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Publié par Dreuz Info le 4 avril 2010

Ce soir, le peuple juif sera encore en fête et je souhaiterai me pencher avec vous sur l’un des aspects particuliers de la  fête de la sortie du peuple juif de l’esclavage et pour ce faire, je me suis attachée à la traduction littérale du mot Pessah (le mot Pâques en hébreu qui peut se lire aussi La bouche parle)  et je me suis aidée de quelques enseignements des Sages d’Israël.

 

Ainsi, je pourrai associer à notre joie tous ceux qui  ont soif de spiritualité et souhaiteraient en savoir un peu plus.

 

 L’une des obligations de cette soirée unique pour le peuple juif est de raconter une histoire, celle de la sortie d’Egypte.

 

Mais il ne s’agit pas d’un monologue et pour que cette parole libère, cette histoire contée doit répondre à trois conditions essentielles ;

 

1)      L’histoire se structure sous forme de questions et réponses

2)      L’histoire est contée à un Autre

3)      Il faut dire quelles sont nos parts d’ombre afin d’espérer l’aboutissement de cette délivrance.

 

Qu’est ce à dire ?

 

1) Le jeu de la parole qui consiste à questionner pour entendre des réponses  est un lieu d’ouverture au-delà de soi.

 

Celui qui ne sait questionner vit sans perspectives, sans avenir possible et voit défiler sa vie dans la monotonie d’une existence sans sel.

 

En hébreu, le mot Goût est le même que celui qui veut dire Raison, Tâam comme pour signifier que celui qui ne sait donner un sens à sa vie, la voit se perdre dans l’informe et l’insipide.

 

La question agit donc comme un levier pour dépasser le monde de l’autosuffisance. Elle exprime à la fois un manque intérieur, un désir de compréhension de ce qui nous échappe, une reconnaissance de nos limites, un intérêt pour autre chose que notre égo.

 

Questionner, c’est reconnaître que mon intelligence est limitée, que je ne peux « attraper » le monde dans une vision explicative et logique.

 

Questionner, c’est reconnaître la part de mystère en l’homme.

 

Et savoir questionner, ne serait-ce pas en quelque sorte, se mettre en marche vers la réponse. Mais s’agissant d’une parole qui libère puisque Pé Sah est une parole libératrice, il faut se demander aussi :

 

Y a-t-il une seule ou plusieurs réponses ?

 

Quand peut-on considérer que nous quittons le dogme pour naître à la liberté ?

A quelles conditions la réponse est-elle effectivement le creuset d’une libération de soi ?

 

Vous savez sans doute que la Pâques juive est la fête du Passage, du grand Saut qui consiste à quitter le monde de l’esclavage et de nos étroitesses individuelles et familiales pour naître en tant que peuple/nation dans le désert du Sinaï.

 

Et en ce sens précis, le passage est aussi celui de l’individuel au collectif et de la singularité à l’universel.

 

Or justement ce passage, mise en retrait du Moi peut et selon moi doit s’entendre comme un lieu d’accueil d’une Parole autre, celle qui s’est offerte à la vue au pied de la montagne du Sinaï…….. En quelque sorte un tsimtsoum à l’échelle  humaine.

 

Oser la question est déjà en soi un mouvement de liberté ….Il n’est qu’à regarder ce qui se passe dans les états totalitaires pour mesurer en quoi la nature du silence que l’on impose est déjà enfermement dans une prison intérieure.

 

Il n’est qu’à regarder  le silence prudent de nos démocraties devant les violations des droits de l’Homme dans les pays amis ou dans ceux dont on redoute la fin des marchés économiques juteux, pour mesurer la part de liberté qu’il reste à nos dirigeants.

 

Il n’est qu’à repérer le silence gêné devant l’antisémitisme galopant pour se rendre à l’évidence : il s’agit ni plus ni moins d’une capitulation devant la haine.

