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Publié par Guy Millière le 8 septembre 2010

 



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Il est des jours où j’ai du mal à regarder le journal télévisé français. A vrai dire, c’est de plus en plus fréquent. Il y a de nombreuses années maintenant que je n’en tire plus la moindre information et que je ne le regarde plus que pour voir à quel degré les faits seront déformés ou omis.

 

Lorsqu’il s’agit du Proche-Orient, c’est en général un vrai festival d’antisémitisme à la mode contemporaine, et si je ne connaissais pas Israël, j’en déduirais que c’est un pays abominable empli de gens qui ne rêvent que de tuer le plus grand nombre d’Arabes possible. Lorsque, comme voici quelques jours, des terroristes tuent des Juifs, le mot « terroriste » n’est pas prononcé, bien sûr : on parle d’« activistes », de « militants ». Quand bien même le Hamas se revendique explicitement de l’Islam radical, le mot islam n’est, en général pas prononcé lorsque le sujet est abordé.

 

Lorsqu’il s’agit des Etats-Unis, Obama est toujours présenté comme un homme bon, intelligent, clairvoyant, faisant le bien. Les Républicains, eux, sont présentés comme d’odieux pervers. Quant aux membres des Tea Parties, ils sont décrits comme d’« extrême-droite », bien sûr. Et les images offertes aux spectateurs ne montrent que des blancs. Un caméraman français qui filmerait des Asiatiques, des Hispaniques ou des Noirs dans une Tea Party serait, sans doute, sévèrement réprimandé et se verrait dire qu’il y a des choses qu’on ne montre pas.

 

Lorsqu’il s’agit du reste du monde, on pourrait déduire aisément que tout va bien dans l’ensemble. Il faut que le téléspectateur puisse s’endormir satisfait, tranquille, ou inquiet seulement concernant les sujets qui doivent véritablement l’inquiéter.

 

Lesquels ? Le dérèglement climatique, voyons : très pratique cette expression. Bien plus pratique que « réchauffement global » qui est nettement passée de mode. Avec le « dérèglement climatique », on gagne à chaque fois : qu’il pleuve ou non, qu’il fasse chaud ou qu’il fasse froid. Le climat n’ayant rien d’un métronome, on pourra toujours dire qu’il est déréglé, que tout est dans tout, et inversement. Dès lors que de nombreux scientifiques sont rémunérés pour dire que le climat se dérègle, ce qui est bien plus lucratif que dire la vérité, on trouvera toujours quelqu’un à interviewer.

 

Quels autres sujets encore ? Eric Woerth, bien sûr ! Bien que ne connaissant pas Eric Woerth personnellement, ou très peu (je l’ai croisé dans les coulisses d’une station de radio où j’étais invité voici deux ou trois ans, et nous avons échangé quelques mots), j’éprouve une sympathie grandissante pour lui, comme pour tous ceux contre qui se déchaîne une meute imbécile.

 

Et puis ? Liliane Bettencourt, bien sûr. Et bien que ne connaissant pas du tout cette dame, elle a aussi toute ma sympathie. Il y a une forme d’héroïsme pour des gens fortunés à rester dans un pays où l’envie la plus bilieuse et le ressentiment le plus aigre peuvent aussi aisément se donner libre cours. En France, les seules personnes dont la richesse est acceptable et n’est pas présentée comme obscène entre vingt heures et vingt heures trente sont les gagnants du loto, les stars de cinéma, et ceux qu’on appelle de ce mot pour crétin moyen, les people (prononcez pipeul) : des gens qui sont connus parce qu’ils sont connus et qui, si on leur offre un micro diront ce qu’il faut dire : qu’ils sont pour la paix et contre la guerre, pour le beau temps et contre la pluie, et pour la bonne santé de préférence (encore que le mot préférence comporte trop de syllabes pour être assimilable par leurs neurones).

 

Hier, bien évidemment, le grand sujet était la réforme des retraites et les manifestations organisées par les syndicats et la gauche. Le niveau des discours de Martine Aubry et des syndicalistes pouvait donner à penser que les people (n’oubliez pas de prononcer pipeul) seraient dignes de diriger le Parti Socialiste ou la CGT s’ils en avaient le temps entre deux photos et trois rails de coke. Le Parti Socialiste est contre la réforme, bien sûr, « injuste » puisqu’elle vient du gouvernement, et pour le maintien de la retraite à soixante ans. Bernard Thibault a des positions semblables. Plus d’un million de personnes sont descendues dans les rues, et certains, pour être sûr que leurs rejetons seront aussi abrutis qu’eux-mêmes, avaient amenés leurs enfants.

 

Au moment de l’élection de François Mitterrand, en 1981, j’avais écrit un petit texte disant que, si lorsque les troupes américaines avaient débarqué en France pour mettre fin à la guerre, qui n’en finissait pas, et dans laquelle l’Europe s’est suicidée, à partir de 1914, un général avait dit, en souvenir d’un Français vis-à-vis duquel les Américains ont toujours manifesté de la gratitude, « Lafayette nous voilà », les socialistes arrivant au pouvoir pourraient dire, eux, « la faillite nous voilà ».

