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Publié par Guy Millière le 1 juin 2010

 

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Paul Giniewski, dont j’ai évoqué les précédents livres en divers articles, et qui est l’un des analystes les plus lucides de l’antisémitisme contemporain et de la diabolisation subie par Israël, vient de publier un nouveau livre remarquable de rigueur et de pertinence. Il y décrit les mécanismes et les engrenages d’une « mystification » survenue en 1983, mais qui, par son fonctionnement, reste d’une actualité brûlante.

 

De quoi s’agit-il ? De l’ « empoisonnement » d’écolières palestiniennes par Israël. Cet « empoisonnement », bien sûr, n‘a jamais existé. Des enquêtes ont apporté toutes les démonstrations requises. Néanmoins, la grande presse et les médias occidentaux ont relayé amplement la rumeur, chanté l’air de la calomnie sur tous les tons, et, lorsque les réfutations sont venues, ont adopté une attitude qu’on peut, au mieux, qualifier de silence complice. La complicité a été aussi, cela va de soi, celles Nations Unies qui, dit Giniewski en citant Abba Eban, étaient déjà, à l’époque, « prêtes à voter n’importe quelle résolution, y compris décidant que la terre n‘est pas ronde, pourvu qu’elle fut conforme aux désirs et aux intérêts des Etats arabes ».

 

D’autres mystifications du même genre n’ont cessé de voir le jour jusqu’à présent : pseudo massacres de Jénine, pseudo mort du petit Mohamed al Dura ou, plus récemment, « massacres » de civils lors de l’intervention israélienne cotre le Hamas à Gaza. Des falsifications qu’on peut classer dans la même rubrique avaient eu lieu dès 1982, concernant les massacres de Sabra et Chatila par rapport auxquels il s’agissait d’ « accréditer l’idée d’une responsabilité israélienne dans les crimes des Phalangistes chrétiens ». A chaque fois, tout s’est passé de la même façon. Jusqu’au bout.

 

Comme l’écrit Paul Giniewski, « pour justifier l’agression contre les Juifs, on les accuse de crimes qu’ils n’ont pas commis ». On peut même les accuser de « crimes qu’on commet contre eux ». Et il poursuit : « il existe une capacité et une propension pratiquement illimitée des médias et des opinions publiques à accepter n’importe quelle incitation antisémite et anti-israélienne ». L’humanité est « intoxiquée depuis des décennies par cette propagande », et elle dispose de « moyens infiniment supérieurs à ceux dont disposait l’Allemagne hitlérienne ».

 

Les résultats sont, à chaque instant, sous nos yeux : une atmosphère de plus en plus nauséabonde, pétrie de haines irrationnelles, mais soigneusement cultivées. Jusque par ceux qui, çà et là, parlent d’un processus de paix qui n’a jamais été autre chose que le véhicule d’appétits de destruction génocidaire : ceux qui en parlent, dit Paul Giniewski, éludent sans cesse « la cause spécifique et simple de l’affrontement » : « le refus arabe de l’existence d’un Etat juif ».

 

Quiconque s’aveugle, conclut Paul Giniewski, ne doit pas oublier : ce qui monte et qu’on laisse monter dans l’air du temps « représente un grand danger », « les antisémites, les antisionistes », « ceux qui tolèrent des doctrines, souscrivent à des actions dirigées cotre les Juifs », ne s’aperçoivent pas ou souvent trop tard, que ce ne sont pas seulement les Juifs qui sont visés, ou les Israéliens, mais « toute l’humanité ».

 

Que faire dès lors ? Paul Giniewski n’apporte pas de réponse. Il cite, seulement, un apologue arabe : Quand on demanda à Pharaon qui l’avait fait Pharaon, il répondit Personne ne m’a empêché de devenir Pharaon ». 

 

Et il ajoute : « Quand le monde comprendra-t-il où son inaction conduit ? ». Je pourrais reprendre la question à mon compte : quand ?

 

Guy Millière

 

Paul Giniewski, Une affaire de poisons. Enquête sur une mystification anti-israélienne, L’à part de l’esprit, 2010, 238p., 18€

 

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