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Publié par Dreuz Info le 22 novembre 2010

Par Jean Szlamowicz, maître de conférences à Paris IV-Sorbonne.

J’ai beau être linguiste, je suis toujours stupéfait par l’écart entre les mots et la réalité, par la capacité d’idéologues à faire naître par le discours des représentations mensongères dans l’esprit d’un public quand il ne demande qu’à être convaincu.

Un texte publié par Le Monde le 17 novembre intitulé « Boycotter Israël, c'est lutter pour une paix juste », justifie la tactique du boycott anti-israélien « pour défendre un même objectif : l'application du droit », c’est-à-dire rendre justice aux « Palestiniens »1. Il est signé de personnalités représentant un spectre gauche-écolo-artistes comme le député européen Patrick Le Hyaric, Olivier Besancenot, le réalisateur palestinien Scandar Copti, Monique Cerisier Ben-Guiga (sénatrice PS), Alima Boumédiène-Thiery (sénatrice Les Verts), Patrick Braouzec (député de Seine-Saint-Denis), etc.

Ce texte radicalement manichéen pose qu’Israël est un spoliateur violent niant le droit international. Totalement unilatéral, ce texte oublie la réalité du pouvoir palestinien, les attaques militaires et le terrorisme permanents qui pèsent sur Israël depuis sa création ainsi que la nature jihadiste de ces agressions. Cette doxa, présente sur chaque plateau de télévision et dans les tribunes de tous les grands quotidiens, se drape des oripeaux de la respectabilité morale.2 L’efficace de cette propagande tient, bien sûr, à ces valeurs dont elle prétend se réclamer : le droit, la paix et la justice… Qui donc s’opposerait à d’aussi nobles ambitions ? Il est évident que ces signataires ne vont pas se présenter ouvertement comme militant pour l’instauration d’un état palestinien qui a prévu d’être judenrein et sans liberté religieuse et dont la réalité actuelle est d’une corruption et d’une violence rare.

Notons que la contrepartie du boycott « à l’occidentale » est, sur le terrain palestinien, bien différente de la rébellion policée présentée au lectorat raffiné du Monde :

« S’adressant au Jerusalem Post, le ministre du travail palestinien Ahmed Majdalani a déclaré que l’AP espère que d’ici la fin de l’année, les milliers de Palestiniens employés dans des communautés israéliennes de Judée et de Samarie abandonneront leur emploi. Ce qu’il n’a pas mentionné, c’est que s’ils ne l’abandonnent pas, ils seront arrêtés.

Selon le ministre de l’économie de l’AP Hassan Abu Libdeh, depuis le début de la campagne de Fayyad, l’AP a confisqué 1 million de $ de produits israéliens, dont de la nourriture, des cosmétiques et du matériel informatique dans les boutiques palestiniennes.

Les mesures de Fayyad se superposent à des mesures déjà mises en oeuvre par l’AP comme de condamner à mort les Palestiniens qui vendent de la terre aux Juifs. Il y a moins de deux mois, l’Autorité Palestinienne a réaffirmé qu’elle continuera à exécuter tout Palestinien qui commet ce « crime ». Il n’y a aucun moyen de prétendre de façon crédible que ces actes font progresser soit la cause d’une coexistence pacifique ou la prospérité économique palestinienne. »3

La liquidation physique de ceux qui enfreignent le boycott obligatoire ? C’est donc à une telle cause que ces soi-disant hommes et femmes de gauche se joignent ?

