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Publié par Michel Garroté le 21 septembre 2010

 

Maintenant, la parole est à Ingrid Betancourt

Par Michel Garroté depuis Jérusalem

Jérusalem – Mardi 21 septembre 2010 – 13 Tishri 5771 – Le livre témoignage (*) d’Ingrid Betancourt sort, aujourd’hui, mardi 21 septembre 2010, en langue française, dans les librairies.

Reprenons depuis le début. Durant la dernière année de sa captivité et depuis sa libération, Ingrid Betancourt a fait couler et fait encore couler énormément d’encre. Loin de mettre fin à la saga médiatique, la libération d’Ingrid Betancourt a, tout au contraire, continué de défrayer la chronique et d’alimenter la rumeur. Ingrid Betancourt, véritable icône durant sa captivité et lors de sa libération est aujourd’hui devenue une authentique énigme. Et l’air de rien, certains médias font même tout pour discréditer celle qu’ils avaient pourtant  idolâtrée avec démesure.

Que se passe-t-il donc chez certains journalistes pour qu’ils virent à 180° ?  Les conditions de la libération d’Ingrid Betancourt ne correspondaient peut-être pas à leurs fantasmes progressistes. Ainsi par exemple, ces quelques médias qui assimilaient et assimilent toujours les narcoterroristes farcistes (Farc) à des guérilleros marxistes. Ces quelques médias qui auraient tant désiré qu’Ingrid Betancourt soit libérée dans le cadre d’un accord tripartite entre l’omniprésident Sarkozy, le caudillo autocrate vénézuélien Hugo Chavez et les psychopathes des Farc. Ces quelques médias qui n’ont pas supporté qu’Ingrid Betancourt soit libérée par les Forces armées colombiennes.

Ces quelques médias qui n’ont pas digéré que les préparatifs logistiques de la libération aient été préalablement mis au point par des experts israéliens. Ces quelques médias qui n’ont pas du tout apprécié la foi d’Ingrid Betancourt. Ces quelques médias qui ont fait une crise d’urticaire lorsqu’Ingrid Betancourt s’est mise à prier, à genoux, sur le tarmac, avec les soldats des Forces armées colombiennes qui l’avaient libérée. Ces quelques médias qui ont vu rouge lorsqu’Ingrid Betancourt a remercié le président colombien Uribe et l’armée colombienne.

Pire, peu après sa libération, Ingrid Betancourt et son mari, Juan Carlos Lecompte ont divorcé. Juan Carlos Lecompte a écrit un livre sur ce divorce. Quelques médias ont complaisamment interviewé Juan Carlos Lecompte. Quelques médias ont fait l’éloge du livre de Juan Carlos Lecompte, à charge d’Ingrid Betancourt et à décharge de Juan Carlos Lecompte. Lui qui allègue maintenant, à l’inverse de ce qu’il affirmait auparavant, que son ex-femme était détenue dans de bonnes conditions et qu’elle a été libérée grâce à une rançon. Comme par hasard, ces allégations, au-delà d’Ingrid Betancourt, salissent le président colombien Uribe ainsi que les Forces armées colombiennes. Quelques médias, ulcérés par le succès d’Uribe et de son armée, garderaient-ils rancune et exerceraient-ils vengeance ? Quoi qu’il en soit, entre hier soir et ce matin, la plupart des médias se sont concentrés, essentiellement sur le livre ;  et marginalement sur les polémiques.

Ainsi, sur cnw.ca, on peut lire :  « Ingrid Betancourt raconte son enlèvement, ses évasions ratées, les humiliations  permanentes, la promiscuité, les conflits entre  prisonniers, les  joies inattendues, les amitiés nouées malgré l'enfer de la captivité, les défenses forgées pour ne pas sombrer. Récit intime d'une aventure qui ne ressemble à aucune autre, voyage hanté, palpitant du début à la fin, c'est aussi une méditation sur la condition des damnés :  comment rester humain quand tout bascule ? ».

