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Publié par Michel Gurfinkiel le 26 décembre 2010


L'opinion publique française découvre aujourd'hui le drame des chrétiens d'Orient.
Pourquoi l'a-t-elle ignoré jusqu'à présent ? Retour sur un article publié en 2004.

 

Par Michel Gurfinkiel

 

 

L’article ci-dessous peut être considéré comme une pièce à conviction. Je l’ai écrit en 2004, pour la magazine Le Spectacle du Monde. A part L’Oeuvre d’Orient et quelques autres organisations caritatives chrétiennes, personne ne l’a repris à l’époque. Pourtant, tous les faits que je mentionnais étaient connus. Mais une « omerta » planait, dans la plupart des médias français et dans la classe politique, sur la question des chrétiens du Proche et du Moyen-Orient. Il ne fallait pas en parler. Certains journalistes affirmaient qu’on faisait tort à ces minorités en dénonçant les injustices et les persécutions qu’elles subissaient. D’autres, que c’était « faire le jeu d’Israël ». Ou encore qu’on risquait de « renforcer l’islamophobie ».

 

L’atmosphère a soudain changé. En cette fin d’année 2010, les médias unanimes, du Figaro au Nouvel Observateur, consacrent leur une ou leur couverture aux chrétiens d’Orient. Et les politiques y voient enfin une « cause » digne de soutien. Je ne puis que m’en réjouir. Mais je n’oublierai ni ne pardonnerai le silence, la cécité et la lâcheté qui ont si longtemps prévalu. De même que je ne laisserai pas passer le procédé par lequel maint repenti tardif laisse croire qu’Israël aussi persécuterait ses chrétiens.

 

Pourquoi ce réveil ? Mon sentiment est que les milieux médiatique et politique ne peuvent plus aller à l’encontre d’une opinion publique qui constate l’impossibilité d’une coexistence pacifique et confiante avec l’islam tel qu’il se manifeste le plus souvent aujourd’hui. Et qui s’interroge sur la survie même de la civilisation démocratique européenne. D’une certaine façon, rien ne change. On cachait hier le drame des chrétiens d’Orient parce qu’il renvoyait trop nettement aux problématiques françaises. On le met aujourd’hui en valeur pour les mêmes raisons. Une seule différence : les citoyens ne se laissent plus faire.  M.G. 

 

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La principale population de réfugiés, au Proche-Orient, ce ne sont pas les Palestiniens musulmans, victimes de la première guerre israélo-arabe en 1948, ni même les juifs des pays arabes et d’Iran, contraints à un exode symétrique entre 1945 et 1979, mais les chrétiens de culture arabe, araméenne, arménienne ou grecque. Près de dix millions de ces derniers ont en effet été aménés à abandonner leur foyers ou à émigrer depuis la Première Guerre mondiale : le rapport, avec les réfugiés musulmans de Palestine (un demi-million d’âmes à l’origine) est donc approximativement de vingt à un ; avec les juifs des pays d’islam (près d’un million d’expulsés), il serait environ de dix à un.

 

Ces données, étrangement,  sont mal connues. Plus étonnant encore : l’exode des chrétiens se poursuit sous nos yeux, à l’aube du XXIe siècle, sans susciter beaucoup de compassion ni même de curiosité médiatique. Le cas le plus flagrant est celui des Palestiniens chrétiens de Cisjordanie : voici une vingtaine d’années, ils formaient 15 % de la population locale ; depuis la mise en place d’un pouvoir palestinien autonome, en 1994, ils ne sont plus que 2 à 3 %. Une situation analogue se dessine en Egypte, où la minorité chrétienne copte, hier florissante, en est peu à peu réduite à émigrer. Le journaliste américain Joseph Farah, lui-même d’origine arabe chrétienne,  estime qu’à ce rythme, on pourrait passer au Proche-Orient d’une population chrétienne actuelle de quinze millions d’âmes à six millions à peine vers 2020. Ce serait le dernier acte de l’effacement du christianisme dans la région même où il est né, où il a fixé sa doctrine et où il s’est doté des structures qui, aujourd’hui encore, régissent sa vie communautaire dans le reste du monde : épiscopat, conciles oecuméniques, clergé, monachisme…

