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Publié par Dreuz Info le 28 avril 2010

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C’est l’histoire de la lettre d’une déportée, censurée par la mairie de Parthenay dans les Deux Sèvres.

   

Je ne sais pas ce qui est le pire. La censure, l’indifférence à la censure, la vile lâcheté de celui qui ne veut pas être dérangé. L’antisémitisme. Tout se croise, tout se rejoint.

   

Ida Grinspan a 14 ans. Elle est juive. La France est en plein nettoyage ethnique. On est en 1944. Le 30 janvier 1944 exactement. Ce jour là, trois gendarmes français viennent l’arrêter, là où elle se cache à la campagne. Elle est née en 1929 à Paris dans le 12e arrondissement. Comme ma mère. Direction Auschwitz, ou elle arrive le 13 février 1944. La Société Nationale des Chemins de Fer Français, la SNCF, est efficace.

  

« J’avais 14 ans mais j’ai eu énormément de chance. Je faisais plus que mon âge et le SS n’a pas remarqué que je n’avais pas l’âge. Je suis rentrée dans le camp par miracle, car les enfants n’étaient pas admis à Auschwitz. Je suis restée 11 mois à Birkenau- Auschwitz. Nous avons été évacués le 18 janvier 1945. J’ai fait la fameuse marche de la mort pendant trois jours et trois nuits » (la « marche de la mort » fut le nom donné à la marche forcée des prisonniers libérés à la hâte pour ne pas laisser de trace, dans des conditions hivernales extrêmement dures. Les SS abattaient comme des chiens ceux qui ne pouvaient plus marcher. Des milliers de prisonniers moururent. De froid. De faim. D’épuisement. Et abattus par les SS)

   

« Je suis repartie ensuite au camp de Neustadt ou je suis tombée très malade. J’ai attrapé le typhus. Mais ce n’était plus un camp d’extermination comme Auschwitz. C’était un camp de concentration qui n’avait pas de chambres à gaz. On avait des camarades qui partaient à l’infirmerie, elles sentaient qu’elles n’allaient pas revenir, elles nous disaient : « surtout si vous revenez, faudra leur dire. On vous croira pas mais faudra leur dire ». Leur hantise c’était que le monde ne sache pas ce qui s’était passée.

   

« Il m’a fallu 18 mois pour guérir. Je suis revenue à Paris, j’avais presque 17 ans. J’ai retrouvé mon frère qui n’avait pas été déporté. Mes deux parents sont morts à Auschwitz. »

    

Le 22 avril 2010, les élèves de Parthenay devaient lire la lettre, écrite par une vieille Ida Grinspan dont le regard se perd dans le vide, et qui raconte le sort d’une petite juive française de 14 ans déportée dans l’indifférence de nombreux français, par des gendarmes français, par la SNCF française, par des fonctionnaires français, par la France, en 1944.

   

Mais en 2010 la France n’a pas encore dit son dernier mot.

    

Car Michel Birault, l’adjoint aux affaires patriotiques (sic) de la ville de Parthenay, ancien gendarme, n’aime pas cette lettre. Elle le heurte.

    

Oh ce n’est pas la déportation de cette fillette de 14 ans, heureuse et insouciante, prête à vivre son adolescence, le plus bel âge de la vie, qui le gêne. Ni qu’à l’âge de 17 ans, après trois ans de camps, elle soit revenue de la mort pour encore endurer la disparition de ceux qu’on appelle encore à cet âge mon papa et ma maman.

    

Nooooon.

    

Ce qui heurte Michel Birault, c’est que dans sa lettre, Ida Grinspan parle de « trois gendarmes français qui sont venus la chercher ». Il exige qu’on remplace « gendarmes » par « hommes », ce qui sera fait.

    

Mais la France n’a toujours pas dit son dernier mot.

     

La lettre est apportée ensuite au sire Xavier Argenton, maire de Parthenay de son état, qui refuse catégoriquement sa lecture. «Ne stigmatisons pas une catégorie professionnelle qui dans ces temps troubles avait obéi aux ordres de l’autorité légitime», cette lettre «n’est pas de nature à apaiser les ressentiments à une époque où le repentir est malheureusement mis en exergue».

  

Ainsi la France de 2010 refuse toujours de regarder son passé en face.

   

Peu de choses séparent ces deux fonctionnaires de l’état français, Michel Birault et Xavier Argenton, de ces autres fonctionnaires, gendarmes, cheminots et agents de la SNCF, supérieurs hiérarchiques qui donnaient le coup de tampon et signaient les courriers administratifs, les ordres d’obéir. La censure, l’indifférence à la censure, la vile lâcheté de celui qui ne veut pas être dérangé. L’antisémitisme. Tout se croise, tout se rejoint.

   

Avec tout le raffut que la lettre de Ida Grinspan aura déclenché dans la calme ville de Parthenay, je me demande ce qui occupe les pensées de Xavier Argenton, maire de son état, et Michel Birault et d’autres encore. « C’est toujours la faute aux juifs » ?

  

  

  

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