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Publié par Guy Millière le 22 juin 2010

frontière avec le Liban et les territoires du Hezbollah

 

 

J’ai décrit ici et dans d’autres articles la stratégie de l’administration Obama concernant le monde, le Proche-Orient et Israël. J’ai dit qu’il s’agissait d’une part d’affaiblir les Etats-Unis et d’en détruire la puissance, et c’est en cours. J’y reviendrai très prochainement, et j’en traite dans mon prochain livre. J’ai dit qu’il s’agissait, d’autre part, de nuire à Israël et de créer un monde plus sûr pour l’islam et les islamistes, et c’est en cours aussi. Le rapprochement entre la Turquie et l’Iran d’Ahmadinejad n’a pas été subi par l’administration Obama, mais voulu par elle, et accepté. Les opérations de harcèlement et d’agression contre Israël ont été elles aussi entérinées par l’administration Obama. La détérioration de l’image internationale d’Israël fait elle-même partie de la stratégie d’ensemble. Divers journalistes aux Etats-Unis, et des membres républicains du Congrès demandent, d’une manière de plus en plus explicite dans quel camp se situe Obama, et en posant la question, ils apportent la réponse, qui ne fait guère de doute. Si les Etats-Unis étaient une république bananière d’Amérique centrale, Obama pourrait se faire plus explicite. Les Etats-Unis étant une démocratie où sont censés exister des contre-pouvoirs, une presse libre et où la population est imprégnée de vigilance, il doit se faire plus prudent. Néanmoins, feindre la maladresse ou l’impuissance, simuler, mentir est un jeu complexe lorsqu’on est Président des Etats-Unis, et même si on est le meilleur disciple de Saul Alinsky, on ne peut, dans la durée, tromper tout le monde tout le temps. David Horowitz et Jacob Laskin publient dans la National Review en ce moment même un article détaillé analysant les rouages de la guerre d’Obama contre Israël(« Obama and the War Against Israel » ). Dans The American Thinker, James Lewis demande ce qu’Obama savait concernant l’opération de la flottille et concernant le fait qu’elle était l’un des éléments d’enclenchement d’une opération bien plus vaste qui pourrait s’achever par un conflit régional ressuscitant le vieux rêve islamique de destruction de l’Etat hébreu, et il énonce des éléments accablants : des gens qui sont proches d’Obama depuis longtemps ont participé à l’opération de la flottille : Bill Ayers et Bernardine Dohrn, anciens terroristes du Weather Underground, Jodie Evans dirigeante du groupe gauchiste Code Pink. Deux jours avant que le Mavi Marmara appareille, John Brennan, le « tsar de la lutte anti-terroriste » d’Obama donnait une conférence de presse au cours de laquelle il faisait l’éloge du djihad et parlait de Jérusalem comme d’al Quds, tout en citant de mémoire des passages entiers du Coran. Au même moment, Dalia Mogahed, conseillère du Président pour les affaires religieuses, et l’une des deux femmes voilées à travailler à la Maison Blanche (l’autre étant Ingrid Mattson, une convertie) faisait l’éloge de la sharia et de ses vertus pour l’humanité à la télévision britannique. Les services de renseignement américain savaient que le Mavi Marmara avait été affrété non pas par des organisations pacifistes, mais par l’IHH (İnsani Yardım Vakfı), organisation islamiste désormais considérée et définie comme organisation terroriste. Ils disposaient d’images diffusées depuis par Al Jazeera montrant des gens à bord du bateau chantant la joie de devenir « martyr », et scandant « Khaybar ! », en référence à un massacre de juifs commis au septième siècle dans la péninsule arabique.

 

Les faits sont très graves. James Lewis dit qu’une enquête devra avoir lieu. Des membres importants du parti Républicain ont dit hier que si la majorité changeait suite aux élections de mi-mandat le nouveau Congrès demanderait une intervention de la justice.

 

Pour l’heure, Obama a les mains libres. Après avoir laissé délibérément la catastrophe pétrolière du golfe du Mexique prendre de l’ampleur et créer des dégâts très graves et qui s’amplifient, après avoir comparé celle-ci aux attentats du onze septembre et avoir, donc, relativisé le terrorisme tout en accusant une entreprise privée d’être aussi coupable qu’al Qaida, il continue à souffler sur les braises d’une campagne de diabolisation d’Israël à laquelle il a participé. Les prochaines étapes se dessinent : des bateaux ont quitté l’Iran censés continuer la campagne du Mavi Marmara. D’autres devraient quitter le Liban devenu Hezbollahland. L’armée et le gouvernement israélien vont devoir réagir. L’Iran a menacé Israël d’escalade. Le gouvernement turc tient lui-même des propos menaçants. Le gouvernement Netanyahu a accepté, sous pression américaine, d’assouplir le blocus de Gaza, ouvrant ainsi la porte à l’émergence d’un Etat Hamas à Gaza. Cet Etat sera accueilli avec bienveillance à Washington et dans les capitales européennes. Comme l’écrit sur son blog Barry Rubin : « Un mini Etat islamiste révolutionnaire, un avant-poste du régime iranien, une base de dissémination du terrorisme et de la subversion, une source de propagande antisémite génocidaire a été créée sur les rives de la Méditerranée ».  Bien sûr, Obama et les dirigeants européens trouvent que les concessions du gouvernement Netanyahu sont insuffisantes. Ils trouveront que les concessions du gouvernement Netanyahu et de tout gouvernement israélien quel qu’il soit sont toujours insuffisantes, car leurs positions sont alignées sur celles de l’islam radical, qui ne veut rien moins que la disparition d’Israël.

 

Dans un texte récent publié  sur son excellent blog Sultanknish, Daniel Greenfield dit qu’Israël a la corde au cou et que le reste du monde, pour l’essentiel, serait soulagé si Israël, après avoir été condamné à mort, acceptait la sentence. Il ajoute qu’Israël n’aura, très vite, pas d’autre choix que de se battre pour survivre et de ne plus accepter la moindre concession. Trop de concessions ont d’ores et déjà été faites. Israël avait un ami lorsque George Walker Bush était à la Maison Blanche : au présent, Israël n’a plus d’ami sur la terre, tout au moins, plus de puissance amie. Les barbares et les assassins le savent. Ils savent qu’ils ont désormais, eux, un allié à la Maison Blanche et qu’ils en ont des centaines dans les salles de rédaction européennes. Ils savent que les dirigeants européens ont autant de consistance et de clairvoyance que des paillassons et ils en tirent les conséquences en s’essuyant les pieds dessus.


Le vrai visage du meilleur disciple de Saul Alinsky devient visible aux Etats-Unis, grâce à des gens tels que David Horowitz, Jacob Laskin, James Lewis, et d’autres, dont Genn Beck sur Foxnews. Il est encore à la Maison Blanche pour plus de deux années. Les élections de mi mandat ont lieu le 2 novembre. Je ne doute pas que l’intention du gouvernement Netanyahu soit de gagner du temps. Les ennemis d’Israël savent eux aussi que le temps est compté pour eux, et ils entendent créer l’irréversible avant l’échéance. Israël devra être fort, et impitoyable. Si les dirigeants israéliens fléchissent, ils doivent le savoir, les ennemis d’Israël ne fléchiront pas. Si les dirigeants israéliens espèrent s’attirer en quoi que ce soit la compassion des Européens, ils doivent le comprendre : l’Europe d’aujourd’hui n’aura jamais la moindre compassion pour Israël.


Guy Millière

 

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