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Publié par Dreuz Info le 22 janvier 2010
  
  
  
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Espionnage et terrorisme au Liban
  
  
Michel Garroté

  
  
Vendredi 22 janvier 2010 – 7 Shevat 5770
  
  
La longue et tumultueuse histoire du contre-espionnage et du contre-terrorisme au Liban n’est pas terminée. Par exemple, le gouvernement libanais, mis sous pression par le Hezbollah pour ne rien faire, est néanmoins censé adopter une position claire quant à la date exacte des prochaines élections municipales, élections prévues courant 2010.

Et dans ce contexte d’intrigues et d’influences, le responsable du parti chrétien des Forces libanaises, Samir Geagea, a indiqué dans une interview parue sur
http://lebanonfiles.com que ceux qui veulent saboter l’alliance du 14 Mars (alliance pour la souveraineté du Liban) savent que, pour atteindre cet objectif, ils doivent porter un coup aux Forces libanaises et « rompre l’alliance des FL avec les sunnites » (les chrétiens des Forces libanaises se sont alliés aux sunnites modérés pour contrer l’entente imbécile conclue par les chrétiens du clown Michel Aoun avec les chiites extrémistes du Hezbollah, et par le biais de cette entente imbécile, avec la dictature syrienne et avec la théocratie intégriste iranienne). « Ils ont beaucoup essayé (de réaliser ce but) en tablant sur le Courant du futur (courant pour la souveraineté du Liban) et (le Premier ministre sunnite) Saad Hariri, mais ils n’ont pas réussi », a précisé Samir Geagea. Le Premier ministre Saad Hariri « a été clair à cet égard en opposant une fin de non-recevoir à ces tentatives. Ils ont eu recours alors à d’autres moyens en se livrant à la désinformation, en menant campagne contre nous et en s’en prenant à nous au niveau des administrations publiques ». Samir Geagea a ajouté qu’il ne mise dans ses calculs politiques « ni sur les États-Unis ni sur aucun autre pays étranger ».

« Je ne mise réellement que sur notre force politique et sur nos alliances internes », a appuyé Samir Geagea signalant que le parti chrétien des Forces libanaises s’est notoirement renforcé et a gagné en audience et en influence au cours des quatre dernières années. « Notre solide alliance avec les forces du 14 Mars et notre importante alliance avec le Courant du futur et les autres factions musulmanes au sein du 14 Mars (alliances pour la souveraineté du Liban) constituent notre véritable garantie, a clarifié Samir Geagea. Les États-Unis ne peuvent rien nous garantir, de même d’ailleurs que l’Iran ne peut rien garantir à quiconque, sauf peut-être un appui financier et militaire à ses alliés » (les alliés des mollahs intégristes iraniens, c’est à dire les terroristes du Hezbollah et le libanais halluciné Michel Aoun). A propos du « confessionnalisme politique », Samir Geagea a estimé que l’utilisation du terme confessionnalisme politique « est peut-être une erreur, mais sans le partage des charges au niveau du pouvoir à égalité afin d’assurer la participation de tous, la situation des chrétiens au Liban aurait atteint un stade désespéré » (il s’agit ici du partage entre chrétiens et musulmans ; ainsi par exemple, le Président est un chrétien, le Premier ministre est un sunnite et le Président du Parlement est un chiite). Les propos de Samir Geagea sont éclairants pour bien comprendre que lui et son parti sont la cible privilégiée du Hezbollah, de la Syrie et donc de l’Iran.

