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Publié par Rachel Franco le 8 novembre 2010

 

 

Sarah vient de mourir. Elle avait cent ans, puis vingt ans et sept ans ; chacun des instants de sa vie était plein d'une conscience tendue à l'extrême pour habiter son être et donner vie à la foi qui orientait ses pas.

 

Le texte dit « Après avoir pleuré son mort » et il ne nommera plus Sarah jusqu'à sa mise en terre ; est-ce pour nous dire que lorsque l'âme quitte le corps, celui-ci est orphelin de son nom jusqu'à ce que la terre le recouvre et lui restitue sa dignité ? Faut-il ainsi entendre l'obligation juive d'enterrer nos morts au plus près de l'instant fatidique ? Faut-il ainsi entendre la nécessité de recouvrir les morts d'un drap, d'un linceul ou d'un vêtement avant même la mise en terre ? Ce geste, si je ne m'abuse, est passé dans bien des  traditions religieuses comme le premier devoir que les vivants doivent rendre aux morts après leur avoir fermé les yeux.

 

Après avoir pleuré son mort, Abraham recueille en lui toutes ses forces dispersées par la douleur et debout dans la verticalité la plus absolue, il se préoccupe d'acquérir au plus vite et en toute légalité, la grotte qui se trouve à l'extrémité du champ d'Efron, fils de Tsohar, dans ce lieu que l'on nomme aussi "Kiryat Arba", soit « l'appel des Quatre » et qui n'est autre que Hébron.

 

C'est là que Sarah doit être mise en terre, dans ce lieu de mystère où reposent déjà Adam et Ève et où en leurs temps, viendront la rejoindre son époux Abraham, puis Isaac et Rebecca et enfin Jacob et Léa ; quant à Rachel, morte si jeune sur le chemin, elle veille encore au retour de ses enfants depuis Beth Lehem, « La maison du Pain ».

 

Abraham est un initié, prophète pour le bien des peuples et il sait que Hébron est un  écrin de lumière creusé au creux de la terre, porte ouverte sur le jardin de l'Éden.

Il a entendu l'appel des Quatre qui consiste à ré/Unir les quatre couples, mais aussi les quatre éléments du Cosmos, la terre, l'eau, l'air et le feu qui composent le Vivant, mais qui se séparent de lui au moment de la mort.

 

Réunir est bien le mot, car Hébron s'écrit avec des lettres racines qui invitent au lien et à la fraternité :

LeHaBer = attacher, lier — HiBouR = lien — HaVeR = Compagnon, ami.

 

Dans un ordre différent, ces lettres racines du mot Hébron nous ouvrent à des réflexions non moins essentielles :

HeRev – épée – BaHaR = choisir – RaHav = largesse.

 

Hébron est la croisée des chemins du Masculin et du Féminin, enfin réunis aux portes de l'Éden, de la verticale et de l'horizontale, des pères et des fils, de la mort dans ce monde-ci et de la vie dans le monde qui vient ; il est comme un foyer lumineux prêt à accueillir les âmes soeurs qui ont choisi de se mettre en chemin vers le lieu de l'Unité perdue, dont l'accès est gardé par des épées aux flammes tournoyantes. 

 

Peut-être est-ce là dans cette grotte, qui aux yeux d'Efron n'est qu'une cavité qui s'enfonce dans la terre et dans l'obscurité, peut-être est-ce là, le passage vers le ciel et la lumière qui libèrent les esprits de leurs étroitesses humaines ?

 

Ne soyez pas étonnés ! Le mot qui en hébreu nous dit la caverne est construit sur la racine du mot "Er" qui signifie Éveil. Serait-ce donc le passage obligé de toutes les âmes libérées de leurs enveloppes charnelles quand elles traversent les quatre mondes décrits par la Kabbale, du plus épais et obscur au plus éthéré et au plus lumineux que nous puissions imaginer, si tant est que nous le puissions ?

 

Efron était donc le propriétaire de ce qui semble bien être le symbole du cimetière de l'humanité, lui dont le nom est construit sur le mot « Poussière », mais que l'on doit entendre dans sa sémantique hébraïque qui correspond davantage au latin « humus », la terre qui donne à germer et non les particules volantes et stériles de la poussière. 

