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Publié par Dreuz Info le 16 février 2010

La dernière chance diplomatique d’Obama (info # 011602/10) [Analyse]

Par Jean Tsadik © Metula News Agency

 

Le chef des armées américaines, l’amiral Mike Mullen, était en Israël dimanche et lundi derniers. Non pour une visite politique, comme l’ont relevé certains confrères par erreur, mais afin de renouer le dialogue stratégique entre les deux pays ; dialogue qui était interrompu depuis l’accession de Binyamin Netanyahu à la présidence du Conseil.

 

Mullen et son staff ont rencontré le chef de Tsahal, le général Gaby Ashkenazi, et le ministre de la Défense, Ehoud Barak.

 

Mais les hôtes d’outre-Atlantique ont également participé à des réunions de travail, avec le numéro 2 de l’armée, Benny Gantz ; avec le chef des renseignements militaires, Amos Yadlin, et le chef du directorat, chargé, au sein de Tsahal, des tâches de planification, Amir Eshel.

 

On peut dire aujourd’hui que les Etats-Unis et leur allié israélien retrouvé ont échangé, au plus haut niveau possible, les informations qu’ils détiennent sur l’Iran, et se sont assurés, qu’en cas d’affrontement, leurs forces seraient complémentaires.

 

Ces concertations ont été grandement facilitées par l’excellent contact existant entre Mullen et Ashkenazi, qui se rencontrent régulièrement, se parlent souvent au téléphone, et apprécient leurs qualités respectives.

 

Le séjour de la délégation militaire US avait été précédé, il y a deux semaines, par la visite du directeur de la CIA, Leon Panetta. Une visite qui aurait dû demeurer secrète, au sujet de laquelle « on » avait demandé à la presse de rester discrète et de faire « acte de responsabilité ».

 

Panetta était simplement venu informer le gouvernement hébreu de la nature des sanctions que le Président Obama entend imposer à Téhéran à la mi-mars.

 

Dans le cadre de la reprise des consultations régulières entre les deux Etats, on annonce l’arrivée prochaine en Terre Sainte du vice-président Joe Biden, ainsi que de plusieurs sous-délégations de militaires, qui devront, avec leurs confrères locaux, rendre opérationnelles les décisions prises par Mullen et Ashkenazi.

 

La reprise du dialogue stratégique est, évidemment, d’une très grande importance pour les USA, Israël, et aussi pour les autres pays concernés par la crise iranienne.

 

Elle constitue par la même un avertissement net à l’intention des ayatollahs. Un avertissement dépassant la seule sémantique, puisque Washington et Jérusalem renforcent considérablement leur présence militaire dans le Golfe Persique.

 

De fait, avec d’autres alliés, ils apportent au Président Obama le volet militaire indispensable à assurer la crédibilité de sa tentative de dissuasion politique liée aux sanctions qu’il envisage.

 

C’est une excellente nouvelle de savoir qu’Obama a mis un terme à sa politique d’exclusion d’Israël du processus de prises de décisions politiques et de positionnement de ses pions militaires.

 

 

L’amiral Mullen, en compagnie d’Ehoud Barack et du général Ashkenazi

 

Nous de tempérer toutefois l’enthousiasme que ce revirement peut susciter : le souci principal de la Maison Blanche tient à son désir d’empêcher l’Etat hébreu de faire cavalier seul et de lancer une opération contre les centrales perses sans la consulter.

 

Or, plus Jérusalem était tenue à l’écart des atermoiements d’Obama, et plus ce risque était important.

 

Reste que cette nouvelle approche washingtonienne, qui contribue à renforcer les capacités de défense d’Israël – Mullen et Ashkenazi ont abordé la livraison de nouveaux matériels, destinés à préserver la différence qualitative entre Israël et ses ennemis en matière d’équipement – est associé d’un prix à payer par Jérusalem : repousser la deadline pour une intervention en solo.

 

L’amiral Mullen l’a exprimé de façon simple et directe pendant qu’il se trouvait parmi nous : « il est important de donner à la diplomatie et aux pressions internationales une chance avant de se tourner vers la seule option militaire ». Mullen a employé cette expression pour illustrer son propos : « Tandis que chaque situation connaît ses limites, nous n’y sommes pas encore ».

 

Ca n’est pas l’impression des experts israéliens. Et ils l’ont fait savoir à leurs locuteurs, cartes et rapports de renseignement à l’appui.

 

Ce que les visiteurs du Nouveau Monde ont obtenu ici, c’est qu’Israël s’abstiendra d’intervenir, à contrecœur, jusqu’aux résultats de l’initiative obamesque au Conseil de Sécurité.

 

C’est ce que des responsables locaux ont identifié comme l’initiative diplomatique de la dernière chance. Ensuite, ils espèrent des militaires US, en cas de nouvel échec, un mouvement de bascule de la diplomatie vers l’exercice de l’option militaire.

 

Et ils espèrent aussi que, dans une telle situation, l’armée américaine ne se contentera pas de donner son feu vert à Tsahal, mais que les deux forces interviendraient conjointement contre les cibles stratégiques en Perse.

 

Les responsables de notre ministère de la Défense s’en sont ouverts à leurs vis-à-vis et leur ont demandé qu’ils adoptent une posture cohérente, s’il s’avère que la seule solution pour empêcher Ahmadinejad d’obtenir la bombe atomique tient en une opération militaire.