 

Et, de fait, ceux qui défilaient dans les rues auraient pu en faire leur mot d’ordre. Ils sont les enfants de la faillite, et ils légueront la faillite à ceux qui les suivront, qui pourront bien manifester sans que cela change à la situation économique et financière désastreuse du pays.

 

Il ne faut pas compter sur le Parti Socialiste ou sur les syndicats pour être autre chose que des analphabètes en matière d’économie. Il ne faut pas non plus compter sur ceux qui travaillent à fabriquer les journaux télévisés pour disséminer autre chose que davantage d’analphabétisme encore.

 

La réforme conçue par le gouvernement est un rafistolage pusillanime. Ce rafistolage pusillanime semble déjà beaucoup trop à la gauche française. Ceux qui comprennent quelque chose à l’économie savent que le système de retraites français est condamné à la banqueroute, et ce depuis plus de vingt ans, mais qui va écouter des gens qui comprennent quelque chose à l’économie ? Pour le moment, on paie par l’endettement. Quand l’endettement atteindra un niveau qui poussera les financiers internationaux à siffler la fin de la récréation, la France glissera vers une situation qui pourrait ressembler à celle de la Grèce, qui s’enfonce inexorablement, sans que plus personne n’en parle, parce qu’il n’y a pas d’émeutes pour le moment, et plutôt une dépression nerveuse collective.

 

Puisque je vais bientôt reprendre mes cours à l’université, je vais, si j’aborde le sujet, devoir dire à mes étudiants que s’ils travaillent, les cotisations de retraite prélevées sur leur salaire paient les pensions de ceux qui sont à la retraite aujourd’hui, et que lorsqu’ils auront l’âge d’être à la retraite eux-mêmes, ils ne toucheront rien. Mais ai-je besoin de leur dire ? Ils le savent déjà pour la plupart. Les plus audacieux envisagent de partir au Canada ou en Australie. Les autres savent qu’après l’université viendra pour eux le temps du RMI devenu RSA. Revenu de solidarité active.

 

Un gouvernement courageux dirait que les caisses sont bien davantage que vides, qu’après avoir touché le fond, on creuse ce qui ressemble à une grande tombe où enterrer le pays. Un gouvernement courageux aurait déjà pris des mesures d’urgence en 2007. Au lieu de cela, il a été question d’ « ouverture », de « Grenelle de l’environnement » et de je ne sais quelles autres âneries. Aujourd’hui, il est trop tard. Le rafistolage passera peut-être. Les socialistes promettront la semaine des quatre jeudis, et ils trouveront des électeurs. Sarkozy, je l’ai dit, n’a la moindre chance d’être réélu que si ses adversaires sont plus nuls que lui, ce qui, vu le niveau actuel n’est pas impossible. Dans le moyen terme, la France sera pauvre, déchirée, et (dois-je l’écrire encore ?), islamisée.

 

Un autre sujet de journal télévisé ? Le ramadan, bien sûr ! Toute la France semble faire ramadan quand elle ne va pas manifester. Et ceux qui ne font pas encore ramadan sont presque incités à le faire. Le 3 septembre, Nicolas Sarkozy a prononcé un beau discours de ramadan, dont j’aurai l’occasion de reparler. Le lendemain, le 4 septembre, des manifestations étaient censées avoir lieu pour défendre la laïcité : elles ont attiré fort peu de monde, et je crains que ce ne soit logique. Ceux qui font ramadan sont jeunes et incarnent le futur. Ceux qui défendent la laïcité sont vieux et incarnent le passé. Ils incarnent un pays quasiment révolu, je l’écris avec peine, mais je l’écris.

 

 

La fin du ramadan tombera cette année un onze septembre. Les associations musulmanes demandent, semble-t-il, des protections policières pour que l’égorgement au couteau de millions de moutons dans des scènes de barbarie qu’il faudrait, me dit-on, respecter, se passe dans le calme. Que craignent-ils ? Que s’est-il donc passé un onze septembre ? Ah oui ! Des gens qui n’étaient pas du tout musulmans ont détourné des avions et ont contribué, comme dirait l’occupant de la Maison Blanche, à achever quelques-uns des plus hauts immeubles des Etats-Unis. L’Occupant de la Maison Blanche a d’ailleurs fait savoir qu’il ne participerait à aucune commémoration de ce que d’aucuns osent, par pure islamophobie, appeler attentats islamistes du onze septembre. Il a sans doute d’autres choses plus importantes à faire ce jour là.

 

Au journal télévisé du onze septembre, on verra, je le sais d’avance, de gentils musulmans avec de gentils moutons. On ne montrera pas les animaux saignés à blanc. On n’enregistrera pas les cris de ceux qu’on saigne. Cela donnerait des indigestions aux téléspectateurs. Il faut, ai-je dit, que les téléspectateurs puissent s’endormir satisfaits, tranquilles. L’islamisation du pays, cela se prépare. La faillite, cela se prépare aussi.

 

Guy Millière

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