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Publié par Guy Millière le 21 novembre 2010

 

LE LAPIN DURACELL NE VOIT TOUJOURS PAS LA DIRECTION DANS LAQUELLE IL VA.

Je n’ai pas commenté le changement de gouvernement en France, parce que celui-ci me semblait quasiment inutile à commenter. Je n’ai rien dit non plus sur l’interminable cérémonie qui a vu trois journalistes, bien élevés et très domestiqués, poser des questions au Président de la République : j’ai regardé. Un peu. J’ai écouté d’une oreille distraite. J’aurais pu couper le son pour me fixer sur la pantomime et la mise en scène, si celle-ci n’avait été aussi pauvre. Je me suis passé des commentaires qui ont suivi, et sans les avoir vus, je pourrais les résumer ici : les gens de l’UMP ont trouvé Sarkozy excellent, ceux de la gauche l’ont trouvé mauvais, voire soumis au grand capital, le Front National a dit qu’en matière d’immigration c’était très insuffisant  et que le Président était libéral et mondialiste. Si on a demandé l’avis de Villepin, il a vraisemblablement exprimé l’idée que cela manquait de gaullisme. Peu importe. Ce genre de choses ne suscite plus mon intérêt du tout.  

J’attendrais d’un débat politique qu’il aborde les vrais problèmes du pays, à savoir le vieillissement de la population, l’allongement de la vie, et la totale inadéquation de la Sécurité Sociale pour y répondre, la montée d’une immigration incontrôlable, la prolifération des zones de non droit, la ghettoïsation de zones entières du pays, et l’impossibilité, pour les forces de police telles qu’elles sont formées et utilisées, d’y faire face, l’inaptitude de l’appareil éducatif, en son ensemble, à former la jeunesse aux professions de demain et d’après-demain, et l’incapacité du secteur entrepreneurial à créer des entreprises fécondes, dynamiques, ouvertes sur des horizons planétaires. J’attendrais qu’on sorte de la politique politicienne, des calculs minables, des mots sculptés dans une langue de bois qui assomme et sonne faux. J’attendrais qu’on parle d’économie avec des gens compétents, à même d’expliquer la complexité planétaire et ses enjeux, et non avec des gens qui n’ont rien lu de nouveau depuis que Marx a laissé « le Capital » inachevé, un jour de 1871, ou depuis la parution de la « Théorie Générale » de John Maynard Keynes en 1936. Je sais que mes attentes seront vaines.  

Donc : Nicolas Sarkozy a fait n’importe quoi, a tourné en rond, gesticulé, changé d’avis, adopté une ligne, puis une autre, puis une autre encore, et cela a occupé trois années de sa présidence, et maintenant…. Je le comparais, avant l’élection, au lapin Duracell, celui dont les piles durent plus longtemps. Je pensais que, à la différence du lapin Duracell, il avait des yeux pour voir la direction dans laquelle il allait, et un cerveau pour déchiffrer les messages venus des yeux. Je me trompais. Je savais, avant l’élection, qu’il ne lisait pas beaucoup, sinon des albums de bande dessinées. Je pensais qu’il en tirait malgré tout quelques idées minimales. Je me trompais là encore. Je savais que l’UMP composait son programme, en ramassant les brouillons des programmes des autres  partis dans les corbeilles à papier, mais j’espérais qu’ils pourraient parcourir quelques textes dignes de ce nom. Je me trompais, décidément : l’UMP persiste dans sa façon de composer son programme, et on semble n’y lire, en supplément des programmes des autres partis, que les discours de Nicolas Sarkozy qui se situent, avec constance, au degré zéro de l’analyse politique, et ne parvient à briller, quelquefois, que dans la mesure où ses concurrents, eux, sont tellement en dessous de zéro, qu’ils semblent droit sortis de la dernière ère glaciaire.  

La lecture des œuvres complètes de Nicolas Hulot sera donc confiée désormais à la seule Nathalie Kosciuzko-Morizet : Jean-Louis Borloo n’en sera pas privé, il les connaît par cœur. Christine Lagarde aura du temps à Bercy pour continuer à étudier la technique des sukuk, et les vertus de la finance islamique : elle a, dit-on, essayé de parcourir un manuel d’économie  que lui aurait conseillé un collègue chinois, inquiet de voir qu’elle déchiffre si mal les rouages les plus élémentaires du capitalisme, mais elle a arrêté dès la deuxième page, lorsque son chef de cabinet lui a dit qu’elle n’était pas là pour s’occuper d’une société capitaliste, mais pour faire de l’économie administrée. Elle s’est tournée alors vers une brochure titrée « Le socialisme en France : pourquoi comment ? », et cela a rassuré son entourage. Pour le reste : des chiraquiens, des chiraquiens et encore des chiraquiens. J’assimile le gaullisme à une baudruche vaniteuse et mégalomaniaque, et le chiraquisme à ce qui reste lorsque la baudruche s’est dégonflée. Tenter de voguer vers l’avenir, en recourant à une baudruche dégonflée, est une marque d’audace. La seule, l’unique, Michèle Alliot-Marie aux Affaires Etrangères, et Alain Juppé à la défense, cela va redonner de la couleur à la politique arabe de la France, aux ouvertures vers Pékin et Moscou : si j’étais israélien, je me souviendrais de quelques épisodes fâcheux où madame Alliot-Marie s’est illustrée, et a tenté de faire presque aussi bien que l’ancien ami d’Arafat et de Saddam Hussein, mais je ne suis pas israélien.

