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Publié par Dreuz Info le 15 janvier 2010
  
  

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Polémique – Benoît XVI à la synagogue de Rome
  
  
Michel Garroté
  
  
Vendredi 15 janvier 2010 – 29 Tevet 5770
  
  
La polémique autour de la possible ouverture d’un éventuel procès en béatification de Pie XII a repris, à l’occasion de la visite annoncée, pour après-demain dimanche 17 janvier, de Benoît XVI, à la synagogue de Rome. Depuis des mois, dans les médias et sur Internet, l’affaire Pie XII défraye la chronique et déchaîne les passions. Pour ce qui me concerne, j’ai déjà écrit que le classement et l’étude des archives devraient être les préalables à l’ouverture du procès en béatification. Récemment, certains défenseurs de Pie XII ont allégué que les archives étaient déjà publiques. Or, c’est faux. Car le Vatican a lui-même informé que de nombreuses archives n’étaient pas encore classées à ce jour. Concernant la visite annoncée, pour après-demain dimanche 17 janvier, de Benoît XVI, à la synagogue de Rome, de nombreuses déclarations et de nombreux articles ont été diffusés ces derniers jours.

Ainsi, Frédéric Mounier, depuis Rome, pour le quotidien La Croix, dans un article du 14 janvier intitulé ‘Les juifs de Rome attendent Benoît XVI’, écrit notamment (extraits adaptés et commentés) :  « Benoît XVI doit se rendre dimanche 17 janvier à la synagogue de Rome pour rendre visite à la communauté juive de Rome. Celle-ci, la plus ancienne d’Europe, entretient des relations singulières avec la papauté ».

« Devant le portique d’Octavie, les touristes se pressent. Le lieu allie la magie des ruines romaines à la chaleur du quartier juif de Rome, l’ex-ghetto. Mais peu de visiteurs ont conscience que c’est dans ces rues que les SS sont venus, le 16 octobre 1943, rafler 1023 Juifs romains. Ceux-ci avaient pourtant accepté, peu avant, de rassembler 56 kg d’or réclamés par les nazis pour garantir leur sécurité. Seuls 16 survivants reviendront des camps… ».

« Ce dimanche 17 janvier, Benoît XVI, peu avant de pénétrer dans la grande synagogue, à quelques pas, devrait s’entretenir avec d’eux d’entre eux, Lello Di Segni et Sabatino Finizzi, hors caméras, devant la plaque commémorant le drame. L’occasion d’une ultime explication sur l’attitude de son prédécesseur Pie XII face à la Shoah ? Au sein de la communauté juive de Rome, fière de son histoire de vingt-deux siècles, la cicatrice est toujours vive ».

« Le paradoxe de l’invitation faite, il y a plusieurs mois, à Benoît XVI, se lit dans les ‘Pages juives’ de décembre 2009. En ouverture, l’éditorialiste affirme : ‘Cette visite devrait marquer une nouvelle étape du dialogue entre le monde juif et le monde chrétien’ ».

« Tandis qu’en pages intérieures, Michelle Sarfatti, directeur du Centre de documentation juive contemporaine (Milan), s’interroge sur la véritable nature du fameux message de Noël radiodiffusé par Pie XII le 24 décembre 1942 :  ‘Pacelli évoque-t-il explicitement les victimes innocentes en raison de leur ‘race’ ? Il utilise des qualificatifs imprécis extraordinairement inadéquats dans le contexte de l’époque’ ».

« Cette tension a été ravivée par l’annonce de la possible béatification de Pie XII (Michel Garroté : de la possible ouverture d’un éventuel procès en béatification). Le directeur du futur musée de la Shoah à Rome, Marcello Pezzetti s’interroge : « Pourquoi ? Pourquoi Benoît XVI a-t-il fait ce geste un mois avant sa visite dans notre synagogue ? Nous comprenons bien qu’il s’agit avant tout d’une question interne à l’Église. Mais pourquoi à ce moment-là ? Certains d’entre nous ont voulu s’opposer à cette visite. Puis est venue du Vatican la clarification nécessaire. Aucun juif ne pourra jamais approuver la béatification de Pie XII, mais cette visite se situe sur un autre registre’ » (Michel Garroté :  certains Juifs se sont récemment déclarés favorables à la béatification éventuelle de Pie XII ; d’autres, au contraire, se sont sentis profondément blessés par l’annonce de l’éventuel procès en béatification).

« La demande juive se concentre sur les archives : ‘Nous demandons de pouvoir accéder à l’ensemble des documents, et pas seulement aux douze volumes publiés. Même si nous savons bien que nous n’aurons pas de surprises. Mais on ne peut pas rester dans l’ambiguïté. Les délais pratiques invoqués par le Saint-Siège pour la mise en ordre des archives ne nous convainquent pas’ » (Michel Garroté :  quatre millions de pièces non encore analysées seront regroupées par thèmes dans quinze volumes ; à partir de là, une véritable étude des archives sera rendue possible ; personnellement, j’ai déjà écrit que tout cela prendra forcément des années ; et que par conséquent, il n’y a aucune urgence à ouvrir un procès en béatification de Pie XII ; et le fait que les milieux traditionalistes jettent actuellement de l’huile sur le feu, en béatifiant Pie XII par anticipation, ne fait qu’envenimer inutilement les choses ;).