Sur lepoint.fr, Ingrid Betancourt déclare (extraits) :  « Au départ, il y a eu cette espèce de force de me dire que je ne pouvais pas me laisser abattre. Le concept de dignité était très flou, mais présent », précise-t-elle, parlant de « cruauté », et « d'avilissement » pendant sa captivité. Après, « il y a eu Dieu. L'idée que ça n'était pas une coïncidence, qu'il y aurait des réponses ». Ingrid Betancourt raconte également à quel point l'amour de ses enfants et de sa mère a joué. « Toute seule, je n'aurais pas été capable », reconnaît-elle, avant d'envoyer un message d'espoir à toutes les personnes actuellement retenues à travers le monde. « À ces otages, je leur dis d'avoir la foi, à leurs familles, qu'elles sachent qu'ils vont revenir. À nous tous, de ne pas les oublier, de parler d'eux, de ne pas les laisser mourir. C'est dans notre douleur que nous pouvons faire qu'ils ne soient pas oubliés ».

Sur lexpress.fr, on peut lire (extraits) :  « l'ex-candidate à la présidentielle colombienne ne semble pas régler ses comptes. Ingrid Betancourt tente surtout d'apporter un nouvel éclairage sur l'organisation des Farc et sur les conséquences de la détention sur chaque individu. Et livre les détails les plus durs de sa détention. Enchaînée, violentée et abusée sexuellement, Ingrid Betancourt écrit: "Je me sentais prise d'assaut, partant en convulsions. Mon corps et mon cœur restèrent gelés pendant le court espace d'une éternité. Mais je survivais", dit-elle ».

Sur lejdd.fr (extraits) :  « "Nous étions condamnés à la peine la plus lourde qu'on puisse infliger à un être humain, celle de ne pas savoir quand elle prendrait fin". C'est ainsi qu'Ingrid Betancourt résume ses six ans et demi de captivité. Invitée du JT de TF1 lundi soir, l'ancienne otage a dit avoir tenu grâce à la foi, à l'amour de ses proches et au soutien de ses camarades d'infortune. "Il y avait la force de se dire 'je ne peux pas me laisser tomber' et la dignité comme réponse à l'humiliation, la cruauté et l'avilissement", a-t-elle expliqué sur la première chaîne. Elle évoque aussi les tensions au sein du groupe d'otages, dont ses relations avec son ancienne directrice de campagne, Clara Rojas, dont elle a, pendant de longs mois, partagé la cage. Libérée le 10 janvier 2008, cette dernière a depuis multiplié les critiques à l'encontre de la Franco-colombienne. "Il fallait être très fort pour ne pas se soulager des constantes humiliations des gardes en humiliant à son tour celle qui partageait votre sort", écrit-elle. "Nous avions des caractères différents", a-t-elle encore expliqué sur TF1. Mais l'ex-otage dit aussi ne vouloir retenir que "l'histoire de la fraternité qui a fait de cette période de [sa] vie un grand apprentissage". "Mes compagnons d'infortune ont parfois été difficiles mais ils ont été mes anges, ils m'ont permis de regarder vers le ciel, ils m'ont sortie de la boue", a-t-elle déclaré, estimant que toute seule elle n'aurait pas été capable de s'en sortir. Dans son livre, Ingrid Betancourt évoque enfin sa foi, qui lui a valu de nombreuses railleries après sa libération, le 2 juillet 2008. Elle écrit :  "Je n'avais jamais vraiment lu la Bible, j'avais une foi de famille, d'éducation. Quand on la lit vraiment, on voit que de ces voix différentes qui parlent sort une voix unique. Cette lecture a changé mon rapport à la foi et, aujourd'hui, il y a, dans mes journées, un temps important pour ce rapport avec Dieu, essentiel. Il y avait l'idée que ce n'était pas une coïncidence, qu'il y avait une raison à ce qu'il m'arrivait, quelque chose de supérieur. Même si je ne comprenais pas, je savais qu'il y aurait une réponse" ».

De Jérusalem, Michel Garroté pour http://drzz.info/

* « Même le silence a une fin », Ingrid Betancourt, éditions Gallimard, 700 pages, 24,90 euros.

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