 

Efron dont le nom est aussi un rappel de la poussière, nourriture quotidienne du serpent maudit pour sa ruse malfaisante. Efron encore dont le nom marque la relation profonde, voire l'identité, entre les forces négatives et la malédiction d'une terre qui n'offre que des ronces. Car Efron est un des notables des « fils du pêché », soit les Bnei Het, les Hittites dans la traduction biblique française et c'est avec lui qu'Abraham entend mener la négociation qui fera de lui et des enfants d'Israël, les propriétaires éternels de ce lieu, le caveau et le champ aux arbres rayonnants.

 

Il mène la négociation aux yeux des « fils du pêché » et dans le creux des oreilles de tout un chacun, pour qui veut encore l'entendre aujourd'hui et refusant absolument de recevoir l'objet de sa demande en cadeau, il paye au prix fort et en argent plein, le prix fixé par Efron lui-même, quatre-cents sicles d'argent.

Or quatre-cents est la valeur de la dernière lettre de l'alphabet hébreu, le Tav  qui veut dire Signe ou sceau.   Efron, Gardien du cimetière de l'humanité retient prisonnières parmi les Hittites les énergies lumineuses du Signe de la mort et Abraham va les libérer.  

 

Ce faisant, j'apprends d'Abraham que chacun d'entre nous doit se méfier comme d'un serpent qui dort, de ce que la langue française rend si bien par l'expression « cadeau empoisonné ». Se garder des liens de dépendance que créent les cadeaux donnés par des mains d'homme, sembleraient-ils aussi généreux qu'Efron qui, en fin connaisseur des négociations orientales, entend en réalité imposer la vente du champ avec la grotte et pour une somme qui se révèle astronomique. Il faut toujours veiller à payer la contrepartie de ce que l'on acquiert si on veut être propriétaire du bien physique, mais aussi et surtout de sa valeur spirituelle.

 

Sans doute, le caractère public de la transaction avait pour but de s'inscrire dans la légalité la plus absolue et mettre à bas les soupçons à venir et les arguments tendancieux qui viseront à contester le droit de propriété des enfants d'Israël sur Hébron. 

 

Abraham, mon père, toi qui était le Voyant par excellence, vois-tu aujourd'hui les fils d'Ismaël convoiter Hébron et entends tu l'UNESCO nous contester même le tombeau de Rachel, notre mère ? Comme si nous pouvions renoncer au droit de venir prier sur le tombeau de nos pères et mères, fondateurs de l'identité juive ! Comme s'il fallait demander une permission pour avoir le droit de nous recueillir auprès de toi ! Comme si le spectacle de ce qu'ont fait les fils d'Ismaël  du tombeau de Joseph ne suffisait pas à saisir quelle relation certains d'entre eux, beaucoup trop nombreux au goût des hommes libres, entretiennent avec la mort en général et le respect dû aux morts en particulier !

 

Mais tu as déclaré haut et fort « Je suis poussière/humus et cendre » et c'est dans l'humilité la plus profonde que tu t'es mis en chemin pour travailler les faiblesses des hommes et offrir une lumière réparatrice.

 

Et justement, il nous est enseigné « Efron était fils de Tsohar ». Que vient nous dire une telle généalogie et comment puis-je lier la poussière et la cendre et les identités d'Efron et d'Abraham avec le mot Tsohar qui veut dire « Lucarne », lieu de passage de la lumière, mais qui, dans un ordre différent se lit RoTSeHar  « Assassin », RaTSaH « a assassiné ».

 

« Poussière et cendre », "Efer et Afar" ! Ces deux mots mis en miroir l'un en face de l'autre interrogent la fille d'Israël que je suis et qui ne peut oublier les cendres de mon peuple qui refusent le repos et voyagent portés par les vents de l'histoire, après que femmes et enfants, hommes jeunes et vieux aient été brûlés dans les fours du monde parce qu'ils étaient les descendants d'Abraham, poussière et cendre devant l'Éternel.

 

Il faut que je me ressaisisse du dégoût qui naît en moi à chaque fois que le mot « cendre » jaillit au détour d'un texte ; il faut que je me ressaisisse de l'image qui s'impose alors, celle des cendres juives recueillies, je ne sais plus dans quel camp de la mort, et qui sont à Yad Vashem juste devant le mémorial où brûle une lumière éternelle, dans la salle où sont inscrits les noms de tous les fours humains. Il est vrai que la chose est discrète, mais elle est là pour réveiller l'horreur.

