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Publié par Guy Millière le 18 juillet 2010

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Les émeutes qui ont eu lieu dans la nuit du 17 au 18 juillet à Grenoble n’ont strictement rien de surprenant. Elles sont l’un des signes supplémentaires de la décomposition lente que connaît la France aujourd’hui, et qu’on retrouve dans la plupart des pays d’Europe. Les causes de cette décomposition sont connues, et constituent un cercle vicieux multiforme qui ne cesse de se renforcer.  


Le premier ingrédient réside dans l’essoufflement des économies. La croissance moyenne dans toute l’Europe est extrêmement faible depuis des années, et ne va très vraisemblablement pas se renforcer au cours des années à venir, au contraire. Il en est ainsi parce que les investissements privés sont insuffisants, parce que créer une entreprise dans les pays de l’Union Européenne est plus complexe et plus coûteux qu’en créer une en Amérique du Nord ou dans divers pays dynamiques d’Asie, parce qu’il ne se crée depuis là pas assez d’emplois dans le secteur de la production de richesse.

 

Les implications de ce que j’appelle, dans mon livre « la septième dimension » : la mondialisation accélérée, n’ont pas été expliquées par les gouvernements. On peut se demander, même, si les dirigeants politiques ont compris ce qui était en train de se jouer : à écouter les discours qui sont tenus de divers côtés, on peut en douter. Soixante-cinq ans après la mort de John Maynard Keynes, on pourrait penser que celui-ci reste la principale source d’inspiration d’une majorité de dirigeants aujourd’hui, qui semblent ne pas s’être aperçu que dans le débat qui a opposé Keynes à Friedrich Hayek, les thèses du second l’ont emporté depuis longtemps.  

 

Le second ingrédient est étroitement lié au premier. Il réside dans les causes de l’essoufflement et dans les remèdes qu’on a prétendu lui apporter. Si la croissance est asthénique, si les investissements, les créations d’entreprise et d’emplois productifs sont insuffisants, c’est parce que le poids des charges et des réglementations multiples n’a cessé de s’accroître. A l’hypertrophie des Etats s’est ajoutée l’hypertrophie de la bureaucratie européenne.


Aux fins de prétendre répondre à la situation, les gouvernements ont mis en place des systèmes d’assistance qui avaient commencé à exister, en fait, avant que les choses n’empirent et qui, lorsque les choses ont empiré, n’ont cessé de les aggraver. Des systèmes d’assurance santé de type socialiste tels le National Health Service britannique et la Sécurité Sociale française ont, sous prétexte d’assurance maladie, mis en place de grandes machines de redistribution sociale où aucune incitation n’existait pour les consommateurs de soin à gérer leur santé de manière responsable : les déficits et les dysfonctionnements étaient inéluctables dès l’origine. Ils constituent aujourd’hui des gouffres que nul ne sait comment combler dans la mesure où cela serait coûteux financièrement, et où une accoutumance des gens à une pseudo gratuité est installée qui ressemble à l’accoutumance d’un drogué à une drogue dure. Les allocations chômages diverses, les aides à la famille, les aides au logement, les allocations diverses que je ne pourrais énumérer toutes car cela finirait par ressembler à un dictionnaire se sont multipliées. Elles ont multiplié les pauvres et les « exclus », ce qui a justifié qu’on augmente leur nombre et l’argent qui leur était consacré. Cela a, bien sûr, accru encore la quantité de pauvres et d’ « exclus », et a même créé des flux migratoires guidés non pas par l’espoir de trouver du travail en Europe, mais par celui d’y trouver une rente. Les créations de parcs de « logements sociaux » ont engendré des distorsions graves dans le secteur du logement, créant des pénuries dans le secteur privé et une hausse des prix découlant de la pénurie, ainsi que, à l’autre extrémité, des sans abri et des quartiers qui, avec la montée du chômage et des assistances se sont ghettoïsés.  


