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Publié par Guy Millière le 31 juillet 2010

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Ceux parmi mes lecteurs qui ne lisent pas l’anglais et qui attendent la parution de mon prochain livre, La résistible ascension de Barack Obama, peuvent d’ores et déjà trouver de multiples informations utiles dans un livre qui a été édité par les 4 Vérités. Il a été écrit par Evelyne Joslain, qui connaît bien les Etats-Unis. Il s’appelle « Obama : de la déconstruction de la démocratie en Amérique ». Il expose une thèse que, pour l’essentiel, je partage : Barack Obama n’est pas seulement le premier Président d’extrême-gauche à accéder à la Maison Blanche. Il n’est pas seulement non plus le premier Président à accéder à la Maison Blanche après avoir reçu une éducation musulmane. Il est le premier Président à se donner pour mission de changer radicalement les Etats-Unis, et, pour cela, de détruire le pays tel qu’il a existé jusque-là.  

 

Pour comprendre, dit Evelyne Joslain, il faut revenir en arrière. Les années Clinton furent des années de paix et de prospérité, mais ce n’était qu’une apparence : le terrorisme islamique se préparait et commençait à passer à l’offensive, les ingrédients qui allaient déboucher sur la bulle financière née des prêts subprime se mettaient en place et gonflaient comme un mauvais levain, une certaine extrême-gauche poursuivait sa « longue marche » et ses œuvres d’infiltration.  

 

Dès l’élection de George W. Bush, une campagne de déstabilisation et de délégitimation s’enclencha. Confronté à l’inaction des administrations Clinton contre les islamistes et à la désorganisation des services de renseignement qui l’a accompagnée, Bush n’eut pas le temps de procéder aux ajustements nécessaires avant que surviennent les attentats du onze septembre. Le reste de ses années de présidence, il dut être, comme il le déclara lui-même, un Président de guerre, et mener la guerre sur plusieurs fronts. A l’extérieur des Etats-Unis, il déploya une stratégie de recomposition du grand Moyen –Orient qui avait pour objet stratégique non seulement de vaincre l’islamo-terrorisme, mais de les priver de bases arrière et de terreau fertile en suscitant à marche forcée une réforme du monde musulman. Il se trouva contraint d’affronter aussi la division du monde occidental où des partisans de l’apaisement et de la complicité avec l’islamo-terrorisme se firent jour, Chirac, Schröder, Poutine. Il eut à batailler aussi à l’intérieur des Etats-Unis, ce qui le conduisit à renoncer à diverses réformes économiques, aux fins de ne pas exacerber la haine d’une extrême-gauche prête à tout pour le faire chuter.  

 

Au moment de l’élection de 2008, la guerre était gagnée en Irak, le front afghan stabilisé, les objectifs plus vastes dans le grand Moyen-Orient, à cause, en bonne partie, des partisans de l’apaisement et de la complicité avec l’islamo-terrorisme, n’étaient pas atteints. La bulle financière était en train d’éclater et, par un mouvement de retrait massif de fonds qui n’a pas été pleinement élucidé à ce jour, et qui eut lieu six semaines avant l’élection (je parle de ce point en détail dans mon prochain livre), déboucha sur ce qui sembla être un krach  boursier. L’extrême-gauche arrivait au terme provisoire de son travail de sape, et elle porta au pouvoir son  candidat : Barack Obama. Comme le dit Evelyne Joslain, celui-ci est « immature », mais « calculateur », et il est tout sauf « innocent ». La campagne a été entachée de multiples fraudes et d’innombrables mensonges que des médias complices n’ont pas relevé.

 

La victoire d’Obama et son arrivée à la Maison Blanche ont permis que s’enclenche le travail de destruction.  

 

Sur un plan extérieur, Evelyne Joslain dit qu’ « au lieu de s’opposer aux désordres qui pointent, Obama les appelle de ses vœux », je dirais, pour ce qui me concerne, qu’il entend qu’advienne un monde plus sûr pour les dictatures et des instances internationales corrompues et corruptrices telles que l’ONU. La politique de la main tendue à Ahmadinejad, l’abandon graduel de l’Irak et celui de l’Afghanistan, précédé d’un changement des règles d’engagement qui a conduit des dizaines de soldats à une mort qui aurait pu être évité, les désastreux accords avec la Russie, qui relèvent d’une forme de désarmement unilatéral des Etats-Unis, l’abandon de l’Initiative de défense stratégique et du programme de conquête spatiale, la Nasa se voyant donner comme objectif non d’aller vers mars, mais d’aller dérouler des tapis de prière en direction de La Mecque, la contribution à la diabolisation d’Israël, font partie d’une stratégie d’ensemble. 

 

Sur un plan intérieur, la destruction avance aussi : le gaspillage des deniers publics et la volonté d’endetter le pays aussi vite et aussi profondément que possible a commencé avec un projet de stimulation qui n’a rien stimulé du tout, s’est poursuivi avec le vote d’une loi « sur le système de santé » qui est en fait la mise en place d’un système de rationnement, de mise sous contrôle gouvernemental de seize pour cent de l’économie sans qu’une seule personne supplémentaire n’ait un meilleur accès aux soins (j’y reviens aussi dans mon prochain livre), puis s’est continué avec l’abandon quasi total du golfe de Mexique à la marée noire et l’utilisation de celle-ci pour interdire toute exploitation pétrolière offshore, ce qui achève de ruiner l’économie d’états tels que la Louisiane, le Mississipi et l’Alabama et touche fortement l’économie du Texas. La dernière loi à s’être trouvée votée est celle censée réformer le secteur financier, et c’est une « réforme » très étrange : elle ne change strictement rien aux mécanismes qui ont permis que gonfle la bulle. Elle laisse intact le système contraignant les banques à faire des prêts à des gens insolvables. Elle ne touche pas aux sociétés de refinancement hypothécaire, Fannie Mae et Freddie Mac, sociétés cautionnées par le gouvernement, et qui ont une responsabilité essentielle dans le mécanisme par lequel des prêts douteux se sont retrouvés dans des produits financiers divers. Elle crée un organisme gouvernemental destiné à surveiller l’accès au crédit des entreprises privées. Elle limite la concurrence dans le secteur financier, assurant ainsi une rente de situation aux grandes entreprises financières en place et aux grandes banques d’investissement existantes qui ont tout à gagner de voir éliminée la concurrence et à pouvoir jouer le rôle de partenaires privilégiés dans l’économie mixte qu’Obama appelle de ses vœux. Si Obama peut poursuivre sur sa lancée, dans quelques années, il faudrait parler des Etats-Unis Socialistes d’Amérique, ce qui donnerait USSA, et non plus USA.  

 

Les élections du 2 novembre seront le plus important scrutin de mi mandat depuis très longtemps. Elles concerneront les Etats-Unis mais aussi le reste de la planète. Elles diront si Obama aura la voie libre pour poursuivre la destruction ou si la voie pour lui commencera à se fermer. Même si la voie commence à se fermer, il n’aura, pour autant, pas dit son dernier mot. Hillary Clinton, au temps de l’affaire Lewinsky, parlait d’une «vaste conspiration de droite » contre son mari. Nous sommes face à une vaste entreprise d’extrême-gauche qui n’est pas une conspiration, mais une opération néanmoins délétère, dont fort peu de gens en Europe ont pris la mesure.  

 

Guy Millière 

 

Evelyne Joslain, Obama : de la déconstruction de la démocratie en Amérique, Les 4 Vérités éditions, 2010, 274p., 22 €

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