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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 5 novembre 2010

Dernière mise à jour, 19:30, en fin d'article.

Au cours d'une interview pour le quotidien Jerusalem Post (centre droit), parue le 5 novembre 2010 à 16:31, c'est à dire il y a tout juste deux heures (1), le chef du service de presse du gouvernement israélien, Danny Seaman, vient de faire les déclarations suivantes, au sujet de l'affaire al Dura.

Danny Seaman : « après avoir examiné (la vidéo) pendant littéralement des centaines d'heures, j'ai acquis la conviction absolue que l'attitude du gouvernement, qui consista à rester silencieux au sujet de l'incident, n'était pas seulement une erreur, mais aussi une violation de nos obligations en tant que représentant du service public. Nous avions la responsabilité de représenter Israël, et nous n'avons pas assumer notre responsabilité.

 

 

Jerusalem Post : Israël n'a pas tué al Dura et aurait du le dire ?

 

DS : Oui. Absolument. Et ce n'est pas tout. Cet incident a été utilisé pour déclencher la seconde intifada. Il a servi les objectifs politiques de nombreuses personnes – israéliennes et étrangères, pour rendre Ariel Sharon responsable d'avoir déclenché les violences de l'année 2000, alors qu'en fait, Arafat les avait préméditées. Mais la vraie violence n'a pas commencé immédiatement après la visite de Sharon au mont du Temple (le 28 septembre). La vraie violence a commencé lorsque le bruit s'est propagé que nous avions tué l'enfant. Ce fut totalement irresponsable (de la part de France 2) de diffuser ces images, car elles n'avaient pas été validées.

 

Quelles étaient les bases de l'accusation (qu'Israël avait tué al Dura) : un correspondant qui n'était même pas sur place. Il n'y a eu aucun témoin oculaire pour confirmer l'accusation.

 

Il n'y a aucune image ou l'on voit des soldats israéliens en train de tirer. Aucune image ou l'on voit l'enfant en train d'être tué, aucune image de l'enfant en train de mourir. Il n'y a absolument rien pour vérifier tout cela.

 

C'est exactement ce que je vous expliquais (dans le reste de l'interview sur la façon dont les journalistes couvrent le conflit, reste de l'interview que nous publierons dans un second temps, note de JPG), au sujet des médias qui sont eux mêmes pris dans la frénésie du scoop. CNN, à l'origine, fit un travail professionnel, en recevant la vidéo, et dit « attendez un instant, nous avons besoin de vérifier certaines choses avant de publier cette histoire ». Mais quand l'histoire commença à exister par elle même, CNN s'est trouvé contraint de la publier également. Donc le lendemain, les médias publiaient tous cette fiction comme s'il s'agissait d'une réalité. Les principes fondamentaux du journalisme n'ont pas été appliqués.

 

J'ai personnellement voulu connaître la vérité sur cette affaire. Si Israël était responsable, j'aurais été le premier à l'admettre. Donc s'ils ont fait une erreur, pourquoi les journalistes sont ils incapables de critiquer leurs collègues ? Quand je pose la questions aux journalistes, aucun d'entre eux ne m'a jamais offert de réponse. Au lieu de ça, ils me sortent : « Oh, vous êtes un extrémiste de droite, vous faites partie de la conspiration…» (* note de JPG : en bas de cet article, nous révélons une information qui répond en partie à la question que se pose Danny Seaman)

 

JP : peut être parce que l’État d'Israël ne vous a pas soutenu ?

 

l’État d'Israël me soutient, il n'y a plus aucun doute maintenant. France 2 a fait une faute. Elle (France 2) n'aurait jamais dû publier ce reportage comme elle l'a fait.

 

(1) http://www.jpost.com/Opinion/Editorials/Article.aspx?id=194079

* Voici un témoignage inédit, et qui éclaire pour certains, confirme pour d'autres, le contexte de l'affaire al Dura.Il y a bien longtemps que je désire vous envoyer ce petit témoignage et je me décide à le faire ce soir bien que très brièvement. En 1990, j'habitais à Jérusalem et je partageais un appartement avec une "choutafa" (co-locatrice, note de JPG), Vera Biton, qui était correspondante en Israël d'un quotidien de Sao Paulo au Brésil. Un jour, elle a été invitée, ainsi que tous les journalistes étrangers ayant une accréditation, à une "visite guidée" à Gaza par d'éminents palestiniens chargés des relations avec la presse étrangère. Ce à quoi elle a assisté ce jour-là l'a tout simplement dégoutée de poursuivre son métier en Israël, ses convictions morales l'empêchant de continuer, et aussi incroyable que cela puisse sembler, cette jeune femme courageuse et honnête a préféré chercher un autre travail ! Ce jour-là on avait promené tous ces journalistes, en les emmenant sur des lieux de "mises en scènes" d'émeutes, qui, comme par hasard, se déclenchaient au moment où on leur demandait de filmer les scènes, qui avaient été bien préparées à l'avance, avec des acteurs, et la plupart des journalistes se sont exécutés ! Ce souvenir est bien ancré dans ma mémoire. Je ne crois pas un instant que les journalistes en place en Israël ne soient pas au courant, ni n'aient jamais été en contact avec ces pratiques répandues depuis presque 20 ans !"

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