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Publié par Guy Millière le 25 juin 2010

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Revenons un instant vers l’Europe. Lorsque l’euro a été créé, j’ai fait partie de ceux qui ont montré beaucoup de scepticisme sur ses chances de survie à moyen terme. J’y voyais une forme de machine infernale constructiviste qui, comme toutes les machines infernales constructivistes, menaçait de créer des dysfonctionnements en chaîne. Mes analyses rejoignaient celles de divers économistes auprès de qui j’ai beaucoup appris, tels Milton Friedman. Je pensais aussi que, lorsque les dysfonctionnements deviendraient flagrants, les dirigeants de l’Europe useraient de tous les subterfuges imaginables aux fins de tenter de dissimuler le cataclysme en train de se produire.


Nous sommes arrivés au moment où les dysfonctionnements sont flagrants, et, comme c’était prévisible, les subterfuges ont fait leur apparition.


Tout a commencé, donc, avec la Grèce, ses comptes trafiqués, son endettement, et la découverte par les marchés financiers de ce que celle-ci représentait un risque extrême : par un système de cavalerie financière digne d’un Bernard Madoff, les principaux pays de la zone euro ont décidé de renflouer la Grèce, et, déjà endettés eux-mêmes, se sont endettés encore davantage. La Grèce s’est vue condamner à un ensemble de hausses d’impôts et de taxes et de diminution de dépenses qui vont la placer dans une situation de récession durable et feront qu’elle ne pourra jamais rembourser l’argent qu’on lui a avancé, mais un répit s’est dessiné. Les marchés ont été rassurés, très provisoirement.  


Tout a continué avec l’Espagne et le Portugal, qui ont suscité la vague d’inquiétude suivante, et qui ont dû adopter à la hâte des plans de sauvetage qui devraient assurer à ces deux pays une situation de récession aussi durable que la récession grecque et garantir qu’eux aussi ne pourront jamais rembourser quoi que ce soit. Les marchés sont-ils rassurés ? Non, pas vraiment. On s’y demande qui sera le prochain pays à se rapprocher de la zone des tempêtes. L’Italie ? La France ? En parallèle, signe flagrant de ce qui se joue, le prix de l’or monte et atteint des sommets, l’euro semble stabilisé après une dévaluation de plus de vingt pour cent par rapport au dollar américain, la facture énergétique des pays de la zone euro étant libellée en dollar coûte donc d’un seul coup vingt pour cent de plus. Les dirigeants de la zone euro suggèrent que ce sera excellent pour les exportations, et, comptant sur l’analphabétisme économique de ceux qui les écoutent, oublient de dire que l’économie est faite aussi d’importations.  


Le pays le mieux géré  de la zone euro, l’Allemagne, a, pour l’heure, accepté de payer. Mais la population allemande montre de la réticence et une lassitude croissante. Deux issues sont envisageables : la première est un éclatement de la zone euro dont sortiraient les pays de la zone Méditerranée, Grèce, Espagne, Portugal, Italie peut-être. L’Allemagne, en ce cas, retrouverait le mark, dont les Allemands ont la nostalgie : un site boursier allemand appelé Borsenews affiche d’ores et déjà le prix des actions en marks. Le magazine anglais The Spectator titrait, cette semaine, « Et si l’Allemagne quittait l’euro ? ». Les pays exclus les premiers de la zone euro retrouveraient leur monnaie, pourraient dévaluer celle-ci, et restructurer leur dette, ce qui est l’expression utilisée pour désigner le dépôt de bilan des Etats. Les autres pays, dont la France suivraient obligatoirement le mouvement.


