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Publié par Guy Millière le 19 septembre 2010

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Petit à petit, la doctrine Obama produit ses effets sans que quiconque, de ce côté de l’Atlantique semble s’en apercevoir. Le retrait des forces armées d’Afghanistan reste programmé pour juillet 2011, et les dirigeants talibans, par delà les élections qui viennent d’avoir lieu, s’apprêtent à reprendre tout ou partie du pouvoir. Au Pakistan voisin, on parle toujours davantage de coup d’Etat militaire. L’Iran, malgré des troubles intérieurs, continue à avancer vers l’arme nucléaire. Au Proche-Orient, pendant qu’on contraint Netanyahu à mener des négociations dont chacun sait qu’elles échoueront et qu’on fera, alors, retomber la faute sur Israël, on signe un contrat de livraison d’armes sans précédents avec l’Arabie Saoudite, et le détail des armes fournies montre que nombre de celles-ci ne seront pas destinées à endiguer l’Iran, mais pourraient servir d’autres finalités. On prétend combattre al Qaida en Asie centrale, et on fait comme si on ne voyait pas que les bases d’al Qaida sont aujourd’hui au Yemen et en Afrique subsaharienne. Et puis, surtout, on regarde passivement dériver la Turquie.

 

Le résultat du référendum qui s’est tenu en ce pays voici une semaine a été commenté, un peu, et présenté comme un « revers » pour l’opposition laïque et une victoire pour Erdogan et pour la « démocratie ». Le commissaire européen en charge de l’élargissement s’est, même « félicité » et a osé dire que la Turquie avait fait un pas vers ce qui pourrait permettre son adhésion à l’Union Européenne. A la prochaine victoire d’Erdogan, faudra-t-il en déduire qu’un pas de plus vers l’adhésion sera franchi ? Le pas ultime permettant l’adhésion pleine et entière sera-t-il effectué quand sera proclamée officiellement la république islamique de Turquie ? A ce moment-là, l’Union Européenne, UE, sera-t-elle arrivée à un point de maturation qui en ferait l’antichambre de l’UIE, Union Islamique Européenne ? Il suffirait, pour parachever l’ensemble, de faire entrer quelques pays « méditerranéens » pour ensuite, pourquoi pas, demander à ce que l’Union aie un strapontin à l’Organisation de la Conférence Islamique.

 

De fait, le référendum dont le commissaire européen à l’élargissement se félicite, aussi « démocratique » soit-il, vient de faire tomber quelques-uns des garde-fous essentiels qui préservaient la Turquie du risque de devenir un pays pleinement islamiste. En portant le nombre de membres de la Cour Constitutionnelle, gardienne des institutions, de 11 à 17 membres, et en faisant que les six membres supplémentaires soient nommés par le président de la République, membre du même parti qu’Erdogan, se trouve accéléré le glissement de cette instance vers le parti au pouvoir, et il serait très surprenant que les membres nouvellement nommés ne soient pas des islamistes. Le Conseil supérieur de la magistrature, qui nomme les juges et les procureurs, passe lui-même sous l’autorité de la présidence et du bureau du Premier ministre : et il serait étonnant que les juges et procureurs nommés dans les prochaines mois ne soient pas eux-mêmes inféodés au président et au Premier Ministre. L’indépendance de la justice turque était déjà fortement remise en cause : il n’en restera bientôt, sans doute, qu’un souvenir. Le Parlement se voit doté du droit de dissoudre les partis politiques, et le Parlement turc est aux mains du parti d’Erdogan, bien sûr. Les militaires, qui ne relevaient jusqu’à présent que de la justice militaire, vont pouvoir se voir traînés devant les tribunaux civils : lorsqu’on sait que l’armée a été la gardienne des institutions kemalistes jusqu’à ce jour, on discerne que celles-ci ne tiennent plus qu’à un fil. La Turquie est un pays doté d’entrepreneurs nombreux et puissants qui, pour nombre d’entre eux, ont soutenu le parti d’Erdogan à une époque où celui-ci prenait des allures modérées et semblait, surtout, vouloir lutter contre la corruption et redonner du dynamisme à l’économie. Aujourd’hui qu’Erdogan rajoute à la lutte contre la corruption et à la dynamisation de l’économie des dimensions beaucoup moins séduisantes, nombre d’entrepreneurs sont réticents : Erdogan les menace et entend les faire marcher au pas. Le Tusiad, principale organisation patronale du pays ne voulant pas soutenir le référendum, Erdogan a menacé de la dissoudre. De lourdes amendes ont frappé ces derniers mois les médias critiques du gouvernement, comme s‘il s’agissait de les éliminer. Diverses entreprises, dont les dirigeants ne semblaient pas assez islamiquement corrects, ont fait l’objet de harcèlements fiscaux et été placées face à des « offres » qu’elles ne pouvaient pas refuser.

 

Comme si tout cela n’était pas suffisant, Erdogan a proclamé son intention de renforcer les liens commerciaux avec l’Iran, et les partenariat économiques Ankara-Téhéran. L’Iran appréciant les bons procédés d’Erdogan, lui a promis une aide financière destinée à payer la prochaine campagne du parti d’Erdogan, l’AKP, d’ores et déjà assuré de l’emporter aux élections de juillet 2011, et qui devrait ainsi disposer des moyens de transformer sa victoire en triomphe écrasant. Une partie de l’aide financière ira, bien sûr, à ce mouvement « humanitaire » appelé l’IHH (Insani Yardim Vakfi), qui avait affrêté, voici quelques semaines, le Mavi Marmara, ce bateau rempli de gentils pacifistes criant Allahou Akbar et prêts à mourir en martyrs, pourvu qu’ils puissent tuer au passage quelques Juifs israéliens.  

 

Pendant ce temps, tout va très bien. La France de gauche se mobilise contre une minuscule réforme des retraites censée entrer en vigueur en 2018. Les tea parties sont présentées plus que jamais comme un horrible mouvement « ultra-conservateur » qui pourrait nuire au si merveilleux quarante quatrième Président des Etats-Unis. Ce qui est censé faire peur est un pasteur de Floride qui a menacé de brûler le Coran mais ne l’a pas fait. Geert Wilders est présenté comme un vil « populiste islamophobe » qui a tort, bien sûr de parler  de djihad, alors que, bien entendu, chacun sait que tous les musulmans sont aussi paisibles que les hippies des années 1960 à San Francisco. Je suis, bien entendu le seul à parler en France de la doctrine Obama.

 

Serais-je aussi le seul à avoir lu l’intégralité du discours d’Obama à Ankara lors de sa visite en Turquie et à y avoir vu un feu vert pour l’islamisation ouverte de la Turquie ? Il m’arrive de le penser. Je dois aussi être le seul à avoir écouté les discours successifs d’Obama sur les divers pays du Moyen Orient, du Pakistan au Liban.

 

Je sais, bien sûr, les journalistes des grands médias sont tellement occupés à se prosterner devant Obama qu’il ne leur reste plus de temps pour lire et écouter ses discours, ou pour en comprendre le sens.

Guy Millière

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