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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 9 novembre 2010

… mais Obama tend la main au Général Bashir – par Guy Millière

En imposant des sanctions économiques au gouvernement soudanais, en recourant à son égard à des pressions politiques, en affectant un budget à une force hybride des Nations Unies et de l’Union Africaine, George Walker Bush est parvenu à arrêter les massacres commis au Darfour par les troupes de Khartoum et du général Bashir, accusé pour de très justes raisons de crime contre l’humanité.

Le même George Walker Bush a, en 2005, arrêté le bras des mêmes troupes de Khartoum et du même général Bashir, qui tuaient des Chrétiens par milliers dans le Sud Soudan. Cela a pris la forme d’un armistice (Comprehensive Peace Agreement) d’une durée de cinq ans. L’armistice touche à sa fin. Un référendum est prévu par lequel il est vraisemblable que les habitants Chrétiens du Sud Soudan vont décider de se gouverner eux-mêmes, et demander que leur autonomie, ou leur indépendance, bénéficie d’une protection internationale.  

 

Malheureusement, ce n’est plus George Walker Bush qui est à la Maison Blanche, mais un Président très différent, et en lequel certains ont cru voir un « espoir », un certain Barack Hussein Obama. Celui-ci pratique, depuis qu’il est Président, une politique de la « main tendue », qui se dirige (c’est sans doute un hasard), vers des dirigeants infréquentables : Bachar El Assad, Mahmoud Ahmadinejad, et, bien sûr, Omar al Bashir.

Les sanctions américaines contre le Soudan ont été graduellement levées. Les pressions politiques ont laissé place aux sourires et aux politesses. Un envoyé présidentiel spécial a été envoyé pour parler avec Bashir, et celui-ci est un général à la retraite, ancien responsable des forces américaines en Europe, soutien d’Obama dès 2007, proche du général McPeak, bien connu aux Etats-Unis comme un dénonciateur du « lobby juif » : le général Scott Gration.  

Les représentants des communautés chrétiennes du Sud Soudan se sont adressées au général Gration qui, semble-t-il, ne voulait pas fâcher le général Bashir. Ils se sont adressés dès lors directement à l’administration Obama et à Obama lui-même, qui a déclaré qu’il remettait le dossier aux Nations Unies et leur en laissait l’entière responsabilité.  

Dès lors que les Nations Unies sont dominées par l’Organisation de la Conférence Islamique, et ses alliés les pays non alignés, dès lors que la représentante des Etats-Unis aux Nations Unies, Susan Rice, a manifesté son désintérêt, et que les autres pays occidentaux ont adopté la même attitude, le général Bashir voit là une attitude qui pourrait se résumer par la célèbre formule « qui ne dit mot consent ». Les troupes soudanaises s’assemblent sur la lisière du sud Soudan. Bien que dix mille membres des forces de l’ONU soient présents au Soudan, sans mission précise autre que « l’observation », le sous-secrétaire de l’ONU chargé des opérations de maintien de la paix vient de déclarer qu’il serait « irréaliste » d’envoyer quiconque dans la zone. Hillary Clinton a déclaré que la situation était une « bombe à retardement », puis est passée à autre chose.  

Un émissaire du Sud Soudan, Simon Deng, est à Washington aux fins d’alerter les membres du Congrès : pour l’heure, il s’agit des membres du Congrès sortant, mais nul doute qu’il rencontrera les dirigeants de la majorité républicaine de la nouvelle Chambre des Représentants, John Boehner, Eric Cantor. Son message : « que nul n’ignore qu’un massacre se prépare ».  

Peu à peu, les effets de la doctrine Obama prennent place : un monde plus sûr pour les dictateurs et les criminels, ai-je noté. De l’Erythrée à la Somalie, la région est d’ores et déjà un foyer de violence et de terrorisme. Des groupes islamistes agissent avec toujours davantage d’audace dans la zone sub-saharienne. Si personne n’arrête le général Bechir, nul n’ignore où aura lieu le prochain bain de sang.  

L’attitude d’Obama est éloquente. John Boehner et Eric Cantor pourront-ils parler assez fort ?  

Simon Deng, à Washington, en parlant aux médias, semblait inquiet. On le serait à moins. Je doute qu’on parle de son inquiétude en France. J’ai tenté d’expliquer que Barack Obama tournait le dos à la défense des droits de l’homme, mais qui suis-je pour oser critiquer Barack Obama, et ne pas voir les bienfaits qu’il apporte à la planète ? Et comment puis-je citer Simon Deng ! Un homme qui fréquentait George Walker Bush, et qui a osé dire que George Walker Bush s’était bien comporté face aux abominations commises au Soudan.  

Le 20 avril dernier, Barack Obama envoyait un message de félicitation au général Bechir, qui venait d’être réélu au terme d’un scrutin aussi honnête que celui qui avait permis à Ahmadinejad d’être réélu en Iran. Barack Obama a même exprimé sa « satisfaction » devant une semblable victoire électorale. Ftouh Souhail s’est demandé à l’époque si le message de félicitation et la « satisfaction » d’Obama concernaient aussi les crimes passés de Bashir. La question était pertinente. Elle reste d’une extrême actualité.

Guy Millière

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