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Publié par Michel Garroté le 24 décembre 2010

 

Dans un article intitulé « 25 dicembre è data storica » (le 25 décembre est une date historique), article publié dans ‘30 Giorni’, Tommaso Federici, professeur de théologie biblique écrivait (traduction française de Béatrice Bohly ; adaptation, commentaires et mise en page Michel Garroté) : Ce ne fut pas un choix arbitraire afin de supplanter d'anciennes fêtes païennes. Lorsque l'Église célèbre la naissance de Jésus dans la troisième décade de décembre, elle puise à la mémoire ininterrompue des premières communautés chrétiennes en ce qui concerne les faits des évangiles et les lieux dans lesquels ils prirent place. En général, on supposait et on admet sans discuter la nouvelle déjà ancienne selon laquelle la célébration de la Nativité du Seigneur, dans la première moitié du IVème siècle, fut introduite par l'Église de Rome pour des raisons idéologiques. En effet elle aurait été placée le 25 décembre pour contrarier une « dangereuse » fête païenne, le Natale Solis invicti – littéralement la naissance du soleil invaincu. (..) Cette fête avait été fixée au solstice d'hiver (21-22 décembre), lorsque le soleil reprenait son cours triomphal vers son resplendissement toujours plus grand. Donc, dans les milieux chrétiens, en remontant de 9 mois, on avait placé au 25 mars la célébration de l'annonce de l'Ange à Marie de Nazareth, et la Conception Immaculée de son Fils, le Sauveur. En conséquence, six mois avant la naissance du Seigneur on avait placé la mémoire de la naissance de son précurseur, le prophète Jean le baptiste. D'autre part, l'Occident chrétien ne célébrait pas l'annonce de la naissance de Jean à son père, le prêtre Zacharie. Qui par contre, et depuis très longtemps, est commémoré en Orient le premier dimanche du « Temps de l'Annonce (Sûbarâ) », qui comprend, lors de cinq autres dimanches l'annonciation à la Vierge Marie, la visitation, la naissance du Baptiste, l'annonce à Joseph, la généalogie du Seigneur selon Matthieu.

L'Orient byzantin, et toujours depuis des temps immémoriaux, célèbre par contre le 23 septembre l'annonce à Zacharie. On a successivement quatre dates évangéliques qui se suivent et se recoupent, à savoir : l'annonce à Zacharie six mois après l'annonciation à Marie, respectivement neuf et trois mois après les deux premières dates, la naissance du Baptiste, respectivement six mois après cette dernière date et naturellement neuf mois après l'annonciation, la Naissance du Seigneur et Sauveur. Le point de référence pour ainsi dire « liturgique » de tout ceci serait donc la Nativité du Seigneur, le 25 décembre, sur la base de laquelle on suppose que furent placées les fêtes de l'Annonciation neuf mois avant, et de la naissance du Baptiste six mois plus tôt. Sur ce sujet, les historiens et les liturgistes déroulent différentes hypothèses plus ou moins admises. Le problème est que déjà entre le IIème et le IVème siècle, on avait avancé différentes datations, qui tenaient compte de calculs astronomiques ou d'idées théologiques. Une date historique extérieure, c'est-à-dire qui ne serait pas biblique, patristique ou liturgique, et qui apporterait une confirmation aux spécialistes, n'était pas encore connue. Luc prend un certain soin à situer l'histoire. Ainsi par exemple il cite « l'édit de l'Empereur Auguste » pour le long recensement de Quirinus, gouverneur d'alors de la province de Syrie, environ le 7-6 avant JC., durant lequel se produisit la naissance du Seigneur (Lc 2, 1-2). En outre, il place à la quinzième année du règne de l'Empereur Tibère, environ 27-28 après JC, le moment où Jean-Baptiste commence sa prédication préparatoire au Seigneur (Lc 3, 1). Et il note : « Et le même Jésus avait presque 30 ans » (Lc 3, 23). De fait, il en avait environ 33 ou 34.

