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Publié par Dreuz Info le 2 mai 2010

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Comme souvent, la clarté de la vision des américains, dégagés des pollutions de la pensée unique que nous subissons tous plus ou moins selon les périodes de nos vies, selon les sujets, selon l’état de nos auto-défenses,  apporte une grande bouffée d’air libre au débat.


D’une brillante démonstration dont la simplicité flirte avec le bon sens, l’article que Daniel Pipes m’a autorisé à traduire, adapter et publier pour vous chers lecteurs de Drzz.info dénonce tout autant les faiblesses du gouvernement israélien – que je ne cesse de dénoncer moi même, et l’égarement de nos esprits européens.

 

 

Un « must read » en ce jour ou des lavettes de JCall veulent encore rejeter la faute sur Israël. Un « must read » qui rappelle la vraie nature de l’homme, dont l’ignorance mène à la perdition.

 

Un « must read » encore car il éclaire en filigrane les rapports de force de l’islam montante qui conquiert doucement l’Europe.


 

Mon plan de Paix : la victoire d’Israël, par Daniel Pipes.

Traduit et adapté de l’Anglais par Jean-Patrick Grumberg, avec l’aimable autorisation de Daniel Pipes.


 

barakCe mois ci, le ministre de la défense israélienne Ehud Barak a déclaré qu’Israël doit se retirer des territoires palestiniens. « Le monde n’est pas décidé à accepter – et ça ne va pas changer en 2010 – qu’Israël règne sur un autre peuple pendant encore quelques décades », a-t-il dit. « C’est quelque chose qui n’existe nulle par dans le monde »


Est-ce qu’il a raison ? Est-ce que la paix est même possible ? Et si oui, à quoi devrait ressembler un futur accord ?


Ce sont là les questions que nous avons posé aux rédacteurs du National Post dans notre série « quel est votre plan de paix ? »


 

Le mien est simple : Israël doit vaincre ses ennemis.

 


Seule la victoire créé les conditions qui mène à la paix. La guerre s’arrête, comme le confirme l’histoire, quand un de deux camps accepte sa défaite et que l’autre gagne. Ca semble tomber sous le sens. Et c’est vrai à moins que les deux camps cherchent toujours à atteindre leurs ambitions, que les combats continuent, ou qu’ils risquent de reprendre.

 

 

Atteindre la victoire n’est pas exactement quelque chose de nouveau. Sun Tzu, l’ancien stratège Chinois, conseillait, lors des guerres, « faites de la victoire votre but ultime ». Raimondo Montecuccoli, un Autrichien du dix neuvième siècle, disait que « le but de la guerre est la victoire ». Carl Von Clausewitz, un Prussien du dix neuvième siècle, ajoutait que « la guerre est un acte de violence dont le but est de forcer l’ennemi à se plier à notre volonté ». Winston Churchill dit au peuple britannique : « Vous vous demandez quel est notre but ? Je peux vous répondre en un mot : la victoire. La victoire à tout prix. La victoire pour ne pas avoir la terreur. La victoire, aussi longtemps et difficile que sera la route pour l’atteindre. ». Dwight D. Eisenhower observait que « en temps de guerre, rien ne remplace la victoire ». Ces concepts hérités du passé valent toujours, et quels que soient les progrès de l’armement, la nature de l’homme reste la même.

 

 

La victoire veut dire : imposer sa volonté à l’ennemi, le contraindre à abandonner ses buts guerriers. Les Allemands, forcés de se rendre à la fin de la première guerre mondiale, avaient gardé pour objectif de dominer l’Europe, et quelques années plus tard, ils se sont tournés vers Hitler pour atteindre leur but. Signer des papiers ne vaut que si l’un des camps à jeté l’éponge. La guerre du Vietnam s’est théoriquement terminée par des accords diplomatiques en 1973, mais les deux camps rivaux ont continué les agressions jusqu’à ce que le Nord emporte la victoire ultime en 1975.

 

 

La volonté est la clef de tout. Abattre des avions, détruire des tanks, épuiser toutes ses munitions, repousser l’ennemi et saisir ses terres ne sont pas décisifs en soi, ils doivent être accompagnés d’un écroulement psychologique. La chute de la Corée du Nord en 1953, celle de Saddam Hussein en 1991, et des Irakiens Sunnites en 2003 n’ont pas anéanti leurs espoirs. A l’Inverse, les Français ont abandonné l’Algérie en 1962, bien qu’ils dominaient l’ennemi, tout comme les Américains au Vietnam en 1975 et les Soviétiques en Afghanistan en 1989. La guerre froide s’est terminée sans aucun mort. Dans tous ces cas, les vaincus ont conservé un arsenal important, leur armée, et leur économie fonctionnait toujours. Mais ils n’avaient plus la volonté de continuer.

 

 

De la même façon, le conflit Arabo Israélien ne sera réglé que lorsqu’un des deux camps se rendra.

