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Publié par Guy Millière le 2 novembre 2010

Le 16 décembre 1773, soixante habitants de Boston, membres d’une association appelée les Fils de la liberté montèrent à bord de trois navires britanniques, et jetèrent leur cargaison de thé à la mer. Il s’agissait d’un geste de révolte fiscale, et de dénonciation d’un gouvernement considéré par eux et les citoyens britanniques des treize colonies d’Amérique du Nord, comme tyrannique, puisque ne respectant pas le principe inscrit dans le Bill of Rights anglais : « Pas de taxation sans représentation ». Il s’agissait aussi de l’enclenchement de la révolution américaine, qui allait conduire à la Déclaration d’indépendance rédigée par Thomas Jefferson, et promulguée le 4 juillet 1776, puis à l’indépendance effective après des années de dur combat, à une constitution qui est toujours celle du pays, au Bill of Rights américain, et à une trajectoire qui mène jusqu’à ce jour, et qui a fait des Etats-Unis d’Amérique la première puissance économique, politique, militaire et culturelle du monde, et, selon l’expression d’Abraham Lincoln, « le dernier meilleur espoir sur terre ».

Deux cent vingt sept années plus tard, des millions de gens qui se sont rassemblés au nom des idées qui imprégnaient les Fils de la liberté, mènent une révolte, dénoncent un gouvernement qu’ils considèrent comme tyrannique, et venant menacer les principes les plus sacrés du Bill of Rights américain. Leur révolte ne débouchera pas sur une seconde révolution américaine, mais n’en a pas moins une dimension révolutionnaire.

C’est, de fait, la première fois depuis la Révolution américaine qu’on voit un mouvement de ce genre se lever. Nul n’a lancé de mot d’ordre. Nul n’a procédé à des suggestions. Des initiatives individuelles se sont ajoutées à d’autres initiatives individuelles. Les vieux drapeaux de l’époque révolutionnaire portant l’inscription « Dont Tread on Me », ce qui pourrait se traduire par « ne me bousculez pas » ou « n’abusez pas de moi », ont refait leur apparition. Le texte du Bill of Rights a été imprimé en grand format et largement distribué. Parce que, à la différence de nombre de sociétés européennes, les Etats-Unis sont une vraie démocratie, dans les élections primaires, des candidats issus du mouvement ont pu se présenter, et l’emporter, devant des candidats choisis par l’appareil, jusqu’à devenir les candidats en titre. Parce que les valeurs fondamentales sont toujours enseignées, depuis l’enfance et depuis le temps de l’école primaire, ces candidats ont pu se présenter comme les porteurs de ces valeurs fondamentales.  

Des réunions rassemblant des dizaines de milliers de personnes, parfois des centaines de milliers, se sont tenues, et les foules se sont assemblées, paisiblement, fraternellement, tranquillement, quand bien même la colère et la détermination étaient dans les cœurs et les esprits. Des orateurs se sont fait entendre, qui ont dit les mots simples, intelligents, lumineux qui devaient être dits. Et le 2 novembre, le premier mardi du onzième mois de l’année, comme cela n’a cessé d'être le cas depuis le temps de George Washington, le jour de la décision est arrivé.  

Ceux qui, en Europe, voudraient voir là de l’impatience vis-à-vis d’Obama, et de l’absence de résultats de sa politique, se trompent. Ceux qui voudraient voir là une poussée « réactionnaire », et qui reprendraient hâtivement à leur compte les caricatures grossières et grotesques, dessinées par quelques militants amers de la gauche américaine, se trompent encore plus lourdement. Ceux qui suggèrent que le peuple américain, après tout, est un peuple très différent des peuples européens, sont bien davantage proches de la vérité.  

Il n’y a pas d’impatience au sein du peuple américain. Il n’y a aucun espoir de voir les politiques d’Obama produire des résultats. Il y a une volonté de mettre fin aux agissements d’un Congrès qui a trahi les aspirations de millions de gens, et de signifier à un Président toujours plus perçu comme un imposteur, un ennemi du pays, ou pour le moins, le représentant d’une élite arrogante, qu’il ne pouvait abuser du mandat qui lui a été confié, et qu’il en coûtait de tromper le peuple américain.  

Il n’y a, au delà de quelques paroles sorties de leur contexte à des fins diffamatoires, rien de « réactionnaire » et rien, absolument rien, de ridicule dans ceux qui sont portés par cette volonté. Il y a les composants fondamentaux de l’esprit américain depuis les origines : libre entreprise et liberté de choix, refus de l’intrusion du gouvernement dans les affaires des gens, affirmation du caractère sacré de la vie, amour du pays, et attachement à l’honneur de celui-ci, affirmation du refus du peuple américain de se soumettre, ou de s’abaisser devant quiconque, et du rôle des Etats-Unis en tant que puissance de la liberté.  