J’explique dans « la septième dimension », dans un chapitre consacré à l’Europe, la logique perverse qui est ainsi à l’ouvre et qui conduit non seulement vers le déclin économique, mais vers un déficit croissant du budget des Etats, condamnés à dépenser toujours plus, pour des résultats de plus en plus négatifs, à taxer toujours plus aux fins de tenter de financer ces dépenses stériles et stérilisatrices et, puisqu’il arrive tôt ou tard un niveau où il est impossible de taxer davantage sans faire disparaître les entreprises qui restent, à emprunter toujours plus, jusqu’à ce que l’endettement atteigne des niveaux tels que le dépôt de bilan semble proche. On parle ici ou là de « rigueur » : ce mot ne veut rien dire économiquement. S’il désigne la fin des dépenses irresponsables et une gestion rationnelle du budget des Etats, ce devrait être un minimum. Au delà de ce minimum, ce qui devrait être à l’ordre du jour est la possibilité que les Etats soient gérés non seulement de manière rationnelle, mais aux fins de remplir ce qui devrait être leur rôle : non pas asphyxier l’économie, mais maintenir le cadre de droit et de sécurité qui permettrait à l’esprit d’entreprise, et à la croissance, d’exister. Une gestion qui se contente de rafistoler une machine infernale ne fait que retarder l’échéance, et nous sommes aujourd’hui dans le rafistolage de la machine infernale, et dans un rafistolage qui devient et deviendra de plus en plus précaire et inefficace. L’accoutumance dont je parlais plus haut dans le secteur de l’assurance maladie se retrouve, en fait, dans quasiment tous les secteurs.  


Le troisième ingrédient découle du second. Il réside dans une démographie catastrophique, dans un vieillissement accéléré des populations, dans la présence d’une population issue de l’immigration qui  se trouve très largement marginalisée dans des économies en situation de dysfonctionnement croissant, condamnée à vivre d’assistances qui se font de plus en plus maigres, ghettoïsée, disais-je. Le vieillissement découle de la préférence pour le présent installée par les structures d’assistance, mais aussi des discours catastrophistes et culpabilisants sur le futur de la planète, et de la difficulté toujours plus grande de faire vivre une famille dans un contexte où les classes moyennes sont écrasées de charges. Les seules familles plus nombreuses peuvent se situer chez les plus riches, qui vivent sur un mode planétaire, ou chez les plus pauvres, chez qui un enfant est prometteur d’un surcroît de rente. L’immigration a été suscitée pour trouver une main d’œuvre à bas prix dans un contexte où le poids des charges sur les entreprises commençait à s’alourdir, puis utilisée comme un expédient pour remédier au vieillissement lorsqu’il s’est enclenché : les effets secondaires multiples à même de résulter lorsque l’essoufflement viendrait n’ont pas été pris en compte. Ils sont là aujourd’hui : les zones de non droit sont en état de sécession de fait. Ce n’est pas seulement l’islam radical qui y gagne du terrain, mais une sous culture de la haine multiforme et de la destruction qui peut tuer et piller indistinctement.  


J’aimerais pouvoir envisager des solutions. Je dois dire que je ne les vois guère. En tant qu’économiste, je dirais : baisse générale et profonde des charges, taxes et impôts, vaste déréglementation, retour à une concurrence entre les Etats en termes de fiscalité de règles, de systèmes « sociaux », coupes drastiques dans les dépenses de l’Etat et de toutes les collectivités locales. Ces réponses minimales, et de simple bon sens, se heurteraient immédiatement à un tollé de la part de toute la gauche, y compris la gauche au sein de l’UMP, mais aussi aux protestations de l’extrême-droite populiste, et conduirait celui qui tenterait de les apporter vers une débâcle électorale et un retour vers le cercle vicieux : si elles avaient été apportées après une élection présidentielle et des élections législatives, avec devant soi un horizon de plusieurs années, elles auraient été envisageables. Nous n’en sommes plus là du tout.


Ces réponses entraîneraient, si elles sont accompagnées de fermeté gouvernementale, et d’une possibilité de les ancrer institutionnellement, un retour à la croissance et aux investissements dans le moyen terme. Elles permettraient de réenclencher une intégration par le travail, et un financement des forces de police. Elles entraîneraient aussi des manifestations, des émeutes multipliées, des grèves à répétition pendant des mois. Elles supposeraient ce que j’appelle un discours « churchillien » : « il y aura un futur, mais dans le présent, il y aura du sang, de la sueur et des larmes ». Rien, strictement rien n’indique une fermeté de ce genre, un ancrage institutionnel possible des mesures à prendre.