 

 

Jusqu’à présent, guerre après guerre, les deux camps ont conservé leurs objectifs. Israël se bat pour se faire accepter par ses ennemis, tandis que ses ennemis se battent pour éliminer Israël. Ces buts sont absolus, contradictoires, et n’ont pas changé. Accepter Israël ou l’éliminer sont les deux seuls états possibles de la paix. Chaque observateur doit choisir l’une ou l’autre solution. Toute personne civilisée veut qu’Israël gagne, parce le but d’Israël est de se défendre, et parce qu’il veut protéger l’existence de ce pays fleurissant. L’objectif de ses ennemis, sa destruction, est pure barbarie.

 

 

UN-conseil-de-securite.jpgDepuis plus de soixante ans, le rejectionisme Arabe, récemment rejoint par l’Iran et les gauchistes, a tenté d’éliminer Israël en utilisant de multiples stratégies. Ils ont tout fait pour la délégitimer, pour l’étouffer démographiquement, pour l’isoler économiquement, pour détruire ses défenses par les voies diplomatiques, et aussi par la guerre conventionnelle. Ils ont tenté de démoraliser Israël par la terreur, ont menacé de la détruire par l’emploi d’Armes de Destructions Massives. En poursuivant leur but avec énergie et courage, les ennemis d’Israël ont même remporté quelques succès.

 

 

Ironiquement, tandis qu’il repoussait ces attaques incessantes, Israël a perdu peu à peu de vue l’impératif de vaincre. La droite a développé des plans toujours plus fins pour atteindre la victoire, le centre a tenté l’apaisement et les démarches unilatérales, et la gauche s’est vautrée dans la culpabilité et l’auto flagellation. Très peu d’israéliens comprennent les risques d’une victoire non définitive, l’hésitation à écraser la volonté de l’ennemi, de le forcer à accepter la permanence de l’Etat Hébreu.

 

 

Heureusement pour elle, Israël n’a que les palestiniens à vaincre, et pas l’intégralité du monde arabe et musulman, lequel reconnaîtra Israël quand les palestiniens la reconnaîtront. Heureusement encore, bien que les palestiniens se sont construit une exceptionnelle réputation d’endurance, ils peuvent être battus. Si les Allemands et les Japonais ont pu être contraints à capituler en 1945, et les Américains en 1975, comment les palestiniens ne le pourraient ils pas ?

 

 

Bien sûr, Israël a des obstacles à franchir pour atteindre la victoire. Elle est étranglée par les attentes internationales (le Conseil de Sécurité de l’ONU, par exemple) et plus particulièrement par les demandes de son principal allié, le gouvernement des États-Unis. Par conséquent, pour que Jérusalem remporte la victoire, il faut que les Etats Unis et l’Ouest changent de politique. Ces gouvernements devraient imposer à Israël d’aller à la victoire, en convainquant les palestiniens qu’ils ont perdu.

 

Cela signifie d’inverser la perception de faiblesse d’Israël, qui a grandi pendant les négociations autour des accords d’Oslo (1993-2000), puis après le double retrait du Liban et de Gaza (2000-2005). Jérusalem donnait l’impression d’avoir retrouvé sa force pendant les trois premières années de pouvoir d’Ariel Sharon, de 2001 à 2003, et sa fermeté s’est traduite par de réels progrès dans les efforts de guerre israéliens. Ce n’est qu’en 2004, lorsqu’il était clair que Sharon voulait vraiment se retirer unilatéralement de Gaza, que le moral des palestiniens s’est retourné, et qu’Israël a cessé de gagner. Le catastrophique ministère d’Ehud Olmert n’a que partiellement été corrigé par Netanyahu depuis l’année dernière.

 

 

Ironiquement, une victoire israélienne apporterait un plus grand avantage aux palestiniens qu’à Israël. Les israéliens se débarrasseraient évidemment d’une guerre atavique, mais le pays fonctionne, et c’est une démocratie moderne. Pour les palestiniens, en revanche, l’abandon fétide de leur désir d’éliminer leur voisin leur offrira enfin la chance de cultiver leur terre illégitime, de développer leur système politique, leur société, leur économie et leur culture profondément déficients.

 

 

Par conséquent mon plan de paix a la double vertu de mettre fin à la guerre, et d’apporter des avantages exceptionnels aux deux parties.

 

 

 

Mr Pipe est directeur du Middle East Forum (Forum du Moyen Orient), et chercheur émérite, invité du Hoover Institute de l’Université de Stanford.

Traduit et adapté de l’Anglais par Jean-Patrick Grumberg, avec l’aimable autorisation de Daniel Pipes.

 

Reproduction et diffusion autorisées à condition que le texte soit repris dans son intégralité, avec la mention complète du nom de l’auteur et du traducteur, la date, le lieu de publication, et les liens vers les documents originaux


http://www.danielpipes.org/8309/my-peace-plan-an-israeli-victory

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