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Publié par Guy Millière le 15 juin 2010

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Barack Obama est un homme dangereux. La cause est entendue pour tous ceux qui se sont un tant soit peu penché sur son passé. Ceux qui auraient des doutes à ce sujet pourront se reporter au livre que je publierai à la fin du mois d’août, et que j’ai appelé La résistible ascension de Barack Obama.

 

L’homme est un ancien agitateur social d’extrême-gauche, lié à des truands (Tony Rezko, Nadhmi Auchi), des islamistes (Khalid al Mansour, Rashid Khalidi), des financiers douteux (George Soros), des antisémites (Jeremiah Wright, Louis Farrakhan). Il s’est entouré de gens qui lui ressemblent. C’est, selon l’expression utilisée par Shelby Steele, chercheur à la Hoover Institution, dans son livre A Bound Man, un homme « tenu » par des secrets et des mensonges que ceux qui tirent les ficelles dans l’ombre pourraient révéler au grand jour s’il s’écartait trop de la ligne fixée. C’est un homme qui fait tout pour détraquer l’économie américaine, exacerber les déficits, créer un ordre international propice aux dictatures et à la destruction de la liberté.

 

C’est aussi un homme qui a atteint depuis longtemps, et largement dépassé, son seuil de compétence. Et c’est là que réside sans aucun doute son point faible.

 

Si, à l’échelle internationale, il est parvenu en assez peu de temps à isoler Israël, à faire remonter la haine anti-juive planétaire, et à permettre à l’Iran d’avancer de manière décisive vers ses sinistres ambitions, on ne peut dire qu’il ait réussi à susciter l’approbation du public américain sur ces divers points: une très large majorité d’Américains s’inquiètent au contraire, et commencent à se demander très sérieusement qui ils ont élu.

 

Si, en Europe continentale, l’accident pétrolier survenu dans le golfe du Mexique est encore présenté, conformément aux mots d’Obama, comme relevant de la responsabilité unique de British Petroleum, au Royaume-Uni, on commence à trouver qu’Obama, en traitant l’entreprise comme un bouc émissaire, en l’accablant et en l’accusant de tous les péchés du monde, en lui demandant de payer toujours plus, en l’acculant à la faillite, va décidément trop loin. Aux Etats-Unis, l’opinion en général, mais aussi un nombre croissant de politiciens, camp démocrate compris, et divers journalistes jusque là acquis à la cause du Président,  se détournent et font preuve de désillusion, voire d’indignation.

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Le fait est que, au cours des six semaines qui se sont écoulées depuis que la plateforme Deepwater Horizon a explosé, Barack Obama a adopté une attitude très curieuse. On pouvait s’attendre, vu qui il est, à ce qu’il incrimine une entreprise privée et à ce qu’il entende la laisser se débrouiller avec les difficultés : c’est ce qu’il a fait. On pouvait s’attendre à ce qu’il en profite pour prendre des décisions anti-économiques et anti-capitalistes, c’est ce qu’il a fait encore, en imposant un moratoire sur les forages en mer, en mettant ainsi des milliers d’employés américains de l’industrie pétrolière au chômage technique, et en relançant ses projets de limitation drastique des émissions de carbone. Mais on ne pouvait s’attendre vraiment à ce qu’il ne fasse strictement rien pour éviter la pollution, la mort d’animaux par milliers et la destruction d’espaces naturels protégés. On pouvait s’attendre moins encore à ce qu’il fasse moins que rien, car c’est de cela qu’il s’agit : la liste des moyens d’action américains ou internationaux qui auraient permis d’agir et qu’Obama a refusé de voir utilisés est longue, très longue, et publique aux Etats-Unis.

 

Aucun des produits dispersants, mangeurs de pétrole et dépolluants disponibles n’a été utilisé. La solution consistant à brûler le pétrole a été elle aussi écartée, même s’il semble qu’on envisage d’y revenir aujourd’hui, Des bateaux néerlandais équipés pour remédier à ce genre de situation ont été priés de rester aux Pays-Bas par lettre officielle adressée au gouvernement de La Haye. La construction de barrières de sable envisagée par le gouverneur de Louisiane, Bobby Jindall, n’a pu se faire, car les sommes et les moyens technologiques à mettre en œuvre sont restés bloqués sur décision de la Maison Blanche. La proposition de recours à une technique utilisée en 1993 par la firme Aramco au large de l’Arabie Saoudite, et disponible depuis Houston, a fait l’objet d’une stricte fin de non recevoir. En 1991, George Bush père avait fait appel immédiatement à la Red Adair Company pour remédier au sabotage des installations pétrolières koweitiennes par Saddam Hussein : il a fallu cinq semaines pour que le principal héritier de Red Adair, Pat Campbell, de Superior Energy Services, se voie demander d’évaluer la situation.

 

Certains, à Washington, prêtent au Président des arrières pensées cyniques et destructrices : « pourquoi laisser se produire des ravages qui auraient pu être évités, sinon parce qu’on veut les ravages », notait voici peu un intervenant sur le site townhall.com.   D’autres, plus nombreux, soulignent qu’avant de devenir Président, Obama n’avait jamais rien géré, pas même sa propre campagne électorale.

 

La chute dans les indices de confiance pour Obama et son administration est désormais telle que personne aujourd’hui ne serait prêt à parier une pièce d’un cent sur les chances de réélection de celui que les foules adulaient voici deux ans à peine.

 

Les midterm elections en novembre prochain s’annoncent difficiles, très difficiles pour les démocrates et devraient logiquement déboucher sur une défaite pour ceux-ci.

 

Les séquelles de ce qui se joue présentement n’en promettent pas moins d’être durables et douloureuses.

 

Le parti démocrate se retrouvera sans doute en minorité dans les deux chambres du Congrès dès le 2 novembre. Obama sera sans doute renvoyé vers sa jolie maison de Chicago dès l’automne 2012.

 

Un Iran nucléarisé changerait la donne au Proche-Orient pour bien plus longtemps.  Les dégâts créés par la pollution  dans les bayous au Sud de New Orleans, dans les Everglades au Sud de Miami, et, au delà, sur la côte Atlantique, pourraient être plus difficilement remédiables. 

 

J’ai, dans des articles précédents, parlé de désastre Obama : l’expression ne m’a jamais semblé à ce point appropriée.

 

Guy Millière

 

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