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Publié par Dreuz Info le 18 décembre 2009

Par Jean Tsadik © Metula News Agency

 (info # 011712/9) [Analyse]

Le lancement, cette semaine, du nouveau missile iranien Sejil 2 (Terre cuite en français) provoque de très grandes inquiétudes dans le camp occidental et en Israël.

 

Tout d’abord, parce que cet essai a été couronné de succès : ça n’est pas la déclaration triomphante de la télévision iranienne qui fait foi, mais le suivi du tir par les satellites.

 

Ensuite, ce qui éveille les craintes des analystes, ce sont les caractéristiques de la fusée persane. Il s’agit d’un engin, dérivé des technologies russe et nord-coréenne, mais qui dénote d’avancées considérables.

 

Ainsi, le Sejil, contrairement à son prédécesseur le Shihab-3, est propulsé par du carburant solide.

 

Cela le rend nettement moins vulnérable aux attaques aériennes, en ce sens que le missile ne doit plus être rempli juste avant son lancement, lors d’une phase de préparation qui le rendait très repérable par les satellites et donc vulnérable.

 

Remplis de propulsant solide, transportés par des camions-rampes de tir, il va être possible, pour Téhéran, de les disposer dans des régions accidentées, de les y dissimuler dans des abris naturels, d’en changer à volonté, tout cela rendant beaucoup plus délicates leur localisation et leur annihilation.

 

Et puis, le Sejil est une fusée à deux étages, non plus trois, ce qui est unique à ma connaissance pour un missile de moyenne portée, et qu’il faut considérer comme un témoignage de maturité scientifique des ingénieurs iraniens.

 

Le doute n’est plus permis, la « République » Islamique contrôle désormais son processus de conception et de fabrication de missiles. Elle a, dans ce domaine, cela ne souffre aucun doute, dépassé ses maîtres coréens.

 

Cela démontre également que la théocratie des ayatollahs est parvenue à se doter d’un cadre de scientifiques de très haut niveau, et, partant, d’instituts et d’académies capables de les former.

 

Non moins inquiétante est la marge de développement de la technologie enceinte dans le Sejil. Capable aujourd’hui de couvrir une distance de l’ordre de 2 000 kilomètres, suffisante pour frapper Israël, les pays arabes, les bases militaires américaines ainsi qu’une portion non-négligeable de la Russie, ce missile dispose d’une marge considérable d’extensibilité de sa portée.

 

A ce titre, les commentateurs non-spécialistes qui se focalisent sur le risque encouru par l’Etat hébreu sont dans l’erreur. De l’avis que nous partageons avec les meilleurs experts dans le domaine, en l’espace de quelques mois seulement, Téhéran pourra, sans avoir à surmonter de difficultés majeures, transformer le Sejil en missile balistique de portée intermédiaire.

 

Plus clairement énoncé, à partir du nord-ouest de la Perse, ça n’est pas uniquement le sud de l’Europe qui est menacé par l’avancée militaire des ayatollahs, mais, à très brève échéance, le vieux continent tout entier.

 

 

Le Sejil, photographié sur le sol d’une usine

 

Que cela soit proprement posé : le développement de ce programme ne vise pas principalement Israël.

 

Les Iraniens ont maintenant dépassé le stade où ils étaient contraints de bricoler des missiles balistiques étrangers.

 

Ils peuvent actuellement placer des satellites sur orbite, ce qui implique qu’ils ont développé, en plus de la technologie de base, des moyens sophistiqués de guidage et de suivi, leur permettant de stabiliser un objet sur une orbite précise, ou de le précipiter sur une cible éloignée avec exactitude.

 

Replacé dans le cadre de l’effort stratégique global des Iraniens, cela signifie que, sous peu, l’Occident, s’il ne fait rien de concret pour l’empêcher, va se retrouver avec des dizaines de porteurs de charges nucléaires pointés sur lui, disséminés dans les montagnes du vaste territoire perse.

 

Si on en arrive là, les démocraties de la planète ne pourront plus empêcher les mollahs, au risque de déclencher un conflit atomique, de devenir une grande puissance régionale et, c’est un corrélatif qui est en train de prendre forme, de se muer, avec l’idéologie qu’ils véhiculent, en chefs de file de l’islam mondial.

 

Les leaders des Etats concernés ont presque tous souligné la dangerosité représentée par le récent essai du Sejil. Ils appellent à la prise de sanctions contre Téhéran.