L’occupation et l’injustice

Se défendant bien sûr de tout antisémitisme, ils clament que :

« La campagne BDS [Boycott, Désinvestissement, Sanctions] n'est pas l'expression d'une haine irrationnelle d'Israël. Comme l'écrit John Berger, écrivain britannique et membre du comité de parrainage du Tribunal Russell sur la Palestine, "BDS n'est pas un principe, mais une stratégie ; ce n'est pas Israël qui est visé, c'est sa politique ; si la politique change (dans le bon sens), le BDS prendra fin". »

Si cet argument est de bonne foi, alors il faut conclure avec les signataires qu’il existe « une politique d’Israël ». Serait-elle donc la même depuis toujours, indépendamment des changements de gouvernements ? Quelle est donc cette politique ? Citant la charte du mouvement Boycott Désinvestissement Sanctions, ils affirment que :

« ce boycott ne vise pas la société israélienne ni les individus qui la composent, en tant que tels, il vise la politique coloniale d'occupation israélienne et ses partisans ».

Avec une rare hypocrisie, M. Besancenot et ses co-signataires (que cela ne dérangent en général pas de défiler aux côtés de gens qui hurlent « Mort à Israël ») ne définissent pas de quelle occupation il s’agit. S’il s’agit des territoires de Judée-Samarie, on rappellera qu’ils ont été attribués au foyer national juif lors du traité de San Remo en 1920 par la Société Des Nations, texte qui n’a jamais été abrogé : le seul texte qui aurait pu l’abroger est le partage de 1948 que les pays arabes n’ont justement jamais reconnu, préférant tenter de conquérir l’ensemble du territoire et échouant lamentablement dans cette guerre d’annexion.4 Les circonstances de « l’occupation » de ces terres par Israël sont donc en plus le résultat de guerres d’agression : peut-on — au nom de la justice et du droit !— masquer cette réalité ?

Une autre réalité est que l’occupation dont il est question dans ce texte obligeamment publié par Le Monde n’a au fond rien à voir avec de quelconques territoires mais avec la nature même d’Israël. L’Autorité Palestinienne définit Israël comme une entité occupant illégalement son territoire : c’est donc bien la totalité du pays qui est visée et son « sa politique ». En effet, le texte des boycotteurs feint d’oublier que pour les adversaires d’Israël, c’est la totalité du territoire israélien qu’ils veulent libérer : telle est la réalité de leur revendication, et ce depuis le grand Mufti de Jérusalem, Mohammed Amin al-Husseini, allié à Hitler, jusqu’à son neveu Yasser Arafat et son compagnon d’armes Mahmoud Abbas (auteur d’une thèse négationniste soutenue en URSS). Pour le monde arabe, delendus est Israël. Et ce « il faut détruire Israël » n’est pas une figure de style et il ne s’agit nullement pour eux de rendre justice à un peuple « palestinien » qui n’a été inventé qu’à partir de 1967 et qui n’avait auparavant jamais revendiqué ni existence politique ni territoire. Et pour cause, la Palestine mandataire avait pour vocation de créer un foyer national juif (déclaration Balfour du 2 novembre 1917), les Britanniques ont ensuite réduit cet objectif, désirant y créer aussi un état arabe, ce qui fut fait avec la création de l’émirat de Transjordanie. C’est ainsi 80% de la Palestine mandataire qui sont donc allés à un état arabe. Sur la portion restante, Israël s’est développé et a été agressé dès le début de son existence puisque les états arabes ont refusé son existence. Chaque nouvelle guerre d’agression est fondée sur ce postulat : la présence juive est illégitime et ce territoire de guerre (dar-al-harb) doit être reconquis et réislamisé pour devenir dar-al-islam. C’est l’objectif explicite du Hamas et du Hezbollah. La différence avec le Fatah (présenté comme modéré malgré ses exactions et son recours au terrorisme) est purement stratégique : guerre totale d’un côté ; stratégie des petits pas grignotant des territoires et établissant une légitimité politique de l’autre.

Tout cela est explicite et fièrement proclamé dans la Charte de l’OLP :

* La Palestine est la patrie du peuple arabe palestinien : elle constitue une partie inséparable de la patrie arabe, et le peuple palestinien fait partie intégrante de la nation arabe.

* Article 2 : La Palestine, dans les frontières du mandat britannique, constitue une unité territoriale indivisible.

