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Publié par Michel Garroté le 18 novembre 2010

 

Ceux-ci ont fait honte au Christianisme

Aujourd’hui, 18 novembre, on trouve dans les librairies italiennes la nouvelle édition, augmentée, des mémoires du Cardinal Giacomo Biffi qui fut archevêque de Bologne de 1984 à 2003. Voici un extrait du livre, extrait qui commente les positions en faveur des Juifs, en 1938, du Cardinal Schuster et de Pie XI (il est, ici, bel et bien question de Pie XI, pape de 1922 à 1939 ; et non de Pie XII, pape de 1939 à 1958, sur lequel je me suis déjà exprimé) : « Le 4 novembre 1988, les juifs de Bologne ont eu, à juste titre, l’idée de commémorer publiquement les infâmes et honteuses lois antisémites de 1938, à l’occasion de leur 50e anniversaire. De tout mon cœur et avec une totale conviction, j’ai voulu manifester à cette occasion, au nom de toute l’Église de la ville, ma pleine adhésion, en assistant personnellement à la cérémonie commémorative qui a eu lieu à la synagogue, où j’ai été accueilli avec beaucoup de cordialité et où j’ai pris part à la prière. Cette circonstance m’a rappelé les événements de cette lointaine année 1938, qui m’avaient particulièrement frappé déjà alors, même si je n’avais pas encore onze ans ».

« À ce moment-là les lois anti-juives, qui avaient été précédées par diverses publications à caractère pseudo-scientifique relatives à la ‘race’, approuvées par le régime, quand il ne les avait pas carrément commandées, s’abattirent à plusieurs reprises sur la nation italienne stupéfaite. Pour ne citer que celles dont j’ai quelque connaissance, un décret-loi du conseil des ministres, publié le 1er septembre, commença à interdire aux étrangers d’origine juive de résider de manière permanente sur notre territoire. Le 2 septembre, un autre décret-loi chassa les enseignants et élèves de race juive de toutes les écoles du royaume, de toute nature et de tout niveau. Le 10 novembre, les juifs furent exclus, toujours par décret-loi, de tout emploi dans l’administration, dans les organismes para-étatiques et dans les services municipaux. Et nous n’en étions qu’au début des persécutions, qui devinrent par la suite de plus en plus nombreuses et dévastatrices. Notre peuple, qui avait été pris par surprise, était désorienté et effrayé, lorsque soudain, à Milan, une voix s’éleva – c’était la première et elle resta la seule – celle d’un homme qui eut le courage de prendre ouvertement ses distances par rapport à tant de folie ».

« Le 13 novembre, pour le début de l’Avent selon le rite ambrosien, le cardinal Schuster prononça du haut de la chaire de sa cathédrale de Milan une homélie qui, dès les premiers mots, au lieu de se référer au contexte liturgique, aborda immédiatement le sujet qui lui tenait le plus à cœur : «Une espèce d’hérésie est née à l’étranger et s’insinue un peu partout ; non seulement elle porte atteinte aux fondements surnaturels de l’Église catholique mais, en matérialisant dans le sang humain les concepts spirituels d’individu, de nation et de patrie, elle refuse à l’humanité toute autre valeur spirituelle. Elle constitue ainsi un danger international qui n’est pas moins grave que le bolchevisme lui-même. C’est ce que l’on appelle le racisme ». Il est difficile, aujourd’hui, de se rendre compte de l’impression provoquée par ces propos qui critiquaient la pensée et le comportement d’un gouvernement qui, depuis des décennies désormais, ne supportait même pas la plus faible expression d’un désaccord ».

« Ils ne restèrent pas confinés à l’atmosphère solennelle d’une cathédrale comble : ils furent imprimés dans la Rivista Diocesana Milanese [Revue Diocésaine Milanaise] et, deux jours après avoir été prononcés, ils furent publiés par L’Italia, le quotidien catholique qui entrait dans nos maisons. À Rome, dans les milieux fascistes, on commença à demander une rétractation ou, au moins, un net changement d’orientation du journal, avec la menace (dans le cas contraire) d’une suppression sans appel. Mais le cardinal ne fut pas laissé seul. Un message lui fut envoyé de la part du pape, portant la signature du secrétaire de celui-ci, Mgr Carlo Confalonieri : ‘Le Saint Père exhorte le cardinal de Milan à soutenir avec courage la doctrine catholique, parce que l’on ne peut pas céder sur ce point et que le journal L’Italia ne peut pas changer d’orientation. Aut sit ut est, aut non sit [Qu’il soit comme il est, ou qu’il ne soit pas]. Et, au cas où il serait contraint de cesser de paraître, que la liste des abonnés soit transmise à l’Osservatore Romano ». La dernière phrase nous rappelle que Pie XI ne perdait jamais son ‘sens milanais du concret’, pas même dans les moments les plus décisifs et les plus dramatiques de son action pontificale » (Fin des extraits la nouvelle édition, augmentée, des mémoires du Cardinal Giacomo Biffi).

Pie XI

Source :

http://chiesa.espresso.repubblica.it/articolo/1345582?fr=y

Traduction française initiale par Charles de Pechpeyrou.

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