 

Pourquoi cette situation ? Dans un article publié en octobre dernier par un journal proche du Saint-Siège, Civilta Cattolica, l’analyste italien Giuseppe de Rosa rappelle que l’islam est avant tout  « la religion du djihad », « une interminable entreprise guerrière en vue de conquérir les territoires » qui ne lui appartiennent pas encore. Il ne raisonne donc qu’en termes binaires : membres du groupe contre étrangers, amis contre ennemis, auxiliaires utiles ou populations inutiles, fidèles ou infidèles. Immense différence avec la plupart des autres religions, à commencer par le judaïsme et le christianisme, qui, même quand elles recourent à la guerre, donnent la priorité à des considérations non-guerrières, telles que le droit naturel ou la société civile. Les chrétiens ont pu être tolérés par les pouvoirs musulmans à certaines époques et dans certains lieux. Quand les circonstances changent, cette tolérance disparaît.

 

Jusqu’au VIIe siècle,  le Proche-Orient était presque exclusivement chrétien.  L’islam l’a supplanté par la force. Deux grandes étapes :  la conquête arabe qui islamise l’Egypte et le Levant en six ans à peine, de 636 à 642 ; la conquête turque qui grignote l’Asie mineure entre le Xe et le XVe siècles. Une seule et même stratégie : quelques opérations militaires décisives permettent  aux musulmans de prendre le contrôle politique d’une province ou d’un Etat ; le nouveau pouvoir joue ensuite des divisions entre chrétiens (jacobites contre melkites, coptes contre orthodoxes, Grecs contre Latins); enfin, le régime de la « dhimma » (« protection ») , mélange de mesures discriminatoires et d’oppression financière, incite peu à peu les chrétiens à se convertir,  en général par familles ou parentèles entières. Au bout de quelques générations, un pays qui était chrétien à 90 % au moment de la conquête ne comporte plus que quelques minorités chrétiennes, soit dans les villes, où elles exercent des professions jugées « utiles » par le pouvoir islamique, soit dans des régions difficiles d’accès, notamment les montagnes.

 

A deux reprises, une modification du rapport de forces global entre islam et chrétienté a permis aux Eglises d’Orient de reprendre souffle et même de connaître une brève renaissance : les Croisades, du XIe au XIIIe siècles ; et surtout l’expansion européenne moderne, du XVIIIe siècle au second tiers du XXe siècle. Pendant cette seconde période(« la plus heureuse de leur histoire » selon l’universitaire chrétien hiérosolomytain George Hintlian), les communautés chrétiennes sont « adoptées » par les puissances occidentales : la Russie veille sur les orthodoxes, la France sur les Eglises rattachées à Rome,  et la Grande-Bretagne sur toutes les autres communautés ;  l’Autriche, l’Allemagne, l’Italie, les Etats-Unis et même la Grèce interviennent également. Les pouvoirs musulmans sont donc contraints d’accorder aux minorités une pleine liberté religieuse et une égalité sociale ou politique presque complète. Les chrétiens d’Orient ont en outre accès plus largement que les musulmans à une éducation de type occidentale, elle-même facteur de réussite économique :  ils forment l’essentiel de la classe moyenne dans l’Empire ottoman jusqu’à la Première Guerre mondiale, avant de jouer un rôle analogue, jusque vers 1970, dans la plupart des pays arabes.