Ce que les membres du Fatah comme du Hamas appellent « territoire occupé », c’est l’ensemble de la Palestine, c’est-à-dire y compris Israël. Leur objectif n’est pas d’établir une nation (ils l’auraient eu depuis longtemps, chaque négociation depuis Oslo ayant été fondée sur le principe de dupe « la paix contre des territoires ») mais de mettre fin à l’existence d’Israël — une souveraineté juive sur une terre ayant été autrefois conquise par l’islam leur étant totalement insupportable.

La même charte décide d’ailleurs unilatéralement du droit :

Article 19 : Le partage de la Palestine en 1947 et l'établissement de l'État d'Israël sont entièrement illégaux, quel que soit le temps écoulé depuis lors, parce qu'ils sont contraires à la volonté du peuple palestinien

Article 20 : La déclaration Balfour, le mandat sur la Palestine et tout ce qui en découle sont nuls et non avenus.

Faut-il rappeler que les cartes de la Palestine qui ont cours dans les classes de géographie palestiniennes représentent la totalité d’Israël ?

En invoquant hypocritement la « politique coloniale » d’Israël comme devant cesser, les auteurs du texte utilisent le vocabulaire des factions palestiniennes qui envisagent clairement la conquête de l’état d’Israël entier — tel est l’arrière-plan pragmatique de telles revendications.

De quel droit ?

On peut également se poser des questions sur la légitimité qu’il y a à invoquer le droit international comme une transcendance politique qui devrait s’imposer à Israël. Le texte prônant le boycott fonde ses revendications sur le droit international dont l’ONU serait l’expression impartiale :

« Israël refuse depuis des décennies de se soumettre aux règles les plus élémentaires du droit international. Ce sont ainsi plus de 30 résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU qu'Israël a refusé ou refuse encore de respecter, attitude pour le moins paradoxale de la part d'un état créé par une résolution des Nations unies. »

L’ONU n’est pas une entité apolitique éclairée par la recherche de la paix mais le lieu de bras de fer diplomatiques où s’expriment des pays qui n’ont rien de démocratique. Les rapports de force y sont massivement favorables aux pays musulmans et à leurs alliés, l’Organisation de la Conférence Islamique y possède un poids colossal et Ahmadinejad s’y fait régulièrement applaudir. Quand on sait que 80% des résolutions de l’ONU concernent Israël (ce qui laisse une portion assez congrue au reste du monde !), que siègent au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU des pays comme la Lybie, la Chine ou Cuba et que l’Arabie Saoudite fait partie du conseil exécutif de l’organisme sur le droit des femmes, la légitimité de ce ramassis de dictatures est tout de même fragile d’un point de vue moral.5

La confiscation du Bien, du Droit et du Juste à laquelle procèdent ces militants auto-proclamés vertueux ne relève pas seulement de l’aveuglement mais aussi du mensonge, au moins par allusion. Le recours à l’indignation en évoquant par analogie l’Afrique du Sud fait partie d’une stratégie cohérente :

« Nous savons, fort du précédent sud-africain et de la campagne victorieuse de boycott contre le régime d'apartheid, que cette arme, loin d'être indigne, peut être noble et efficace lorsque les circonstances l'exigent. C'est le cas aujourd'hui. »

Notons au passage que l’un des signataires palestinien6 parlant d’apartheid s’est inscrit à l’Université de Tel-Aviv dont il prône le boycott, et qu’un autre réalise ses films anti-israéliens avec des fonds israéliens : tout cela est à l’image des députés arabes israéliens qui tout en étant élus et représentant l’état d’Israël ne cessent de réclamer sa destruction. C’est lors de la conférence mondiale contre le racisme organisée par l’UNESCO ayant eu lieu à Durban en Afrique du Sud (2-9 septembre 2001) qu’a été mise en place cette stratégie d’ostracisation d’Israël. Cette délégitimisation s’est notamment mise en place par le recours à des tactiques de harcèlement juridique fondées sur des falsifications sémantiques. Le parallélisme avec l’apartheid est l’un des mensonges récurrents : il est de notoriété publique qu’il n’existe en Israël aucun apartheid (contrairement à Gaza où l’on peut difficilement constater la moindre trace de pluralisme religieux, culturel ou politique) et cette rhétorique fallacieuse a déjà été abondamment étudiée.7

