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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 19 juillet 2010

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Je lis les commentaires sous l’article économique de Guy Millière, je lis des poncifs rabâchés cent fois et qui ne veulent pas dire grand-chose en soi : la délocalisation, la mondialisation, la taxation, la dérèglementation, le libéralisme, le capitalisme, la consommation, et leur lot de malédictions. L’économie est un sujet complexe, mais il me semble qu’il devrait partir du bon sens et de l’histoire des relations marchandes entre les hommes. Pas n’importe quelles histoires. Pas celles qui tournent mal, mais celles qui réussissent. Je suis désolé que les histoires qui tournent bien se passent dans le monde libre, et que celles qui tournent mal ont lieu dans un monde ou les gouvernements décident pour les entreprises ce qui est bien et ce qui n’est pas bien pour elles. J’en suis désolé parce que la France s’inspire trop des histoires qui ont mal tourné, et pas assez de celles qui se passent bien.

 

Le bon sens a disparu du discours économique. Je ne connais pas la matière économique, mais j’ai la conviction que ceux qui parlent de délocalisation, de mondialisation, de taxation, de déréglementation et de libéralisme n’y comprennent rien non plus. Guy Millière disait que le mot rigueur ne veut rien dire, en économie. Sans avoir jamais étudié l’économie, je le pensais aussi. La France n’a pas besoin de rigueur, elle a besoin d’arrêter de vivre au dessus de ses moyens. Arrêter de jeter une partie de l’argent qu’elle n’a pas par les fenêtres. A peu près chaque semaine, le gouvernement français « débloque une enveloppe » pour une nouvelle action. Et les journalistes rois de la désinformation ne font pas leur travail. Débloquer des fonds ? La France endettée a des fonds bloqués qu’elle n’utilise pas ? Qui gère les fonds de la France ? Qui décide de bloquer des fonds alors que la France emprunte à tour de bras ? A combien s’élèvent ces fonds bloqués ? Combien la France a-t-elle déjà emprunté cette année, à quel taux, à qui ?

 

Un jeune homme, fils d’un de mes amis, m’a raconté qu’après ses études, il est allé au CIDJ quai Branly, (centre d’orientation professionnel post bac) parce qu’il hésitait, comme beaucoup de jeunes, pour sa future carrière. Quand on lui a demandé ce qu’il voulait faire, il a répondu qu’il ne savait pas bien, mais que son objectif, c’était de gagner beaucoup d’argent et de rouler en Porsche. Il s’est presque fait jeter dehors. Il a monté une agence de conseil en placements financiers. Il roule en Porsche. Il a embauché quatre personnes. Il fait fonctionner l’économie de la France, il a créé de la richesse et de l’emploi.

 

Un autre fils d’un de mes amis est lui aussi allé au CIDJ pour prendre conseil. Quand il a dit qu’il ne se voyait pas salarié mais chef d’entreprise, qu’il voulait monter sa propre entreprise parce qu’il n’avait pas l’esprit d’un salarié, on l’a regardé avec des yeux ronds. Sans doute a-t-il eu la chance de tomber sur quelqu’un de plus ouvert, on ne l’a pas flanqué dehors. Mais peut être aurait ce été mieux pour lui. En sortant de là, il m’a appelé (parce que le hasard de la vie fait que je conseille beaucoup de jeunes, peut être parce que j’ai monté ma première entreprise à l’âge de 14 ans, et la cinquième, que j’ai conservé trente ans et qui est devenue leader sur son marché, à l’âge de 23 ans), il avait le moral dans les talons. Le fonctionnaire lui a présenté l’entreprise individuelle sous un jour très négatif. Pas sur le plan financier ou économique, non, sur le plan moral. Il lui a expliqué que l’entreprise était un lieu ou l’on exploite le travailleur, et qu’il y en a bien déjà assez comme ça, qu’il ne faut pas chercher à se distinguer du lot en montant sa propre affaire, et il lui a finalement lâché : pour qui vous prenez vous pour penser que vous êtes plus capable que les autres.