 

Oui, il faut oser dire, oser les questions, interroger les silences et poser une parole de liberté qui dérange.

 

La langue hébraïque a ceci de particulier qu’elle se présente comme une langue symbolique par excellence et qu’elle s’offre aux libres interprétations de ses commentateurs.

 

Des milliers de pages d’interprétation ont été écrites sur les textes sacrés parce que l’hébreu est une langue infinie; Je ne puis aujourd’hui entrer dans ce sujet, mais j’y viendrai et je vous en parlerai.

 

Bien que je ne sois nullement une spécialiste de l’Islam, j’ai lu bien des fois que le Coran en revanche, ne permet nulle interprétation. Je précise ce point car il me paraît que  ceci explique sans doute aussi cela, à savoir que l’univers mental musulman ne permettrait pas l’échange et l’accueil de l’altérité. Je ne demande qu’à être convaincue du contraire.

 

Dans le judaïsme, il y a donc plusieurs réponses individuelles possibles mais il y a une réponse universelle. Qu’est-ce à dire ?

 

Il y a une réponse susceptible elle-même de 70 autres interprétations.

Et accepter qu’une autre parole soit possible est comme recréer un espace de liberté où  le dogme n’a plus lieu d’être.

 

La parole humaine est double. Elle est à la fois ce que j en fais au jour le jour soit une langue pauvrement mais nécessairement utilitaire et elle est aussi empreinte du Sacré pour peu que je lui restitue sa dimension divine.

 

Or cette Parole divine est en quelque sorte enfouie dans notre intériorité la plus secrète et elle ne prend son envol que si elle est formulée par la conscience humaine.

 

Ceci est l’un des merveilleux secrets de la Bouche qui parle, qui libère à l’occasion du récit de la sortie d’Egypte.

 

2) L’histoire doit être contée à un Autre, en se rattachant à sa Source car dit le Maharal de Prague, la Parole est une invitation à créer un lien avec le Divin.

 

Toute parole est d’origine divine ….j’essaye de ne jamais l’oublier.

 

Et à cet instant, et dans ces temps où justement les mots sont salis, dénaturés pour réveiller la haine contre mon peuple et mon pays,

 

Dans ces temps où les terroristes se jouent des bons sentiments des nations prêtent à rejeter sur mon peuple les malheurs de toute la planète,

 

Dans ces instants terribles où  une presse choisit  avec perversion pour ses titres d’actualité, les mots qui insidieusement diffusent des messages de condamnation de mon pays alors que celui-ci tente de défendre ses citoyens vivant sous les pluies de roquettes lancées depuis Gaza par une organisation terroriste qui assassine allègrement ses propres frères d’armes,

 

Dans ces instants, disais-je, je me souviens de cette Parole qui me libère parce qu’elle interroge, s’adresse à l’Autre qui l’entend  et que la réponse peut être plurielle.

 

3) Enfin il faut oser dire les mots qui montrent nos parts d’ombre. Nous avons été esclaves en pays d’Egypte et nous avons été aussi des idolâtres. Notre parole était alors prisonnière aussi d’une idéologie ambiante.

 

Comment grandir sans reconnaître nos erreurs et nos enfermements ? Comment mettre à jour les ténèbres en nous si le silence les refoule ?

 

Oui la parole est libératrice si telle la bougie cherchant les miettes de pain dans les recoins de nos domiciles, elle permet aussi de mettre à jour le levain d’un égo qui se cache dans les recoins de notre âme.

 

Je vais arrêter là non sans dire  que je me nourris chaque jour d’études et de cours audio sur les textes hébreux et que pour ce texte en particulier, je me suis aidée du cours du Rav Sadin.

 

Je pense être fidèle à l’ensemble des textes que j’ai étudié sur ce sujet.

 

Bonnes fêtes à tous et bonne semaine à tous nos lecteurs,

 

Rachel Franco

Le 4 Avril 2010-04-04

Israël  

  

 

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