Selon sa suggestive narration évangélique, l'Ange du Seigneur, Gabriel, six mois avant l'Annonciation à Marie (Lc 1, 26-38), en conclusion de la solennelle célébration sacrificielle quotidienne, avait annoncé dans le sanctuaire au prêtre âgé Zacharie que son épouse, stérile et âgée, Elisabeth, allait concevoir un fils, destiné à préparer le peuple à Celui qui devait venir (Lc 1, 5-25). Luc se préoccupe de situer ce fait avec une précision qui renvoie à une date connue de tous. Ainsi il narre que Zacharie appartenait à la « classe (sacerdotale, ephêmería) d'Abia » (Lc 1, 5). Et alors que lui apparaît Gabriel, « il exerçait sacerdotalement dans le roulement (táxis) de son ordre (ephêmería) » (Lc 1, 8). Autrement-dit, il s'agissait d'un service par roulement, et c'était au tour de son groupe d'exercer ses fonctions de prêtre. Ainsi il renvoie à un fait général qui ne présente pas de difficulté, et à un fait spécifique et ponctuel, qui présente un problème. Le premier fait, connu de tous, était que dans le sanctuaire de Jérusalem, selon la narration du chroniqueur, David lui-même avait disposé que les « fils d'Aaron » seraient répartis en 24 táxeis (groupes), en hébreu sebaot, les « roulements » éternels. De telles « classes », en s'alternant dans un ordre immuable, devaient assurer le service liturgique pendant une semaine, de samedi à samedi, deux fois par an. La liste des classes sacerdotales jusqu'à la destruction du temple (70 après JC) était établie par tirage au sort dans cet ordre : I) Iarib ; II) Ideia ; III) Charim ; IV) Seorim ; V) Mechia ; VI) Miamin ; VII) Kos ; VIII) Abia ; IX) Giosuè ; X) Senechia ; XI) Eliasib ; XII) Iakim ; XIII) Occhoffa ; XIV) Isbaal ; XV) Belges ; XVI) Emmer ; XVII) Chezir ; XVIII) Afessi ; XIX) Fetaia ; XX) Ezekil ; XXI) Lachin ; XXII) Gamoul ; XXIII) Dalaia ; XXIV) Maasai. Le second fait est que Zacharie, donc, appartenait au « roulement d'Abia », le VIIIème. Le problème que cela pose est que Luc écrit quand le temple est encore en activité, et donc tout le monde pouvait connaître son fonctionnement, et il ne note pas « quand » était en activité le « roulement d'Abia ». En outre, il ne dit pas dans laquelle des deux alternances annuelles Zacharie, époux d’Elisabeth, reçut l'annonce de l'Ange dans le sanctuaire. Et il semble qu'au long des siècles personne n'ait pris la peine d'en rappeler la mémoire ou de faire quelque recherche. La Communauté mère elle-même, l'Église de Jerusalem, judéo-chrétienne de langue araméenne, qui traditionnellement, au moins durant deux siècles, était guidée par des parents du même sang que Jésus, Jacques et ses successeurs, ne semble pas s'être souciée de ce détail, qui pour les contemporains allait de soi.

En 1953, la grande spécialiste Annie Jaubert, dans l'article « Le calendrier des Jubilés et de la secte de Qumran. Ses origines bibliques », avait étudié le calendrier du Livre des Jubilés, un apocryphe hébreu très important, qui remontait à la fin du IIème avant JC. De nombreux fragments du texte de ce calendrier, retrouvés dans les grottes de Qumran, montraient, non seulement, qu'il avait été effectivement établi par les esséniens qui vivaient là (à peu près du IIème siècle avant JC au Ier siècle après JC), mais qu'il était encore en service. Ledit calendrier est solaire, et il ne donnait pas de noms aux mois, mais il les appelait avec un numéro d'ordre. Annie Jaubert avait publié par la suite sur ce sujet plusieurs autres articles importants (…) et dans une célèbre monographie, « La date de la Cène, Calendrier biblique et liturgie chrétienne » (Études Bibliques, Paris 1957), elle avait même reconstitué la succession des évènements de la semaine sainte, en déterminant de façon convaincante au mardi, et non pas au jeudi, la date de la Cène du Seigneur.