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A cet égard et pour mémoire, j’aimerais rappeler, par exemple, que le dimanche 21 septembre 2008, avait eu lieu, la messe annuelle du parti chrétien des Forces Libanaises dirigé par Samir Geagea. A cette occasion, Samir Geagea avait déclaré : « d’un cœur modeste, limpide, en toute sincérité et en toute transparence, devant Dieu et les gens, en mon nom et en celui de générations de résistants, vivants ou martyrs, je présente de profondes, de franches, de totales excuses, pour toute blessure, toute malversation, toute perte, tout dégât injustifié dont nous avons été responsables lorsque nous remplissions notre mission nationale, pendant la guerre (1975-1990). Je demande à Dieu et à toutes les personnes que nous avons lésées de nous pardonner, de transcender leurs douleurs, de nous donner de l’affection. Et à tous ceux qui basent leur fond de commerce sur nos douleurs et celles des gens, je dis : ce commerce, ces surenchères, cet abus du sang et des larmes des gens suffisent ; cette falsification de l’histoire suffit ».

L’émouvante demande de pardon de Samir Geagea m’avait alors inspiré les rappels historiques et les réflexions personnelles que voici : Samir Geagea a croupi en prison de 1994 à 2005, dans les sous-sols du ministère libanais de la Défense, sous contrôle et sous occupation syriennes. Samir Geagea a – évidemment – été torturé. A part cela, qui est Samir Geagea ? Si vous compilez les archives du quotidien Le Monde ou toute autre feuille de choux du même acabit, vous lirez, évidemment, que Samir Geagea était – et donc reste potentiellement – un dangereux milicien. C’est la version – ou plutôt la farce – officielle.

Cela dit, Samir Geagea a effectivement occupé d’importantes fonctions au sein des Forces Libanaises pendant une partie de la guerre dite civile de 1975-1990. Dans les années 1980, une direction collégiale se met en place à la tête des Forces Libanaises. Deux personnalités très distinctes, Samir Geagea, un homme qui prie, médecin de profession, et Elie Hobeïka, un opportuniste sanguinaire, se partagent les responsabilités à la direction des Forces libanaises. En 1985, Elie Hobeïka trahit les siens en se mettant aux ordres du dictateur syrien Hafez el Assad. Samir Geagea, lui, reste fidèle. En 1990, l’ineffable général « chrétien » Michel Aoun, un mythomane déjanté qui se prend publiquement pour de Gaulle, lance, à la tête de l’armée libanaise, une offensive aussi effroyable que stupide contre les Forces Libanaises (FL) de Samir Geagea. L’incommensurable idiotie de Michel Aoun – aujourd’hui allié du Hezbollah – divise le camp chrétien et permet aux Syriens d’instaurer un régime libanais à leur solde et permet aux Syriens d’imposer au Liban la « pax syriana ». Samir Geagea refuse la capitulation et la collaboration avec un gouvernement libanais aux ordres de la dictature syrienne. Samir Geagea refuse de quitter son pays, il est accusé de soi-disant crimes dont il est innocent, il est arrêté en 1994 et emprisonné par les Syriens jusqu’en 2005.

Samir Geagea demande pardon le dimanche 21 septembre 2008 alors que d’autres dans le camp chrétien ont des raisons bien plus graves de demander pardon, d’autres dans le camp chrétien qui, justement, se gardent bien de demander pardon et qui, en plus, continuent leur basse politicaille de pétainistes version libanaise, sur le dos des chrétiens et sur le dos du Liban. Certains chrétiens libanais sont un peu comme certains chrétiens français. Ils ont la mémoire à la fois courte et sélective.

Ayant moi-même connu de très près et sur le terrain l’entourage de Samir Geagea pendant la guerre, je tiens à lui rendre ici encore une fois hommage. Car en dépit des apparences et des médisances, un homme qui ose demander pardon est aussi un homme qui sais rester debout.