 

Cette année, encore quelqu’un, de ma famille cette fois, est venu me demander conseil directement, toujours pour monter une entreprise. Je l’ai écouté m’expliquer son projet. Il n’était pas génial mais, dans des conditions normales, il aurait pu lui procurer un bon revenu, pas de quoi devenir riche, mais assez pour nourrir sa famille et s’acheter un appartement. Pourtant, je l’ai découragé.

 

Je lui ai dit ceci : en France, aujourd’hui, tout est fait pour t’empêcher de monter une entreprise, pas pour t’y aider. Il m’a regardé étonné. Pour monter une entreprise, il faut travailler pour elle, et y investir toutes tes ressources : ton énergie, ton argent, ton temps et tes idées. En France, on va t’obliger à investir une partie de ces ressources pour faire des choses qui n’ont rien à voir avec ton entreprise, des choses qui dès le départ vont te mettre des bâtons dans les roues, voire même te faire chuter alors que ton projet est viable.

 

On va t’obliger à remplir des montagnes de paperasses qui ne servent à rien, et pour lesquelles tu vas devoir passer un temps fou, voire même devoir consulter un comptable ou un avocat parce qu’il est impossible de les remplir seul, et tu vas devoir leur payer des honoraires avec de l’argent dont tu aurais besoin pour ton activité. Ensuite on va te faire cotiser à des caisses, avant même d’encaisser ta première recette. Tu vas devoir payer des assurances, des taxes de toutes sortes, des caisses de vieillesse, de retraite, de solidarité, d’aide à la construction, alors que tu n’auras pas encore commencé à travailler. Et toutes ces caisses vont te ponctionner des sommes qui vont te manquer dans ton projet, et qui n’ont rien à voir avec ce projet. Toutes ces caisses à leur tour te noyer d’imprimés à remplir chaque mois, imprimés auxquels personne ne comprend rien à part un professionnel. Tu devras aller voir ton comptable tous les mois, et lui payer des honoraires. Rien de tout cela ne sera utile pour ton entreprise, au contraire.

 

Ensuite, si tu veux employer des salariés, on va te punir de quatre manières différentes. Pour l’embaucher, on va encore te faire remplir des  déclarations. Chaque fois que tu lui verseras un salaire, on va te punir en te taxant de presque le même montant que son salaire, et on va t’imposer de remplir des imprimés pour chacune de ces taxes – imprimés que là encore seul un professionnel peut remplir. Tu vas être obligé de lui remettre une feuille de paye, encore un autre imprimé que tu ne pourras pas remplir seul, et que tu devras encore payer pour faire établir. Puis on va t’imposer des contraintes légales impossibles et idiotes. Si tu t’aperçois par exemple qu’une personne que tu as embauchée ne fait pas l’affaire, on va te faire les pires ennuis de la terre pour le licencier. Au final, si tu as besoin d’embaucher six personnes, tu n’en prendras que trois parce que leur coût sera impossible à absorber, et ton entreprise ne fonctionnera pas comme elle aurait du fonctionner si tu avais pu embaucher comme tu en avais besoin. Au lieu de créer une entreprise compétitive, tu seras contraint de monter une entreprise poussive. Ce que je ne lui ai pas dit, c’est que c’est une des grandes causes du chômage en France.

 

Concernant les services que tu vas vendre, on va te donner une autre punition : on va plomber tous tes prix de 20% de TVA (19.60% exactement). Tu me diras, tes concurrents aussi et c’est exact. Mais il n’empêche que tes clients ne pourront pas acheter autant de tes services qu’ils le voudraient, parce qu’ils sont trop taxés. Et ne t’avise pas de vouloir exporter, parce que là, tes concurrents ne sont pas plombés de taxes comme toi, et tu auras beaucoup de mal à rivaliser.

 

Voilà entre autres pourquoi ça ne fonctionne pas bien, en France, l’économie, le chômage, la croissance. C’est un cercle vicieux. Les coûts sont cachés partout.

