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Publié par Dreuz Info le 17 mars 2010

 

Jean Ferrat, poète et homme de coeur ( Par Rachel FRANCO )

 

J´ai lu vos commentaires sur l´article que j´ai mis en ligne hier soir. Je vous en remercie …et je voudrai poursuivre la réflexion que vous avez initiée  et vous dire :

 

Lequel d´entre nous n´a jamais fait d´erreur de jugement, ne s´est pas fourvoyé sans même s´en rendre compte dans des luttes qui semblaient si justes et qui se sont avérées être le lieu d´une manipulation honteuse?

 

Cela entache t-il la sincérité de l´élan de générosité qui nous a habité un instant?  

 

Nous avons chacun nos limites, une histoire qui nous est propre et comme l´a écrit l´un de vous,  » nos parts d´ombre « .

 

Jean Ferrat était un poète, un homme bon et généreux, porté vers l´Autre, nourri par des sentiments d´amour et de fraternité.

 

Ses sympathies étaient communistes ….et alors?

 

Son histoire personnelle, sa survie même comme enfant né d´un père juif, il la doit à des hommes communistes qui se sont engagés dans la lutte contre le nazisme.

 

Qu´il ait pu par la suite être mis à mal dans des positions contestables et qu´il n´ait pas toujours su se dédire avec force et brio est regrettable mais cela ne retire rien à l´homme qu´il a été.

 

Oui, ses chansons sont fortes et font rêver …et pleurer aussi, bien sûr!

 

Et moi je me demande :


Quand viendra le temps où nous saurons nous élever au dessus des clivages politiques dès lors que le cœur qui bat si fort en nous est bon et cherche le bien pour tous ?

 

On semble me faire le reproche d´utiliser le départ de Jean Ferrat à des fins politiques alors que ses opinions n´auraient pas été les miennes.

 

Je ne saurai dire quelles étaient les idées de Jean Ferrat sur la montée de l´Islam radical en France …Je n´en sais rien et là n´était pas mon propos, je le promets.

 

Mais puisque le sujet est posé, je souhaite vous mettre en ligne deux textes que j´ai reçu et qui me paraissent susceptibles d´apporter un  éclairage …enfin, à vous de voir.

 

Le premier texte est une lettre qui aurait été adressée par Jean Ferrat à Mouloud AOUNIT dans lequel il se désolidarise du MRAP dans la fameuse affaire des caricatures, et le deuxième texte est un hommage de Guy Milliere, que nous avons l´autorisation de reproduire librement et qui a été publié par la Metula News Agency, dont j´apprécie comme toujours les articles et le sérieux.

 

ET pour finir, je vous mets une chanson que je ne peux qu´aimer pour plein de bonnes raisons mais surtout parce qu´elle me touche là où je suis la plus fragile.

 

Merci encore de vos apports,

 

Rachel FRANCO

 

1 ) Lettre de Jean FERRAT au MRAP

 

 Cher Mouloud,

 

Je suis certainement un des plus anciens adhérents du MRAP mais c’est la première fois que je me demande si je ne vais pas être obligé de démissionner de l’association.

 

Déjà, dans l’affaire Papon je t’avais exprimé nettement mon désaccord avec la position que tu avais prise et s’il est vrai que tu avais reconnu ton erreur et t’en étais excusé ensuite publiquement il n’en reste pas moins que tu l’avais commise.

Pourquoi n’en serait-il pas de même aujourd’hui dans l’affaire des caricatures?

Non, contrairement à ce que tu déclares :

 

… »Le MRAP porte plainte contre le message raciste véhiculé par le dessin de « France Soir » qui assimile Mahomet donc tous les musulmans (c’est moi qui souligne) à des terroristes » ….Ce dessin pour moi, ne vise que ceux qui utilisent l’Islam à leurs fins politiques : …. »La bombe en forme de turban, ce sont les islamistes radicaux qui l’ont posée sur la tête de Mahomet* »…..

 

Je suis donc absolument opposé à la plainte déposée contre « France Soir » et, évidement contre celle envisagée contre « Charlie- Hebdo ».

 

Je trouve la position du MRAP extrêmement grave pour notre mouvement et au delà pour l’avenir de notre démocratie laïque.

 

Je me vois donc forcé de me désolidariser entièrement de cette position et de cette action et de le faire savoir publiquement.

A mon très grand regret.

 

Jean Ferrat.

 

2) Hommage de Guy Millière pour Metula News  Agency

Un marin ne tire pas sur un autre marin (info # 021603/10) [Hommage]


Par Guy Millière
© Metula News Agency


Je ne suis pas communiste. Je ne suis pas socialiste. Si on me parle d’amour, de fraternité, de liberté, de droits de l’homme, j’écoute, par contre, car j’ai toute ma vie tenté de donner de l’amour et de la fraternité. J’ai toujours défendu la liberté et les droits de l’homme.