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Pour bien comprendre les enjeux de 2010, il vaut peut-être aussi la peine de revenir à 1982 et aux massacres, cette année là, dans les camps palestiniens de Sabra et Chatila. Elie Hobeïka, en ce temps-là, était le chef du « Deuxième bureau » (service de renseignement) des Forces libanaises chrétiennes, dirigées par Bachir Gemayel, qui lui, venait d’être élu président du Liban et aussitôt assassiné. Dès le début des événements de Sabra et Chatila, toutes les informations indiquaient que le responsable du massacre était Élie Hobeïka, à l’époque pro-israélien. Hobeïka ne fut pas inquiété. En 1990, il retourna sa veste et entra, sans remords ni scrupules, dans le camp pro-syrien, qu’il avait, autrefois, combattu. Comme le « chrétien » Michel Aoun aujourd’hui. Hobeïka fut élu député pro-syrien au Parlement libanais. Enfin, Hobeïka devint ministre dans le gouvernement de Rafic Hariri, libanais sunnite d’origine saoudienne, par la suite assassiné.


En juillet 2001, Hobeïka, sorti de politique et reconverti dans les affaires, avait déclaré à la presse qu’il s’apprêtait, soi-disant, à fournir des preuves sur ce qui s’était, selon lui, réellement passé dans les camps palestiniens de Sabra et Chatila. Sorti de politique et devenu homme d’affaires, Hobeïka est alors une énigme, puisqu’il fut simultanément pro-israélien puis pro-syrien. En sa nouvelle qualité de businessman, pourquoi Hobeïka prétend-il, vouloir fournir des preuves, sur ce qui s’était, selon lui, réellement passé dans les camps palestiniens de Sabra et Chatila ? En quoi un homme issu des services du renseignement en temps de guerre, devenu successivement pro-israélien, pro-syrien puis businessman pro-argent, les trois fois par pur opportunisme, en quoi les révélations d’un tel homme, auraient-elles eu une quelconque valeur ?

Le 24 janvier 2002, à 9h40, la carrière en dents de scie d’Hobeïka, se termine, avec fracas. Sa voiture est pulvérisée, par une bombe télécommandée, placée dans une Mercedes, stationnée dans une rue du quartier de Hazmiéh, à Beyrouth. La bombe explose au moment où Hobeïka, et ses trois assistants, Fares Suweïdan, Mitri Ajram et Walid Zein passent, à bord de leur Range Rover, au niveau de la Mercedes. Les quatre passagers de la Range Rover meurent sur le coup. Bons baisers de Damas.

Le fait est que certains vont développer, à partir de 2005, toutes sortes de thèses, plus fumeuses les unes que les autres, sur ce qui se serait, soi-disant, réellement passé à Sabra et Chatila en 1982. Et sur ce que Hobeïka avait, soi-disant à révéler. En 2005, dans certaines mouvances américaines pro-arabes du renseignement et de la presse, quelques fêlés font circuler la légende, selon laquelle Israël aurait, soi-disant, acheminé, par avion, des membres de l’Armée du Sud Liban, l’ASL (une milice chrétienne sous le commandement du major Saad Haddad) ; des membres de l’ASL déposés à l’aéroport de Beyrouth, à bord d’un avion de transport de l’armée de l’air israélienne ; des membres de l’ASL qui auraient alors investi, selon cette nouvelle légende, Sabra et Chatila. Exit la responsabilité d’Elie Hobeïka.

Toujours en 2005, dans certaines mouvances américaines pro-arabes du renseignement et de la presse, quelques fêlés font circuler la légende, selon laquelle les Sayeret Matkal, une unité secrète de l’armée israélienne, seraient soi-disant entrés les premiers, dans Sabra et Chatila, donc avant les membres de l’Armée du Sud Liban dirigée par le major Saad Haddad.

