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Publié par Guy Millière le 2 septembre 2010

Il est des nouvelles auxquelles on voudrait ne pas croire. Elles n’en sont pas moins exactes. Une enseignante, professeur d’histoire dans un lycée de Nancy, a été suspendue de ses fonctions. Pour avoir, dit l’Education nationale « manqué à ses obligations de neutralité et de laïcité ». Et en quoi a consisté ce manquement : en le fait d’avoir organisé des voyages d’élèves à Auschwitz, et en le fait d’avoir utilisé le mot shoah.

L’affaire commençant à faire du bruit, le Rectorat a publié un communiqué disant qu’il s’agit d’un « dossier relevant de la problématique générale de l’organisation des voyages scolaires ». Qu’en termes élégants ces choses là sont dites. On apprend un peu plus loin que l’enseignante n’aurait pas respecté non plus son « devoir de réserve ». De quoi peut-il s’agir ? Aurait-elle montré de l’émotion en évoquant les six millions de Juifs morts dans le cadre de ce que les nazis avaient appelé la « solution finale ». Comment ! Montrer de l’émotion ? Allons donc. Un professeur doit rester neutre. Totalement neutre. On peut même se demander si, dans le cadre d’un cours d’histoire, un professeur peut dire qu’Hitler était un être abject. Parler d’abjection, c’est un jugement moral. Ce n’est pas neutre. Cela équivaut à manquer au devoir de réserve.

Si un professeur d’histoire disait en supplément que la police française avait raflé des Juifs et qu’elle s’était déshonorée, il manquerait vraiment à son « devoir de réserve », sans doute. Et il manquerait incontestablement à ses obligations de neutralité.

Je ne dis pas du tout que c’est ce qu’a fait cette honorable dame.

Ce que je dis, par contre, est que le simple fait de faire ce genre de reproches à une enseignante sur un sujet comme celui-là me semble extrêmement suspect et très dégradant pour l’Education Nationale. Tout particulièrement dans un contexte où l’antisémitisme remonte en France sous de multiples formes et de multiples vêtements.

Ce que je tiens à souligner est que depuis des années, et depuis la parution d’un livre appelé « Les territoires perdus de la République », on sait que l’enseignement de la shoah et de l’extermination des Juifs d’Europe est de plus en plus difficile à assurer dans un nombre croissant d’établissements.

Ce que je note de façon régulière est que, lors des commémorations de la shoah, on lit dans les courriers envoyés  à la presse des remarques de plus en plus nauséabondes, qu’on retrouve aussi dans les courriers concernant Israël, qui est de moins en moins traité dans les médias français comme un Etat normal, et de plus en plus comme un Etat dont il semblerait qu’il faut souhaiter la disparition dans une sorte de solution finale des problèmes du Proche-Orient.

Ce que je sais, pour l’avoir vécu personnellement, c’est que parler de la shoah sans employer de circonlocutions débouche assez vite en France sur des remarques, voire, lorsqu’on travaille dans l’enseignement ou dans des secteurs culturels sur des brimades, voire sur des exclusions qui rappellent de très mauvais souvenirs.

La moindre des choses à mes yeux, vraiment la moindre, serait que le Ministère de l’Education Nationale revienne sur ses décisions au plus vite, et le fasse par un communiqué d’excuses officiel.

Je n’ai pas noté que l’enseignante en question est juive. L’avocat qu’elle a chargée du dossier l’a fait : « La faute que l’enseignante a commise n’est-elle pas d’être juive ? ». La question mérite d’être posée.

Elle doit être posée. Impérativement.

Guy Millière


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