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Publié par Guy Millière le 6 septembre 2010

 

 

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A la fin du dernier livre que j’ai consacré aux années de la présidence Bush (« L’Amérique et le monde après Bush »), j’évoquais l’hypothèse d’une élection de Barack Obama. Je notais que, même si, par malheur, il était élu, Barack Obama ne serait pas Président des Etats-Unis. 

 

Nous sommes dans cette situation, incontestablement.  

 

Barack Obama a été élu. Et il n’est pas Président des Etats-Unis. Il s’imagine Président d’autre chose, un pays qu’il serait parvenu à remodeler et à transformer en un pays socialiste à l’européenne, et comme le remodelage et la transformation ne se font pas comme il le souhaiterait, il regarde la réalité de loin. Avec dédain. Avec une certaine arrogance.  

 

Un nombre croissant d’Américains perçoivent, comme c’était prévisible, le dédain et l’arrogance : plus encore, ils perçoivent qu’ils ont été trompés.  

 

Il manque à Barack Obama aujourd’hui ce côté affable et hâbleur que pouvait avoir Bill Clinton, et qui faisait que, malgré ses roueries et son irresponsabilité dans de multiples domaines, même ceux qui ne l’appréciaient pas pouvaient lui trouver un certain charme et lui pardonner un peu ses fautes, quand bien même elles ont eu des conséquences graves, puisque c’est sous Clinton qu’al Qaida a pu organiser ses diverses sessions d’entraînement dans les montagnes afghanes et préparer les attentats du onze septembre 2001.  

 

C’est pour cette raison, je pense, que se produit en ce moment un phénomène auquel je m’attendais, mais qui se produit bien plus rapidement que je ne l’aurais imaginé.  

 

George Walker Bush n’est pas encore tout à fait entré dans l’histoire, même s’il s’en approche, mais, pour une part croissante du peuple américain, il n’est plus le Président mal aimé, et il n’est plus l’homme qui correspondait à une page qu’on entend tourner. Il est, et les Européens qui ont tant aimé le détester vont devoir se confronter aux faits, un Président vis-à-vis duquel se manifeste une nostalgie croissante. 

 

Des panneaux publicitaires sont apparus en divers endroits du pays voici deux mois sur lesquels il était écrit : « Miss me yet ? ». Est-ce que je vous manque déjà ?  Ils étaient significatifs. Des sondages ont été réalisés depuis dans plusieurs Etats, imaginant l’hypothèse d’une élection opposant Bush et Obama : les résultats ont tous été sans appel. Bush l’emporterait de manière écrasante.  

 

Ceux qui en Europe voudraient comprendre, dirai-je, devraient commencer à regarder Obama tel qu’il est, et non pas tel qu’ils s’obstinent à l’imaginer et à le fantasmer.  

 

Ils devraient se donner les moyens de connaître davantage les Etats-Unis, et, pour cela, sortir des lieux qui sont ceux qu’ils fréquentent le plus volontiers parce qu’ils y trouvent non pas les Etats-Unis mais une fraction de bourgeois bohèmes qui se rattachent plus ou moins à ce que Tom Wolfe a appelé la gauche de Park Avenue : Manhattan, Boston, Washington D.C., San Francisco.


Ils devraient aller vers le pays intérieur, parler avec des gens qu’ils rencontreraient dans des cafés le long des routes ou dans des villes plus petites ou dans les banlieues où vit l’essentiel de la classe moyenne qu’on rencontre dans les tea parties.  

 

Ils discerneraient ce qui différenciait Bush d’Obama.  

 

Bush, lui, était Président des Etats-Unis au sens où il aimait les Etats-Unis tels qu’ils sont et non tels qu’il voudrait qu’ils soient. Et la grande majorité des Américains préfèrent avoir à la Maison Blanche un Président qui aime les Etats-Unis.  

 

Bush était simple, sincère, éloigné de toute forme de dédain et d’arrogance, imprégné de bonté : ce sont des qualités qui ne plaisent pas à la gauche de Park Avenue, et c’est pour cela qu’elle a traité Bush d’imbécile. Ce sont des qualités qui plaisent aux Américains de l’Amérique intérieure. En me rendant à Crawford, dans l’unique restaurant de la ville, les propriétaires de l’établissement m’ont parlé de Bush avec affection. Une photo le montre en train de servir lui-même des cheeseburgers à une table : il ne joue pas la comédie. Je n’imagine pas Obama dans ce genre de position. La gauche de Park Avenue ne l’imagine pas non plus : elle l’imagine très bien, par contre, dans un salon de Manhattan racontant ses expéditions d’agitateur social chez les prolétaires des quartiers Sud de Chicago.  

