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Publié par Guy Millière le 17 octobre 2010

 

Quand on veut abattre son chien, on dit qu’il a la rage, dit le vieux proverbe. Les Européens, pendant des décennies, en leur grande majorité, se sont conduits vis-à-vis du peuple juif comme s’ils voulaient l’abattre, et certains d’entre eux ont fini par passer à l’action, du côté d’Auschwitz. Cela reste dans l’histoire comme une immense tâche immonde sur le passé du continent. On n’a pas apprécié d’en parler en Europe après 1945. On en a parlé davantage quelques années plus tard, lorsque la série « Holocauste » a été diffusée, puis lorsque le film « Shoah » est sorti en salles. On en parle très peu désormais. Avant Auschwitz, on n’accusait pas le peuple juif d’avoir la rage, non, oh que non : on était plus inventifs. On l’accusait de toutes les abominations possibles et imaginables. 

Aujourd’hui, depuis quelques années, après cinq ou six décennies d’accalmie, il semblerait que cela recommence. Les Européens, très majoritairement, ne s’en prennent pas aux Juifs d’Europe, non. Ou tout au moins, ils ne s’en prennent pas à tous les Juifs d’Europe, mais seulement à ceux qui parlent d’antisémitisme ou, plus grave, qui soutiennent Israël. Ils s’en prennent par contre avec de moins en moins de retenue et avec toujours plus de férocité au peuple juif israélien et à ses dirigeants.  

Veulent-ils abattre Israël et le peuple d’Israël ? Je ne sais pas. Mais je pourrais aisément le penser. Ils n’entendent, semble-t-il, pas faire les choses eux-mêmes cette fois, mais laisser d’autres agir à leur place. Aux fins de préparer les esprits à ce qu’ils paraissent souhaiter, ils n’accusent pas Israël et le peuple d’Israël d’avoir la rage, non, toujours pas : ils usent d’une panoplie d’insultes et de falsifications, de moyens de propagande et d’outils de désinformation extrêmement diversifiée.  

Depuis une décennie, des journalistes européens, à toutes fins utiles, prennent des photographies soigneusement mises en scène d’enfants palestiniens « révoltés » jetant des pierres face à des soldats armés : en prenant garde que nul ne voie, derrière les enfants, les adultes eux-mêmes armés d’autre chose que de pierres. Parfois, la photographie laisse place à un plan de cinéma de fiction, comme celui montrant la fausse mort du jeune al Dura, le chef d’œuvre du sinistre Charles Enderlin. 

Depuis plus d’une décennie, les Juifs vivant en Judée-Samarie sont traités, par les mêmes journalistes, de « colons » (entendez « colonisateurs »), et le racisme antisémite de l’OLP et du Hamas se trouve rhabillé sous les atours d’une « lutte de libération nationale » destinée à rendre un territoire judenrein, comme disait un Européen vert-de-gris voici sept décennies.  

Depuis plus de vingt ans, des attentats terroristes absolument ignobles sont présentés, par les mêmes encore, comme de simples fragments d’un « cycle de la violence » dont les responsables fondamentaux seraient, c’est souvent suggéré, les Israéliens eux-mêmes, selon un discours particulièrement pervers où le bourreau devient la victime.  

Depuis plus de dix-sept ans, les Israéliens sont sommés, par les mêmes toujours, et par les dirigeants politiques européens, de se plier à un « processus de paix », dont j’ai déjà souligné et expliqué maintes fois qu’il était, en fait, un processus de guerre mené à bien selon d’autres modalités.  

Depuis quelques mois se sont rajoutés d’autres stratagèmes réalisés directement par des Européens, ou bénéficiant de leur complicité active : opération de commando façon chemises brunes dans les magasins vendant des produits juifs israéliens, menées par des gauchistes que soutient la gauche bien pensante, actions de forçage des contrôles en direction de Gaza par des « gentils pacifistes » criant Allahou Akbar et armés de poignards, de bombes de gaz asphyxiants et de barres de fer, rapports biaisés contre Israël, rédigés sur un mode qui aurait fait soupirer d’aise Joseph Goebbels, condamnations d’Israël par un conseil des droits de l’homme, dont la quasi totalité des membres sont des pays dirigés par des criminels contre l’humanité.  