 

De son côté, le spécialiste Shemarjahu Talmon, de l'Université Juive de Jérusalem, avait travaillé sur les documents de Qumran et sur le calendrier des Jubilés, et avait réussi à préciser le déroulement hebdomadaire de l'ordre des 24 roulements sacerdotaux dans le temple, alors encore en fonction. Ses résultats furent livrés dans l'article « The Calendar Reckoning of the Sect from the Judean Desert. Aspects of the Dead Sea Scrolls ». Il s'agit d'une étude soignée et importante, mais, on doit le dire, passée presque inaperçue du grand circuit, mais pas à Annie Jaubert. Désormais, la liste que le professeur Talmon a reconstituée indique que le « roulement d'Abia (ab-Jah) », bisannuel, se passait ainsi : I) le premier tour, du 8 au 14 du troisième mois du calendrier ; II) le deuxième tour du 24 au 30 du huitième mois du calendrier. Maintenant, selon le calendrier solaire (pas lunaire), ce deuxième tour correspond à peu près à la dernière décade de septembre. Comme le note Antonio Ammassari, « Aux origines du calendrier de Noël », Luc, avec l’indication sur le « roulement d’Abia », remonte à une précieuse tradition judéo-chrétienne qu’en narrateur précis de l’histoire (Lc 1, 1-4) il a retrouvé et il offre la possibilité de reconstruire quelques dates historiques. Ainsi le rite byzantin du 23 septembre fait mémoire de l’annonce à Zacharie et conserve une donnée historique certaine et quasiment précise (peut-être avec un décalage d’un ou deux jours).

La principale datation historique sur la vie du Seigneur porte sur l'évènement principal : sa Résurrection, dans le compte rendu unanime des quatre Evangiles et de la Tradition apostolique du Nouveau Testament, se produisit à l'aube du dimanche 9 avril de l'an 30 après JC, donnée astronomique certaine. Et donc celle de sa mort se produisit environ à 15 heures de l'après-midi du vendredi 7 avril du même an 30. Selon les données tirées de l'enquête récente à laquelle nous venons de faire allusion, il apparaît un faisceau impressionnant d'autres dates historiques. (…) On sait depuis le VIème siècle qu'il y eut une erreur d'à peu près cinq ans sur la date réelle de la naissance du Seigneur. La naissance de Jean-Baptiste neuf mois après (Lc 1, 57-66), à peu près le 24 juin, une est date historique. Mais alors, dans le cycle du Christ Seigneur, que Luc place en diptyque avec celui de Jean-Baptiste, l'Annonciation à Marie Vierge de Nazareth « dans le sixième mois» après la conception d'Elisabeth (Lc 1, 28) apparaît comme une autre date historique. Et en conséquence, pour finir, la naissance du Seigneur le 25 décembre, c'est-à-dire 15 mois après l'annonce à Zacharie, neuf mois après l'Annonciation à la Mère du Christ, six mois après la naissance de Jean-Baptiste, est encore une date historique. La sainte circoncision huit jours après la naissance, selon la loi de Moïse (Lev 12, 1-3), est une date historique.

Et ainsi, quarante jours après la naissance, le 2 février, la « présentation » du Seigneur au temple toujours selon la loi de Moïse (Lev 12, 4-8), qui marque l'hypapantê, la Rencontre avec son peuple, est une date historique. La date de Noël est entourée d'une nuée de problèmes. D'abord vient le fait que dans plusieurs Églises on cumule et parfois on confond le 25 décembre avec le 6 janvier, jour qui cumulait le souvenir des évènements entourant la naissance du Sauveur. Ensuite, surtout, la distinction peu claire entre la mémoire d'un fait, qui peut durer pendant des générations, la dévotion autour de ce fait, qu'on peut exprimer par un culte non liturgique, et l'institution d'une fête liturgique avec sa propre date et ses propres offices, qui comprennent la liturgie des heures saintes et celle des divins mystères. Ici, il faut prendre en compte, ce qu'au contraire on néglige généralement, l'incroyable mémoire des communautés chrétiennes quant aux évènements évangéliques et aux lieux où ils se sont passés. L'Annonciation, par exemple, était entrée dans la formulation de quelques symboles baptismaux anciens dès le IIème siècle. A la même époque, elle fut représentée dans l'art chrétien primitif, par exemple dans la catacombe de Priscilla. À Nazareth même, comme l'a récemment montré splendidement l'archéologie, le lieu de l'Annonciation fut conservé et vénéré sans interruption par la communauté locale et fut visité par un flux ininterrompu de pèlerins qui au long des siècles ont même laissé des graffitis et des écrits émouvants, jusqu'à nos jours. Lorsque commença le culte liturgique de la Mère du Christ, au Vème siècle, il y eut la grande fête liturgique de l'Euaggelismós, l'Annonciation à Marie. Celle-ci acquit une telle extraordinaire résonance qu'en Occident les Pères la comptèrent parmi les débuts de notre rédemption, avec Noël, les Rois Mages et les noces de Cana). Et en Orient, l'Annonciation à Marie fut considérée si solennelle et presque incontournable que sa date dans le rite byzantin abolit le dimanche et même le jeudi saint, l'Annonciation à Marie ne le cède qu'au vendredi saint, et, si elle tombe le dimanche de la Résurrection, la célébration est divisée en deux, avec une moitié du Canon pascal de la Résurrection et une moitié du Canon de l'Annonciation.