Il y a toujours des mots seyants dans les noms des ministères « développement durable », « solidarités », « cohésion sociale ». Le premier vient directement de chez les Verts, les seconds, eux, sont issus du Parti Socialiste.  

La politique envisageable ? De l’immobilisme. Le moins de vagues possible. Aucune décision qui puisse créer des émeutes ou des grèves. Des promesses de fermeté dans la détermination, parfois, à moins que ce ne soit l’inverse : des promesses de détermination dans la fermeté. La certitude, rappelée par des conseillers en communication, de ce que l’électorat vieillit, et de ce que les vieux n’aiment pas les secousses. La gestion du déclin, en somme. Quelques rafistolages, si l’une des pièces d’une machine à bout de souffle, et qui fuit de partout, semble lâcher, mais juste quelques rafistolages. Et puis, une obsession des sondages : le faux poète napoléonien doit être isolé, le centriste qui tourne en rond autour de son propre centre doit l’être aussi. Marine Le Pen ? Quelques mots xénophobes sur les étrangers seront prononcés si nécessaire, mais pas trop, pour ne pas effrayer la gauche. Du côté de celle-ci, il faudra essayer de pousser sur les divisions, inciter peut-être Strauss-Kahn à rester à Washington. Cela tiendra bien jusqu’en 2012, espère-t-on à l’Elysée. En attendant, il restera des centaines de milliers de chômeurs, des gens continuant à vivre avec 700 euros par mois et parfois moins, des jeunes gens qui auront le choix entre l’ANPE, l’imam intégriste, le gang, ou le départ à l’étranger. La croissance se fera en Chine, en Inde, au Brésil. Elle reviendra aux Etats-Unis.

La France a un beau passé, me dit-on parfois. Je préfère ne pas commenter. Je ne rencontre personne qui me déclare que la France a un futur extraordinaire.  

J’aimerais, oui, j’aimerais beaucoup croire à un redressement. Mais je vois la France telle qu’elle est. Je vois l’offre politique. Je vois le gouvernement. Et quand je regarde ailleurs sur ce continent, cela ne me rend pas plus joyeux. L’Europe représente encore environ le quart du PIB mondial. Dans trente ans, tous les prospectivistes prévoient qu’elle en représentera environ 15%. La population européenne se situe à environ 500 millions d’habitants : dans trente ans, le chiffre devrait être tombé un peu en dessous de 450 millions. L’âge moyen de cette population frôlera les cinquante ans. On pourrait le dire, en parler, mais non…

Les Etats-Unis, qui restent la principale puissance du monde occidental, ont aujourd’hui 320 millions d’habitants. Dans trente ans, leur population sera ce qu’elle sera alors en Europe : 450 millions d'habitants. L’âge moyen sera d’environ trente deux ans. En Europe, la population, dans trente ans, sera musulmane à plus de trente pour cent, et la proportion de musulmans chez les moins de trente ans sera, selon toutes les indications disponibles, plus forte encore. Au même moment, aux Etats-Unis, la population musulmane, qui est aujourd’hui inférieure à 1% sera passée à deux ou trois pour cent. Les Etats-Unis sont désastreusement gouvernés depuis deux ans : mais cela ne va pas durer. J’entends néanmoins des ministres français, de l’UMP, continuer à chanter les louanges de Barack Obama : c’est normal puisqu’ils sont de gauche. J’entends des gens de la gauche française chanter eux aussi les louanges de Barack Obama : c’est très normal, puisqu’ils sont de gauche, comme leurs collègues de l’UMP.

Des politiciens français disant du bien des Républicains et du mouvement conservateur américain ? J’en connais deux, peut-être trois. Je ne citerai pas leurs noms. Je ne veux surtout pas leur attirer d’ennuis. Je donnerai juste des indices : ils ne sont pas à gauche, bien sûr. Même s’il y a, à gauche, des gens intelligents que je pourrais décompter en me contentant d’un ou deux doigts. Ils ne sont absolument pas à l’extrême-droite où, ces dernières années, on préférait, de toute façon, l’antisémite Ahmadinjejad. Ils ne sont pas à l’extrême-gauche, cela va de soi. Il reste donc le parti du Président ? Eh oui. Disons qu’il y a des dissidents.

Nous en sommes-là. Au temps des dissidents.

Guy Millière

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