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Publié par Dreuz Info le 6 juillet 2010



Le Judaïsme, c’est la vie.

Par Michel Garroté

Mardi 6 juillet – 24 Tammuz 5770

Je me souviens des conversations, en tête-à-tête, que j’ai eues, avec Henri Kichka, Juif rescapé d’Auschwitz, et des conversations que j’ai eues avec Herman Novak, enfant juif caché durant le Seconde guerre mondiale. Je me souviens, aussi, des enseignements d’Ephraïm sur l’attachement du Judaïsme à la vie. Je me souviens, également, des discussions, à Jérusalem, sur la survie du peuple juif israélien, avec Asher Naïm et Shlomo Bino. En fait, je me souviens de nombreux entretiens avec des Juifs, entretiens sur la vie, entretiens sur l’attachement du Judaïsme à la vie.

Un jour, une femme catholique me demanda : « L’Etat d’Israël, c’est une revanche sur le national-socialisme et sur la Shoah ? ». Je lui répondis : « Non, l’Etat d’Israël, c’est une victoire. Une victoire de la vie sur la mort ».

A cet égard, il est intéressant de savoir que sur 7,5 millions d’habitants, Israël compte aujourd’hui 6 millions de Juifs. Et que ces 6 millions de Juifs sont entourés de pays gouvernés par des mahométans qui veulent « jeter les Juifs à la mer ».

Sans oublier la dictature intégriste iranienne qui, à coup de bombes atomiques, veut « rayer Israël de la carte » et « effacer Israël de la page du temps », ajoutant que la mort de 1,5 millions de Palestiniens vivant en Israël, « c’est le prix à payer pour la destruction d’Israël ».

En tant qu’athée converti au catholicisme, j’ai toujours été frappé par le fait que mes coreligionnaires catholiques défendent le droit à la vie, mais en insistant sur le droit à la vie de l’enfant à naître. Et je me suis souvent dis à moi-même : et qu’en est-il du droit à la vie des enfants qui sont nés ? Le fait est que le catholicisme œuvre pour le droit à la vie ;  pour la vie depuis la conception jusqu’à la mort naturelle. C’est son libre choix et c’est donc son libre droit.

Mais le fait est, aussi, que l’attachement des catholiques à la vie a une origine historique et spirituelle. Ce sont les Juifs, nos frères aînés dans la foi, qui nous ont transmis la précieuse valeur de l’attachement à la vie. Vu sous cet angle, l’attachement des Juifs à la vie reste pour moi édifiant, car les Juifs ne l’appliquent pas aux seuls Juifs (dois-je ici rappeler que le premier et le meilleur hôpital de campagne monté à Haïti lors du séisme était un hôpital monté par des soldats israéliens ?).

A propos de l’attachement du Judaïsme à la vie, Shraga Blum, sur http://www.israel7.com/, écrit notamment (extraits) :  « Le journaliste de la chaîne ‘Aroutz 10’ Shlomi Eldar, spécialisé dans la Bande de Gaza, a réalisé un film documentaire d’une rare intensité, qui retrace un événement auquel il a été personnellement et intiment lié : ‘Haïm Yekarim’ (‘Précieuse Vie’). L’histoire se déroule durant l’Opération ‘Plomb Durci’, en janvier 2009. Ne pouvant plus entrer dans la Bande de Gaza, le journaliste est en panne de travail lorsqu’il reçoit soudain un appel téléphonique d’un médecin de l’hôpital Tel Hashomer, le Dr. Raz Somekh’, qui lui propose de venir faire un reportage sur un fait dramatique :  un couple de Palestiniens de Gaza, ayant déjà perdu deux filles des suites d’une maladie génétique, ont obtenu le droit de faire transférer leur troisième enfant également atteint, Muhamad Abou Mustapha, quatre mois et demi, dans le Département hémato-oncologique de l’Hôpital israélien. L’enfant est à l’article de la mort et ses parents sont désespérés ».