Et encore n’ai-je rien dit ici d’autres aspects qui jouent un rôle indéniable : les universités européennes ne forment pas, pour la plupart, des gens à même d’être en prise avec le vingt-et-unième siècle, mais des inadaptés sociaux au cerveau lessivé qu’on retrouve ensuite dans les médias, l’enseignement secondaire, l’édition. Les médias, l’enseignement secondaire, l’édition ne remplissent dès lors pas leur mission et n’offrent pas ce qui pourrait permettre aux populations de comprendre ce qui se passe. D’après des sondages, 71% des Français voient que le pays est en déclin. Mais voir le déclin ne signifie pas discerner ce qui a suscité le déclin, et moins encore discerner comment il serait envisageable d’en sortir. Le seul livre pertinent sur la crise économique à avoir été publié en langue française a été celui de Pascal Salin, « Revenir au capitalisme, pour éviter les crises ». Il a été très peu commenté. « La terre est plate » de Thomas Friedman est loin d’être un livre parfait, mais il explique au moins dans quel monde nous sommes désormais : il est passé quasiment inaperçu au moment de sa sortie. Les livres de George Gilder, ou le dernier livre d’Alvin et Heidi Toffler n’ont rencontré qu’un public très limité. Lorsque j’ai parlé du contenu de « la septième dimension » à des éditeurs, j’ai eu l’impression  qu’ils ne comprenaient strictement rien. Et les commentateurs eux-mêmes ne se sont pas intéressés au livre : donc aucune explication, absolument aucune, n’est disponible et largement diffusée en France qui explique comment le monde fonctionne aujourd’hui. Le monde avance à une vitesse supersonique, l’Europe avance au rythme d’un char à bœufs du Moyen Age, la France à celui d’un escargot schizophrène.   


Vu toutes ces conditions, je dois, hélas, penser que le cercle vicieux restera ce qu’il est. Le chômage restera élevé. La croissance restera quasiment nulle. La ghettoïsation se poursuivra, avec la création de zones de non droit de plus en plus importantes laissées à la gestion de bandes. Tout incident débouchant sur la mort d’un membre d’une bande débouchera sur  des émeutes. La violence quotidienne montera. La paupérisation aussi. Les gouvernements successifs feront semblant d’agir et poseront des rustines asthéniques sur une chambre à air de plus en plus poreuse qui n’évitera pas la noyade, mais la ralentira peut-être. Je suis désolé d’avoir à le dire, mais je le dis. Aucun parti politique en France n’offre de réponse pertinente : parler de sécurité ou d’immigration est très insuffisant. Tout se tient : économie, politique, culture, droit.  


L’Europe est dans une situation de suicide lent, d’euthanasie qui ne dit pas son nom, de guerre civile froide qui peut parfois ressembler à une guerre civile tiède, mais qui ne deviendra pas une guerre civile chaude : les populations qui vivent dans d’autres quartiers que les zones de mon droit subissent. Ni la police, ni l’armée, n’ont les moyens de vraiment rétablir l’ordre. Le chien agonisant dérive au fil de l’eau. L’eau mène vers une sortie de l’histoire. Ces événements dépassent les dirigeants politiques : ils feignent de les organiser encore un peu, mais on les croit de moins en moins. Les analystes les plus lucides sur le devenir de l’Europe ne sont pas en Europe, ils s’appellent Mark Steyn, Victor Davis Hanson, Walter Laqueur : dire à un malade qu’il  est quasiment condamné peut lui donner envie de se battre contre la maladie, cela peut aussi le plonger dans la détresse morale. Les charlatans peuvent  continuer à parler à la place du médecin, dire que tout ne va pas si mal, et  ajouter qu’il existe des amulettes et des poudres de perlimpinpin qui peuvent guérir miraculeusement, et même si ce n’est pas vrai, certains préfèreront le croire.  


Guy Millière 


PS Juste quelques exemples, glanés dans la presse de samedi, de la schizophrénie dont je parlais plus haut :


Le Monde, enquête : Pourquoi le fisc échoue à réprimer les grands fraudeurs ? Ma réponse immédiate : Pourquoi Le Monde ne comprend-il toujours pas que nous sommes à l’ère de la monnaie dématérialisée et de la finance planétaire souveraine, et que les gens fortunés qui restent en France doivent vraiment beaucoup aimer le pays pour accepter d’être ponctionnés comme ils le sont et pour ne pas être partis. Définition d’un fraudeur : quelqu’un qui ne s’est pas encore délocalisé complètement.  


Le Figaro : Hortefeux veut « rétablir l’ordre ». Ma réponse : l’ordre sera rétabli provisoirement, et une zone de non droit reviendra au calme sous le contrôle de ceux qui la tiennent. Lors de la prochaine mort d’un braqueur venu d’un « quartier sensible », l’ordre sera de nouveau très troublé. Une bonne façon de préserver l’ordre dans l’état actuel des choses : ne pas poursuivre un braqueur dès lors qu’il est entré dans la zone de non droit dont il est résident, sinon, des émeutes arriveront vite.    


Libération : Double attentat suicide: l’Iran accuse les pays occidentaux et Israël. Réponse : que signifie un titre semblable ? La presse française doit-elle se faire le porte-voix d’un régime raciste et fanatique. Ne pas se faire le porte-voix d’un régime de ce genre et ne pas répercuter une accusation anti-occidentale et anti-israélienne pourrait-il valoir des accusations d’islamophobie, des réactions de colère, des menaces contre le journal ?  


Arrêtons là pour aujourd’hui.

 

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