Il y a un peuple qui est effectivement différent, très différent : l’essentiel de ceux qui forment le peuple américain sont arrivés un jour d’une autre contrée du monde. Voilà un siècle, deux siècles, trois siècles, beaucoup moins, cinq ans, dix ans, une génération. Ils étaient, pour l’essentiel, mus par le désir de recommencer leur vie, d’accomplir leurs rêves, de contribuer à ce qui s’est appelé le « rêve américain ». Ils ont transmis le rêve à leurs enfants. Et le rêve est vivant.  

Ayn Rand écrivait dans « Capitalism, The Unknown Ideal », que les Etats-Unis eux-mêmes étaient un pays différent, parce que fondé sur un idéal. L’essentiel du peuple américain est attaché à cet idéal.  

C’est l’idéal qui va s’affirmer dans les résultats électoraux. C’est aussi le fait que les dirigeants démocrates, et Barack Obama, apparaissent comme ayant trahi l’idéal, et comme ayant tenté de l’assassiner.  

Ce n’est pas le parti Républicain qui va l’emporter : c’est un parti Républicain rappelé à l’ordre, reconduit aux valeurs qu’il est censé incarner, et dont il a pu sembler s’éloigner. C’est un parti qui n’a aucun équivalent en Europe, et tout particulièrement en France, ce qui le rend si difficile à déchiffrer pour les commentateurs français.  

Ce n’est pas le parti Démocrate qui va être battu, tout au moins pas le parti démocrate tel qu’il pouvait être encore dans les années 1960. C’est un parti démocrate qui a subi une dérive à gauche au fil des années, au point d’être devenu le parti des bobos, bourgeois bohème, des gauchistes façon Obama, des suppôts de l’islam radical, de la « loony left », la gauche cinglée façon Nancy Pelosi, le parti pour lequel les noirs votent encore, parce qu’ils ont été placés en situation de dépendance financière, et enfermés dans une contre-culture stérile et stérilisante.  

Les Républicains ont intérêt à se montrer à la hauteur de la tâche qui va leur être confiée, car rien ne leur sera pardonné. Les « tea parties » devront rester mobilisées car ce ne sera que la moitié du chemin, avant l’échéance de 2012.  

Les démocrates auraient tout intérêt à procéder à un examen de conscience, et à songer que la défaite qui vient les frapper est le fruit de leur dérive.  

Barack Obama aurait intérêt à changer d’attitude et de façon de gouverner. Je ne pense pas qu’il le fera. C’est un idéologue bien décidé à changer radicalement les Etats-Unis, de gré ou de force : même s’il devait temporairement changer de discours, j’inciterais à ne pas se fier à ce changement. Il gardera un poids, surtout, en politique étrangère, et ses deux objectifs majeurs en ce domaine restent inchangés : détruire la puissance américaine, et détruire Israël.

Ce sont deux années semées d’embûches qui vont commencer.  

Il faudra redresser l’économie américaine, et permettre aux entreprises d’investir à nouveau et de créer des emplois. Il faudra que l’innovation puisse se faire. Il faudra aussi se confronter aux déficits abyssaux créés par Obama. Il faudra réduire à néant la loi dite de « réforme du système de santé » et la remplacer par une autre loi, basée sur la liberté et la concurrence. Il faudra maintenir les baisses d’impôts votées sous Bush, voire baisser encore davantage les impôts. Il faudra revenir sur la loi de mise sous contrôle du secteur financier. Il faudra diminuer les dépenses de gaspillage, et consacrer à nouveau de l’argent au secteur de la défense. Il faudra faire tout cela sous l’œil d’Obama, avec le risque de veto présidentiel. Il faudra faire tout cela, en sachant qu’Obama continuera à agir dans le monde et à voyager. Il faudra soutenir les alliés des Etats-Unis, confrontés à une épreuve qui risque fort de se prolonger, voire de s’accentuer. Il faudra songer à la campagne de 2012, dans une situation où aucun candidat ne se détache encore de façon nette.  

Ce sera difficile. Ce sera passionnant. Observons d’abord les résultats.

Guy Millière 

PS. Dans un second article, je donne une liste commentée des élections (sénateurs et représentants) à observer de près dans la nuit du 2 au 3.

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