Je parle de tout cela pour une raison précise : la disparition de Jean Ferrat m’a touché, profondément.


Tout en ne partageant aucune de ses options politiques et en pensant que sur ces plans, il se trompait, j’ai apprécié la limpide beauté de nombre de ses chansons non politiques, qui restent et resteront des classiques.

 

J’ai eu, à l’époque où j’ai travaillé dans le secteur artistique, l’occasion de rencontrer l’homme, et de discerner et ressentir chez lui de la bonté, et une bienveillance simple et ample. J’ai parlé avec lui, précisément, du communisme, et j’ai compris qu’il pouvait exister dans ses attaches des éléments se situant en deçà de la raison : avoir vu son père victime de l’antisémitisme et envoyé vers un camp d’extermination, avoir eu la vie sauve grâce à des communistes, avoir vécu tout cela lorsqu’on a onze ans à peine crée des blessures qui ne se referment jamais, et qu’on tente ensuite de recoudre comme on peut.


Longtemps avant de l’avoir rencontré et d’avoir conversé avec lui, je dois, qui plus est, à Jean Ferrat, d’avoir eu l’esprit ouvert sur les camps de concentration nazis. Je ne puis réécouter « Nuit et brouillard » sans émotion et sans que tous les souvenirs me reviennent.


Lorsque j’ai entendu la chanson pour la première fois, on ne parlait pas des camps nazis, de la déportation et d’Auschwitz ; la France gaulliste avait occulté, et reconstruit l’histoire.


Le texte énonce : « On me dit à présent que ces mots n’ont plus cours ». Deux décennies après la guerre, les mots n’avaient plus cours, effectivement : ils n’avaient, même, jamais eu vraiment cours, sinon de manière épiphénoménale.  


Près de cinq décennies plus tard, occultations et reconstructions de l’histoire continuent, même si, de temps à autre, un rappel des faits survient. Tel celui permis par le superbe film de Rose Bosch, La rafle, récemment sorti dans les salles de cinéma en France. Que certains critiques imbéciles ont méprisé en soulignant, par exemple, qu’on avait fait appel à dix mille figurants : pourquoi un tel nombre en effet (?!).


La chanson dit : « Je twisterais les mots s’il fallait les twister pour qu’un jour les enfants sachent qui vous étiez ». L’époque était au twist, et l’expression est datée, mais, alors que j’étais encore enfant, j’ai commencé à savoir, grâce à la chanson, et en l’écoutant à nouveau, je me répète à moi-même que le travail de la mémoire doit être effectué, inlassablement.


Après avoir entendu la chanson en 1964, à l’âge de quatorze ans, j’ai posé des questions à mon père. Il m’a parlé d’un camp, en Alsace, le Struthof, et il m’y a emmené.


Ensuite, j’ai lu, beaucoup. J’ai voyagé, beaucoup aussi. Toute une trajectoire, dont je parle dans un livre autobiographique à venir, s’est dessinée, qui m’a mené à la vigilance scrupuleuse face à toute forme de racisme et d’antisémitisme ; au respect de la connaissance, et, sur les routes du monde, vers les Etats-Unis, mais aussi vers le Proche-Orient, où, avant d’aller en Israël, je me suis rendu en Syrie, au Liban, dans des camps palestiniens. Où j’ai vu que la haine nazie à l’encontre des Juifs se perpétuait.


Et que nul ne s’indigne et ne clame qu’il n’y a aucun rapport ! La seule fois où on a osé me suggérer explicitement de lire Mein Kampf, c’était dans un camp palestinien, pas très loin de Beyrouth, en 1971.


Je ne sais quelles étaient les positions de Jean Ferrat sur le conflit israélo-arabe. Je n’ai jamais cherché à le savoir. J’aurais peut-être été déçu. Mais dans les substrats de ma mémoire, il y a toujours une chanson : « Vous étiez vingt et cent, vous étiez des milliers ». Il y a, au travers d’elle, le rappel du risque de l’oubli et de la nécessité de ne pas écrire pour passer le temps.


En réécoutant « Nuit et brouillard » – paroles et musique de Jean Tenenbaum, fils de Mnacha, jeune juif venu de la Russie des pogroms et que la France a ignominieusement livré aux nazis par l’intermédiaire zélé de la police dirigée par René Bousquet -, je sais ce que je dois à un homme qui n’est plus, mais qui restera dans les têtes et les cœurs de multitudes.


En écoutant quelques chefs d’œuvre comme « Un jour, un jour » ou « Aimer à perdre la raison », je sais aussi que l’art, quand il est grand, transcende tous les clivages et élève l’être humain.


Cet hommage est en reproduction et diffusion libres, en mentionnant le nom de l’auteur, le copyright de la Metula News
Agency et en respectant scrupuleusement la mise en page.

 

 

 3) Nuit et brouillard

http://www.youtube.com/watch?v=S6qv2ZAjpSs

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