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Publié par Dreuz Info le 25 mars 2010
  
  
  

  
  
  
Mai 68 était déjà pédocriminel
  
Michel Garroté
  
Mercredi 24 mars 2010 – 9 Nisan 5770
  
Selon le sociologue Massimo Introvigne, c’est la révolution culturelle des sixties qui est à l’origine des scandales pédophiles. Je précise quant à moi que cette révolution en est certes à l’origine. Mais je n’écris pas qu’elle en est responsable ou coupable. Ce serait trop facile. La révolution culturelle des sixties, c’est d’ailleurs le thème développé par Benoît XVI au
paragraphe N°4 de sa Lettre aux catholiques d’Irlande. Le sociologue Massimo Introvigne a particulièrement retenu ce paragraphe N°4 et il nous en livre une relecture sociologique. Pour lui, c’est donc, notamment, dans la révolution des sixties, qu’il faut chercher, l’origine, des abus sur enfants (il est vrai qu’à l’époque les meneurs baisaient les mineures et l’un d’entre eux est même devenu ministre de la cul-ture). Les sixties et ça c’est moi qui l’ajoute c’est à dire, pour les Français, Mai soixante-huit, bien que les événements de mai 1968, aient été en retard, sur les événements analogues survenus aux USA et en Allemagne quelques années auparavant.

Voici ce qu’en écrit
Massimo Introvigne (1)  :  « Il est évident que la Lettre aux catholiques de l’Irlande de Benoît XVI ne s’adresse pas aux sociologues. Benoît XVI parle d’une église blessée et désorientée par les nouvelles relatives aux prêtres pédophiles. Il dénonce d’une voix très forte les crimes monstrueux, la honte et le déshonneur, la violation de la dignité des victimes, le coup porté à l’Église à un degré que pas même des siècles de persécution ne sont parvenus à atteindre. Au nom de l’Eglise, Benoît XVI exprime ouvertement la honte et le remords.

Il aborde le problème du point de vue du droit canon, répétant avec force que c’est la non-application du droit canon, parfois même la non-application par des évêques, et non pas les normes du droit canon, comme une certaine presse laïque le prétend, qui a provoqué cette honte.-Benoît XVI – qui n’entend certainement pas prendre la place des sociologues – propose également une interprétation des racines d’un problème, qui n’est certes pas propre à l’Irlande ou à l’Église. Benoît XVI fait allusion aux dernières décennies et aux graves défis à la foi, découlant de la transformation et de la sécularisation rapides de la société. Il y a eu un changement social très rapide, qui a souvent eu des effets contraires à l’adhésion traditionnelle des personnes à l’égard de l’enseignement et des valeurs catholiques. Il y a eu une déchristianisation rapide de la société, et on a vu simultanément, y compris au sein de l’Eglise, la tendance, également de la part de prêtres et de religieux, à adopter des façons de penser et à considérer les réalités séculières sans référence suffisante à l’Evangile.

Le programme de renouveau proposé par le Concile Vatican II fut parfois mal interprété. Très souvent, les pratiques sacramentelles et de dévotion qui soutiennent de la foi et lui permettent de croître, comme la confession fréquente, la prière quotidienne et les retraites annuelles ont été négligées. C’est dans ce contexte général d’affaiblissement de la foi et de perte de respect pour l’Eglise et ses enseignements que nous devons essayer de comprendre le problème déconcertant des abus sexuels sur les enfants.

Dans le paragraphe N°4 de la Lettre aux catholiques de l’Irlande, Benoît XVI pénètre sur un terrain qui est aussi celui du sociologue et qui naturellement n’est pas séparé de façon rigide des autres éléments d’interprétation. Certes, les règles du droit canon ont été violées. Certes, la vie de piété des prêtres s’est affaiblie. Mais pourquoi, précisément, cela s’est-il passé ?  Quand ?

Revenant à des thèmes familiers de son magistère, Benoît XVI cite parmi les causes la mauvaise interprétation du Concile – ailleurs il a parlé d’une herméneutique de la discontinuité et de la rupture – et non les documents de Vatican II en eux-mêmes. Mais cette mauvaise interprétation elle-même a été possible dans un cadre général dont l’Eglise ne pouvait se tenir complètement à l’écart, et qui est aujourd’hui l’objet de longs débats. Benoît XVI entre ainsi dans le vaste débat qui est au cœur de la sociologie des religions contemporaines, celui sur la sécularisation.

Le débat a été particulièrement chaud à la fin du XXe siècle, mais ce débat est arrivé à un résultat partagé par la majorité des sociologues d’aujourd’hui. Les dimensions de la religion sont au nombre de trois :  les trois « B », en anglais « Believing » (croire), « Belonging » (appartenir) et « Behaving » (se comporter). La majorité des sociologues d’aujourd’hui est d’accord pour dire qu’il n’y a pas, en Occident, une sécularisation significative des croyances (believing). La grande majorité des personnes se déclarent encore croyantes. Malgré une propagande active, le nombre d’athées n’augmente pas.

Au contraire, il est clair pour tout le monde qu’il y a une ample sécularisation des comportements (behaving). Du divorce à l’avortement et à l’homosexualité, la société et les lois tiennent de moins en moins compte des préceptes des Eglises. Le débat reste vif sur la sécularisation des appartenances (belonging).

Dans plusieurs pays, le nombre de catholiques et de protestants pratiquants a diminué de façon particulièrement dramatique dans les cinquante dernières années. Les polémiques sur la notion de sécularisation s’étant atténuées, le débat s’est largement déplacé sur les causes et les dates de début du processus, avec un dialogue serré entre historiens et sociologues.