Ces derniers jours, on parle beaucoup, en Europe de décisions décrites comme  « ignobles », forcément « ignobles », qu’envisage le gouvernement israélien :  

– il serait envisagé par celui-ci de demander aux candidats non juifs à la citoyenneté israélienne de prêter serment d'allégeance à l'État d'Israël défini comme «État juif et démocratique». Ce serait « raciste, disent les uns, « fasciste » disent les autres.

L’idée que le seul Etat juif de la planète se définisse comme juif serait donc inadmissible aux yeux des vertueux Européens ? Pourquoi ? C’est le mot « juif » qui dérange ? Cinquante-sept Etats se définissent comme islamiques sur la terre et ne proposent même pas un serment d’allégeance, car on y ignore totalement l’idée de contrat social. Ce sont des Etats islamiques, bien sûr, ce qui change tout, sans doute. Le problème vient-il du mot « démocratique »? Est-ce là que réside le fascisme ? Vraiment ? J’ai l’impression d’être, lorsqu’il s’agit des rapports de l’Europe à Israël, dans l’univers de George Orwell, et dans un contexte de novlangue où « la guerre c’est la paix », et vice-versa. Si je deviens Américain, je devrai prononcer le serment d’allégeance, et je l’accepte : nul ne m’obligera à devenir citoyen américain. Un pays est comme un club ayant pour membres ses citoyens : un club peut définir les règles d’adhésion au club. Si les règles ne conviennent pas à celui qui veut adhérer, il peut choisir un autre club. Si quelqu’un, qui veut devenir citoyen d’Israël, veut vivre dans un « Etat islamique et dictatorial » plutôt que dans un « Etat juif et démocratique », il a l’embarras du choix : ce ne sont pas les Etats islamiques et dictatoriaux qui manquent.   

– il serait, par ailleurs, envisagé de consulter par référendum le peuple israélien sur tout accord de paix éventuellement conclu : ce serait un « stratagème », murmure-t-on. Consulter un peuple sur une décision qui concerne son avenir ne fait-il plus partie des règles élémentaires d’une démocratie ? Je sais, nous sommes, dans les esprits européens, lorsqu’il s’agit d’Israël, chez George Orwell, et, en ce cas, « la démocratie c’est la dictature » alors que, lorsqu’il s’agit de pays arabes gouvernés par de grands démocrates : Moubarak, Assad, Khadafi, « la dictature c’est la démocratie », bien sûr… 

Les journalistes et dirigeants européens voudraient, en parallèle, faire croire que tout le « processus de paix » dépend de la décision de reprendre ou non la « construction » de logements dans les « colonies ». Ils savent qu’il s’agit de constructions dans des villes juives déjà existantes, ou sur des terrains dont les propriétaires sont d’ores et déjà des juifs israéliens. Ils savent que ces villes juives et ces terrains seront, dans tous les cas de figure envisageables, et même si une paix devait survenir, partie intégrante d’Israël. Ils ne sont pas assez stupide pour penser que c’est l’ajout d’une fenêtre dans un logement déjà existant, ou d’un appentis à côté d’une maison, qui constitue un immense blocage.  Ils prennent ceux qui les écoutent pour des imbéciles .  Et, hélas, cela fonctionne.  

Je l’écrirai autant de fois qu’il le faudra : l’obstacle à la paix, ce n’est pas la reprise ou non de la « construction » par des juifs en Judée-Samarie, c’est le fanatisme génocidaire du Hamas au Sud, et du Hezbollah au Nord. C’est  aussi l’Autorité Palestinienne, qui est une bande mafieuse vivant de perfusions financières occidentales et de prébendes. Ce sont le racisme, l’antisémitisme et la haine transmis dans les écoles et les médias palestiniens. Si les Européens voulaient vraiment la paix, ils commenceraient par demander un changement des programmes scolaires « palestiniens » et un changement total des programmes des médias « palestiniens ». Ils exigeraient, aussi, tant qu’à faire, un changement de régime. Ils ne financeraient pas le racisme, l’antisémitisme et la haine. Ils cesseraient de mentir. 

L’obstacle à la paix, ce sont aussi, de fait, et en ces conditions, les gouvernements européens et leurs comportements sordides, les médias européens, les regards européens posés sur Israël et le Proche-Orient.  