La seconde issue, un renforcement des pouvoirs absolutistes et technocratiques de Bruxelles est, officiellement, celle qui a le plus de chances de l’emporter dans l’immédiat. Elle serait dans la lignée des confiscations des procédures démocratiques opérées depuis et par la construction européenne ces dernières années. Elle permettrait de sauver, un peu, la façade par la mise en place d’une politique économique et fiscale centralisée, et par l’octroi de fonds d’ « aide » supplémentaire aux pays les plus endettés, conformément à l’article 122.2 du traité de Lisbonne, qui prévoit une « assistance d’urgence » pour les pays « confrontés à des difficultés sévères provoquées par les désastres naturels et les circonstances exceptionnelles » : invoquer un désastre naturel sera très difficile, parler de circonstances exceptionnelles sera bien plus facile. On pourrait même dire que toutes les circonstances, dès lors qu’il s’agit de l’Union Européenne, sont exceptionnelles. L’Union Soviétique s’étant effondrée voici une vingtaine d’années, l’Union Européenne reste la dernière grande entreprise de type totalitaire sur la planète, et elle constitue en elle-même une exception. Ceux qui douteraient de sa nature totalitaire peuvent se reporter aux écrits de Vladimir Boukovski, dont le livre EUSSR reste la référence indispensable en la matière. Ils pourront se reporter aussi aux articles que je consacrerai au sujet dans les mois à venir.  


Je disais que la mise en place d’une politique économique et fiscale centralisée sauverait la façade, et je tempérais ma phrase en ajoutant « un peu ». Il est, à l’évidence tout à fait probable que la lassitude et la réticence de la population allemande s’exacerbent. Il est tout aussi probable que les populations des pays européens de la zone Méditerranée expriment leur frustration et leur colère face à ce qui devrait ressembler pour eux à une spirale les entraînant vers le bas : le chômage chez les moins de vingt-cinq ans en Espagne dépasse, par exemple, d’ores et déjà les 40%. La réforme des retraites menée en France aujourd’hui est un expédient passager, l’équivalent d’une rustine sur une chambre à air poreuse de bout en bout. Divers financiers internationaux prévoient, dans les deux années à venir, une parité euro-dollar, ce qui signifierait une dévaluation supplémentaire de vingt pour cent pour l‘euro. Quelques-uns suggèrent même qu’une stabilisation se ferait seulement lorsque l’euro vaudrai 80 cents.


Le Royaume-Uni n’est pas dans l’euro, mais il est dans l’Union Européenne, et, au moment où George Osbourne, nouveau Chancelier de l’échiquier, met en place un projet drastique de réduction des dépenses publiques, les journaux londoniens évoquent déjà le risque pour le pays de se voir demander de payer pour renflouer le puits sans fonds qu’est l’euro si la politique économique et fiscale centralisée se met en place. Un grand débat est organisé par divers journalistes à Londres très bientôt, sur le thème : « Est-il trop tard pour sauver le Royaume ? Faut-il choisir l’exil ? ». Ce genre de débat devrait avoir lieu dans toute l’Europe.  


Pour ce qui me concerne, je pense qu’il est trop tard. Je pense qu’il était très tard déjà lorsque l’euro a été mis en place. Je pense qu’il est beaucoup plus tard encore aujourd’hui. J’ajoute à tout ce que j’ai évoqué ici les données démographiques, le poids écrasant des Etats providence et les habitudes malsaines qui en résultent, les flux migratoires qu’il faut analyser en termes de capital intellectuel et de capital culturel, les tensions croissantes entre populations européennes de souche et immigrants venus d’Afrique et du monde musulman, l’état de délabrement des structures d’enseignement et d’information, et je dois dire que je ne vois strictement pas comment l’Europe pourrait ne pas se diriger vers le naufrage. Choisir l’exil ? Ceux qui le peuvent le font déjà. Ceux qui resteront seront à plaindre. Leur vie risque de ressembler à celle qui était censée régner dans l’état de nature décrit par Thomas Hobbes dans son Leviathan. Ce qui prête à sourire tristement est qu’il en sera ainsi non pas parce qu’ils seront dans un « état de nature », mais parce qu’ils seront confrontés au résultat horrifique résultant de l’imposition d’un Léviathan issu moins de la lecture de Thomas Hobbes que de celle de Karl Marx, de Lénine, de John Maynard Keynes et de quelques autres esprits malades. Alors, euro ?, demandais-je dans un article publié voici quelques années. Non, je dois le dire : pas euro du tout. Et si j’avais un conseil à donner à ceux qui me lisent, il serait de placer leur épargne en une autre monnaie, sauf si leur amour de l’euro est tel qu’ils sont prêts à tout lui sacrifier, y compris leur épargne.


Guy Millière

 

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