Plus d’une décennie de discussions a convaincu la plupart des savants qu’il s’agissait d’un processus graduel. Il y a eu une accélération dramatique de la sécularisation dans les années 1960 (sécularisation des comportements et des appartenances, mais pas des croyances). Ce que les Britanniques et les Américains appellent les sixties (et nous, en nous concentrant sur l’année emblématique, 1968, avec Mai 68) apparaît de plus en plus comme le moment d’un bouleversement profond des coutumes, avec des effets cruciaux et durables sur la religion.

Il y a eu du reste un Mai 68 dans la société. Et aussi un Mai 68 dans l’Eglise. Car justement, 1968 est l’année de la contestation contre l’encyclique Humanae Vitae de Paul VI, une contestation qui représente un point de non-retour dans la crise du principe de l’autorité dans l’Église catholique. On peut aussi se demander qui est venu en premier de la poule ou de l’œuf, à savoir si ce fut le soixante-huit dans la société qui a influencé celui dans l’Église, ou l’inverse.

Au début des années 1990, un théologien catholique écrivait que la révolution culturelle de 1968 ne fut pas un phénomène de choc qui s’était abattu contre l’Eglise de l’extérieur, mais avait été préparé et déclenché par les ferments post-conciliaires du catholicisme. Le processus de formation du terrorisme italien du début des années 70, dont le lien avec 1968 est à son tour décisif, reste incompréhensible si l’on fait abstraction la crise et des ferments internes au catholicisme post-conciliaire. Le théologien en question était le cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, dans son livre « Un tournant pour l’Europe ».

Mais, encore une fois, pourquoi les années 1960 ?  Sur le sujet, Hugh McLeod a publié (2007, Oxford University Press), un livre important intitulé « La crise religieuse des années 1960 » qui fait le point sur les discussions en cours. Deux thèses s’opposent. Celle de Alan Gilbert, selon laquelle ce qui a déterminé la révolution des années 60, ce fut le boom économique qui a généralisé le consumérisme et éloigné la population des églises. Et celle de Callum Brown pour qui le facteur décisif a été l’émancipation des femmes après la diffusion de l’idéologie féministe, du divorce, de la pilule contraceptive et de l’avortement.

Hugh McLeod pense qu’un seul facteur ne peut expliquer une révolution de cette ampleur. Cette révolution a à voir avec le boom économique et le féminisme, mais aussi avec des aspects plus strictement culturels, qu’ils soient extérieurs aux Eglises et aux communautés chrétiennes (la rencontre entre la psychanalyse et le marxisme) ou intérieurs (la nouvelle théologie). Benoît XVI dans sa Lettre aux catholiques d’Irlande se montre conscient qu’il y eut dans les années 1960, une révolution pas moins importante que la Réforme protestante ou la Révolution française, une révolution qui fut très rapide et qui a asséné un coup très dur à l’adhésion traditionnelle de la population à l’enseignement catholique et aux valeurs catholiques.

Le penseur catholique brésilien Plinio Corrêa de Oliveira parla à l’époque des sixties d’une quatrième Révolution, succédant à la Réforme, succédant à la Révolution française et succédant à la Révolution soviétique. Une révolution plus radicale que les précédentes, car capable de pénétrer in interiore homine (l’intériorité de l’homme) et capable de bouleverser non seulement le corps social, mais le corps humain. Dans l’Eglise catholique, la conscience immédiate de la portée de cette révolution ne fut pas suffisante. Au contraire, cette révolution contamina même – estime aujourd’hui Benoît XVI – des prêtres et des religieux, détermina des malentendus dans l’interprétation du Concile, provoqua une formation humaine, morale et spirituelle insuffisante dans les séminaires et les noviciats.

Dans ce climat, ce ne sont pas tous les prêtres, insuffisamment formés, ou infectés, par le climat consécutif aux années soixante, et pas même un pourcentage significatif d’entre eux, qui devinrent pédophile. Nous savons à partir des statistiques que le nombre réel de prêtres pédophiles est beaucoup moindre que celui proposé par certains médias. Pourtant, ce nombre n’est pas égal – comme nous le voudrions tous – à zéro, et justifie les mots sévères de Benoît XVI.

Cela dit, l’étude de la Quatrième Révolution des années 60, et l’étude de Mai 1968, sont cruciales ;  pour comprendre ce qui s’est passé depuis, y compris la pédophilie ;  et pour trouver de véritables remèdes. Si la révolution des années 60, à la différence des précédentes, est morale et spirituelle et touche l’intériorité de l’homme, alors ce n’est que par la restauration de la moralité, de la vie spirituelle et d’une vérité intégrale sur la personne humaine que pourront venir les remèdes (Note de Michel Garroté :  je doute que l’on restaure la moralité ;  je pense plutôt que l’adhésion libre à la foi et la vie intérieure, peuvent, dans un deuxième temps, restaurer la moralité). Mais pour cela, les sociologues, comme toujours, ne suffisent pas. Nous avons besoin de pères, de maîtres, d’éducateurs et de saints. Et nous avons tous un grand besoin du Pape. De ce Pape, qui, une fois encore – pour reprendre le titre de sa dernière encyclique – dit la vérité dans la charité et pratique la charité dans la vérité » (Fin des extraits adaptés de l’analyse de
Massimo Introvigne).

   

(1) Extraits adaptés : Michel Garroté. Traduction française :

http://benoit-et-moi.fr/2010-I/index.html.

  

  
  
  
  
  

 

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