 

Les Etats-Unis sont allés plus loin, aussi bien sur les plans politique que militaire : leur parlement a décrété une loi provisionnant des sanctions contre les entreprises étrangères qui approvisionnent l’Iran en carburants raffinés.

 

Et, concurremment au tir perse, l’Armée américaine s’est livrée sur son sol à un exercice inédit d’interception de missiles spécifiquement iraniens.

 

A l’international cependant, la Chine bloque toujours l’acceptation du train de sanctions « déterminantes » au Conseil de Sécurité.

 

Le Président Obama, à l’issue de ses entretiens avec son homologue chinois Hu Jin tao, le mois dernier à Pékin, a bien cru qu’il avait réussi à convaincre son interlocuteur.

 

Pour ce faire, il n’avait d’ailleurs pas mâché ses mots, puisque, selon les révélations d’officiels israéliens produites ce matin par Haaretz, Barack Obama aurait informé Hu « qu’il ne pourrait plus empêcher très longtemps les Israéliens de s’en prendre aux installation nucléaires iraniennes ».

 

Mais quinze jours après cette visite, les Occidentaux ont dû déchanter, en remarquant que les signes de bonne volonté affichés par Pékin ne cristallisaient pas un changement radical de politique à l’égard des Ayatollahs, mais uniquement un geste d’hospitalité dans la tradition orientale.

 

C’est d’autant plus fâcheux que c’est la Chine qui présidera en janvier le Conseil de Sécurité, et qui conditionnera l’ordre du jour des débats. On pourrait devoir attendre la présidence de la France, en février, pour que la proposition de sanctions soit soumise aux votes.

 

En un temps où chaque jour compte, l’Arabie Saoudite, aussi concernée qu’Israël par les événements et parfaitement consciente des considérations qui composent de cet article, a proposé à Pékin de remplacer son approvisionnement en brut en provenance d’Iran.

 

Riad a offert aux Chinois un engagement de sa part sur le long terme, pour des quantités égales et à un prix moindre, dans une tentative de les infléchir.

 

Les Chinois, qui dépendent aujourd’hui des livraisons iraniennes, ont toutefois rejeté l’offre saoudienne, pour des raisons qu’ils n’ont pas précisées.

 

De toute façon, le moment n’est plus à l’offre de l’AIEA ni aux sanctions économiques, aussi péremptoires qu’elles puissent être.

 

Ce, parce que la proposition de Mohammed ElBaradei avait été présentée avant le lancement du Sejil, et aussi, avant la révélation, par le Time londonien, des essais par les Perses du système de mise à feu de leur bombe atomique.

 

Parce que la proposition de l’AIEA ne limite en rien le développement des missiles ni la fabrication de LA bombe, ni même l’enrichissement d’uranium par le régime de Khamenei. Elle se borne à rendre inutilisables 1 200 kilos d’uranium faiblement enrichi, ce qui, en regard de la situation, est absolument insuffisant.

 

Quant aux sanctions, si dures pourraient-elles être en février 2010, elles ne dissuaderaient pas les guides de la Révolution d’abandonner leur rêve de puissance, à quelques encablures de l’objectif. Les civils iraniens seraient seuls à souffrir, et alors, en quoi cela les changerait-il de leur quotidien ?

 

Malheureusement – nous avons soutenu la voie de la négociation tant que faire se pouvait -, de par l’intransigeance des ayatollahs, et uniquement à cause d’elle, en cette fin 2009, force est de constater que la solution militaire est désormais la seule à pouvoir éviter au monde l’irréparable.

 

Il est à souhaiter que les dirigeants européens et américains ne se mettrons les mains ni sur les yeux ni sur les oreilles pour croire que ce qu’ils ne perçoivent pas n’existe pas. La plus large coalition de puissances militaires est à souhaiter, car la menace iranienne est l’affaire de tous.

 

Le monde a jusqu’au premier tiers de 2010 pour éliminer les installations nucléaires perses ainsi que tout ce qui a trait aux missiles et à la conception de LA bombe. Faute de cela nous évoluerions sur une planète devenue invivable, confrontés à une menace fanatique, face à laquelle le dérèglement climatique fait figure d’occupation familiale, seulement à même de meubler les dimanches après-midi hivernaux.

 

Quant à Israël, directement menacée par Ahmadinejad et Khamenei d’une nouvelle extermination, si les élus du monde n’auront pas le courage de prendre leurs responsabilités, elle suivra son propre agenda. Barack Obama avait raison à Pékin : il ne peut effectivement plus nous retenir très longtemps.

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