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Publié par Guy Millière le 12 octobre 2010

 

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Ne me marchez pas sur les pieds

 

Mes conférences en Californie n’ayant pu être filmées en vidéo, j’en publierai ici la synthèse demain. Il me faut d’abord revenir sur ce que je pourrais appeler ici mes « impressions d’Amérique » à la veille du 2 novembre 2010. 

 

1. Je commencerai par dire que le pays est touché par la récession. Assez profondément. Si les chiffres du chômage à l’échelle nationale se situent alentour de dix pour cent, cela signifie que certaines régions sont moins touchées, mais que d’autres le sont beaucoup plus. La Californie est très touchée, tout particulièrement la vallée agricole qui s’étend au Nord de Bakersfield, et l’Inland Empire alentour de San Bernardino. Le Nevada est très touché aussi. Le nombre des maisons à vendre et reprises par les banques est très important. Les prix de l’immobilier continuent à chuter. Des maisons qui se vendaient trois cent mille dollars au début de 2008 peuvent s’acheter aujourd’hui pour cent mille dollars, parfois moins. Le nombre de gens vivant au seuil de pauvreté s’accroît.  

 

Cela ne signifie pas que les potentialités de l’économie américaine sont diminuées : cela signifie plutôt qu’elles sont dans une situation d’attente. Les réserves de liquidité et les fonds propres des entreprises sont extrêmement importants : l’argent n’est pas injecté dans l’économie et ne crée pas d’emplois parce que les entrepreneurs ne savent pas du tout ce qui peut être décidé par Obama et ne savent pas non plus si le Congrès sortant ne va pas prendre des décisions très délétères au cours du temps qui lui restera avant d’être remplacé par le Congrès qui sortira des urnes.  

 

2. Je continuerai en disant que le peuple américain est dans un état d’indignation que je n’ai jamais rencontré depuis que je séjourne aux Etats-Unis, et qui a fort peu de précédents.

 

Un mouvement tel que celui des Tea parties n’a pas d’équivalent depuis l’époque de la révolution américaine, il y a plus de deux cent trente ans : c’est un soulèvement spontané du peuple en toutes ses composantes ou presque, et c’est un soulèvement contre l’intrusion abusive et tyrannique du gouvernement dans la vie des citoyens. C’est aussi un soulèvement contre ce qui est perçu comme une volonté par Obama et ses séides de détruire le rêve américain, l’honneur, la dignité et le rôle du pays.  

 

Cette indignation est fondée et argumentée : les gens des Tea Parties lisent beaucoup, et des livres qui ne seront jamais traduits en français se vendent à des centaines de milliers d’exemplaires. Des programmes télévisés tels que celui de Glenn Beck sur Foxnews ont des millions de spectateurs quotidiennement et ont une charpente intellectuelle plus solide que celle fournie par tous les médias français réunis.  

 

Lorsque des millions d’Américains accusent Obama de socialisme, ils ne le font pas sans savoir ce qu’est le socialisme, et lorsqu’ils défendent l’esprit d’entreprise, ils le font en sachant ce qu’est l’esprit d’entreprise. Des millions d’Américains savent pourquoi les entrepreneurs n’investissent pas et ne créent pas d’emplois. Et dans les Tea Parties, des chômeurs peuvent être fraternellement au côté d’entrepreneurs pour demander moins de taxes, moins d’impôts, moins de dépenses de l’administration fédérale. 

 

Si le ressentiment et l’envie règnent dans les villes universitaires et sur divers campus, le peuple américain reste largement imprégné de dynamisme et d’amour de la réussite. L’administration Obama et le Congrès démocrate sont perçus majoritairement comme des nuisances à éliminer. Comme me l’a dit un membre des Tea Parties à Redlands : « Ici, aujourd’hui, les gens manifestent pour que le gouvernement les laisse choisir et entreprendre librement, en Europe, les gens manifestent pour que le gouvernement leur accorde des avantages et des subsides et pour qu’on prenne de l’argent aux riches. Ils ne comprennent pas que quand il y a beaucoup de riches, il y a beaucoup moins de pauvres et de chômeurs ».  

 

3. Je prolongerai en ajoutant qu’une grande majorité du peuple américain a pleinement conscience que la politique étrangère est indissociable de la politique intérieure et a conscience aussi du rôle crucial des Etats-Unis pour la préservation de la liberté dans le monde.  

 

Ce qui alimente l’indignation des Américains, c’est aussi l’attitude irresponsable d’Obama vis-à-vis de l’Iran : si l’Iran devient une puissance nucléaire, le nom d’Obama sera, à l’évidence, considéré comme un synonyme d’infamie. Une nette majorité d’Américains est prête, montrent les sondages, à une attitude bien plus déterminée des Etats-Unis face à l’Iran.  

 

Ce qui alimente l’indignation des Américains, c’est l’attitude d’Obama par rapport à l’Irak, par rapport à l’Afghanistan, et par rapport à Israël. Un livre de Bob Woodward récemment paru circule beaucoup : il y est révélé qu’Obama mène sa politique étrangère sur la base d’une volonté de retrait précipité de l’armée américaine, et en pensant surtout à sa politique intérieure. L’idée que de jeunes soldats puissent perdre leur vie dans ce contexte, envoyés à la mort par un tel « commandant en chef » a des effets ravageurs sur l’image d’Obama, qui était déjà très écornée. Les livres plus accusateurs encore, tels ceux d’Aaron Klein (« The Manchurian President ») ou de Pamela Geller (« The Post American President ») sont en bonne place dans les librairies. L’attitude d’Obama par rapport à Israël est largement commentée aussi : Obama est souvent présenté comme en guerre contre Israël. Des chroniqueurs juifs développent des analyses accusatrices, jusque dans les colonnes d’organes politiquement corrects tels que le Huffington Post. Le petit livre de mon ami David Horowitz, « Obama and the War Against the Jews », Obama et la guerre contre les Juifs, s'est déjà diffusé à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires.  

