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Publié par Michel Garroté le 9 octobre 2010

 

Jacques Maritain, mon frère aîné dans le sionisme catholique

Par Michel Garroté

Samedi 9 octobre 2010

Je reproduis, ci-après, quelques extraits, adaptés par mes soins, d’un article paru dans « Un écho d’Israël » (cf. lien vers la source en bas de page), article qui mentionne le penseur catholique judéophile Jacques Maritain. Jacques Maritain que j’ai l’habitude de surnommer « mon frère aîné dans le sionisme catholique » : « Reconnu en Europe et aux Amériques comme le représentant le plus éminent de la pensée catholique au 20ème siècle, Jacques Maritain [1882-1973] fut, par ses engagements les plus variés, constamment présent aux grands débats de son temps. Traduit en plusieurs langues, son maître livre ‘Humanisme intégral’, a jeté les bases d’une nouvelle chrétienté, non plus ’sacrale’ comme au Moyen-Age, mais ’profane’ et ouverte aux valeurs du monde moderne. Le jour de sa mort, son ami, le pape Paul VI, dira de lui : “Il fut un maître dans l’art de penser, de vivre, de prier”. A cet égard, une anecdote survenue durant la visite de ce pape en Inde ne manque pas d’être éclairante. En effet, au cours d’un entretien particulier avec le Président Shastri, Paul VI fut ému de l’entendre dire en toute simplicité ‘Mon maître à penser, c’est Jacques Maritain !’, car il aurait pu faire le même aveu.

Etant donné ses prises de position face au déferlement du Nazisme, outre-Rhin, il n’est pas surprenant que, suite à l’occupation de la zone nord du pays, l’une des premières démarches de la Gestapo fut de contacter l’Institut Catholique de Paris pour demander où se trouvait le professeur de philosophie. Comme il était déjà en tournée de conférences au Canada, il souhaita revenir en France pour être présent aux souffrances des siens, mais son disciple et ami, l’abbé Charles Journet – devenu par la suite Cardinal – lui téléphona pour lui déclarer sans ambages : “Je vous donne l’ordre de rester là où vous êtes !”.

Il serait superflu de préciser qu’il rompit dès le début avec l’ambiance méphitique du régime de Vichy. Durant la guerre, l’appartement des Maritain à New York, devint un havre de paix où aboutissaient bien des victimes de la ’Nouvelle Idée’ un titre dont le parti nazi aimait à s’affubler. L’historien de l’art, Focillon, le prix Nobel Sigrit Undset, Chagall, Elizabeth de Miribel, secrétaire du chef de la ‘France Libre’, et bien d’autres encore vinrent se ressourcer à cet endroit. De là, partirent aussi les nombreuses demandes de visa que son prestige lui permettait de faire en faveur des intellectuels juifs qui cherchaient désespérément le moyen de quitter un continent devenu inhospitalier. L’exilé volontaire évoquera pus tard le climat oppressif de cette époque. ‘Années de New York, où assiégés par le désespoir tandis que la croix gammée triomphait en Europe, il fallait quand même soutenir les cœurs (et c’est alors que Raïssa, d’origine juive et épouse de Jacques Maritain, a connu la blessure la plus cruelle, la brûlure de l’esprit à la vue de l’agonie des opprimés et des persécutés, et de l’horreur d’un monde que Dieu semblait abandonner)’.

Le manifeste qu’il publia peu après la défaite de 1940 :  ‘A travers le désastre’avait eu un tel impact sur les premiers volontaires de la Résistance qu’on lui demanda d’institutionnaliser son aide aux partisans de la France libre. Ainsi commença la longue série des messages que ‘Radio Londres’ diffusait chaque semaine dans cadre de l’émission ‘Les Français parlent aux Français’ où André Gallois et Jean Marin veillaient à entretenir la flamme. C’était l’un des moments forts de ces émissions annoncées par le motif initial – Le destin frappe à la porte – de la cinquième Symphonie de Beethoven. Désignant en morse la lettre ’V’, le signal Pan-pan-pan-pam entendait rappeler à l’adversaire – dans sa langue à lui – qu’il n’était pas le seul à songer à la Victoire.

On ne saurait s’étonner, qu’avec de tels états de service, le pays allait une fois de plus faire appel à lui en lui demandant d’assumer, de 1945 à 1948, le poste d’ambassadeur de France près le Saint-Siège. “Je suis rentré, disait-il, à New York le 1er janvier 1945, n’ayant pas réussi à faire renoncer le général de Gaulle et G.B., alors ministre des Affaires Etrangères, à leur projet de me nommer ambassadeur au Vatican. L’acceptation à laquelle j’avais été moralement contraint par leur insistance, et par le sentiment que je ne pouvais me dérober à une tâche demandée au nom du pays encore en guerre m’avait réduit à une sorte de désespoir”.