L’avantage de toutes ces légendes, créées, autour d’Hobeïka et autour de Sabra et Chatila, c’est qu’elles blanchissent Hobeïka (lors du massacre de Sabra et Chatila Hobeïka se disait pro-israélien) et qu’elles blanchissent la Syrie (dans l’assassinat de Hobeïka, à l’époque où celui-ci roulait pour l’argent et en savait trop sur tout le monde, surtout sur les Syriens). A contrario, ces mêmes légendes permettent d’incriminer, à tors et à travers, Israël. Le problème, c’est que ces légendes se contredisent les unes les autres. En 1983, à Beyrouth, un collaborateur direct d’Hobeïka, collaborateur que je connais depuis 1976, m’a certifié, qu’Hobeïka et des éléments des Forces libanaises que lui, Hobeïka, dirigeait, furent les responsables des événements de Sabra et Chatila (et non pas l’ensemble des Forces Libanaises et non pas Samir Geagea que je considère innocent dans cette affaire).

Le seul reproche à l’égard d’Israël, semblerait être la responsabilité indirecte, plus morale que juridique, qui mettrait en cause des dirigeants israéliens. Qui mettrait en cause des dirigeants israéliens dont l’erreur serait de n’avoir pas prévu ce qui résulterait de l’entrée des éléments des Forces libanaises contrôlés par Hobeïka (et non pas par Samir Geagea) dans Sabra et Chatila. Ou de n’avoir pas eu suffisamment la présence d’esprit, lorsque les premières rumeurs sur le massacre commencèrent à circuler, d’ordonner à Tsahal, d’intervenir, à Sabra et Chatila ; et d’en faire sortir les Forces libanaises. Tout ceci reste assez surréaliste.

J’ai visité Sabra et Chatila, lorsque je me trouvais à Beyrouth, en 1983. Sabra et Chatila n’étaient pas seulement des camps de réfugiés palestiniens. Le secteur de Sabra et Chatila était aussi et surtout un quartier de Beyrouth. Plus exactement, Sabra et Chatila était une ville dans la ville ; un Etat dans l’Etat. Dans les sous-sols, ou plutôt, les galeries souterraines de Sabra et Chatila, l’OLP avait caché, une quantité inouïe, d’armes lourdes et légères. Un aspect de Sabra et Chatila qui n’a jamais intéressé mes confrères,  aspect dont j’ai eu les preuves,  photos et documents à l’appui,  sous les yeux,  en avril 1983.

Je n’oublierai jamais ce que j’ai vu au Liban en 1983. J’ai parcouru le pays dans presque tous les sens.
Au vu du nombre invraisemblable de milices armées de toutes sortes et malgré la tentative de Bachir Gemayel d’unifier les éléments armés chrétiens sous le commandement des Forces libanaises, je ne vois pas comment, l’armée israélienne, aurait pu, dans ce chaos généralisé, maîtriser toutes les situations, y compris celle de Sabra et Chatila, survenue après l’assassinat de Bachir Gemayel.

Et même quant à supposer, qu’Israël, avec ou sans ses Sayeret Matkal, serait impliqué dans quelque chose, ici ou là, la seule opération qui me paraîtrait imaginable, serait la saisie, des principaux terroristes cachés dans Sabra et Chatila. Aujourd’hui, les Sayeret Matkal sont intégrés dans la YAMAM, une unité spéciale anti-terroriste sans laquelle des milliers de civils israéliens seraient morts suite à des actes terroristes palestiniens et islamiques. De nos jours, toutes les démocraties occidentales ont leur YAMAM, ce que personne, hormis la gôche alqaïdique et hezbollïaque, ne conteste.

Il y a eu, au Liban, des massacres, avant et après Sabra et Chatila. En assassinant le président libanais Bachir Gemayel, les nervis arabo-musulmans ont enfoncé le Liban dans un tunnel dont il n’est toujours pas sorti. C’est cela, le seul vrai grand massacre.

Pour conclure, rappelons qu’en avril 2009, la vérité sur Aoun semblait (enfin) voir le jour grâce à
Mediarabe.info avec une accablante vidéo (Pour voir la vidéo cliquez ici). Pour ce qui me concerne,  j’ai notamment écrit, à propos de Michel Aoun et de son « entente » avec le Hezbollah : LIBAN : le cas Aoun  et  Liban: Aoun est un traître.
  
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