Mais ces accusations permanentes ont un rôle : l’affaiblissement d’Israël, dans l’opinion publique et, partant, dans les négociations diplomatiques. Le droit international, instrumentalisé par des objectifs spécifiquement politiques, sert à se cacher derrière la morale pour se ranger aux côtés des adversaires d’Israël. En proclamant par exemple que « La fin de cette impunité est la seule voie possible vers une paix réelle, où le droit et la justice seraient des principes intangibles et non pas, comme c'est le cas à l'heure actuelle, des objets de négociation », les boycotteurs feignent de ne pas savoir de quelle paix il s’agit. La paix qui est envisagée est une paix islamique.

La paix selon l’Autorité Palestinienne

En effet, quand les signataires se défendent en disant « Notre combat n'est pas fondé sur le rejet d'un peuple », ils oublient commodément de souligner que ceux au nom desquels ils s’expriment sont eux radicalement favorables à l’élimination de « ce peuple » qui reste pudiquement innommé.

Derrière le masque que constitue la noble revendication nationale d’un peuple se cache en réalité une ambition ouvertement islamiste (mais ce n’est évidemment pas le message que l’on diffuse en occident). N’oublions pas que les Brigades des Martyrs d’Al-Aqsa constituent la branche armée du Fatah (ils siègent au conseil du Fatah depuis 2003). La télévision palestinienne appelle au meurtre des Juifs au nom d’Allah et Ibrahim Mudayris, responsable religieux de l'Autorité palestinienne ne cesse de le proclamer : « Les Juifs sont un virus dont souffre le monde entier. Cela a été prouvé dans l'Histoire… Demandez à l'Angleterre ! Demandez à la France ! Demandez au Portugal… Demandez à la Russie tsariste – qui avait généreusement accueilli les Juifs, mais ces derniers ont comploté pour assassiner le tsar !… Ne demandez pas à l'Allemagne ce qu'elle a fait aux Juifs. Ce sont eux-mêmes qui ont provoqué le nazisme, pour déclarer la guerre au monde entier. »8 Dans ses prêches, il proclame encore que « le Prophète a dit la résurrection ne viendra que quand les Musulmans combattront les Juifs et que les Musulmans les tueront. Réjouissez-vous dans la victoire d’Allah. Tout le monde veut se venger des Juifs, ce sont des porcs sur la surface de la terre. Et le jour de notre victoire, selon le vœu d’Allah, viendra. » 9

Cette doctrine judéophobe et son ancrage doctrinal dans l’islam est régulièrement réaffirmée à la télévision par Mahmoud Al-Habbash, ministre des affaires religieuses.10 La télévision du Fatah en fait un fondement politico-religieux principiel :

« Allah nous l’a dit à travers les lois de la Charia et nous le disons à nouveau : la terre islamique de Palestine est une et indivisible. »11

C’est d’ailleurs ce qu’on trouve dans les livres d’école de l’Autorité Palestinienne qui enseignent que le conflit avec Israël est une guerre religieuse pour l’islam qui relève du ribat (litt. « forteresse », c’est-à-dire le combat pour Allah) :

« Le ribat pour Allah est une action liée au jihad. Il s’agit des cas où l’on se trouve dans un endroit où il y a un combat entre les Musulmans et leurs ennemis. »12

Israël y est présenté comme un ennemi sur une terre islamique : le conflit contre Israël « est l’un des plus grands ribats et les Palestiniens méritent de grandes récompenses de la part d’Allah. »13