« Certes, les juifs romains savent bien que Pie XII leur a ouvert les palais pontificaux et les maisons religieuses, mais, affirme Marcello Pezzetti, ‘nul n’a pu produire un ordre écrit du pape à ce sujet. La vraie question pour nous est son attitude face au nazisme. Pourquoi n’a-t-il pas publiquement excommunié, dans un véritable geste politique chrétien, les acteurs de la Shoah ?’ » (Michel Garroté :  ici, une fois encore, force est de constater que ce n’est pas tellement la nature de l’aide aux Juifs Italiens qui dérange, mais l’attitude globale de Pie XII face à l’idéologie nationale-socialiste ; je doute personnellement que l’Eglise puisse passer à côté de cette question dans les mois et les années à venir ;).

« Sur les bords du Tibre, la question sera assurément présente, ce dimanche 17 janvier, au-delà de l’essentiel qui unira les protagonistes, confirmée à La Croix par Mgr Vincente Paglia, évêque de Terni (Ombrie) et responsable pour l’Église italienne des relations avec le judaïsme :  ‘Le dialogue avec les juifs est une obligation théologique. Le pape en a une conscience très précise’ ».

« Benoît XVI aura également en tête la singularité de cette communauté qui l’a invité. ‘Les juifs sont présents à Rome depuis vingt-deux siècles. Nous nous sentons plus romains que les Romains !’ (déclare) Ester, jeune guide du Musée juif de Rome, (qui) s’exprime avec fierté, au cœur de la grande synagogue. ‘Notre communauté était ici très vivante bien avant la destruction du Temple de Jérusalem par les Romains, en 70. Nous ne sommes ni séfarades, ni ashkénazes. Nous sommes Romains avant tout ! Rome est la seule ville d’Europe qui n’a jamais expulsé ses juifs’ ».

« Leone Pazzermann, ancien président de la communauté :  ‘La présence juive est attestée à Rome dès 146 avant notre ère. Les auteurs latins l’évoquent, notamment lors des obsèques de César : son ennemi Pompée était aussi le nôtre… à Jérusalem. Nous aussi, nous avons nos catacombes au long de la via Appia Antica. En 1492, nous avons accueilli les juifs expulsés d’Espagne, de Sicile, du Portugal’ ».

« Pour autant, cette ancienneté ne s’est pas vécue, loin de là, en toute sérénité. Les premiers siècles ont été marqués par les tensions internes avec ceux qui avaient décidé de suivre le Christ. Au Moyen Âge, la communauté fut très engagée dans la diffusion des savoirs antiques, jouant le rôle de pont entre l’islam et l’Église. En 1555, le pape Paul IV, par sa bulle Cum nimis absurdum, crée le ghetto des bords du Tibre. Ghetto soumis au couvre-feu pour des juifs auxquels le pape ‘interdit de fraterniser avec des chrétiens’. Pourtant, tout au long du XVIIIe siècle, les juifs et les pontifes ne se sont pas ignorés ».

« En témoignera l’exposition que Benoît XVI a aussi été invité à inaugurer ce dimanche :  ‘Et ecce gaudium’. Elle va rappeler par des tentures, des bannières, des objets précieux, la forte participation des juifs aux festivités marquant à Rome les élections des papes Clément XII (1730), Clément XIII (1758), Clément XIV (1769) et Pie VI (1775). Au long du parcours suivi par le nouveau pape, du Vatican au Latran, les juifs manifestaient leur joie. Paradoxe ?  ‘C’était simplement la preuve de leur intégration dans la société d’alors’, affirme Daniela Di Castro, directrice du Musée juif. Même si, ajoute-t-elle, ‘aucun pape n’aurait alors imaginé se rendre à la synagogue !’ ».

« Il faudra attendre l’intermède de l’occupation napoléonienne (1797-1815) pour voir abattre, temporairement, les murs du ghetto. En 1870, l’unité italienne réalisée et la fin des États pontificaux verront la fin du ghetto, puis sa destruction finale en 1890. Mais c’est là, par fidélité, qu’en 1904 sera érigée la grande synagogue ».

« En 1967, après la guerre des Six-Jours, l’arrivée massive de juifs expulsés de Libye va modifier l’équilibre de la communauté, qui votera désormais à droite, (et) en soutien à Israël (Michel Garroté : ce qui relève du simple bon sens puisque ces Juifs ont vécus comme des dhimmis dans le pays de Kadhafi…). (…) Les 15 000 juifs romains (sur les 45 000 juifs italiens) ont progressivement déserté les lieux (de l’ex-ghetto). Le petit peuple juif, depuis des siècles composé de brocanteurs, de ferrailleurs, d’antiquaires, a été remplacé (Michel Garroté :  « remplacé » me paraît excessif ;  je dirais plutôt « complété ») par des stars des médias, du cinéma et de l’intelligentsia romaine » (fin des extraits adaptés et commentés de l’article de Frédéric Mounier intitulé « Les juifs de Rome attendent Benoît XVI »).

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