 

Là encore, si les villes universitaires et les campus voient les gauchistes anti-Américains et anti-Israéliens agir, le peuple américain en lui-même sait parfaitement faire la différence entre une démocratie et des totalitaires, et sait ce qu’est Israël, ce que sont les « Palestiniens », et ce que sont les terroristes islamiques ou les talibans.  

 

4. J’ajouterai qu’il existe une mobilisation contre l’islamisation très nette et très forte aux Etats-Unis. Les tentatives d’attentats qui ont échouées au dessus de Detroit ou à Times Square ne sont pas du tout oubliées dans l’Amérique profonde, la tuerie de Fort Hood non plus. Le projet de mosquée de Ground Zero a été très largement perçu comme la provocation de trop.  

 

Il est très largement perçu que les Etats-Unis sont en guerre contre l’islam radical, et qu’Obama a au mieux une attitude d’apaisement inadmissible, au pire un comportement de complice.  

 

Les villes universitaires et les campus contrastent là, encore une fois, avec l’Amérique profonde. Et, dois-je le dire, l’Amérique profonde n’est pas sous-informée ou obscurantiste : on y parle de l’incompatibilité de la charia avec les droits fondamentaux, et l’égalité de droit entre les hommes et les femmes. On y parle de djihad. On y commente les ouvrages de Robert Spencer et les écrits de Daniel Pipes.  

 

On y regarde les programmes de Foxnews qui est, de très loin, la chaîne la plus regardée du câble. Comme me le disait David Horowitz, Glenn Beck est aujourd’hui le professeur d’économie et de géopolitique de l’Amérique, et il y a dans son amphithéâtre des millions de gens. Il y a, outre Glenn Beck, d’autres professeurs sur Foxnews : Bill O’ Reilly, Sean Hannity, John Stossel, John Bolton. Il y en a d’autres à la radio : j’échangerais volontiers un équivalent français de Rush Limbaugh contre l’intégralité des programmes radiophoniques français (à l’exception de Radio J).  

 

Les villes universitaires et les campus diffusent un discours d’aveuglement concernant l’islam. Hors des villes universitaires et des campus, ce discours n’a aucune emprise. La reprise de ce discours par l’administration Obama va coûter très cher à Obama et au Congrès démocrate.  

 

5. Je terminerai en notant que, si les élections avaient lieu aujourd’hui, elles se traduiraient par un raz de marée républicain. Les Démocrates et Obama sont prêts à toutes les manœuvres pour que le raz de marée n’aie pas lieu, mais il leur sera difficile, très difficile de l’éviter.  

 

Les Républicains ont conscience que ce ne sera qu’une première manche en attendant l’élection de 2012. Ils savent que pendant deux ans, ils vont devoir se battre contre la Maison Blanche et tous les agents qu’Obama a mis en place à divers niveaux dans le pays. Ils sont, cela me semble clair, prêts à se battre. Ils savent qu’ils n’ont pas droit à l’erreur, car c’est le futur même de l’Amérique et de la liberté dans le monde qui sont en jeu.  

 

Les membres des Tea Parties savent qu’il va leur falloir redoubler de vigilance.  

 

Ayant rencontré voici peu deux des grands penseurs du mouvement conservateur américain, je peux me faire l’écho de leur message. Victor Davis Hanson pense qu’Obama n’adoptera pas l’attitude opportuniste d’un Clinton, qui a laissé le Congrès républicain gouverner à partir de 1994 en termes de politique intérieure. Il pense qu’Obama n’adoptera pas non plus l’attitude niaise et obstinée d’un Carter, mais que, téléguidé par ceux qui le téléguident depuis le départ, il cherchera à exploiter la moindre faille, à reprendre à son compte la reprise économique susceptible de venir des décisions républicaines, tout en « déplorant » verbalement les coupes dans les dépenses budgétaires rendues inéluctables par la dilapidation d’argent de ces deux dernières années.  

 

David Horowitz pense que les Républicains, sachant ce que prévoient ceux qui téléguident Obama, ont un ou deux coups d’avance, et qu’Obama est pour les républicains un imbécile dogmatique providentiel, qui va continuer à servir de repoussoir et d’épouvantail,     permettant de mobiliser les Américains au service de la défense de l’Amérique et de la liberté.  

 

Je continuerai, pour ce qui me concerne, à informer ceux qui me lisent de la suite des choses. Ceux qui ne me lisent pas et ne lisent pas drzz pensent peut-être être informés par les grands médias français : je les plains, et j’éprouve à leur égard beaucoup de compassion.

 

Guy Millière

 
 

PS. J’aborderai la question d’Israël et du « processus de paix » dans le contexte que je viens de décrire dans un prochain article. Je dirai ici seulement : le gouvernement d’Israël n’a rien à céder  à Obama, absolument rien. Obama est un ennemi d’Israël alors que le peuple américain soutient Israël. Le gouvernement israélien doit soutenir Obama : comme la corde soutient le pendu.

 

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