 

Mais la fin de la domination occidentale (ou la décolonisation) annulent ces acquis  du jour au lendemain. Les Occidentaux y consentent au nom de leurs propres principes, judéo-chrétiens ou laïques : droit naturel, droits de l’homme. Les musulmans n’y voient qu’un retour de balancier géopolitique en leur faveur, même s’il est moins dû à une victoire militaire qu’à la simple démographie (en moyenne, le taux de natalité des musulmans est deux fois plus élevé que celui des chrétiens au Proche-Orient). Dans certains pays islamiques, les chrétiens, ou certains groupes chrétiens, sont expulsés. Ailleurs, on les ramène, en droit ou en fait, à un statut de seconde zone, ce qui les amène à émigrer. Le phénomène s’accélère avec la montée, au sein de la société musulmane, de mouvements  dits intégristes ou « islamistes», prônant un « djihad » permanent et l’exclusion totale des non-musulmans des zones anciennement islamisées, comme le monde arabe.

 

TURQUIE. La Turquie ottomane avait  entrepris, en 1915, de liquider la minorité chrétienne arménienne d’Anatolie orientale (1,5 million d’âmes). En 1922, Mustafa Kemal expulse la communauté grecque orthodoxe d’Asie mineure (1,5 millions d’âmes), mesure suivie, il est vrai, par un « échange de populations » : le transfert en Anatolie des Turcs vivant encore en Grèce (cinq cent mille personnes). Quelques trois cent mille Grecs vivaient encore dans la région d’Istanbul et de la mer de Marmara, rassurés par le régime républicain et laïque institué par Kemal à partir de 1923 : des discriminations, au début des années 1940, puis une série de pogromes, au début des années 1950, entraînent des départs en masse. Du moins la République turque a-t-elle châtié les instigateurs des pogromes : allant jusqu’à condamner à la potence le premier ministre de l’époque, Adnan Menderes. Il ne reste plus aujourd’hui en Turquie que cent mille chrétiens environ.

 

SYRIE. Les communautés chrétiennes (grecque-orthodoxe, melkite, arménienne, araméenne) formaient  le quart de la population syrienne au début du XXe siècle. Elles représentent encore 7 % de la population actuelle : 1,5 million sur près de vingt millions. Cette survie relative s’explique tient aux particularités de la politique locale : le régime Assad, en place depuis 1970, s’appuie sur la minorité musulmane alaouite qui, afin de contrebalancer la majorité sunnite (un peu plus de 50 % de la population), a passé des alliances avec les autres minorités du pays, chrétiens mais aussi druzes ou sunnites kurdophones. Pour autant, les chrétiens n’ont pas cessé de s’interroger sur l’avenir. Et d’émigrer, quand l’occasion leur en était donnée. Au besoin, ils se font passer pour Palestiniens à l’étranger, afin de bénéficier d’aides caritatives ou de sympathies politiques. Un « mensonge honnête » : une partie des Palestiniens sont d’origine syro-libanaise récente.

 

LIBAN. En 1932, 800 000 chrétiens formaient 55 % d’une population libanaise évaluée à 1,5 million d’âmes. Aujourd’hui, après diverses turbulences et surtout la longue guerre civile de la fin du XXe siècle (1975-1990), les chrétiens sont 1,5 millions, soit 27 %  sur 4,5 millions. Plus de la moitié d’entre eux sont des « réfugiés de l’intérieur », chassés de leur ville ou village d’origine et contraints de se réinstaller dans les derniers bastions à majorité chrétienne, comme la banlieue Est de Beyrouth. Une diaspora libanaise chrétienne s’est constituée en Europe, aux Etats-Unis, en Amérique du Sud, en Afrique subsaharienne, en Australie. Au total, elle compterait six millions d’âmes, dont deux millions aux Etats-Unis. Si le président de la République est toujours un chrétien (une tradition remontant à 1943), le pouvoir réel est désormais aux mains des musulmans sunnites ou chiites. Certains clans chrétiens se sont alliés aux alaouites syriens,« protecteurs » et occupants du Liban depuis 1990. D’autres, notamment le patriarche maronite Nasrallah Sfeir, militent pour la restauration de l’indépendance nationale.