À Bethléem, déjà avant la construction de la Basilique constantinienne, dans la première partie du IVème siècle, la communauté chrétienne avait conservé la mémoire et la vénération ininterrompues du lieu de la naissance du Seigneur. En Egypte, l'Église copte conserve avec une dévotion ininterrompue la dévotion à la mémoire des lieux où la sainte famille s'arrêta dans sa fuite (Mt 2, 13-18), où furent construites des églises où l'on célèbre encore des offices. On peut parler ici des lieux saints de la « Palestine » (Terre d’Israël), en l'espèce, celui de Jérusalem, l'Anástasis, lieu saint de la Résurrection appelé saint sépulcre et appelé Golgotha ; celui du Cénacle ; celui du Mont de Galilée qui est celui de l'Ascension ; celui de Gethsémani ; celui de Béthanie, de la piscine probatique (Jean 5, 1-9) où fut construite une église du lieu de Dormition  (Assomption) de la Mère du Christ dans le Cédron. Sur tous ces lieux existe une documentation précieuse, impressionnante et ininterrompue le long des siècles jusqu'à nous. Des pèlerins qui les visitèrent (…) laissèrent des descriptions et des comptes rendus écrits de la vénération dont les lieux étaient l'objet et des usages de dévotion des habitants et des autres visiteurs. Le problème de grand intérêt ici est le choix de dates pour les célébrations liturgiques. Les célébrations liturgiques dans le sens vu plus haut, celles du Seigneur, de sa Mère, de Jean-Baptiste, une question se pose : s'agit-il de choix arbitraires, provenant d'idéologies ou de calculs ingénieux ? Il ne semble pas. Le 23 septembre et le 24 juin pour l'annonce et la naissance de Jean Baptiste, le 25 mars et le 25 décembre pour l'Annonciation du Seigneur et pour sa Nativité, ne furent pas arbitraires ; ils ne proviennent pas d'idéologies de report. Les Églises en avaient conservé la mémoire ininterrompue. Et lorsqu'elles décidèrent de les rendre célébrations liturgiques, elles ne firent que confirmer un usage immémorial de dévotion populaire. On doit aussi tenir compte du fait peu remarqué que les Églises communiquaient entre les dates de leurs célébrations ; et ainsi par exemple, celle de la déposition des martyrs, qu'elles appelaient naissance des martyrs à la gloire du ciel. Pour les grandes occasions, comme les Fêtes du Seigneur, des apôtres, des martyrs, des saints évêques des Églises locales et dès le Vème siècle de la Mère du Christ, les Églises adoptèrent volontiers les propositions des Églises sœurs. En pratique, presque toutes les grandes Fêtes du Seigneur et de sa Mère viennent de l'Orient  et furent acceptées avec grand enthousiasme par les Églises de l'Empire ; et avant le grand schisme du Vème siècle, également par l'immensité chrétienne hors de l'Empire. Noël, à ce qu'il semble, vint de Rome, et fut acceptée, peut-être avec quelque hésitation, par toutes les Églises.

En disant cela, on veut signifier que les Églises avaient la possibilité de contrôles et de vérifications ; et il convient de préciser que nos anciens pères n'étaient pas vraiment des naïfs, mais, souvent à juste titre, méfiants, au point de repousser toute tentative, illicite et illégitime, de culte chrétien non éprouvé, non vérifié, non confirmé. Dans tout cela, l'évangéliste Luc a une part non négligeable, lorsque, avec des allusions (références) opportunes, il renvoie à des lieux, à des évènements, à des dates et à des personnes.

 

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