La « paix » se confond donc dans l’esprit palestinien avec la victoire armée pour libérer la totalité de « son » territoire musulman de l’ennemi juif. La réalité du combat « national » de l’Autorité Palestinienne, c’est la propagande antisémite dans les écoles, le culte du martyre et de l’attentat suicide — le tout financé par l’ONU, l’Europe et les Etats-Unis au nom de l’éducation.14 La réalité « pacifique » de l’Autorité Palestinienne, c’est l’anéantissement d’Israël. L’hypocrisie figure en toutes lettres dans la charte de l’OLP (art. 21-22) :

« S'exprimant par révolution armée palestinienne, le peuple arabe palestinien (…) recherche l'appui de toutes les forces progressistes et pacifiques du monde. »

On admire les termes contradictoires où la révolution armée s’appuie sur le « pacifisme » : c’est que le pacifisme est un moyen discursif à destination de l’occident, pas une visée objective. Voilà donc la paix que brandissent en permanence les bien-pensants occidentaux : elle passe par la victoire militaire et l’élimination d’Israël. Tel est l’appel que lancent ces « militants de gauche » : la victoire militaire du djihad sur les Juifs.

Deux poids, deux mesures : un unilatéralisme judéophobe

Les mensonges factuels larmoyants de ces pétitionnaires relèvent de la basse propagande :

« En violant chaque jour le droit international, en commettant des actes criminels comme les bombardements massifs sur Gaza en 2008-2009 ou l'assaut sanglant contre la Flottille de la liberté, en poursuivant le blocus de Gaza, la construction de colonies et l'arrachage des oliviers, Israël ne peut susciter qu'un rejet de plus en plus fort. »

La réalité de la guerre contre les barbares du Hamas à Gaza (qui se servent de la population comme bouclier humain malgré tous les efforts de Tsahal pour éviter des pertes civiles), de la « Flottille » où des mercenaires islamistes turcs ont lynché des soldats israéliens, d’un soi-disant « blocus » où les Gazaouis viennent en Israël se faire soigner et reçoivent des milliers de tonnes de denrées chaque jour (récompensées par des tirs de dizaines de roquettes sur Israël), ou de la vie économique (ah, la mystique écolo de l’olivier arraché par des soldats sanguinaires…) est bien différente de ce qu’ils décrivent sans nuance, et de manière totalement biaisée.

Ces belles âmes gauchisantes ne semblent pas non plus avoir des réserves d’indignation infinies puisqu’elles oublient aussi la réalité de l’exercice du pouvoir palestinien fondé sur la censure et la répression. Entre les purges idéologiques, la censure de la presse,15 la torture et l’exécution des opposants, la condamnation à mort de ceux qui font des transactions immobilières avec des Juifs, on peut se demander ce qu’attendent ces pacifistes pour dénoncer l’absence totale de liberté politique dans les territoires contrôlés par le Fatah comme par le Hamas ainsi que les exactions commises par le Hamas et le Fatah envers leurs propres populations. Cela pose une question cruciale sur leur bonne foi. Quelle est la crédibilité des gens qui dissimulent ces réalités en se cachant derrière la banderole de la justice et de la liberté pour promouvoir des régimes islamo-fascistes ? La réponse est simple : elle dépend directement de la crédulité de leurs lecteurs-électeurs, de leur envie de croire à ces fables — par amour des « Palestiniens » ou par envie de haïr Israël ?