 

Bush se rendait souvent à  son ranch, et pouvait monter des chevaux et couper du bois. Je n’imagine pas Obama dans un ranch, à cheval, et en train de couper du bois.  

 

Bush a été critiqué  pour sa gestion de l’après Katrina à New Orleans : les Américains peuvent voir que, par comparaison, Bush s’est impliqué dans l’après Katrina autant qu’il l’a pu. Ils ont pu faire la comparaison avec Obama venant quelques instants sur les côtes touchées par le pétrole s’échappant d’une plateforme pétrolière détruite dans le golfe du Mexique.  

 

Bush butait parfois sur un mot, mais il n’avait pas besoin de l’omniprésence de téléprompteurs pour parler à ceux à qui il s’adressait.  

 

Bush n’a pas eu à limoger de général, très simplement parce que ses rapports avec l’armée étaient des rapports de respect mutuel : après la tuerie de Fort Hood, c’est Bush, sans caméras, qui est venu immédiatement réconforter les blessés. Obama n’a pas interrompu ses activités, et n’est venu que pour une heure, trois jours plus tard, prononcer un discours préfabriqué dans lequel il disait qu’il ne comprenait pas ce qui avait pu pousser un type qui faisait des proclamations islamistes à tirer sur d’autres gens.  

 

Sous Bush, la guerre en Irak a été menée jusqu’à ce que le terrorisme soit vaincu, et l’Afghanistan était stabilisé : faut-il insister sur ce qui se passe sous Obama ? 

 

Avec Bush, Israël avait un ami à la Maison Blanche : avec Obama ? Dois-je insister là encore ?  

 

Certains ont reproché  à Bush d’avoir laissé le déficit budgétaire se creuser : avec Obama, le déficit s’est en une seule année multiplié par huit.  

 

Bush avait baissé les impôts et comprenait les principes de base de l’économie de l’offre. Des entreprises se créaient, le chômage se situait entre 5,5 et 6%. Obama ne comprend que l’économie selon Keynes et encore, je fais presque injure à Keynes en écrivant cela. Les entreprises sont face à un tel horizon d’incertitude qu’elles n’embauchent pas. Le chômage est alentour de dix pour cent.  

 

Dois-je l’ajouter : je n’imagine pas un seul instant Laura Bush louer l’intégralité d’un palace cinq étoiles en Espagne pour prendre des vacances avec une cinquantaine de courtisans et autant de gardes du corps en un temps où des millions de gens aux Etats-Unis ont du mal à boucler leurs fins de mois.  

 

Et je n’imagine pas George Bush faisant redécorer le Bureau ovale pendant ses vacances et montrer ensuite au bas peuple à quel point son nouveau bureau est élégant.  

 

Je ne fréquente, il est vrai, pas assez la gauche de Park Avenue pour déchiffrer à quel degré ces comportements sont de gauche.  

 

Voici quelques jours, Obama a, sans la moindre élégance, pris à son compte la stabilité  dont il a hérité en Irak, sans remercier une seule seconde son prédécesseur et sans avoir rappelé qu’il n’avait cessé, lui, Obama, de pratiquer un défaitisme effréné qui explique la défiance dont il jouit parmi les militaires : et tout en prenant la stabilité obtenue par son prédécesseur à son compte, il s’est empressé d’abandonner le terrain, et de donner en prime aux talibans les dates auxquelles il abandonnerait l’Afghanistan aussi. L’Iran ? Obama n’en a pas parlé : le mot n’était pas écrit sur l’écran des téléprompteurs.


Le thème de campagne d’Obama ces derniers temps : si ce que je fais ne marche pas, c’est de la faute de Bush. Ce thème fait, à une majorité d’Américains, l’impression d’écouter un disque rayé.  

 

Je comprends pourquoi cette même majorité d’Américains regrettent l’époque où il y avait un Président des Etats-Unis à la Maison Blanche.


Guy Millière

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