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Publié par Dreuz Info le 30 juillet 2010



Israël – Liberté et prospérité

Michel Garroté – Je reproduis ci-dessous la version française d’un excellent article sur Israël, publié par Richard Herzinger, dans la très sérieuse Neue Zürcher Zeitung, un quotidien conservateur suisse de langue allemande. Un article à diffuser abondamment sur Internet !

Par Richard Herzinger

Vendredi 30 juillet 2010 – 19 Av 5770

Source :

Richard Herzinger, Neue Zürcher Zeitung – samedi 24 juillet 2010

Traduction : Service de presse de l’Ambassade d’Israël en Suisse

Israël n’est pas seulement soumis à la propagande perpétuelle de ses ennemis directs au Moyen-Orient, il doit aussi de plus en plus souvent faire face à des critiques visant à le délégitimer, de la part d’Etats qui se proclament amis. Ceux-ci tentent souvent d’ignorer l’étonnante success story que représente l’Etat juif, malgré tous les problèmes qui l’affectent.

Il semble bien qu’Israël s’enfonce toujours plus dans une forme d’isolement international. L’Etat juif ne doit plus uniquement se défendre contre des campagnes massives de propagande de la part de ses plus féroces ennemis au Moyen-Orient, campagnes qui ont connu un nouveau paroxysme avec l’épisode de la confrontation entre l’armée israélienne et la flottille pour Gaza. Il faut maintenant compter la Turquie parmi ses plus fervents adversaires, un pays qui était autrefois un partenaire privilégié. Mais également au sein de l’opinion publique occidentale, Israël est de plus en plus représenté comme un empêcheur de tourner en rond, comme une nation qui ne connaîtrait que le langage de la violence dans ses relations avec ses voisins et qui montrerait une systématique mauvaise volonté à l’encontre des initiatives ou des appels internationaux à la paix!

Il n’est pas besoin d’être un défenseur inconditionnel de la politique internationale israélienne pour reconnaître dans l’exercice actuel de diabolisation d’Israël une grossière caricature. Bien sûr, Israël n’est pas et n’a jamais été totalement sans faute concernant le fait que le conflit portant sur les territoires palestiniens n’a toujours pas trouvé de solution. Il reste que ceux parmi les  Européens – et en particulier l’Allemagne, qui a souscrit à une résolution demandant la levée du blocus de Gaza – qui formulent des exigences ressemblant à des ultimatums sur les changements qu’Israël est censé apporter à sa politique de sécurité, devraient à un certain moment proposer des solutions alternatives réalistes. Les expériences récentes vécues par les troupes de maintien de la paix dirigées par l’Union Européenne, l’UNIFIL, au Liban ne sont en tout cas pas de nature à inciter Israël à investir sa confiance dans l’assistance que peuvent lui apporter des forces étrangères. Alors que l’UNIFIL devrait empêcher le réarmement de la milice du Hezbollah, il se trouve que celle-ci a déjà acquis, avec l’aide de l’Iran et de la Syrie, un arsenal de 40 000 roquettes, toutes dirigées contre Israël.

Certaines critiques à l’encontre des implantations d’Israël ou de sa politique de sécurité sont complètement justifiées. On ne peut cependant pas faire abstraction du fait que le pays, du jour de sa création en 1948 jusqu’à aujourd’hui, a été confronté à des menaces d’annihilation de la part de différentes puissances de la région. Israël a dû faire face à trois guerres contre des armées arabes qui avaient l’intention avouée de le détruire ainsi qu’à de nombreuses vagues de terrorisme.

Les régions occupées à la suite de ces conflits, Israël les a ultérieurement en grande partie évacuées. D’abord le Sinaï, ensuite la Bande de Gaza, depuis laquelle des roquettes ont été tirées en continu sur Israël. Il faut également indiquer que les conditions pour un retour de la Cisjordanie en mains palestiniennes, préalable à la création d’un Etat palestinien, ont déjà à l’heure actuelle été négociées dans leurs grandes lignes. Les désaccords ne persistent plus que sur quelques points peu nombreux, même si quelques fois importants, tels que le futur statut de Jérusalem. Les gestes positifs d’Israël sont en général toujours qualifiés d’ «insuffisants». L’opinion publique européenne n’a pratiquement pas eu accès à l’information selon laquelle le gouvernement israélien a récemment levé de nombreux checkpoints en Cisjordanie et permis à l’économie locale de connaître un petit boom économique affichant un taux de croissance de 6%.

Il est en tout cas totalement faux de dire qu’Israël veut garder à tout prix les territoires occupés. Au contraire, la grande majorité des Israéliens seraient d’accord d’échanger sur l’heure la paix contre les territoires. Cependant, aussi longtemps que le pays sera menacé dans son existence par des forces telles que le Hamas, qui propage, comme son mentor l’Iran, une haine antisémite exterminatoire et qui n’est prêt à aucun compromis, la marge de manœuvre pour la paix est pratiquement nulle. D’autant plus que la direction «modérée» de l’OLP, engagée dans une lutte de pouvoir sans fin avec le Hamas, conserve le combat armé comme option possible.