Pourquoi tout exiger d’Israël et rien de ses adversaires, automatiquement absous de leurs attentats sanguinaires contre des civils ? Pourquoi s’intéresser à Israël au nom de la justice… et à aucun autre pays au monde ? Que je sache, le Parti Communiste, la LCR, les Verts et leurs différents avatars du monde associatif et des ONG n’appellent pas au boycott de l’Arabie Saoudite, de l’Iran, de la Syrie ou autres dictatures islamistes. Ils ne s’indignent guère de ce qui se passe au Soudan ou en Chine. C’est cette indignation sélective, ce deux poids-deux mesures qui relève de la judéophobie. C’est bien Israël dans son entier qui est visé et non « sa politique ». Le philosophe Vladimir Jankélévitch le disait déjà il y a longtemps : « Quand il s’agit d’un Juif, l’être ne va pas de soi. Les ennemis d’Israël ne ‘reconnaissent’ pas Israël. Israël est transparent, inexistant. On ne négocie pas, on ne dialogue pas avec celui qui n’existe pas. Or il n’est pas évident qu’un Juif doive exister ; un Juif doit toujours s’excuser de vivre et de respirer.16 (…) L’‘antisionisme’ offre enfin à nos concitoyens la possibilité d’être antisémite tout en restant démocrate. Quelle aubaine ! Ce plaisir-là ne sera plus réservé à la droite… »17

Une stratégie délibérée

On pourrait s’étonner une nouvelle fois et se demander pourquoi, dans leur soif de justice, ces militants de la justice n’expliquent pas ce qu’est le Hamas et ce que sont ses ambitions génocidaires ? Pourquoi l’endoctrinement des enfants soldats dressés au combat djihadiste par l’Autorité Palestinienne ne figure pas à l’avant-scène de leur indignation ?

Cessons cette naïveté ironique. Ils savent très bien ce qu’ils écrivent. Quand bien même ils auraient raison et Israël serait dix fois le monstre qu’ils décrivent, ils auraient encore tort car en ne demandant de sanctions que contre Israël (parmi les dizaines de conflits existant dans le monde), ils révèlent une obsession dont les racines morales sont inadmissibles. Certes, ils ne sont sans doute pas antisémites au sens de Gœbbels, ils ne croient sans doute pas à l’infériorité raciale des Juifs. Cela n’empêche pas une judéophobie profonde et totale qui les conduit à faire d’Israël le problème central du monde.

Il faut reconnaître ce conflit pour ce qu’il est : non une simple dispute territoriale que des négociations diplomatiques pourraient régler mais une lutte culturelle, religieuse et civilisationnelle livrée par l’islam contre les Juifs (sans parler de l’intérêt fondamental des barons locaux corrompus qui contrôlent les populations fanatisées par la religion en leur donnant un ennemi à haïr tout en captant les aides internationales). A côté du bras armé des différentes factions palestiniennes existe un bras idéologique, dont les prises de position à destination des occidentaux utilisent les valeurs universalistes (justice, droit, etc.). Ce n’est qu’un trompe-l’œil, dans l’esprit de la tromperie légitime que constitue la Taqiyya.18 Cette stratégie de délégitimation d’Israël organisée à Durban19 a produit la campagne BDS qui n’est que l’une de ses applications proposées par l’Organisation de la Conférence Islamique et visant à détruire Israël par une guérilla juridique. L’activisme d’une partie du monde politico-idéologique occidental, en particulier dans la mouvance gauchiste, participe d’une alliance stratégique délibérée. Le fait que ses opinions soient relayées par la presse généraliste ne laisse pas d’être inquiétant tant l’absence de rectification factuelle revient à une condamnation implicite d’Israël : ces idées sont désormais diffusées de manière massive et gagnent chaque jour en légitimité.20 C’est toute la classe « intellectuelle » occidentale qui, se voulant généreuse et restant ignorante des faits, est séduite par leur hypocrisie. A chacun de savoir si les ambitions génocidaires et jihadistes qui sont tapies dans l’ombre de leur rhétorique morale si fleurie ne finissent pas par être légèrement nauséabondes…

Jean Szlamowicz est maître de conférences à Paris IV-Sorbonne

 

1 C’est désormais le nom que l’on donne aux Arabes musulmans de Palestine alors qu’il s’appliquait autrefois aux habitants de la Palestine dans leur ensemble, c’est-à-dire y compris les Juifs

2 Notons que certains des signataires se veulent « révolutionnaires » : le renversement de l’ordre établi et du système légal étant leur objectif, le caractère pseudo-juridique de leur appel n’est qu’une façade et une subversion du droit — le boycott étant d’ailleurs lui-même illégal…3 http://www.jpost.com/Opinion/Columnists/Article.aspx?id=195474 (Adaptation française de Sentinelle 5771).