« Après avoir hésité, le journaliste accepte, se rend au chevet de l’enfant et décide de réaliser un documentaire sur le combat mené pour sauver la vie de ce bébé et sur le tissu de relations qui se crée entre lui, les parents et l’équipe médicale. Raïda, la mère, qui s’adresse à un Israélien pour la première fois, explique au journaliste qu’il faut penser au financement des soins et de la greffe de moelle osseuse, et que la famille n’a pas les 55.000 dollars nécessaires. Shlomo Eldar tente alors de trouver de l’argent chez des connaissances, mais en vain. Il décide alors, en dernier ressort, de parler de ce cas lors d’un journal télévisé. Il explique la situation désespérée de l’enfant et lance un appel de fonds pour le sauver, tout en se disant en son for-intérieur ‘que c’est peine perdue, car quel Israélien accepterait, en pleine guerre contre le Hamas, de mettre la main à la poche pour sauver un Palestinien, fusse-t-il un enfant !’ ».

« Dans les minutes qui suivent, le standard est assailli par des coups de téléphone, et un donateur fait savoir qu’il prendra en charge toute la somme, à condition de rester anonyme. Après des recherches, le journaliste apprendra qu’il s’agissait d’un Juif, qui a perdu un fils au combat. En apprenant la nouvelle, la mère de l’enfant dit au journaliste :  ‘Vous, les Juifs, vous vous comportez vraiment de manière très étrange !’. Le documentaire retrace alors de manière très émouvante, le travail, l’acharnement de l’équipe médicale pour sauver cet enfant, les espoirs, les doutes, la peur, puis la victoire. Il retrace aussi les pensées contradictoires qui traversent le Dr. Somekh’ qui soigne cet enfant, et qui en même temps part comme volontaire au front dans la Bande de Gaza. Il décrit les craintes de la maman, qui est persuadée au début que les médecins veulent tuer leur enfant ou que le journaliste veut tourner un film de propagande et que les soins cesseront dès qu’il aura le dos tourné ».

« Et ses discussions avec le père, Fawzi, qui voit ces Juifs qu’il maudit à longueur d’année, en train de tout faire pour sauver son enfant comme si c’était l’un des leurs. Et qui y réussiront. La partie la plus tragique et la plus édifiante de documentaire est celle qui a poussé Shlomi Eldar à interrompre momentanément le tournage. Un soir, alors que le père était retourné chez lui, laissant sa femme dans la chambre d’hôpital en compagnie du journaliste, une discussion à bâtons rompus commence entre eux sur le sujet des fêtes religieuses. Et soudain, la femme regarde le journaliste avec des yeux coléreux, et elle commence un long monologue sur la ‘culture terroriste’ en lui assénant : ‘Je voudrais que mon fils soit un jour un Shahid (Martyr), et j’aimerais qu’il se fasse sauter à Jérusalem, car cette ville est à nous ! Vous comprenez cela ? ? !’. Le journaliste avouait qu’il avait reçu cela ‘comme un coup de poing dans le ventre’ ».

« Et la femme renchérissait :  ‘Nous n’avons pas peur de la mort, depuis le berceau, même les bébés encore plus petits que notre Muhamad n’ont pas peur, et nous allons tous nous sacrifier pour Jérusalem’. Et voyant la colère du journaliste, elle lui dit :  ‘Tu es en colère ? ?  Et bien sois en colère ! ! !  Nous n’avons pas la même culture que vous. Chez nous, c’est comme ça. Nous chantons et dansons quand l’un des nôtres meurt en Shahid. C’est une chose extraordinaire !’. Et au moment où elle vantait la mort de ceux qui assassinent des Juifs, deux femmes juives entraient dans la chambre pour apporter des jouets pour le petit Muhamad désormais hors de danger. Le journaliste écoeuré décidait alors de stopper pour un temps le tournage du documentaire, s’estimant trahi et avouant ‘ne pas comprendre comment une femme, une mère, ait pu rester des jours et de nuits à pleurer pour que vive son bébé, et souhaitant en même temps qu’il meurt un jour en martyr. Est-ce la même femme ?’ (…) ».

« Le documentaire (…) vaut la peine d’être vu car il provoque un profond malaise, voire une révolte, qui traduisent bien les dilemmes moraux qui agitent les Israéliens. Il sera projeté lors du Festival du Cinéma de Jérusalem le 10 juillet. Il est à espérer qu’il sera présenté sur les écrans à l’étranger, afin que le grand public sache dans quel environnement civilisationnel et moral se trouve l’Etat juif », conclut Shraga Blum.


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