Sous la pression de la constante propagande anti-israélienne, le soutien de l’Occident à Israël sur le conflit avec les Palestiniens s’est progressivement érodé. La condamnation d’Israël en tant qu’ «Etat colonial» ou même d’Etat «apartheid» qui devrait être boycotté et stigmatisé de la même façon que l’Afrique du Sud de l’époque, devient une croyance de plus en plus largement acceptée. Mais même si les Arabes israéliens, qui contrairement aux noirs en Afrique du Sud ne représentent qu’une minorité de 20%, sont encore désavantagés dans la société israélienne – notamment en ce qui concerne l’acquisition de terrain – ils jouissent d’un nombre élevé de libertés démocratiques, de droits politique, d’avantages liés à l’Etat-providence, d’accès aux soins médicaux et aux possibilités de formation, comparé aux dictatures arabes environnantes. Le niveau de vie dans les territoires occupés – Gaza excepté – dépasse de loin celui des Etats arabes voisins. Le niveau d’alphabétisation est aussi beaucoup plus élevé et le taux de mortalité infantile beaucoup plus bas que par exemple en Egypte.

La légende selon laquelle l’Etat d’Israël a été érigé en parallèle à l’«expulsion» de la population palestinienne et que donc sa création est une injustice qui doit être réparée, a été répandue très largement et avec une grande réussite. Son écho a été si bien relayé qu’à présent il ne se trouve plus aucun politicien européen qui ne mentionne le droit d’Israël à exister sans évoquer simultanément le droit d’existence d’un Etat palestinien. Evidemment, la solution à deux Etats est sans nul doute une solution politique raisonnable et juste. L’affirmation selon laquelle l’absence de création d’un tel Etat nie à Israël sa propre légitimité est cependant une absurdité.

Israël a vu le jour grâce à une résolution de l’ONU – aucun autre Etat au monde ne peut se targuer d’une légitimation si solide, établie par la communauté internationale. Le fait de considérer la préhistoire de sa fondation, les vagues d’implantation juives d’abord dans le cadre l’Empire Ottoman, puis dans celui du Mandat Britannique sur la Palestine dans la première moitié du vingtième siècle, comme l’invasion hostile de territoires arabes bien établis, relève de la plus grossière simplification. Le fait est qu’une partie des clans arabes qui détenaient la haute main en Palestine ont coopéré pleinement à ce «vol de la terre» par les Juifs. C’est seulement dans les années 20 que le «mouvement national palestinien» s’est formé. Ce mouvement collaborera plus tard avec l’Allemagne hitlérienne, attisant la haine contre toute présence juive en Palestine.

Il est peu connu que déjà à partir de la fin des années 20, furent organisés des pogroms anti-juifs et non pas «antisionistes». Bien sûr, des Juifs extrémistes ont aussi commis des actes de violence gratuite. Après l’agression des Etats arabes, qui suivit de façon immédiate la création d’Israël, se produisirent dans la suite des opérations militaires, des actes de violence israéliens contre des civils arabes. Un plan d’expulsion systématique à l’encontre de la population palestinienne n’a cependant jamais existé. La plupart des Palestiniens ont quitté le territoire national israélien sous pression des dirigeants arabes et à cause de leurs fausses promesses. Et quand la partie palestinienne exige un «droit de retour» global, ils devraient aussi évoquer les 800 000 Juifs chassés des Etats arabes et intégrés dans l’Etat juif!

Plutôt que de se perdre dans ce genre d’imputations, l’Occident devrait enfin ouvrir les yeux sur les immenses et impressionnantes réalisations d’Israël. Loin de se cloisonner devant les menaces du Moyen-Orient et de se scléroser dans la paranoïa, comme les critiques gauchistes à l’ouverture occidentale à l’intérieur d’Israël veulent nous le faire croire, l’Etat hébreu appartient au club des nations les plus efficaces dans le domaine de l’économie.

Dans les années 90, le pays a réussi à sauter le pas d’une économie étatisée, bureaucratique et épuisée à celle d’un puissant Global Player qui possède entre autres la plus grande densité d’entreprises high-tech au monde, en dehors de la Silicon Valley. Aucun autre pays n’investit autant de moyens dans la recherche, son système de formation universitaire compte pour être le deuxième meilleur du monde. Son solide et exemplaire système bancaire a su surmonter la crise mondiale et même pendant l’année de récession 2009, où l’économie allemande s’est réduite de 5%, le pays a connu un taux de croissance de 0,7%. Pour l’année en cours, une croissance de 3,7% est attendue.

Israël a dernièrement été admis dans le cercle illustre de l’OCDE – un succès considérable que d’autres pays, comme la Russie, n’ont pas réussi à obtenir. Même confronté à une hostilité considérable dans sa région, Israël s’est développé en une des nations d’exportation les plus innovantes du monde, entretenant entre autres des relations étroites avec l’Inde, une puissance en pleine expansion. En outre, Israël a su préserver un Etat de droit et une démocratie pluraliste – même si à l’interne, la «guerre des cultures» entre laïcs et ultrareligieux s’est intensifiée. La société israélienne montre également une diversité ethnique considérable, comme on en trouve ailleurs seulement aux Etats-Unis.

Israël est un étendard, qui démontre ce qu’une démocratie libertaire peut atteindre dans les conditions les plus difficiles. Si ses voisins devaient un jour abandonner leur rejet haineux de l’Etat juif, le pays pourrait vite devenir le moteur d’une prospérité inespérée dans toute la région. L’Occident devrait donc se garder de cette tendance, provenant de fausses considérations de la part du «monde islamique», à considérer Israël comme un point noir. L’Ouest devrait offrir à Israël le soutien et la sympathie qu’il mérite eu égard  aux extraordinaires réalisations dont il fait preuve.

Copyright Richard Herzinger, Neue Zürcher Zeitung


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