Un témoin fidèle – Aucun chrétien n’a jamais trouvé, comme Jacques Maritain, les mots propres à toucher la sensibilité d’Israël. L’ayant pas mal fréquenté, Karl Stern était bien placé pour en parler. “Aucun membre de l’Eglise, dit-il, ne semblait avoir jamais compris avec autant de pénétration le problème juif. Il s’exprimait avec une imprécision particulière, procédant par touches légères plutôt que par affirmations, et cependant tout ce qu’il disait donnait une impression de substance et de clarté. J’éprouvais dès la première minute le sentiment d’un contact direct et personnel étrangement agréable et qui était le résultat de beaucoup de charité et d’humilité”. Une clairvoyance innée l’avait induit à voir dans le nazisme une hystérie collective aux tendances délétères. Dès le moment où l’ombre du mancenillier à la sève empoisonnée commença à s’étendre, il redouta que le peuple élu ne devînt la première victime de sa présence maléfique. Aussi, ne saurait-on mieux faire que de laisser un tel penseur parler du drame auquel il ne pouvait songer sans un vertige de douleur.

Extraits d’une conférence donnée à Paris au Théâtre des Ambassadeurs, le 5 février 1938 :  « L’antisémitisme apparaît comme un phénomène pathologique qui révèle une altération de la conscience chrétienne quand elle devient incapable de prendre ses propres responsabilités dans l’histoire, et de rester existentiellement fidèle aux hautes exigences de la vérité chrétienne. Alors, au lieu de reconnaître dans les épreuves et les épouvantes de l’histoire la visitation de Dieu, et d’entreprendre les tâches de justice et de charité requises par cela même, elle se rabat sur des fantômes de substitution concernant une race entière, auxquels certains prétextes particuliers, fondés ou non, lui servent à donner consistance ; et en donnant libre cours à des sentiments de haine qu’elle croit justifiés par la religion, elle se cherche à elle-même une espèce d’alibi. ». « Pour attiser le feu mauvais qui consume les peuples, il y a, dans l’Europe d’aujourd’hui, ceux qui veulent l’extermination et la mort et d’abord l’extermination des Juifs – car c’est bien de cela qu’il s’agit, n’est-ce pas, en définitive ? – et qui, sous l’appareil stupide du scientisme raciste ou de documents forgés, dissimulent aux autres hommes, et parfois à eux-mêmes, l’espoir fou d’un massacre général de la race de Moïse et de Jésus. Ce massacre reste un songe ; les germes de haine dont s’emplit l’atmosphère sont une réalité. Il faudrait beaucoup d’amour, d’esprit de justice et de charité pour assainir cette atmosphère ».

Extraits d’une conférence donnée au Théâtre Marigny, le 8 février 1939 :  « Commentant les paroles du Canon de la Messe Sacrificium Patriarchae nostri Abrahae, le Sacrifice de notre Père Abraham, le Pape (Pie XI) s’est écrié : “Remarquez qu’Abraham est appelé notre patriarche, notre ancêtre. L’antisémitisme n’est pas compatible avec la pensée et la réalité sublimes qui sont exprimées dans ce texte. C’est un mouvement dans lequel nous chrétiens nous ne pouvons avoir aucune part. Spirituellement, nous sommes des sémites.” Spirituellement nous sommes des sémites : aucune parole plus forte n’a été prononcée par un chrétien contre l’antisémitisme, et ce chrétien est le successeur de l’apôtre Pierre ». « Notre époque offre aux démons homicides des festins inouïs. [ … ] L’immense clameur qui monte des camps de concentration n’est pas perceptible à nos oreilles, mais elle pénètre dans les fibres cachées de la vie du monde et son invisible vibration les déchire ».

Si sublime que soit chez J.M. la dénonciation des crimes du racisme, l’évocation de sa pensée serait incomplète si l’on omettait de rappeler ce qu’il écrivait au sujet de l’Etat d’Israël, quelques années après sa fondation. A la fin d’un ouvrage où il récapitulait ses vues sur l’antisémitisme, il s’interrogeait sur la possibilité de réconcilier le sens nodal du Judaïsme avec la réalité d’un Etat cerné d’ennemis implacables et cyniques. Dans l’introduction au Mystère d’Israël, il reconnaissait pourtant ses limites face à une telle entreprise :  « A vrai dire, j’espérais qu’avant de réunir ces textes je pourrais parler d’une manière suffisamment approfondie d’un sujet – l’Etat d’Israël – sans l’étude duquel on ne saurait désormais traiter valablement de ce qui concerne le peuple juif. J’ai dû me contenter de proposer les réflexions qui me semblent indispensables, en m’excusant d’aborder d’une façon trop sommaire un si grand sujet ».

En juin 1947, son épouse, Raïssa Maritain, composa la poésie intitulée ‘Le Nom d’Israël’ :

Nom ailé, irisé, sons brisés du torrent sur les pierres

Nom de grâce et de ciel Israël ! Israël !

Nom sincère

Echo de larmes et de cris

Chant des divines tendresses

Calice des dons de l’Esprit

Etendard de Ses Promesses

Israël est sauvé d’un salut éternel

Israël ! Israël ! ».

(Fin des extraits, adaptés par mes soins, de l’article paru dans ‘Un écho d’Israël’, article qui mentionne le penseur catholique judéophile Jacques Maritain).

Source citée : www.un-echo-israel.net/Une-grande-amitie

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