4 Le juriste Howard Grief le rappelle : « En fait, le Conseil de Sécurité n’a pas et n’a jamais eu l’autorité ou le droit d’ordonner à Israël de se retirer de territoires qui constituent des zones historiques et légales d’implantation du Foyer National Juif qui avaient été reconnues implicitement et explicitement comme appartenant au peuple juif par divers actes de loi internationaux : la Résolution de San Remo du 25 avril 1920 ; la convention frontalière franco-britannique du 23 décembre 1920 et le Mandat pour la Palestine confirmé par la Société des Nations le 24 juillet 1922 et accepté par le Traité sur la Palestine Américano-Britannique du 3 décembre 1924. », in « Le Conseil de Sécurité et la résolution 242, Entre violation du droit international et catastrophe nationale » (en français : 18 mars 2009, www.upjf.org ; Ariel Center for Policy Research, Paper No. 173, 2008 : « Security Council Resolution 242: A Violation Of Law And A Pathway To Disaster ». (http://www.acpr.org.il/pp/pp173xs.htm)

5 Malka Marcovich, Les Nations Désunies, Comment l'ONU enterre les droits de l'homme, (Jacob-Duvernet, 2008)

6 « Omar Barghouti s'inscrit à l'Université de Tel Aviv tout en prônant son boycott » (http://www.drzz.info/article-30984873.html). 3/05/2009.

7 NGO Monitor, « L’accusation d’apartheid : paresse intellectuelle ou stratégie immorale ? » in Controverses n°15, novembre 2010.

8 AP TV, 13 mai, 2005.

9 Palestinian Media Watch : http://www.palwatch.org/main.aspx?fi=427

10 Palestinian Media Watch : http://www.palwatch.org/main.aspx?fi=435

11 Sheikh Yousuf Abu Sneina:, 8. sept. 2000 : « Allah made it clear to us through the laws of the Sharia (Islamic religious law) and we say: The Islamic Land of Palestine is one and cannot be divided », Ibid.

12 Education islamique, niveau 12, p. 86. Source : Palestinian Media Watch.

13 Ibid, p. 86-87.

14 « Indoctrinating Palestinian Children to Genocidal Hate », par Manfred Gerstenfeld, Tuesday, December 23, 2008, www.frontpagemagazine.com ; version française : « Les enfants palestiniens formés à la haine génocidaire », http://www.debriefing.org/27519.html

15 Le Palestinian Center for Human Rights a dénoncé dans un communiqué du 12 juillet 2010, la censure de la presse à Gaza et en Cisjordanie, censure organisée sous la menace des armes par le président de l’autorité Palestinienne et par le Hamas.

16 L’imprescriptible, p. 22.

17 Vladimir Jankélévitch, « Allocution au mémorial du martyr juif inconnu », 1969 (in L’imprescriptible, p. 78).

18 « How Taqiyya Alters Islam's Rules of War », de Raymond Ibrahim, Middle East Quarterly, Hiver 2010. Version originale : http://www.meforum.org/2538/taqiyya-islam-rules-of-war

19 Gerald Steinberg, « L’importance des ONG dans la stratégie de Durban », Controverses n° 15, novembre 2010.

20 Avec simultanément le désir très intense de faire partie d’une minorité éclairée et « courageuse » : parmi les réactions de lecteurs massivement anti-israéliens et dont les interventions sont truffées de contre-vérités publiées sans aucun contrôle, on trouve cette perle : « La campagne BDS est l'unique action menée contre la politique israélienne ».

 

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