 

Qu'est-ce qui différencie l'humus de la cendre ? Je vous invite à me suivre encore un peu, mais soyez patients, car ma manière de conduire emprunte parfois de curieux détours ; nous allons ici caresser les lettres hébraïques et laisser l'intuition faire les jeux nécessaires de l'analogie symbolique.  

 

Humus, "Afar" s'écrit avec trois lettres qui sont le Ayin, le Pé et le Reish, trois lettres forts intéressantes qui ne se différencient de Cendre "Efer" que par la lettre Aleph à la place du Ayin.

 

Que vient alors nous signifier ce passage du Ayin au Aleph, de la poussière à la cendre ? Et que viennent nous dire ces lettres sur les énergies qui circulent dans ces deux mots ?

Le Ayin veut dire Œil, le Pé veut dire Bouche et le Reish peut se lire Rosh, soit la Tête. 

L'Humus serait donc la terre en nous que nous pouvons travailler par la force de la vision, de la parole et de la pensée.

 

La Cendre, quant à elle, est faite du silence de l'Aleph divin, soit le Un quand il se fait altérité, de la parole et de la Tête, principe premier.

 

Souvenons-nous ! Adam avait un corps de lumière (Or = Aleph, Vav et Reich), mais après la faute, il reçoit une tunique de peau (Aor = Ayin, Vav et Reish)

 

Le Aleph a pour valeur le Un et le Ayin a pour valeur soixante-dix ; Le Un nous parle de la Lumière Une et indivisible et l'autre des soixante-dix peuples de la terre.

 

Adam a donc chuté de la lumière transparente une et indivisible au monde de l'opacité et de la multiplicité. 

 

Le Aleph est la première lettre des mots Lumière et Cendre, et le Ayin est la première lettre des mots Peau et Poussière.  

 

Abraham qui lui-même a traversé l'épreuve du four de Nemrod à Our Casdim, doit faire pour nous tous le chemin inverse qui consiste à réintégrer le Aleph de la lumière divine ; il y est d'ailleurs invité par le Ayin lui-même qui en hébreu veut dire Œil et Source.

 

Faudrait-il entendre dans mes propos que le feu serait purificateur et les cendres nécessaires ? Certes non ! La vie est faite pour être vécue et partagée dans la joie authentique qui est l'un des sentiments les plus élevés qui soient.

 

La ligature d'Isaac n'a pas abouti au feu destructeur du corps d'Isaac et pourtant chaque matin, les juifs pieux prient et demandent à Dieu de regarder les cendres d'Isaac afin d'implorer sa bienveillance sur les enfants d'Israël. 

 

La pensée et l'intention sont des outils qui agissent sur le Réel. Le fait qu'Isaac ait suivi son père et qu'ils aient marché ensemble et qu'il ait accepté lui aussi l'épreuve de feu, lui est comptée comme si elle avait été jusqu'à son terme. Les cendres d'Isaac sont encore et toujours déposées près de l'Autel et elles témoignent de la foi qui fait grandir les hommes.

 

Mais il n'est pas besoin du sang et du feu pour que la poussière s'élève en cendres ; il suffit que la lumière de la foi traverse l'humus ; il suffit que le feu de l'amour illumine la lucarne de nos vies terrestres ; il suffit enfin que la lumière de l'Unité habite la peau qui nous éloigne de la Source.

 

Non, nul besoin de sacrifices humains pour que les cendres soient réelles et éternelles. Il suffit somme toute que l'engagement sur le chemin soit total et ouvert sans jamais renoncer à l'union entre les hommes, désirée par le Aleph de l'Unité.

 

Pour conclure, parce qu'il le faut, ne m'en veuillez pas à nouveau de revoir en pensée les cendres juives de Yad Vashem, ne m'en veuillez pas de vous dire que je m'associe si souvent à ces cendres anonymes que je ne doute pas un instant que je suis là-bas aussi, au milieu de tant de visages assassinés qui n'ont pas eu de sépulture.

 

Rachel Franco

Israël, le 7 novembre 2010

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