L’obstacle à la paix, ce sont, au présent, des médias américains qui se conduisent parfois comme les médias européens, et de provisoires dirigeants américains qui raisonnent sur ce plan comme des dirigeants européens.  

Les Européens, très majoritairement, veulent-ils abattre Israël et le peuple d’Israël ? Ils pratiquent et acceptent, en tout cas, l’inacceptable. Leur conduite ne vaut, en profondeur, pas mieux que celle de leurs ancêtres il y a sept décennies. Leur influence sur certains Américains est désastreuse car, c’est démontrable, les vents mauvais qui soufflent dans certaines universités américaines, certains médias américains et jusque dans des lieux de pouvoir à Washington sont venus d’Europe.  

La différence avec il y a sept décennies est qu’Israël existe. La différence est qu’Israël est un Etat dynamique économiquement, doté d’une armée puissante, de moyens de dissuasion efficaces, et de technologies optimales.  

Même si les Européens, très majoritairement, voulaient abattre Israël et le peuple d’Israël, ils ne le pourraient pas.  

Même s’ils devaient continuer à accuser Israël de toutes les abominations, et à user d’insultes et de falsifications, de moyens de propagande et d’outils de désinformation, ils resteront impuissants.  

Les médias américains qui se comportent comme les médias européens devront tôt ou tard regarder en face le fait que le peuple américain ne les suit pas, sur ce terrain. Les dirigeants américains qui raisonnent comme des dirigeants européens vont bientôt se trouver confrontés à une déroute électorale.  

Un « processus de paix » qui n’a été relancé que pour tenter de sauver les Démocrates et Obama de ce qui les attend néanmoins le 2 novembre va très bientôt s’évanouir, si ce n’est déjà fait.  

Obama et les dirigeants européens pourront gesticuler avec leurs petits bras, et cracher asthéniquement leur venin, Israël vivra.

Les liens entre le peuple américain et le peuple d’Israël, et entre les Etats-Unis et Israël, redeviendront ce qu’ils n’ont, en profondeur, cessé d’être.  

L’Europe, elle, continuera sa trajectoire crépusculaire.  

On y détestera Israël ? Et alors ? Qu’importent les détestations émanant d’un continent mort ou en voie de l’être.  

Ce qui m’inquiète et me consterne, ce n’est pas la détestation européenne envers Israël et ses émétiques et divers effets secondaires. C’est plutôt le devenir de l’Europe.   

Un écrivain espagnol, voici quelques années, écrivait que l’Europe est morte à Auschwitz, plus le temps passe, et plus je pense qu’en fait, si l’Europe est morte à Auschwitz, sa mort a commencé longtemps avant, et se continue jusqu’à ce jour. Pour combien de temps encore ? Je n’ai pas la réponse.  

Faut-il désespérer ? Non. Juste regarder. Se placer dans la position de celui qui observe et se donne les moyens de comprendre, et de tirer les déductions qui s’imposent.  

« Quand tout est gâché, saccagé, et que pourtant l'air se respire », écrivait Jean Giraudoux à la fin d’Electre, « cela s'appelle l'aurore ».  

Le futur d’Israël et du Proche-Orient en ces conditions, direz-vous ? Dans l’immédiat, le statu quo. Dans le moyen terme, disons une trentaine d’années, un reflux de la fièvre islamiste, l’ère de l’après pétrole, un Etat d’Israël qui aura tracé les frontières requises pour sa sécurité et qui inclura la Judée-Samarie. Des populations arabes de Judée-Samarie délivrée de la maffia appelée Autorité palestinienne. Le statut de ces populations ? Le danger démographique n’existant pas (j’y reviendrai), une autonomie ? La possibilité de devenir membres d’un Etat juif et démocratique ? On verra le moment venu. Ce qui manque pour que vienne la paix aujourd’hui, c’est la clarté que donne une situation où il y a un vainqueur et un vaincu, et où un dogme vaincu apparaît dans toutes ses dimensions ignobles. Ai-je besoin de souligner quel sera le dogme vaincu ? La stérilité ne l’emporte jamais sur la fécondité, l’éthique et la créativité. Ce qui importe est qu’avant que la stérilité soit effectivement mise à terre, elle ne puisse pas tuer davantage.   

Guy Millière

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