 

PALESTINE. Les chrétiens formaient au début du XXe siècle près du quart de la population arabe palestinienne, soit un peu plus de cent mille âmes sur un total d’un demi-million. En 1948, ils en formaient probablement 20 % : soit trois cent mille âmes sur 1,2 million. Après la première guerre israélo-arabe, on a compté environ soixante-dix mille personnes déplacées chrétiennes, en sus des cinq cent mille réfugiés musulmans. Entre 1949 et 1967, le régime jordanien, puissance occupante en Cisjordanie, a multiplié les vexations à l’égard des chrétiens et favorisé leur émigration : la population chrétienne de Jérusalem-Est passe alors de 28 000 âmes à 11 000, ce qui signifie que 17 000 personnes (61 % de la population) ont été chassés. Le régime israélien, de 1967 à 1993, favorise au contraire le maintien des chrétiens sur place, mais sans aller jusqu’à rattacher à Jérusalem les localités chrétiennes de la périphérie, comme le souhaitait le maire chrétien de Bethléem, Elias Freij. La mise en place en 1994 de l’Autorité palestinienne, le quasi-Etat musulman dirigé par Yasser Arafat, est une catastrophe : des persécutions perpétuelles conduisent au départ des trois quarts de la communauté.  Certains d’entre eux trouvent refuge en Israël, les autres en Europe ou aux Etats-Unis. A Bethléem, on ne compte plus que 15 % de chrétiens en 2003, contre 62 % en 1990 : les habitants chrétiens expulsés ont été remplacés par des Bédouins islamistes de la région de Hébron.

 

ISRAEL. Seul Etat non-arabe et non-musulman du Proche-Orient, Israël compte aujourd’hui trois cent cinquante mille habitants chrétiens sur 6,5 millions, alors qu’il n’en recensait en 1951 que trente mille sur 1,5 million : en chiffres absolus, cette population a donc été mutipliée plus de onze fois ; en chiffres relatifs, par rapport à une population en très forte croissance, elle est passée approximativement  de 3 % à 6 %. Au cours des vingt premières années qui ont suivi l’indépendance (1948-1968), de nombreux chrétiens israéliens de culture arabe ont émigré. Aujourd’hui, on assiste au contraire à une immigration  de Palestiniens chrétiens de Cisjordanie en Israël. Les communautés catholique et orthodoxe ont en outre été renforcées, dans les années 1990, par l’arrivée de nombreux chrétiens de l’ex-URSS autorisés à immigrer en raison de liens familiaux avec des juifs. Le Vatican a signé un concordat avec Israël en 1998 et vient de créer un évêché catholique de langue hébraïque.

 

JORDANIE. Lors de sa création en 1923, l’émirat de Transjordanie ne comptait qu’un demi million d’habitants, dont quelques milliers de Bédouins chrétiens, descendants des tribus christianisées attestées en Arabie jusqu’à l’époque de Mahomet. Après 1948, cette communauté a été grossie par des réfugiés chrétiens palestiniens des environs de Jérusalem, qui lui étaient liés par des cousinages et des mariages depuis le XVIIe siècle. Elle représente aujourd’hui 10 % environ de la population totale. Depuis 1970, la dynastie hachémite protège ses sujets chrétiens afin de se concilier l’opinion publique occidentale. L’un des confidents du feu roi Hussein, le journaliste Rami el-Khouri, était chrétien.

 

IRAK. Près de 10 % de chrétiens en Irak en 1920 (300 000 sur 3 millions d’habitants), 3 % aujourd’hui (un million sur vingt-quatre millions d’habitants). L’un des « actes fondateurs » du nationalisme irakien a été le massacre, en 1932, de plusieurs milliers d’Assyriens chrétiens du nord du pays, de langue araméenne, et l’expulsion de plusieurs dizaines de milliers de survivants. Il est vrai que cette communauté réclamait la création d’un Etat autonome. Le premier roi, Faycal Ier, personnage romantique venu du Hedjaz, est mort de chagrin et de dégoût quelques mois plus tard après ce génocide, tandis que son fils Ghazi organisait une parade pour célébrer l’événement. Les autres chrétiens irakiens, notamment les Chaldéens catholiques, ont émigré à 50 %, ou s’en tiennent depuis à une attitude de soumission absolue envers le pouvoir musulman. Saddam Hussein avait pour ministre des Affaires étrangères un catholique, Tarik Aziz, aujourd’hui prisonnier des Américains. Fondateur du Baath, le parti nationaliste arabe dont se réclamait Saddam, le chrétien syrien Michel Aflak a été contraint de se convertir à l’islam quand il s’est réfugié en Irak, dans les années 1970.