 

En finalité de ces discussions, le gouvernement d’Israël apporte son appui illimité à l’offensive diplomatique US en vue de l’adoption du quatrième train de sanctions, même s’il ne croit pas en la possibilité qu’elles parviennent à dissuader Téhéran de construire sa Bombe.

 

On peut dire que les experts israéliens ont été satisfaits du dialogue entre militaires. « Il a eu lieu entre gens sensés, parfaitement au courant de l’échéancier du projet perse et des conséquences qu’auraient sur le monde un Iran atomique », m’a confié ce matin l’une des éminences grises du ministère de la Défense.

 

Car ni nos experts, ni nos politiques n’accordent un grand crédit à l’administration Obama. Encore, emploie-je ici un euphémisme.

 

Parce que pendant que l’on parlait très sérieusement, dans les entrailles du Q.G des forces armées d’Israël, Hillary Clinton, envoyée par son président calmer les inquiétudes des Arabes à Doha, faisait des déclarations publiques dissonantes.

 

Ainsi, devant des leaders angoissés par le début officiel du sur-enrichissement de l’uranium décrété par Ahmadinejad, et face aux hésitations de l’administration US, la Secrétaire d’Etat n’a pas trouvé mieux que de proposer aux voisins immédiats de l’Iran, inquiets des plans de cet Etat, « de se fier au parapluie américain ».

 

Déclaration que les observateurs se sont empressés de traduire par : les Etats-Unis n’ont pas l’intention d’intervenir pour empêcher l’Iran de devenir une puissance nucléaire, à part en plaçant des missiles antimissiles sur le pourtour de la « République » islamique.

 

Interprétation qui conduit plus d’un d’entre nos collègues à la déduction selon laquelle le Président Obama s’est résigné à accepter que l’Iran devienne une puissance nucléaire.

 

Un sentiment désagréable, encore renforcé par les fuites sur les termes définissant le type de sanctions qui seraient adoptées en mars. Des sources officielles américaines et russes parlent de sanctions visant les gardiens de la Révolution mais épargnant les civils et l’économie iraniens.

 

Autour du Département d’Etat et de la Maison Blanche, on commence même à entendre une théorie abracadabrantesque selon laquelle le mal, à Téhéran, serait le fait unique des Pasdaran, qui imposeraient leur volonté au Guide suprême Khameneï, au parlement et à Ahmadinejad.

 

Notre lecture de la situation diffère nettement de ce raccourci effrayant de simplisme, puisque nous avons de bonnes raisons de croire que les Pasdaran sont les SA de la dictature théocratique, et qu’ils répondent fidèlement à ses ordres.

 

De plus, comment choisir des sanctions qui ne frapperaient que les Pasdaran ? Vous parlez des sanctions déterminantes, qu’ont évoquées Clinton et Obama… De l’application d’un embargo aux exportations d’or noir ?

 

Ce qui amène Emily Landau, membre de l’Institut National des Etudes attenantes à la Sécurité, dont nous apprécions les analyses, à se demander, dans Haaretz, si l’administration Obama n’est pas en train de se satisfaire d’une prise supplémentaire de sanctions dont elle sait qu’elles seront inefficaces. Pour pouvoir affirmer, ensuite, « vous voyez, nous avons essayé ».

 

Madame Landau rappelle qu’à fin septembre, Obama avait exprimé, avec force conviction, que la situation était sérieuse, et que si l’Iran ne modifiait pas son orientation, « il y aurait des conséquences ». Mais il n’y en a pas eu, observe la consœur.

 

Et en octobre, lorsque Téhéran reçut une extension de deux semaines pour accepter l’offre de l’AIEA, puis une autre, jusqu’à la fin de l’année, Hillary Clinton menaça que les Etats-Unis « n’attendraient pas indéfiniment ». « Et pourtant, les USA attendent », relève Emily Landau.

 

Qui exprime, avec bien d’autres analystes stratégiques, ce que nos lecteurs ont lu depuis un temps dans ces colonnes, à savoir l’absence totale de stratégie américaine pour des négociations décisives avec l’Iran.

 

Cette semaine, Binyamin Netanyahu s’est cependant rendu à Moscou, où il a rencontré le président Medvedev ainsi que le 1er ministre Poutine, afin de s’assurer que la Russie adopterait, sans se faire prier, l’étrange proposition de sanctions que prépare Barack Obama.

 

Même la Chine pourrait voter cette résolution, aux dernières nouvelles, ce qui n’a rien d’encourageant.

 

Ensuite, on verra. Avec beaucoup d’appréhension, nous regardons les leaders de la planète continuer à galvauder un temps précieux. Nous n’avons aucune confiance dans la résolution « anti-Pasdaran » en gestation. Et craignons de nous retrouver, en mai, avec moins de temps pour agir, toujours aussi seuls à l’instant décisif, et toujours en manque d’un chef lucide à la tête du monde libre.

 

La bonne nouvelle, c’est qu’Obama abat ainsi sa dernière carte diplomatique. Si cela produit les résultats escomptés, nous lui élèverons une statue sur la place centrale de Metula. Et si cela échoue, nous ferons comme si Obama n’existait pas. Car il est absolument exclu que les Israéliens confient toutes les clés de leur pérennité à des missiles antimissiles US qui n’ont encore jamais servi.

 

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