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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 13 juin 2010

 

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Le 9 juin dernier, Michel Garroté, notre rédacteur en chef, publiait un article intitulé  Tiens, voilà du Boutin ! ou il dénonçait le gaspillage de votre argent, sans votre consentement, pour une mission de réflexion sur la mondialisation, autrement dit, Christine était chargée de surfer sur le net, se taper quelques dossiers, et rencontrer quelques personnalités bien pensantes lors de dîner mondains, toujours à vos frais.


Je ne sais pas si la vidéo en fin de l’article est un gag ou une réalité. C’en est d’ailleurs que plus triste. On y voit un économiste chinois, Kuing Yamang, livrer à la chaîne CCTV sa vision de l’économie de la France et de l’Europe en général, vision cruellement mise en lumière par ce trésor de Christine Boutin.


Pression médiatique, ordres du chef, ou bons conseils de son service de communication, Christine a jeté l’éponge et tiré un trait sur ses 9500 euros de salaire.

 

On pourrait être tenté, comme le fit la presse servile et/ou lobotomisée, de conclure que tout est rentré dans l’ordre, que tout fini bien, et que Christine Boutin a finalement fait preuve de bon sens, de mesure et de sens civique en ces périodes difficiles.

 

Tellement habitués que nous sommes à ces méprisantes dépenses de l’état, que dis-je, à ces honteux gaspillages de l’état, qu’on en viendrait presque à oublier l’essentiel.

 

Car ce n’est pas tant les 19.000 euros mensuels de Boutin (désolé de mettre les points sur les i, mais le chiffre de 9500 euros annoncé est une manipulation des chiffres, car le coût réel mensuel du salaire de Mme Boutin doit tenir compte, tout chef d’entreprise le sait, du montant des charges sociales obligatoires, soit à quelques euros près, le double du salaire net), ce n’est pas tant, disais je, le salaire qui pose problème, mais, comme le rappelle Mme Boutin sur le plateau de France 2 : « il y a beaucoup de gens qui sont dans cette situation et qui vont aujourd’hui ou demain être confrontés au même problème » (le problème, rappelons le, c’est de payer une dame 19.000 euros, de lui louer bureau, voiture, personnel, chauffeur, pour rendre un rapport dont, passez moi le mot, on se tape le coquillard). Dont acte : il y a beaucoup de gens dans cette situation. Combien de Christine Boutin mangent au même râtelier ?

 

Là ne s’arrête pas le scandale. Le scandale, c’est que quelqu’un, Sarkozy ou un de ses conseillers, a pris la décision de signer les chèques, alors que de l’autre main il se gratte la tête pour se demander comment il va faire des économies et réduire la dette.

 

Le scandale, c’est aussi que Mme Boutin est un Iceberg.

 

Ne déclare t-elle pas elle-même au Figaro, le 10 juin1, qu’elle « conservera ses collaborateurs (au nombre de trois) pour sa mission, rémunérés, selon la Charente Libre, 6.000, 5.000 et 4.700 euros nets par mois. Le 1er juillet prochain, un 4ème collaborateur rémunéré 6.000 euros devrait par ailleurs venir renforcer l’équipe. » 

 

Faisons les comptes.

 

  • 4 collaborateurs : 21.700 euros. Charges sociales : environ 21.000 euros. Total mensuel : 42.000 euros. Montant annuel : 504.000 euros.
    Ajoutons à cela la location des bureaux dans le 15
    e pour elle et ses 4 collaborateurs : 3000 euros par mois (
    (pap.fr). Montant annuel : 36.000 euros.
    Ordinateurs, téléphones, fax, copieurs, centrale téléphonique, mobilier de bureau, avec entretien : 2000 euros par mois : 24.000 euros par an.
    Repas « d’affaire » : 2000 euros par mois : 24.000 euros par an.
  •  

On frise les 600.000 euros pour une année complète, et j’en oublie certainement.

 

 

Combien de gens sont-ils dans la situation de Christine Boutin selon son propre aveu ? 100 ?  1000 ?

 

Songez : s’il n’y a « que » cent personnes, c’est un budget de 60 millions d’euros –auquel il faut ajouter le salaire des autres cent Christine Boutin, que je n’ai pas compté = 22.8 millions d’euros.

 

Soit un total de près de 90 millions d’euros empruntés aux banques, puisque nous ne les avons pas, pour ensuite les balancer dans la nature chaque année pour des rapports.

 

 

En effet, Christine Boutin pouvait renoncer à ses 9500 euros pour endormir la foule. Dormez bonnes gens, tout va bien.

 

Et avait on vraiment besoin, dans une France au bord de la ruine financière, d’une étude sur la mondialisation à 600.000 euros – qui ne produira aucune richesse pour la France, qui n’aura aucune matérialisation, si ce n’est un dossier de 300 pages de plus sur le bureau déjà encombré de journalistes qui de toutes façons n’auront pas le temps de le lire, et qui se contenteront de reprendre les communiqués préparés par le service de presse de l’AFP et de Madame Boutin.


Jean-Patrick Grumberg

 

 

 

 

1 Le Figaro 10 juin 2010

 

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