Les femmes et les minorités, notamment copte (12% de la population) ne sont presque pas représentés dans les diverses instances du pays (2% pour les coptes).

Le seul contre-pouvoir officiel demeure entre les mains des juges, mais là aussi il y a interférence, puisque les officiels agissent en dehors de la loi, en toute impunité, car les verdicts défavorables des juges sont rarement mis en application.

Comme il est écrit dans un rapport à l’ONU du 2/12/09, émanant de seize organisations non gouvernementales du pays, l’Egypte est devenue un véritable « Etat policier » où la torture est « routinière et systématique ». « Les prérogatives de l’appareil de sécurité égyptien », qui n’ont cessé de s’étendre depuis vingt-huit ans, touchent désormais « tous les domaines de la vie publique »« La torture est quotidienne dans les commissariats de police, les quartiers généraux de la Sécurité d’Etat et autres lieux de détention. » Les responsables de ces faits « échappent en général à toute punition dans un climat d’impunité créé intentionnellement ». Et les militants politiques ne sont pas les seuls visés. « Tous ceux qui tombent entre les mains de la police, en particulier les pauvres, font face immédiatement aux atteintes corporelles », note le rapport qui cite « les passages à tabac, les brûlures de cigarette, les électrochocs à la tête, aux organes sexuels et aux seins ». Outre les détenus jugés, « entre 12 000 et 14 000 personnes sont emprisonnées, certaines depuis quinze années, sans jamais avoir été inculpées ou jugées ».

Un autre contre-pouvoir souterrain, car interdit, est constitué des Frères Musulmans qui ont réussi à être représentés indirectement dans la Chambre des députés, et pouvant compter sur 20/25% des votes. Leurs institutions religieuses, écoles et mosquées, et leurs œuvres sociales en font le challenger le plus sérieux et le plus décidé du pouvoir en place. Et les Frères Musulmans sont violemment anti-occidentaux et anti-américains, n’en déplaise leur émule qui cherche à le cacher, Tareq Ramadan, petit neveu du fondateur de leur association, Hassan al Banna.

 

Sur le plan de la politique étrangère

 

La paix signée avec Israël en 1979 est volontairement maintenue au niveau minimal par Mr Moubarak pour diverses raisons:

– ne pas heurter la sensibilité de son opposition islamique, opposée à tout compromis avec un état hébreu (cf l’assassinat d’Anwar al Sadate pour avoir signé la paix)

– ne pas favoriser le contact populaire avec un état démocratique

– maintenir une certaine prééminence de son pays auprès des états arabes du front du refus

– réticences personnelles quant à des liens plus étroits avec un état juif

 

Par ailleurs, comme toute dictature, l’Egypte a besoin d’un « bouc émissaire » pour expliquer au peuple ses échecs sur le plan socio-économique. Alors le sionisme et les Juifs sont des prétextes classiques et les médias (diatribes, caricatures…) ainsi que le système éducatif (livres scolaires), notamment religieux (sermons), s’en donnent à coeur joie. Je ne citerai qu’un exemple, celui d’un jeune religieux au visage à la fois angélique et pervers, au discours doucereux et violemment antisémite.

Avec le sourire   http://www.youtube.com/watch_popup?v=0mv2sze70ZQ    

 

Les « Moukhabarat » (le Renseignement) ne sont pas aussi efficaces en Haute Egypte ou au Sinaï que dans les zones populaires et denses. D’où de nombreux attentats islamistes inspirés par al Qaeda ou par les Frères Musulmans, pour punir le régime encore laïc de Moubarak, en le privant de ressources touristiques. En fait, il y aurait au Sinaï une collusion entre les Palestiniens et les Bédouins, toujours à la recherche de ressources financières licites ou non. Et l’efficacité de la police et de l’armée est toute relative dans cette région accidentée éloignée du centre.

Moubarak n’a pas intérêt à laisser le désordre s’installer en un point éloigné de ses frontières. D’où ses tentatives d’apaisement entre le Hamas et le Fatah et de conciliation entre le Hamas et Israël à propos de l’otage Shalit. Après l’opération « Plomb durci » Moubarak commence seulement à prendre au sérieux l’introduction d’armes par des tunnels, vers le Hamas à Gaza. D’où le renforcement de cette frontière et le projet de sa protection par un mur souterrain. De même l’attitude hostile de l’Egypte vis-à-vis de la Syrie et de l’Iran qui soutiennent le Hamas et les terroristes issus de Gaza (La Syrie abrite 13 factions palestiniennes).

Par ailleurs, l’Iran a appelé à l’exécution de Moubarak, parce que le passage de Rafah (Gaza sud) reste fermé par l’Egypte. Et les velléités hégémonique de l’Iran dans la région grâce à son programme nucléaire soulève beaucoup d’appréhensions en Egypte.

 

Conclusion

 

Octogénaire, Moubarak aurait voulu que son fils Gamal lui succède « dans son œuvre ». Quoique sympathique, il semble que Gamal, n’emporte pas l’adhésion de l’ensemble de « la nomenklatura » égyptienne. Peut-être qu’il n’est pas à la hauteur du cynisme de son père ou des aspirations de celui-ci. Toujours est-il que Moubarak n’a jamais nommé de vice-président et que sa succession pose problème. Il est peu vraisemblable qu’il soit renversé par un coup d’état, mais il peut être incapable de gouverner par maladie ou succomber à une attaque. L’instabilité politique qui s’ensuivra est un problème de sécurité internationale, d’autant plus que la seule force organisée d’opposition que Moubarak laisse est un parti interdit, « les Frères Musulmans ». Après le Liban et Gaza, les islamistes auraient alors les mains libres dans le pays arabe le plus éminent, l’Egypte.

Robert Satloff, directeur de l’Institut pour la politique au Proche Orient de Washington a dit au Congrès américain: « Le fondement de nos relations bilatérales a été érodé. Des divergences sont apparues sur une large série de sujets dans la politique de l’Egypte« 

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