 

Lorsque je fais mes courses, le kilo de pommes Golden est à 80 centimes d’euros. En France, il est à 2.30 euros. Et nous avons peu de chômage, une économie qui a résisté à la crise sans fléchir, et une croissance revue déjà deux fois à la hausse pour cette année, à plus de 3.5%.

 

Pourquoi les pommes valent elles trois fois moins chères à Jérusalem qu’à Paris ? A cause des taxes et des tracasseries administratives en cascade qui enflent les prix et fatiguent le pays. Le prix de revient de la tonne de pommes, pour le cultivateur, commence par subir le premier train de taxes et charges annexes inutiles : charges sociales sur les salaires de ses employés trop élevées, paperasserie administrative qui lui prennent trois ou quatre jours de son travail par mois, plus le comptable, caisses de retraites dont il ne verra jamais la couleur de l’argent, sécurité sociale qui lui prend plus qu’il ne dépense. Partant du principe que le pommier ne facture ses pommes ni en France ni en Israël, la différence de prix à la source vient des différences de taxes et de salaire moyen. Ensuite, le cultivateur vend ses pommes à un distributeur qui lui aussi voit son prix de revient enflé par les mêmes surcharges. Lequel distributeur vend la tonne de pommes, après avoir pris son profit, à un grossiste, qui les remet à un transporteur, pour les vendre à un détaillant, et tous ces intermédiaires voient leurs coûts de fonctionnement majorés de ses taxes punitives. A l’étalage, c’est 2.30 euros contre 80 centimes d’euros. C’est vous qui financez, alors que vous auriez mieux à faire de cet argent.

 

Voilà pourquoi l’économie fonctionne bien, aux Etats Unis. Là bas, pour monter une entreprise, c’est à peu près aussi compliqué que d’envoyer une lettre recommandée en France. On remplit un imprimé à peu près aussi long et aussi compliqué que l’imprimé d’une lettre recommandé de la Poste, imprimé de création d’entreprise qu’on ramasse sur le comptoir. Puis on fait la queue au guichet, on paye quinze dollars, et on est chef d’entreprise.

 

Michael Dell, et les exemples abondent, a commencé son entreprise d’assemblage d’ordinateurs dans le garage de ses parents, tout simplement pour les raisons que j’expose ci-dessus : aucune administration ne s’est mise en travers de son projet et n’a freiné ses idées. Il a consacré toute son énergie à concevoir et assembler des ordinateurs. Il a réinvesti l’intégralité de ses tous premiers gains, quelques dollars, dans de nouveaux composants pour construire d’autres ordinateurs, et pas pour payer des caisses de retraite. Ses ventes étaient taxées à la TVA à 7 %, et encore, pas quand il faisait une vente en dehors de la Californie. En France, à l’époque, les biens étaient taxés à 33%. Si un ordinateur lui revenait à 1000 dollars, il le revendait 1050 dollars. Donc les jeunes américains pouvaient s’offrir ses ordinateurs, et son entreprise a décollé. En France, si votre prix de revient est 1000 euros et que vous vendez à 1050 euros, vous êtes en faillite après le premier mois.

 

Pourtant, Michael Dell vit dans un pays ou la main d’œuvre est chère, ou les composants informatiques sont chers et importés de Chine. Un français aurait monté une entreprise comme celle de Dell, il aurait payé les composants le même prix que Dell, et les salaires aussi. La différence, ce sont les taxes, les impôts, les charges, la paperasse. Aux Etats Unis, la dérèglementation est grande, le libéralisme existe, ses concurrents sont des entreprises mondiales, mondialistes, multi nationales, et lui n’était qu’un simple étudiant qui avait eu l’idée toute bête de construire un ordinateur individuel avec les meilleurs composants du marché, parce que les concurrents n’y avaient tout simplement pas pensé. Dell est le quatrième plus gros fabricant d’ordinateurs au monde.

 

Sauf erreur, aucune entreprise française de renommée internationale n’a vu le jour depuis les années 80.

 

Jean-Patrick Grumberg

 

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