 

ARABIE SAOUDITE. Le christianisme et le judaïsme sont interdits dans le royaume, sous le prétexte que la Péninsule arabique, terre sainte de l’islam est « analogue à une mosquée ». Les juifs ne peuvent obtenir de visa d’entrée, sauf s’ils détiennent un passeport diplomatique. Les chrétiens étrangers en situation régulière – diplomates, hommes d’affaires… – ne peuvent célébrer leur culte qu’en privé. Le prosélytisme entraîne l’expulsion immédiate, s’il s’agit d’un étranger, et la mort, s’il s’agit d’un Saoudien ou du ressortissant d’un pays musulman.

 

PAYS DU GOLFE, YEMEN. Les citoyens ne peuvent pratiquer une autre religion de l’islam : les minorités, naguère nombreuses, ont été progressivement expulsées. Les étrangers (y compris les résidents permanents) sont autorisés à pratiquer le christianisme en privé. Quelques familles juives autochtones jouissent du même privilège à Bahrein et au Yemen.

 

IRAN. Officiellement, la population chrétienne n’atteint pas 0,2 %. On l’évalue parfois à 0,5 %. Bien traitée sous la dynastie Pahlavi, elle bénéficie d’une certaine indifférence de la part de la République théocratique instituée par Khomeini en 1979, et dispose d’un député au parlement. Tout acte de prosélytisme est puni de mort, ainsi que toute relation sexuelle avec une femme musulmane. Les élèves des écoles chrétiennes doivent assister à des cours d’initiation à l’islam, destinés à « hâter leur conversion à la religion véritable ». Les autorités de Téhéran préfèrent les chrétiens « nationaux », comme les Arméniens, installés dans le pays depuis le XVIe siècle, aux « étrangers », arrivés plus tard. Les catholiques sont particulièrement mal vus, notamment depuis la conversion de la princesse Ashraf, sœur jumelle du dernier chah. La moitié des chrétiens iraniens auraient fui depuis 1979. La plupart se sont réfugiés en Californie.

 

EGYPTE. Ce sont les coptes égyptiens qui, en se ralliant aux conquérants arabes en 642 par haine envers les Byzantins orthodoxes, ont rendu irréversible la progression de l’islam en Orient. Cette communauté a connu une brillante renaissance au XIXe siècle et au début du XXe siècle, sous la monarchie d’origine turque fondée par Mehemet Ali. Elle représentait alors 15 à 20 % de la population et défendait l’idée d’une civilisation« pharaonique »,  propre à l’Egypte et différente de la culture arabe. La révolution nassérienne, à partir de 1952-1953, lui a été fatale : les coptes ont été exclus de la classe politique, sauf quelques personnalités symboliques (comme le ministre d’Etat Boutros Boutros-Ghali, devenu  secrétaire général de l’Onu puis secrétaire international à la Francophonie) puis dépouillés de leur pouvoir économique. Sous Hosni Moubarak, au pouvoir depuis 1981, les violences en tout genre (de l’attentat à la bombe au viol) se sont multipliées, incitant les jeunes gens et les jeunes filles à émigrer vers la Grande-Bretagne, le Canada et les Etats-Unis. Les coptes ne seraient plus aujourd’hui que cinq millions environ en Egypte, soit 6 à 7 % d’une population égyptienne globale évaluée à 65 millions d’âmes.

 

© Michel Gurfinkiel & Le Spectacle du Monde, 2004

 

L'article original peut être consulté sur le blog de Michel Gurfinkiel

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